AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE
Elle comprend les possessions russes, les possessions anglaises, les Etats-Unis, le Mexique, les 5 petites républiques de l'Amérique centrale, les Antilles.
§ L PossESsioirs eusses.
Ces possessions, composées des lies Aléoutiennes ou des Renards et des terres situées sur le détroit de Behring, sont sous un climat glacé, qui rend la végétation presque nulle. Les habitants, à demi sauvages, vivent de leur pèche et de leur chasse; ils font un grand commerce de fourrures, mais ils ne se livrent point à l'agriculture.
§ H. Possessions anglaises.
Le Canada» qui en fait partie, est situé entre les 43^ et 49* degrés de latitude boréale, entre les 65* et 99* degrés de longitude.
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i Tonest dn méridien de Paris. Le bas Canada est Fertile, et tous les fruits d'Europe y sont excellents. Une espèce de vigne indigène, à petits grains acerbes, de Tespèce du raisin de Corinthe, y vient spontanément. Les ceps sont très-gros, et portent leurs fruits jusqu'au sommet des plus grands arbres. On en trouve beaucoup dans les environs du lac Ebié et dans Ttle des Chevreuils; mais on ne fait pas devin; celui que Ton boit est apporté d'Europe et des îles de l'océan Atlantique. Les vins de Bordeaux sont particulièrement recherchés dans ce pays et se vendent à très-haut prix. Dans llle de Hont-Réal, les vignes sauvages et celles que Ton a plantées donnent de petits raisins d'un goût aigrelet , mais assez agréable. Quelques particuliers en font du lin, mais iFest de très-médiocre qualité.
S m. États-Unis.
Quoique placée entre les 30* et SO"" degrés de latitude septentrionale, la culture de la vigne peut être considérée comme trèspeu importante dans ces Etats; on voit beaucoup de vignes sau- * vages dans les forêts, et quelques cépages tirés de l'Europe sont cultivés pour en manger le fruit plutôt que pour en faire du vin.
Voici ce que nous lisons dans les Etats-Unis en 1860 de M. Bigelow : a La quantité de vins indigènes, qui n'était, pour les Etats et territoires, que de 2Sl,â49 gallons en 1850, s'est élevée, en 1860, à 1 ,860,000 gallons pour ^2 Etats seulement, ce qui fait ressortir une augmentation de 740 0/0. Ce chiffre ne comprend pas la fabrication qui n'est pas entrée dans le commerce et qui s'élève, pour TOhio, à 652,640 gallons contre 48,207 en 1850, la Californie à 494,516 gallons contre 58,056, et le Kentucky è 303,120 contre 179,949 gallons. »
Voici maintenant le tarif des douanes des Etats-Unis (1864) :
Vins de toutes sortes, valant le gallon,
Pas piQs de 50 cent. (71 fr. l'hectoL), 20 cent., soit 28 fr. l'bectol. ou 25 0/0 de la valeur.
Plus de 50 cent, et pas plus d'un dollar (de 71 à 142 l'hectol.), 60 cent., soit 71 fr. l'hectol. ou 25 0/0 de la valeur.
Plus de 1 dollar (142 fr. l'hectol.), 1 dollar, soit 142 fr. l'hect. ou 25 0/0 de la valeur.
Il est entendu que les vins de Champagne ou mousseui, en bouteilles, n'acquitteront pas de droit inférieur à 6 dollars
502 UIÉRIQUE.
(32 fr. 26 c.) les 12 bouteilles contenant chacune pas plus de 1 quart (1^36)» et plus de 1 pint ((y,57) ou les 2<h bouteilles ne contenant, chacune, pas plus de 1 pint.
