DOUANES DU MEXIQUE
Vin blanc.
En bouteilles. . . 5 piastres le quintal net on 54 fr. 34 les 100 kil. nei.
Encercles 3 piastres M — 38,04 »
Vin rouge.
En bouteilles... 3 piastres — -- 32,61 »
En cercles 2 piastres — — 21 ,74 »
S y. Amébiqub centrale.
Cette contrée, renferinant les républiques de Guatemala, Salyador, Costa-Rica, Hondural et Nicaragua, était autrefois une province dépendante du Mexique. On y trouve des vignes saayages ; mais cet arbuste n'est cultivé que dans les jardins et uniquement pour en manger le fruit.
S VI. Antilles.
Cet archipel, qui s*étend depuis le 10* jusqu'au SS"* degré de latitude septentrionale, comprend un grand nombre d'îles. La vigne croit naturellement dans plusieurs , et elle prospère dans toutes celles* où l'on a essayé des plantations. Les jardins des villes et ceux des habitations ont des treilles et des berceaux couverts de muscats, de chasselas et de plusieurs autres espèces de raisins qui donnent deux récoltes par an, lorsqu'on taille la vigne quinze jours ou trois semaines après la première. Les fruits sont de bonne qualité, mais on n'y fait pas de vin.
Ile d'HAiTi, autrefois Saint-Domingue. Les bords de la mer, et plusieurs montagnes de cette tie, sont couverts de plants de vigne que Ton nomme raisiniers, et qui produisent des grappes de 0'",417de longueur sur 0",467 de diamètre, dont les grains, d'un rouge cramoisi foncé, sont gros comme de petits œnk de pigeon. On trouve aussi, dans les forêts, des ceps qui s'attachent aux arbres et montent jusqu'à leur sommet. La vigne n'est cultivée que dans les habitations et seulement pour en manger le fruit ; mais on assure qu'il y avait autrefois des vignobles qui auraient pu devenir très-productifs : on cite particulièrement l'habitation de Saint-Martin, attenant à la ville du Port-au-Prince, dont les vignes rapportaient d'excellents raisins, et l'habitation des Gbands-Bois, où Ton récoltait âS barriques de vin par an. Il y a encore plusieurs plantations de vigne au môle Saint -Nicolas, et dans quelques autres cantons.
AKÊRIQUE. 509
La boisson ordinaire des ties est une liqueur fermentée nommée ouycou, que Ton fait avec des cassaves, des patates, des cannes à sucre et des bananes, que Ton écrase et que Ton met fermenter avec de Veau. Cette liqueur est rougefttre et ressemble à de la bière forte ; quoiqu'elle enivre aisément, elle est nourrissante et rafraîchissante. Les Européens s'accoutument à cette boisson aussi facilement qu'à la bière. Le maby est une autre liqueur dont on fait aussi un très-grand usage. Elle se prépare avec des patates, du sirop de sucre et des oranges aigres, que l'on met fermenter pendant trente heures dans de l'eaji.Elle est blanche et ressemble beaucoup au meilleur poiré de Normandie ; on la trouve plus rafraîchissante et plus agréable que Touycou : mais elle enivre plus promptement, et occasionne des coliques venteuses sitôt qu'on en fait le moindre excès. Les nègres des sucreries font une boisson qu'ils nomment grappe avec le soc de cannes bien écume et le jus de quelques citrons. Cette liqueur, qui se boit chaude, est d'un excellent usage pour la poitrine ; elle soutient, elle désaltère et produit l'effet d'un bon bouillon.
Leau-de-vie de cannes^ qui se fait aux tIes avec les écumes et les sirops du sucre, est la passion commune des Américains, des Nègres et des Européens qui ne sont pas assez riches pour faire provision de celle de France. Ils en font du punch et plusieurs autres boissons. Le sang-gris est composé d'eau-de-vie, de vin de Madère et de jus de citron, avec de la cannelle et du girofle en poudre, beaucoup de muscade et une croûte de pain brûlé. La limonade anglaise se fait avec de Teau-de-vie, du vin de Canarie, du sucre, du jus de citron, toutes sortes d'épices,et de l'essence d'ambre. On prépare aussi une espèce de vin des plus agréables avec le jus des ananas, que l'on fait fermenter pendant vingt-quatre heures : cette liqueur est enivrante et malfaisante quand on en boit beaucoup.
Douanes. Les droits d'importation dans Tile d'Haïti sont fixés ainsi :
Vins rouges et blancs, en barriques de 60 galions (2^,27), 3 gourdes ou 16 fr. 20 la barrique ;
Vins rouges et blancs, en caisses de 12 bouteilles, 0 g. 50 ou 2 fr. 70 la caisse ;
Vins de Madère, de Ténériffe, Malaga, Benty, muscat, du Cap, en bouteilles, le gallon 0 g. 12 ou l'hectolitre 28 fr. 53 ;
Vins de Champagne, de Porto, du Rhin, en caisses de 12 bouteilles, 0 g. 50 ou 2 fr. 70 la caisse ;
540 Â]|«BIQUB.
