‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 97 sur 126 · SP1.61IE · texte numérisé non relu

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raotOD produit de très-bons vins blancs, liquoreux» parfumés et d'un goût agréable, quoique leur mérite n'approctie pas de ce^ lui du tinio. On y fait aussi des vins d'ordinaire estimés dans le pays ; mais ils ont un goût piquant, qui déplatt quand on n*y est pas babitué.

Ce royaume fournit beaucoup d'autres vins d'ordinaire rouges qui sont fort estimés, tels que ceux de la Tobre, dépendance de la Chartreuse de Pobta-C(»bli, près de Murviedro, du mâs (domaine) de San-Domingo, de celui du marquis de Perales, dans le territoire de Quabta, et des vignobles de Segobde, à 44 kil. N. 0. de Valence. Ces vins ont, en général, du corps et et donnent de bonne eau-de-vie. Ceux des environs de Mubt TiEDROy à 25 kil. N. de Valence , sont les plus épais et les plus colorés.

Le territoire de Benigablo, sur le bord de la mer, à 80 kil. N. £. de Valence, et celui de Vinaroz, ont d'excellents vignobles ; on y fait des vins rouges très-colorés, corsés et spiritueux, qui sont préférés aux vins d'ordinaire d*Àlicante; ils deviennent secs en vieillissant, et contractent souvent un go&t piquant, qui, pour les palais habitués à nos vins de Bourgogne, approche de l'acidité et les rend peu agréables. Ces vins ne sont cependant pas sans mérite : on les emploie avec succès pour donner du corps, de la force et de la couleur aux vins faibles ; on en fait de bonne eau-de-vie. Ce vignoble produit aussi des vins blancs de fort bonne qualité.

Le principal commerce des vins et des eaux-de-vie a lieu k Alicante, à Valence, Benicarlo et dans les différents vignobles. Le vin et Teau-de-vie se vendent au canlaro, qui contient 11^S0 à Alicante et 11^75 à Valence. Les tonneaux en usage se nom* ment botta et jaugent depuis 434 jusqu'à 470^00. À Valence, on vend le vin au canlaro de 11^39, et à la carga de 170*949. Les expéditions se font par le port d'Alicante, par la rade de Cullera et les plages de Dénia, de Vinaroz, de Gandia et du Grade, près de Valence.

S XI. EsTRAM ADURE, sîtuée SOUS les 38* et 39* degrés de latitude, entre le royaume de Léon, les deux Castilles^ l'Andalousie et le Portugal.

Cette province a quelques cantons fertiles en vins, surtout la

plaine nommée Yeba, aax enviroTis de Placencia ; mais leurs produits suffisent à peine aux besoins des habitants.

On récolte en petite quantité, à Olivença, à 25 kil. S. S. E. d'Elvas, du vin nommé a'nto, qui n'est pas liquoreux et n*a aucun rapport de goût avec ceux de même nom que Ton fait à Alicante et Rota : c'est un vin rouge du genre moelleux, d'une couleur convenable, corsé, spiritueux, fin, très-délicat et pourvu d'un bouquet très-suave; c'est le seul vin d'Espagne qui puisse être comparé à nos bons vins de S* classe.

§ XII. Andalousie, située sur V Océan, sous les 36% 37« et 38' degrés de latitude, entre le Portugal, la Nouvelle-Castille, le royaume de Murcie et celui de Grenade.

Cette province, la plus fertile, la plus riche et la plus commerçante de l'Espagne, fournit une grande quantité de vins d'excellente qualité. Plusieurs des principaux vignobles de cette province sont gouvernés par des Français et des Anglais, aux soins desquels on attribue l'accroissement de qualité que l'on remarque, depuis quelques années, dans les vins de différents crus. La production moyenne est de 570,000 hectol., dont 900,000 à Xérès, 60,000 à Port-Sainte-Marie, iO,500 à Rota, 60,000 à San-Lucar, etc.

Rota, bourg à SO kil. N. de Cadix, produit le meilleur et le plus célèbre des vins rouges de l'Andalousie. Sa couleur est trèsfoncée pendant les premières années; mais elle s'affaiblit ensuite à mesure qu'il vieillit. Les Espagnols lui donnent le nom de tinlilla, qui est celui du plant dont il provient ; on l'appelle aussi linto de Rasa. II est liquoreux sam être fade, a beaucoup de chaleur, et joint k un bon goftt un bouquet aromatique trèsprononcé; il ressemble un peu à celui d' Alicante, et a, comme lui, des vertus toniques, mais sa couleur est plus foncée; il dépose moins, il est plus doux et ne contr'^r.te pas de goût piquant en vieillissant; on ne le sert pBS ordinairement sur table.