La Penstlyanie, dans les Etats du centre, est couverte de nombreuses et vastes forêts, où Ton trouve quantité de vignes sauvages de trois ou quatre espèces, qui diffèrent de toutes celles d'Europe, et n'ont encore produit aucun vin qui mérite d'être cité ; cependant on a fait à Philadelphie des essais qui ont réussi. Des plants tirés du Médoc fournissent une faible quantité de vin assez bon , qui , malgré un goût particulier de terroir, ressemble plus au vin de Bordeaux qu'à tout autre. La boisson la plus ordinaire de ce pays est Teau-de-vie de grain que l'on mêle avec de Teau (grog). On fait du cidre dans quelques cantons, et une liqueur analogue avec les résidus du suc d'érable, dont on a extrait le sucre et la mélasse. Une autre liqueur, nommée cherry-rhum, se prépare avec du jus de cerises sauvages et un peu de rhum ; elle est fort agréable. Le cidre que l'on fait à New-Jerset passe pour être excellent.
La Virginie est située entre le 36* et le 40* degré de latitude nord, et entre le 0 et le 8* degré longitude ouest de Philadelphie. La vigne croit naturellement et en grande quantité dans ce pays. On y voit de gros arbres couverts par un seul cep, et cachés sous ses grappes. Quelques vignes croissent entre les bancs de sable, sur les extrémités des terres basses et dans les Hes voisines de la grande baie de Chesapeag : les grappes sont petites et rares sur la souche, qui, d'ailleurs, est fort basse ; mais le raisin est exquis, quoiqu'il croisse sans culture. Il y en a de blancs et de bleus qui ont à peu près le même goût. Une troisième espèce crott dans les marais et sur les coteaux ; les grappes sont petites comme le cep qui les porte, mais le grain est de la grosseur de nos prunes sauvages. Dans sa maturité même, il a beaucoup d'Acreté, ce qui l'a fait nommer raisin de renard; cependant il est très-bon cuit. De deux autres espèces, qui sont très-communes dans tout le pays et qui produisent beaucoup de fruit , l'une porte des raisins noirs, et l'autre des raisins bleus en dehors. Des Français établis à Honagan ont fait du vin rouge avec la première de ces deux espèces : on lui a trouvé du corps et de la vigueur, quoiqu'il ne fût fait qu'avec des grappes cueillies dans les bois. Une sixième espèce de raisin, plus agréable que les autres et de la grosseur du muscat blanc, ne se trouve que sur les frontières de la Virginie, vers les sources des rivières. Le cep est fort petit et ne monte pas plus haut que la plante ou le
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boisson qui lui sert d*appui. L'avidité des oiseaux et des bètes sauvages pour le raisin de cette espèce est si grande, qu'il s'en trouve rarement de mûr.
Od fait beaucoup de cidre dans la Virginie, et l'on tire de Teau-de-vie des pèches, qui croissent en abondance sur les bords des nombreuses rivières de la Chesapeac.
Dans le territoire nord-ouest de I'Ohio, la vigne croit partout sans culture. Les colons font pour leur consommation un vin rouge qui a de la force, et que les habitants de Yingbnnes, dans l'Etat d'Indiana, disent être susceptible d'acquérir par l'Age une qualité supérieure à celle de plusieurs vins d'Europe.
On trouve dans les lies de TOhio une espèce de vigne que Ton dit originaire des plantations que les Français avaient faites au fort DuQUBSNE ; mais les colons n'en ont tiré qu'un vin peu différent de celui des vignes indigènes, qui croissent dans les bois jusqu'à la hauteur de 100 pieds, et ne produisent qu'un raisin noir, dur et sec. Les habitants de Gallipolis, dans le N. 0. de rOhio, à 400 kil. S. 0. de Pittsbourg, ont cherché à cultiver la vigne d'Europe ; des cépages tirés de France, de Madère et de plusieurs autres pays ont été plantés, mais les résultats ont été peu satisfaisants. La vigne gèle souvent et le sol est si riche qu'il ne donne que des vins dépourvus de spiritueux. On ne parvient à les rendre conservables qu'en ajoutant au moût 2 ou 3 livres de sucre par gallon (3S775). On y met aussi del'eau-de-vie de grain nommée mskey.
