GETDSÉMANK
De tous les endroits qu'a rendus célèbres le souvenir du Sauveur, celui dont l'authenticité est le plus solidement établie, c'est Gethsémané. On n'a aucun motif valable de douter que l'endroit de ce nom, situé au pied du Mont des Oliviers, de l'autre côté de Cédron, vers le Nord-Ouest de la ville, et encore planté de vieux oliviers , ne soit le même où Jésus souffrit les angoisses de l'agonie. On a voulu conclure de deux passages de Saint-Luc (XXI, 37-22, 39) que ce jardin devait être situé plus haut sur la montagne; rien n'oblige à le supposer. Je n'ai pas besoin de faire remarquer que l'enceinte actuelle n'a aucune garantie en sa faveur; qu'on ne peut savoir jusqu'où s'étendait le jardin; le terrain environnant est aussi couvert de vieux oliviers. Des botanistes ont calculé d'après le nombre des couches concentriques du tronc d'un olivier abattu à Gethsémané qu'il était au moins aussi vieux que notre ère; il ne paraissait pas plus ancien que ceux qui vivent encore. Il n'y a là rien d'impossible. Il serait curieux que la nature eût conservé ainsi de véritables témoins d'une des grandes scènes de la passion, tandis qu'une piété superstitieuse en a tant vénérés d'imaginaires.