Tins muscat, de Malvoisie et autres de desserts, eu caisses de 12 bouteilles, 0 g. 50 ou â fr. 70 la caisse;
Vins blancs ou colorés de Marseille, dits façon Madère, en futailles, le gallon 0 g. 12, l'hectolitre 28 fr. 53.
L'île de Cuba, la plus grande des Antilles, située au sud des Lucayes, au nord de la Jamaïque et à l'ouest de Saint-Domingue, a des treilles qui fournissent de bons raisins pour la table ; mais on n'y fait pas de vin, celui qui s'y consomme est un article assez considérable des importations.
Douanes. Les vins d'Eispagne, importés, sous pavillon national, des ports de la Péninsule et des ties adjacentes, payent 3 pour 100 de leur valeur. Les vins étrangers importés, par navires espagnols, d'un port de la Péninsule payent 13 1/2 pour 100. Les vins étrangers importés par navires nationaux, et les vins d'Espagne importés par navires étrangers , payent 18 pour 100. Il faut ajouter à ces droits l"" celui dit armamento^ qui est de 3 pour 100 ; 2'' le droit de balance, qui est de 1 pour 100 du montant total des droits de douane.
AMËRIQUf! MÉRIDIONALE.
S yn. Républiques de Colombie, de la Nouvelle-Grenade H de Venezuela.
Le territoire de ce3 républiques, placé sous l'équateur, est exposé à une trop haule température pour que la vigne puisse y prospérer, aussi l'on n'en rencontre que très-peu ; mais les vins de France y sont un objet d'importation assez considérable.
Le tarif des douanes de ces pays change fréquemment. Voici le dernier qui ait été établi dans la république de Venezuela (en vigueur en 1865).
Vins de Bourgogne, Champagne, Madère, Xérès, Porto :
Les 12 bouteilles 13^20
L'hectolitre 54 , 75
Vins rouges de Catalognei Marseille, Bordeaux et autres :
Les 12 boQteiUes. ..••.•... 4r,40 L'hectolitre 13,69
Vins communs et fins :
Les 12 boQteilIes 7^,00
L'hectolitre 19,91
AMÉRIQUE. g{i|
S VIII. Guyane.
La tîgne, le grenadier et le figuier sont les seuls arbres fruitiers transportés dTurope qui aient réussi dans quelques parties de cette vaste contrée ; mais les raisins pourrissent pendant la saison pluvieuse, et sont dévorés par les Insectes dans les temps chauds.
Les nègres de Subinam font en abondance du vin de palmier; ils se le procurent par une incision de 0",533 carrés dans le tronc de l'arbre, en reçoivent le jus dans un vase et le mettent fermenter au soleil : cette boisson est agréable, fraîche, et assez forte pour enivrer.
Les Indiens libres ont plusieurs sortes de boissons, et entre autres le jus du fruit qu'ils nomment coumou. L'arbre qui le produit est un palmier de la plus petite espèce ; ses semences sont renfermées dans des baies d'un bleu pourpré, qui ressemblent à des grappes, et dont la pulpe adhère légèrement à un noyau dur et rond comme une balle de pistolet. On fait macérer ces baies dans de l'eau bouillante jusqu'à dissolution, et l'on y ajoute du, sucre et de la cannelle ; cette boisson a un goût prononcé de chocolat. Un autre breuvage, que les Indiens appellent pivort, est une mixtion de pain de cassave (1) mâché par les femmes et fermenté dans de l'eau ; elle a le goût de la bière douce anglaise, et peut enivrer. Le pain de maïs ou blé d'Inde sert aussi aux naturels de la Guyane pour faire une autre liqueur : ilsl'émiettent et le font macérer dans de l'eau jusqu'à ce que cette infusion fermente comme la précédente ; elle se nomme chiacoar. On en prépare encore une quatrième appelée eassiry : c'est un composé d'ignames, de cassave, d'oranges aigres et de sucre ou de thériaque, bien macérés et fermentes dans l'eau. Tous ces breuvages sont enivrants quand on en fait excès.
S IX. PÉB01T et BOLIYIB.