Vevet, près de Cincinnati, sur l'Ohio, dans l'Etat d'Indiana, est habité par une colonie de Suisses qui sont venus s'y établir, ayant pour unique but la culture de la vigne; ils se sont procuré des plants des meilleurs vignobles de la France, de l'Espagne, de Madère et de plusieurs autres contrées. Ils ont fait leurs plantations sur le penchant des collines ; néanmoins ils obtiennent des vins qui ont tous les défauts de ceux de Gallipolis, et ils sont de même obligés d'y ajouter du sucrb et de l'eau-de-vie pour les rendre conservables. Le vignoble de Yevey était évalué contenir kO arpents en 1825. Le commerce des vins se fait à Gallipolis. Comme la totalité ne serait pas consommée dans le pays, on en envoie à la Nouvelle-Orléans par l'Ohio et le Mississipi. Mais arrivés là, ils soutiennent difficilement la concurrence avec les vins de Bordeaux qui y abondent. Les habitants de French-Geant, aussi sur le bord de l'Ohio, ont planté quelques vignes dont les produits ne sont pas meilleurs. On pense que la vigne réussirait beaucoup mieux dans les Barrens du Kentugkt,
(04 AMÊ&IQUE.
OÙ le sol, moins fertile, moins profond, sablonneux et snr an fond de pierre calcaire , convient beaucoup plus à cet arbuste, qui y croît naturellement et n'acquiert pas les dimensions colossales des ceps qu'on rencontre sur les bords de TOhio. Quelques personnes ont essayé cette culture, mais les résultats n'en sont pas encore connus. Il a été fait aussi quelques essais dans les environs de Louisville avec des plants de Madèreetde Bordeaux.
Sur le bord occidental du Mississipi, on voit des vignes sauvages qui grimpent au haut des plus grands arbres. On en rencontre aussi dans TEtat du Kentuckt et dans plusieurs autres contrées; mais elles ne donnent pas de meilleurs produits, et les vignes d'Europe qu'on a transplantées n'ont pas encore eu un grand succès. Le pays des Illinois a des vignes dont les habitants tirent des vins assez bons et dont il se fait quelques exportations pour la Nouvelle-Orléans.
Près du Nouveau-Madrid, dans la haute Louisiane, les arbres s'élèvent à une hauteur prodigieuse; les vignes, qui s'y entrelacent et montent jusqu'à leur sommet, fournissent des raisins dont on fait des vins rouges assez bons, particulièrement dans les terres plus élevées et moins humides des districts d'ÂTACAPAS et d'OpÉLOusAS. Les raisins sont bons et très-abondants dans les pays qu'arrose le Missouri. Les environs de Chicassaw-Bluff, dans la Nouvelle-Orléans, près du Mississipi, offrent une terre jaune qui parait convenir à la vigne ; un Espagnol qui avait apporté des cépages d'Espagne les a plantés dans son habitation» et il récolte d'assez bon vin. On fait aussi, dans ce pays, du vin de pèches, que l'on convertit en eau-de-vie.
Les bords de presque toutes les rivières sont couverts de ceps indigènes qui produisent une grande quantité de raisin. On en trouve aussi dans plusieurs cantons de la Floride.
En Californie la culture de la vigne prend beaucoup d'importance. Les premiers colons y trouvèrent, en 1769, des ceps sauvages qui donnaient des raisins d'une très-belle apparence, mais très-aigres ; les missionnaires y ont porté des plants d'Europe qui ont bien réussi, et dont on retire aujourd'hui une assez grande abondance de bon vin, qui a quelque ressemblance avec celui de Madère. Les principaux vignobles sont situés le long de la côte, au sud et au nord de Monteret, jusqu'au delà du 37* degré de latitude. On estime particulièrement les vins des villages de San-Diego, San-Juan, Capris-Tkako, San-Gabribl, Sah- BuoNA VENTURA, Santa-Barba, San-Luis-Obispo, Santa-Clara et Sinir José
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Yoici ce que nous lisons dans le Californien, journal publié dans cette contrée. (Nous citons d'après le Moniteur.)
