‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 77 sur 126 · FORCE · texte numérisé non relu

FORCE

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Il parait utile de reproduire ici une note sur le commerce

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des vins de France insérée aux Annaks du commerce extérieur ^ n"" 1578 (Angleterre, Faits comm.j n** 45), pablication officielle du ministère de Tagricullure et du commerce.

c A la veille et dès la conclusion du traité de commerce avec la Grande- Bretagne, un certain nombre de nos négociants en vins, confiants dans les r&ultats que.devait entraîner cette grande mesure économique, et ne se rendant peut-être pas suffisamment compte des habitudes du peuple anglais, jetèrent sur le marché de Londres une quantité très-forte de leurs produits. Les tableaux du commerce britannique constatent, en effet, que les importations de vins de France, qui ne s'élevaient qu'à 623,000 galions (1) en j858, montèrent à 1,011,000 gallons en 1859, et à 2,445,000 en 1860, pour redescendre à 2,188,000 galions en 1861 et à 2,245,000 en 1862 (2). Certaines maisons n'expédièrent que des vins tout à fait supérieurs, dont le prix était fort élevé, et que les Anglais, dont le goût particulier n'apprécie pas toujours bien nos crus, n'estimèrent pas à leur juste valeur; d'autres maisons, au contraire, n'envoyèrent que des qualités médiocres d'une vinosité trop faible. Pour élargir l'important débouché offert par le Royaume-Uni à nos produits vinicoles, et qui a déjà plus que doublé depuis le traité, il importe d'étudier attentivement et de satisfaire loyalement les besoins de ce pays. Les vins aui y conviennent le mieux sont ceux de qualité intermédiaire, purs, trèscolorés et très-corsés. Convenablement préparés , nos crus du Midi sont certainement appelés à réussir dans la Grande-Bretagne ; ils auraient généralement besoin d'être légèrement alcoolisés et devraient être expédiés, autant que possible, par la voie de mer, afin d'éviter la

Sernicieuse influence qu'exerce sur eux la trépidation des chemins e fer. — En outre, il serait préférable de faire les envois en paniers ou en caisses contenant moitié grandes bouteilles, moitié demi-bouteilles. Ces dernières sont, en effet, fort recherchées, surtout pour le Champagne et les vins fins. Les envois en barriques ne répondent pas aux habitudes prises : nos expéditeurs ne doivent pas perdre de vue que les maisons anglaises sont dépourvues de caves et qu'on n'y met pas le vin en bouteilles. Il conviendrait aussi de ne pas se borner à dinger les envois sur Londres ; ils pourraient avoir lieu sur d'autres points de l'Angleterre : à Sunderlanu, par exemple, et dans tout le comté de Durham, ainsi qu'à Newcastle, on fait une grande consommation de vins français. Il

(1) Le gallon = 4^54.

(2) Voici, diaprés nos propres Tableaux de douane, quelle a été, tant en quantités qu'en valeurs, la marche de nos exportations directes de vin pour le Royaume-Uni depuis 1858 (commerce spécial) :

Qnantttét. Valeurt.

IttrM. ft>.

ANGLETEBHE. 327

n*y a pas on hôtel, pas une laverne, pas un établissement public où il ne s'en vende, et tous ces vins y arrivent par la voie intermédiaire de Londres. Ils payent donc nn double fret et un droit d'entrepôt et do transit qu'ils auraient évités, s'ils avaient été expédiés directement par ceux de nos bâtiments qui fréquentent ces ports, où ils arrivent sur lest, et qui les prendraient probablement à fret réduit. L'économie qui en résulterait rendrait l'accès de cette boisson, aujourd'hui de luxe, encore plus facile à la classe moyenne, l'usage tendant à s'établir d'offrir et de nire boire du vin aux visiteurs que l'on reçoit. Quant à la classe ouvtlère, il est encore trop cher pour elle malgré l'abaissement des droits» et aurait d'ailleurs de la peine à remplacer les liqueurs fortes et les boissons fermentées qu'elle consomme en grande quantité.

« Nos négociants en vins, qui ont fait quelques envois de bourgogne. que le succès obtenu devrait les engager à renouveler, pourraient aoesi tenter d'approvisionner le marché anglais de nos vins blancs légers , dont les meilleurs rivaliseraient avec ceux du Rhin , qui sont plus connus et presque seuls servis avec les huîtres, dont il se fait une large consommation. On est porté à croire qu'il y a là pour nous une veine nouvelle à exploiter, l'usage des soupers d'huîtres tendant à se répandre. Au reste, il est nécessaire de rappeler aux expéditeurs que, soit en vins rouges, soit en vins blancs, les Anglais n'aiment pas ceux d'une saveur douce (1).