La province de Lima, formée de la majeure partie de l'ancien Pérou, est située sous la zone torride, dans l'Amérique méridionale ; elle est très-fertile en vignes, et l'on en rencontre dans
(1) Farine faite avec la racine de manioc séchée.
toutes ses parties. La ville de Lima» qui en est la capitale, fait un commerce fort étendu des vins et des raisins qui y sont apportés des différents vignobles, et particulièrement de la corrégidorerie dlcA, qui en fournit une grande quantité. On estime particulièrement ceux de Lucomba et du Lac» comme étant les plus Bns ; on recherche aussi ceux des environs de Pisco, à200kil. E. de Lima.
La province de Trukillo , située sous les 8^ et 9"^ degrés de latitude méridionale, a de nombreux vignobles, dont les principaux sont dans les corrégidoreries de Tbuxillo, de Zana et de Saint- Jacques ; cette dernière récolte assez de vins et de fruits pour en envoyer à Panama dans la Colombie ; ils sont chargés par mer dans le port de Chaquo.
La province de Guamanga fait beaucoup de vins et d'eaux-devie, surtout dans la corrégidorerie de Parinacoghaz ; ses habitants, presque tous voituriérs, les conduisent dans la province de Cuzco et a Cumana, dans la république de Colombie, où ik les échangent contre d'autres marchandises.
La province de Cuzco a des vignobles ; les vins et les eaux -devie font Tune des principales richesses de la corrégidorerie de Callahuas.
La province d'AsEQuiPA, qui s'étend le long des cAtes de Tocéan PaciQque, tant au pied des Andes ou Cordillères que sur Tescarpement et le dos même de cette chaîne de montagnes, est la plus belle et la plus fertile des quatre grandes provinces de l'ancienne vice-royauté de Lima. La vigne y est partout cultivée» et fournil des récoltes abondantes. La corrégidorerie de Moque- HUA produit une quantité considérable de vins et d'eaux-de-vie qui s'exportent dans différents pays. Celle de Caecames fait aussi de fortes expéditions dans les provinces voisines ; mais les vignobles les plus intéressants de ce gouvernement sont ceux de la corrégidorerie d'ÀBiCA : on y récolte, dans la vallée de Saumba, des vins estimés, et l'on y fait beaucoup d'eaux-de-vie.
La province de la Paz a quelques vignobles, mais leur produit ne suffit pas aux besoins de ses habitants, qui tirent une certaine quantité de vin et d'eau-de-vie des autres provinces.
La province de Chabgas, ou Pérou méridional, a plusieurs vignobles. La corrégidorerie de Sicasiga fournit de bons vins ; celles de Jampabnes, de Mizque, de Lipes et de Pitatal-el- Paspata en produisent beaucoup j la dernière surtout en récolte assez pour donner lieu à la fabrication d'une grande quantité d'eaux-de-vie qui sont estimées.
Le principal commerce des vins et des eaux-de-vie se fait i Lima, où tontes les marchandises des provinces sont déposées et embarquées sur la flottille qui part du port de Callao pour aller à Panama, qui est le rendez-vous de tout le commerce du Chili et du Pérou.
CoBiJA ou Port-la-Mab, sur l'océan Pacifique, dans la province d' A tacama, est un port franc récemment créé par le gouvernement bolivien 9 dans lequel tous les bâtiments étrangers entrent librement, déchargent leurs marchandises et les déposent dans les magasins construits à cet effet, sans acquitter aucun droit de déchargement ou de réembarquement.
DOUANBS DU PÉROU.
Tins de Bourgogne, de Chypre, de Madère, de Xérès, de Porto et Vermouth, en bouteilles, les 12 bouteilles, 2 piastres 4 ou 15 fr. 50; en d'autres récipients, le gallon 0.6 de piastre ou 89 fr. 15 rhectolitre.
Vins de Champagne, les 12 bouteilles, 4 piastres ou 21 fr. 60.
Vins de tous autres crus, en bouteilles, les 42 bouteilles,
1 piastre <!• ou 8 fr. 10 l'hectolitre.
Vins de tous autres crus, en d'autres récipients, le gallon 0 p. 4 ou 44 fr. 57 F hectolitre.
§ X. Brésil.
La vigne prospère dans plusieurs parties de cet empire ; elle donne trois récoltes par an, en mars, en mai et en septembre ; mais cet arbuste n'est cultivé que pour en manger le fruit. Il D*7 a aucun vignoble important, et Ton ne fait pas de vin. Les habitants préparent, comme dans toute l'Amérique, des boissons fermentées de différentes espèces, et ils tirent des vins de toutes les contrées vinifères, notamment des tlesAçores, Canaries et Madère.
Les mesures en usage pour la vente des liquides sont le quartilho, de 34^90; h canada, composée de 4 quartilhos ; la medida, de2S65 ; le cantaro, de 6 canadas ; Yalmude^ de 2 cantaros ou 16^74 ; la fipa, de * 26 almudes , et le tcmnél, de
2 pipas, ou 870^41.