c Un comité s'est formé pour recueillir sur Tétat de la viticulture californienne tous les renseignements possibles, afin de les consigner et, en groupant les chiff/es obtenus, de donner une statistique à laquelle on peut se reporter pour juger efficacement la valeur et le succès de cette production. Déjà un travail de cette nature avait été tenté par des agents officiels ; mais ceux-ci Pavaient fait dans de mauvaises conditions qui avaient stérilisé leur effort. Aujourd'hui, les viticulteurs, répondant à l'appel de leur comité, se sont empressés de le renseigner minutieusement, et Ton n'en est plus seulement à se contenter de vagues approximations.
c II a été reconnu par le comité que, durant ces années dernières, xm grand nombre de vignes avaient été plantées sur divers points de la Californie et jusque dans les districts des mines, mais le produit de ces vignes est encore nul, attendu leur extrême jeunesse.
<i C'est toujours le comté de Los Angeles qui est le district viticole par excellence, quoique menacé de se voir enlever bientôt le sceptre de la production œnicole. Le comté de Los Angeles est, quant à présent, celui qui donne le plus de grappes et fabrique le plus de vin, parce que ses vignes sont plus vieilles et plus productives en conséquence ; l'éloignement des marchés, où se consomme le raisin en grappe, le force de mettre sous le pressoir sa récolte tout entière. Ce seul comté de Los Angeles a produit, l'année dernière, un total d'environ 500,000 gallons de vin, dont 150,000 dans un seul vignoble. Malheureusement, le vin de Californie est mal fabriqué. Les gens qui le font n'y entendent pas grand'chose, et leur outillage est médiocre ou insuffisant. Si quelques vins sont bien faits, la médiocrité des autres leur fait un tort immense. 11 est vrai que déjà les connaisseurs ont établi des distinctions avantageuses pour les bons producteurs et ruineuses pour les mauvais.
c Les comtés qui cultivent le mieux la vigne après celui de Los Angeles sont les comtés avoisinant la baie de San-Francisco. A mesure qu'on s'éloigne de la baie on trouve moins de visne, et elle est de plus en plus mal cultivée. Cela tient à ce que partout ou le raisin peut être consommé en nature, il offre au producteur plus de profit et moins de peines que lorsqu'il faut le convertir en vin. Mais on le comprend ; le raisin en native ne peut être écoulé que pendant un temps très-court, au début de la production, et dans les centres peuplés : il faut'toujours en arriver à cette fabrication du vin qui est si pénible pour l'inhabile Californien. Mais avec le temps s'introduiront des perfectionnements nombreux, et l'on sourira en songeant aux soins des viticulteurs d'aujourd'hui.
c Voici les chiffres relevés par la statistique du comité. Los An^^eles et la vallée de Sonora figurent sur le tableau pour un nombre de pieds de vigne bien supérieur à celui relevé dans les autres districts : Los Angeles, 1,200,000 pieds de vigne; vallée de Sonora, 1.100,000 pieds; Annaheim, 450,000 pieds; San-Gabriel, 150,000 pieds ; Cocomongo , 160,000 pieds; Green Valley, 135,000 pieds; vallée de Napa, 320,000 pieds; vallée de Putah, 150,000 pieds; vallée de Cache-Creet, 80,000 pieds; vallée de Santa-Clara, 800,000 pieds; Sonora, 150,000 pieds ; Oroville» 75,000 pieds.
et Dans le bassin du Sacramento sont plantés des millions de pieds, mais
il n*a pas été possible d'en faire le relevé exact. La viffne des vallées de SoDora et de Santa-Clara est presque tout entière d importatioD étrangère. A Los Angeles c'est le contraire, aossi tout le via qu'on y fait a-t-U on goût et une qualité à peu près uniformes. »
La bière est la boisson la plus habituelle de l'Amérique septentrionale. Dans la Nouvelle-Angleterre, on fait, avec les sommités das branches d'une espèce de sapin nommé spruce, une bière qui porte le même nom ; elle a du montant et un goût fort agréable. On en prépare aussi avec du millet que Ton fait bouillir et auquel on ajoute du maïs concassé. Ce pays produit beaucoup de pommes, dont on fait du cidre en assez grande quantité pour en exporter dans les cantons qui en sont privés.
