CHAPITRE n
Royauinc-lJint de la Gvaià4e«Bi*etesiie et de l'Irlande.
La vîgne a longtemps été cultivée en Angleterre» quoiqu'elle y ait prospéré moins bien que dans les climats plus tempérés; ia grande vallée du Glocester, placée sous le 51* degré 55 minules de latitude, formait, il y a plusieurs siècles, un vignoble considérable qui produisait beaucoup de vins; mais ceux du continent étant abondants et bien supérieurs en qualité, on a sagement abandonné cette culture et on l'a remplacée par celle du pommier et du poirier, qui fournissent une grande quantité de très-bon cidre. Aujourd'hui Ton ne rencontre la vigne que dans les jardins et uniquement pour en manger le fruit.
Si l'Angleterre ne produit pas de vins naturels, il s'y fabrique une grande quantité de vins arti6ciels, ou du moins des liqueurs de ménage, composées de fruits qui ont subi la fermentation : tels sont les vins de groseillets, de .cerises, de fraises, de framboises, d'oranges, de citrons, de raisins secs, de coings, de prunelles, de baies de sureau, de ronces, de prunes de Damas, de cassis, etc. Ces boissons, préparées avec soin par les maîtresses des maisons, tiennent lieu de vins étrangers aux personnes qui ne sont pas assez riches pour s'en procurer. Le docteur Willich (1) donne à ces préparations le nom de vins anglais, pour les distinguer de ceux que l'Angleterre tire à grands frais de tous les bons vignobles. Il se fabrique aussi, dans le commerce, une assez grande quantité de ces vins. Macculloch a publié, dans le Répertoire des arts^ des manufactures et de Vagri^ culture (S), un mémoire fort intéressant sur la manière de les préparer : il entre dans de grands détails sur les parties constituantes des fruits qu'on y emploie, et indique les substances que l'on doit ajouter pour celles dont ils sont dépourvus. La
(i ) Domestic Encyclopœdia , vol. 4, p. 335.
(2) Reperlory of arts, manufactures and agriculture y n" 181, 182 et 183 publiés en juin, juillet et août 1817.