‹ Topographie de Jérusalem au temps de JésusChrist. Thèse, etc. With a planChapitre 25 sur 29 · SOUTERRAINS · texte numérisé non relu

SOUTERRAINS

Mon travail resterait incomplet , si je ne parlais d'un fait extrêmement remarquable, qui , sans se rattacber directement au sujet de ce chapitre, en dépend sous quelques rapports. Une grande partie de la ville, et surtout l'ancienne cité de David , et le temple sont bâtis sur de vastes souterrains fermés aux Juifs et aux Chrétiens et par conséquent presque tout-àfait inconnus. — Ces cryptes sont si vastes qu'on peut les appeler avec Schubert une Jérusalem souterraine. 1

Tacite en a parlé : Cavati sub terra montes (Hist. V,*12). Josèphe rapporte (B. J., VI, 8, 5, et VII, 2, 1) qu'une foule de Juifs se cachèrent avec leurs trésors dans ces cavernes , ainsi que Simon de Gerasa, qui en sortit très loin de l'endroit où il y était entré. Dion Cassius (LXVI, 4), dit que Titus fut obligé de boucher plusieurs avenues souterraines , par lesquelles les Juifs faisaient des excursions , et qui ouvraient fort loin de la ville (voy. sur ce sujet une anecdote récente dans Schubert. II, 589). VItinerarium Burdigalense et Qua~

1 Michaelis a écrit un opuscule que je ne connais pas , sous ce titre : « Von den Gewôlben unter dem Berge lion und dem Tempe! . »

resmius en parlent. Benjamin de Tudèle et Félix Faber parlent de salles fort vastes dans la montagne de Sion ; le dernier croit y avoir vu l'écurie de Salomon. Il paraît qu'il existe sous le temple de Morija des excavations plus considérables encore. Breydenbach, Baumgarten, Monro, Schubert, en ont entendu raconter des merveilles; on a parlé à Monro d'une voûte soutenue par 4000 colonnes. Maundrell, Richardson, et en 1833, Bonomi, Catherwood et Ârundale en ont vu une partie. (Voyez pour de plus amples détails E. Robinson I, 445-452 ; il reproduit un plan des souterrains du temple , dessiné par Catherwood.) L'entrée de ces cryptes est , selon Schubert (II, 574) et E. Robinson , dans l'enceinte de Morija , au coin Sud-Est de la ville.

Une grande partie des cavités situées sous le temple, consiste en réservoirs. Les exigences du culte juif pouvaient le faire supposer. 1 C'est là que finit l'aqueduc de Bethléhem, et l'on a vu que l'auteur des Cippi Hebra'ici dit qu'il débouche dans le grand réservoir de Jérusalem ; l'Itinéraire de Bordeaux et Arvieux (apud Raumer, p. 333), mettent en cet endroit des bassins immenses ; Aristèas dit qu'il y a sous le temple une étendue de 5 stades, uniquement occupée par des réservoirs. Mais on a prétendu de plus qu'il existe sous le temple une source abondante. C'est ce que Tacite paraît croire, quand il dit : Fons perennis aquee, cavati sub terrâ montes. Aristèas (apud Raumer, 1. c. et Lightfoot, Prospect of the Temple., chap. XXIII) paraît aussi en faire mention. Il n'en parle pas très clairement cependant , et l'on traduirait plus exactement peut-être ainsi : Il y a une grande abondance

1 Peut-être y a-t-il dans Ezéchiel XL Y II 1 — 12 une allusion à ces eaux recueillies sous le temple.

d'eaux, comme s'il y avait une source, etc. Schubert a entendu parler et de piscines et d'une fontaine sous le Haram-Esh- SherifF, ainsi que Buckingham et Richardson. Les Rabbins racontent qu'il y avait dans le temple une chambre appelée chambre du puits, parce qu'au retour de la captivité on y avait creusé un puits d'où l'on tirait de l'eau par une roue. Ils ne disent pas expressément si cette eau provenait d'une source ou de citernes. Lightfoot et E, Robinson trouvent tous deux très improbable qu'il y ait une source en cet endroit, et supposent qu'il s'agit d'eau conservée dans de vastes bassins. Le dernier a vu sous le Haram-Esh-Sheriff un puits qui, d'après ce qu'on lui a rapporté, communiquait avec des voûtes portées par des colonnes, et peut-être avec d'autres puits. L'eau lui a semblé avoir le même goût étrange que celle de Siloé; et il pense ainsi que Schubert, Raumer, Crome et plusieurs autres, que la fontaine de la Vierge, et par conséquent celle de Siloé, ne sont que des débouchés des réservoirs du temple. Cette opinion qui pourrait expliquer le phénomène de l'intermittence et le goût étrange des eaux des deux fontaines, me semble fort probable.

Je crois que la topographie de Jérusalem ancienne ne sera faite que quand la ville souterraine aura été examinée en détail par plusieurs voyageurs, et quand des fouilles et des déblaiements considérables auront été opérés. Probablement aussi, comme Scholz le pense, l'on trouverait là les restes * d'une architecture antérieure à toutes les ruines.

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