c( Après Londres, Liverpool est le port du Royaume-Uni qui reçoit le plus do vins étrangers. Les arrivages sont loin d'égaler ceux de la métropole; mais ils forment {pourtant le huitième des importations totales. Le commerce des vins a. pris en 1863 dans toute retendue du Royaume- Uni un grand développement : le chiffre total des importations s'est élevé à 14,186,189 gallons, chifhre qui n'avait pas encore été atteint, même pendant l'année où les droits furent abaissés et où le dégrève-^ ment donna lieu à des expéditions considérables. Les importations en 1860 avaient été de 12,475,001 gallons ; en 1861, de 11,052,436 ; et, en 1862, de 11,960,664. Mais tous les vins n'ont pas participé à Taccroissement signalé pour 1863.

tf Les provenances principales i)ont, comme on sait, le Portugal, l'Espfittne, la France, Madère, l'Allemagne et les Deux-Siciles. Parmi ces aillérents vins il importe encore de distinguer les espèces, c'est-ândire les vins blancs ou rouges. A la classe de ceux-ci appartiennent quelques vins de l'Allemagne, les vins de Bordeaux, de Bourgogne, du Rhône, du Roussillon et uu Languedoc, les vins de Porto et quelques autres de la Catalogne. Parmi les vins blancs se rangent les vins d'Espagne, ceux de Champagne et la majeure partie de ceux du Rhin.

(1) « Lee renseignements qui précèdent sont en partie le résumé d'une communication de M. Niboyet, vicoKsonsul de France à Sunderland : ils datent de juin 1864. Voir, plus loin, les observations présentées au sujet •de nos vins blancs par un autre de nos agents officiels en An^fleterre» M. Langlet, consul oe France à Liverpool. »

AlfGLBTBRSB.

QUAITlTiS DB TUS IBPORTtSS DAIS LZ ROTAUSE-VVI DE 1«S7 A ISCS.

PROVBNAMGBS.

Portttgd ,

Fraoec ,

Naplet et Sicile. . . .

Allemagne

Madère ,

uUont.

galloni.

caltoiu.

galloiu.

gallons.

gallons.

« Le bénéfice de l'abaissement des droits étant une mesure générale, tous les vins en ont naturellement profité, et leur écoulement a proffressé ; d'ailleurs, la comparaison avec les autres pays ne nous est noint défavorable. Si Ton prend les deux années extrêmes , 1857 et 1863, on trouve les résultats suivants : France, 2,186,701 au lieu de 796,769, le triple ; Allemagne, 353,857 au lieu de 121,359, aussi le triple ; Espagi 6,616,560 au lieu de 4,628,790, environ le tiers ; le Portugal, 3,591,8 au lieu de 2,964^033. à peu prés le cinquième.

c Les expéditions de vins français ayant été multipliées outre mesure après la réforme du tarif, l'excès d^approvisionnement n'a certainement pas été sans réagir sur Jies années subséquentes. Depuis, le niveau s'est rétabli , et, si l'on n'a pas à constater des accroissements considérables, Ton n'a pas non plus a signaler des décroissances bien sensibles. Il est curieux ae s'arrêter sur les différentes espèces de vins français importées en Angleterre et de marquer la part qirelles ont prise dans l'importation; tandis que la diminution est assez sensible sur les vins rouges, les vins blancs, au contraire, sont en voie de prospérité (1).

« On n'a pas encore i)our 1863 les moyens d'établir cette distinction, mais elle est assez significative pendant les trois années qui précèdent pour aue l'on puisse en tirer de sûres inductions. Le relevé suivant indique les quantités des deux sortes de vins importées de France en Angleterre pendant les années 1860, 1861 et 1862 :

Vins rongw. Vins blancs. totak.

«allons. gallons. gallons.

« Parmi les vins blancs de France fiffurent les imitations de Madère, de Porto et de Sherry, de Cette et de Marseille, lesquelles constituent une branche de commerce analogue à celle de ces vins de Champa^^ne, du Rhin, qui sont vendus pour vins français, mais classés parmi les vins de provenance allemande.

« Il est d'ailleurs une base plus exacte encore pour constater les pro-

(1) Voir Tobservation présentée plus haut.

▲N6LBTBRRB.

grès de notre industrie viticole sur le marché anglais, c'est le mouvement de la consommation. Le tableau ci-aprôs présente, réunies d'après leur provenance, les différentes quantités de vins consommées en An-

fleterre pendant la môme période septennale. Il permet d'observer les ifférences entre les quantités imi)ortëes et les quantités consommées, et donnera une idée plus juste de Pimportance réelle des ventes à l'entrepôt. Le commerce des vins en Angleterre se fait, en effet, sur une large échelle, et, comme jusqu'à présent il est resté entre les mains de riches négociants, le mouvement des importations peut dépendre beaucoup de la nature des récoltes, tandis que la consommation suit une marche phis régulière. Ainsi, il a été importé en 1863 14,186,189 gallons de toute provenance, mais il n'en a été consommé que 10,478,401.

QUAITlTtS DB VIVS COISOISÉBS II A16UTIRU DE 18B7 A 1868.

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