Xérès (Jeres) de la Frontera, à 30 kil. M. de Cadix, est entouré de vignobles qui produisent plusieurs espèces de vins blancs très-estimés. L'un, dit paxaréte^ est liquoreux, agréable et parfumé^ le second, dit vino seco, est sec et amer; son goût est néanmoins fort bon et son bouquet trè^-suave. Le troisième, nommé abocado^ tient le milieu entre les deux premiers, quant à sa consistance; il est moins doux que le paxarèle et n'a pas

Tamertume du vinoseco; c'est un excellent vin d'entremets. On fait aussi dans ce vignoble, mais en très-petite quantité, un vin de liqueur nommé moscalel-de-paja; il provient des raisins muscats qu'on fait sécher en partie sur de la paille avant de les presser-, ce vin, d'une couleur peu ambrée, a du parfum, une couleur et un goût fort agréables; il est surtout très-fin, trèsdélicat, et n'a que le degré de spiritueux qui lui est naturel, attendu qu'on n'y met pas d'eau-de-vie. Les autres vins muscats de Xérès sont de fort bonne qualité, mais inférieurs à celui dont je viens de parler. On distingue encore, parmi les vins de liqueur, celui nommé malvasia; il est fait avec le raisin du cepage dit pedrO'XimeneSy il a beaucoup de délicatesse, de finesse et de parfum, avec un goût des plus suaves; ce vin conserve sa blancheur en vieillissant; il ne reçoit aucune addition d'eau-devie et peut être comparé, pour sa finesse et son agrément, à l'excellente malvoisie de Madère, il a seulement moins de corps que ce dernier vin. Les mêmes vignobles fournissent d'exceU lents vins rouges, dont le plus estimé se nomme lintilla; il ressemble au vin de même nom que l'on fait à Rota, mais il est inférieur en qualité. Le produit annuel des vignobles de Xérès n'était évalué, en 1789, qu'à 12,000 bottes ou 52,000 hectol. Jacob, dans son voyage, fait en 1809, en porte la récolte annuelle à 40,000 bottes ou 180,000 hectol.; actuellement la production a atteint, comme nous avons vu, 300,000 hectol., mais il s'exporte actuellement environ S50,0(X> hectol. sous ce nom (en 1810, 60 à 70,000; en 1845, 150,000 hectol.}.

Les meilleurs vins de Xérès se récoltent dans les vignobles dits de terres blanches, pour les distinguer de ceux plantés sur les terrains rouges et sablonneux. Ces vins éprouvent, en vieillissaut, plusieurs métamorphoses : pendant les trois premières années, ils diffèrent peu de celui nommé mansanilla, qu'on fait dans les terrains rouges ; de trois à six ans, ils prennent le nom d*amontillado ; en vieillissant encore, ils acquièrent les qualité» que l'on recherche dans les excellents vins de Xérès ; leur couleur devient plus ambrée, et ils sont plus spiritueux; enfin, si on les garde jusqu'à trente et quarante ans, ils deviennent liquoreux et ne doivent être bus qu'avec beaucoup de réserve. Les vins fins de cette espèce ne reçoivent aucune addition d'eau-deyie Qt ne subissent aucune préparation particulière. On les soutire deux fois de dessus leur lie, dans la première année ; mais les lies qui se forment dans les années suivantes restent dans les tonneaux, qui, lorsque le vin a acquis un haut degré de qualité,

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forment ce que I*od appelle des tnères^ dont on retire, chaque année, le vingtième on le trentième de leur contenu, que Y on remplace par du vin moins vieux. Cet usage est aussi adopté dans la plupart des bons vignobles de l'Espagne. Lorsque les vins d'ordinaire de Xérès valent 300 fr. la pipe de 30 arrobes oo 47â',00, les vins fins vieux se vendent jusqu'à 2 et 3,000 fr. Les excellents vins secs de Xérès s'expédient principalement pour PAngleterre, où ils sont très-estimés sous le nom de sherry.

Paxarète, ancien monastère situé à 6 kîl. de Xérès, a, dans ses dépendances, des vignobles qui produisent des vins blancs de même espèce que ceux du territoire de cette ville, et que Ton nomme aussi paxarète, vino seeo et abocado. Les vins secs de ce vignoble, bien que d'excellente qualité, sont, en général, moins estimés que ceux de Xérès ; mais les vins de liqueur sont plus fins et plus délicats. Celui nommé paxarète est le produit du cépage nommé pedro-ximenes, et des autres cépages d'excellente qualité qui croissent sur les terrains crayeux de son voisinage. Il réunit toutes les qualités que l'on estime dans les vins dits de Malvoisie.

MoGUBR, dans le comté de Niebla, produit des vins de plusieurs espèces, parmi lesquels on estime surtout ceux nommés moger$ leur couleur est œil de perdrix; ils sont légers, spiritueux et fort agréables. Ce pays fournit aussi beaucoup de vins communs, qui s*expédient dans les colonies.