On fabrique à la Nouvelle- Orléans, dans la basse Louisiane, une liqueur d'un rouge pourpré et d'un goût agréable, avec le fruit du merisier sauvage, que Ton fait infuser dans de l'eau-devie. Les colons aiment celte liqueur, parce que c^est un produit de leur pays^ ils y ajoutent du sucre ou du sirop à T instant de la boire.
Les mesures en usage dans les Etats-Unis sont le pinl d'Angleterre, qui équivaut à 47 centilitres, le hogshead, qui contient 182 litres, et le tun, composé de 4 hogsheads.
$ IV. Mexique.
Malgré les entraves que le commerce de Cadii n'a cessé de mettre à la culture de la vigne, quand ce pays était sous la domination de TEspagne, cet arbuste prospère dans plusieurs cantons. Les environs de Passo-del-Norte, sur la rive droite du Rio-del-Norte, dans le Nouveau-Me&ique , pays délicieux, qui ressemble aux plus belles campagnes de T Andalousie, renferment de beaux vignobles, qui produisent des vins liquoreux et de bon goût : ils sont considérés comme les meilleurs de cette partie du nouveau monde , et les voyageurs qui vont à Santa-Fé ne manquent pas de s'en approvisionner. Les vignobles de Parras, dans la Nouvelle-Biscaye, donnent des vips de même espèce et dont on fait un grand éloge. Les cantons de Saint-Louis-db-la-Paz et de Zelata, dans la province de Méchoacan , sous les 22* et 23' degrés de latitude boréale, produisent aussi des vins estimés.
En Amérique, comme dans tous les pays où le vin n'est pas abondant, on fabrique des liqueurs artiQcielles qui le rempla-cent. Dans les lies où l'on cultive le café» la pulpe charnue qui
enveloppe cette fève fournity parla distillation, une liqueur spiritueuse nommée ratafia de café; elle a un goût et un parfum agréables. Plusieurs parties du Mexique, et particulièrement le district de Zempoalla, dans la province de Tlascala, produisent en abondance upe plante nommée maguey de pulque (1), s'élevant h peine à la hauteur de 1 mètre 1/2, et qui , au moyen d'une incision pratiquée de manière à former un réservoir dans sa partie supérieure, fournit, chaque jour, lorsqu'elle est en plein rapport, environ 7^50 d'un suc que Ton désigne sous le nom de miel, à cause du principe sucré qu'il renferme. Ce sucre est d'un aigre-doux assez agréable ; il fermente assez facilement, et se convertit, au bout de trois ou quatre jours, en une boisson vineuse nommée pulque, ressemblant au cidre, mais qui a une odeur de viande pourrie très-désagréable. Les naturels en sont grands amateurs, et Ton assure que, lorsque les Européens parviennent à vaincre le dégoût qu'inspire l'odeur fétide de cette liqueur, ils la préfèrent à toute autre. Le pulque est considéré dans le pays comme stomachique, fortifiant et surtout comme très-nourrissant; celui du village d'HocoTiTLAN, situé au nord de la ville de Toluca, passe pour être le meilleur. Cette boisson est la base d'un commerce considérable. La quantité qui s'en consomme, chaque jour, dans la ville de Mexico, où elle tient lieu de vin, est évaluée à 5,000 pintes. On tire du pulque, par la distillation, une eau-de-vie très-enivrante, nommée mexical ou aguardiente de maguey.
Les habitants de quelques provinces de l'Amérique font du vin de palmier. Pour se procurer le suc de cet arbre, ils pratiquent, dans la partie ventrue du tronc, une ouverturede 0",lll à 0^,139 de diamètre, et ils enlèvent assez de moelle pour former, dans l'intérieur, une espèce de réservoir de 0",139à 0",167 cubes : celui-ci s'emplit de suc, que l'on retire avec des calebasses pour le mettre dans le vase destiné à le transporter. Cette liqueur, lorsqu'elle est fraîche, ressemble un peu, pour le goût, au lait de coco; on obtient, par la fermentation , une liqueur assez spiritueuse pour enivrer.
(1) L*une des nombreuses variétés de Vagave americana.