5U AMËBIQUB.
DOUANBS DU BRESIL.
Vins moQsseai 2,400 reïs la eanada oa 238^.92 PImcIoI.
— doui de tonte sorte. 700 -- 69,72 »
— secs — — 820 — 31,85 ■ (Ce qui éqaivaut k M) 0/0 de la Taleur.)
Les vins en bouteilles ou dans des coDteDants de faïeuce payent 25 0/0 en sus, les droits par les contenants compris.
S XI. LA Platà, Uruguay, Pabaguat» Chili.
Le Paraguay contient très-peu de vignes » soit parce que le terrain n'est pas propre à cette culture, soit parce que les missionnaires ont empêché qu'elles ne devinssent trop communes, afin de prévenir les désordres que pourrait produire le vin. Les Indiens remplacent cette liqueur par une espèce de bière nommée chica ou ctccta, qu'ils regardent comme la boisson la plus délicieuse : elle se prépare avec de la farine tirée du maïs, que l'on a fait germer dans de l'eau et passer au four avant de le moudre. On assure que cette liqueur est plus agréable au goût que le cidre, plus légère et plus saine que la bière d'Europe ; qu'elle augmente les forces et entretient l'embonpoint : elle est aussi très-susceptible d'enivrer quand on en boit avec excès.
La province de Buenos- Ayres a peu de vignes ; elle tire beaucoup de vin et d'eau-de-vie de la corrégidorerie de Cuyo, dans le Chili.
Le TucuMAN, situé entre les 34'' et 30* degrés de latitude méridionale, est très-fertile dans plusieurs de ses parties ; la vigoe y est cultivée avec succès, et fournit abondamment aux b^ins des habitants.
Le Chili, bande de terre de 1,200 kil. de longueur et 60 de largeur, sur le grand Océan, est situé entre les âS"" et 42* degrés de latitude méridionale. La vigne est cultivée dans beaucoup d'endroits, et y parvient à des dimensions colossales. On assure que les ceps atteignent quelquefois jusqu'à 0",280 et 0^,333 de diamètre, et que les grappes sont extrêmement -volumineuses. Les corrégidoreries de Copiapo^ de Coquimbo, de Quillota, de V^ALPARAiso, de Melifilla, de Santiago, de Maule et de la Conception ont toutes des vignobles plus ou moins étendus; mais aucune n'en a d'aussi considérables que celle de Cuyo, située dans la partie orientale de cette république, nommée
Transmanlano, et qui occupe un grand espace entre les 30* et SS"" degrés de latitude : elle produit assez de vin pour fournir à la fabrication d'eaux-de-vie et à des exportations importantes que Ton fait, chaque année, pour Buenos-Ayres, Montevideo et tout le Paraguay, où Ton ne boit guère d'autres vins. Ceuxci ne paraissent pas agréables aux personnes qui en boivent pour la première fois : ils ont la couleur d'une potion de rhubarbe et de séné, et leur goût, qui provient du terroir ou des peaux de bouc goudronnées dans lesquelles on les transporte, approche assez de celui de ces drogues. Cependant, lorsqu'on en a bu pendant quelques jours, on les trouve fort bons ; ils ont du corps et beaucoup de chaleur. On prépare aussi des raisins secs qui entrent dans le commerce d'exportation, comme les vins et les eaux-de-vie.
Les expéditions n'ont pas lieu par mer; on a trouvé plus prompt, plus sûr et moins dispendieux de les faire par terre, quoiqu'il y ait 1,416 kil. de Santiago à Buenos-Ayres, sur lesquels il y en a 160 a travers les neiges et les précipices des Cordilières.
DOUAMES DE GHIU.
Vint blane$.
Eo bouteilles ordinaires, 12 booteiUes. ....... 1 piastre 25 on 6^,75
En plus grands conteaaots, le litre 0,06,60 oa 0,36
Vins rouges.
En bouteilles ordinaires, 12 bouteilles 1 piastre on 5,40
En plus grands contenants, le litre 0,06,06 ou 0,86
La Patagonie, laTEBRE-DE-Fsu et les tles qui en dépendent terminent l'Amérique méridionale du côté du pôle antarctique ; elles ne sont habitées que par des sauvages.
CLASSIFICATION
Les renseignements que j'ai obtenus sur le caractère et la qualité des vins récoltés dans cette partie du monde ne sont pas assez certains pour que je puisse indiquer positivement le genre auquel ils appartiennent, et assigner à chacun d'eux le rang qu'il doit occuper. Cependant je crois pouvoir considérer les vins de Passo-del-Norte et de Paras comme des vins de liqueur de 2* classe; ceux de Saint-Louis-de-la-Paz et deZelaya, dans le Héchoacan, seraient alors de la 3*.