San-Lucar-de-Barameda, situé à l'embouchure du Guadalquivir, à 80 kil. S. G. de Séville. Les vignobles des environs de cette ville fournissent beaucoup de bons vins d'ordinaire, dont la plupart sont blancs : ils ont un goût agréable et acquièrent beaucoup de qualité en vieillissant. Ce pays produit aussi des vins muscats d'une qualité supérieure, et du vin rouge, dit ItntUla, qui imite celui de Rota; on estime aussi ceux nommés zalogne et carlon. Les négociants de Xérès tirent une grande quantité de vins de San-Lucar, qu'ils mêlent avec ceux de leurs vignobles pour les expédier à l'étranger.

CoRDOUE, à il 5 kil. N. E. de Séville, a des vignobles trèsétendus, qui fournissent de bons vins d'ordinaire et quelques vins blancs recherchés. On cite surtout celui de Monlilla, peu connu hors du pays; il est sec, d'un goût agréable, spiritueux et pourvu d'un joli bouquet.

Des vignobles plantés dans les terrains sablonneux et rouges des environs de Xérès, de San-Lucar et de Port-Sainte-Marib produisent des vins blancs secs» nommés manzaniUat qui ont

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qaelqne analogie avec ceui de Malaga, mais fis soot infériears en qualité; ils soot légers, peu spiritueux, mais parfumés et d'un goût agréable; comme vins d'ordinaire, ils ont l'avantage de pouvoir être bus à haute dose sans incommoder. II s'en fait une très-grande consommation dans cette partie de T Andalousie, on on le garde rarement plus de trois ans» parce qu'alors il a acquis toute sa qualité et qu'il n'a pas, comme ceux des vignobles dits de terres blanches^ la propriété de s'améliorer encore en le gardant plus longtemps.

Algala-la-Real, Anduxar, Lebrixa, Lucena et plusieurs autres villes de l'Andalousie sont entourés de beaux vignobles qui produisent des vins de différentes qualités.

On fait, à Rota, à Xérès et dans plusieurs autres vignobles, du vin nommé negrcHrandOt à cause de sa couleur toncée\ il est plutôt sec que liquoreux; son goût pâteux et piquant en même temps le rend peu agréable à boire, mais il est recherché pour les mélanges.

Les vins d'ordinaire et ceux de qualité inférieure servent à la consommation des habitants et à la fabrication d'une prodi^ gieuse quantité d'eanx-de-vie. Le principal commerce de ces liqueurs se fait à Cadix, d'où elles s'expédient, par mer, pour tous les poys. On en exporte aussi par les ports de Rota, de Port- Sainte-Harie, etc.

Les environs deStviLLB, capitale de l'Andalousie, fournissent une grande quantité de vins, dans lesquels on met beaucoup de moût cuit, comme je Tai indiqué page 403.11s ont une couleur très-foncée et un goût désagréable : on les consomme dans le pays. (Production, 43 à 45,000 hectol.)

Les vins et les eaux-de-vie se vendent à Yarrobe, qui contient 15^74. On les met dans des tonneaux nommés îofto, de 28 arrobes ou 440 litres; il y en a de moindre capacité pour l'expéition des vins de liqueur.

S XIIL Bùyaume de Murcib , situé sur les bords de la Miditerranée^ entre la Nouvelle-Castille^ le royaume de Valence et celui de Grenade, sous les 37* et 38* degrés de latitude.

D y a peu de vignobles dans ce pays, et ils ne produisent, à quelques exceptions près^ que des vins liquoreux, épais et durs; les meilleurs se récoltent aux environs de Cabthagènb, à 44 kil. S. E. de Murcie; ils sont peu connus et mériteraient de Tètre

davaotage par leur qualité, qui approche de celle des vins d'or* dinaire d'Alicante. On fait peu d'eau-de-vie dans cette province^ les seules fabriques connues sont à Yillena et à Sar. Le prin* cipal commerce des vins se fait à Carthagène.

§ XIY . Royaume de Geenade, flaci sous les 36* et 37* degrés de latitude, entre la Nouvelle-Castille, la Murcie^ V Andalousie et la mer Méditerranée.

Le territoire de cette province, presque partout montneux, offre un grand nombre d'expositions favorables à la végétation de la vigne. Elle a des vignobles assez étendus et dans plusieurs desquels ou récolte beaucoup d'excellents vins.

Halaga, ville remarquable par son opulence et retendue de son commerce, est située près de la mer, à 100 kil. S. 0. de Grenade et 408 S. de Madrid. Cest sur les montagnes qui environnent cette ville que croissent les vins connus en France sous le nom de vins de Malaga, et en Angleterre sous celui de tins de montagne : le climat de ce pays est si favorable à la végétation de la vigne, que ses fruits mûrissent sur les montagnes à plusieurs milliers de pieds au-dessus du niveau de la mer. On y vendange ordinairement à trois reprises différentes : la première fois en juin, pour faire les raisins secs; la seconde fois en septembre, pour faire le vin sec; la troisième fois en octobre et en novembre, pour faire les vins de liqueur. La récolte annuelle des vins, non compris les raisins que Ton fait sécher, est évaluée à 35,000 pipes ou bottes contenant chacune 473 litres, dont le tiers est ordinairement exporté à Tétranger. Les différents vins que fournit le district de Malaga sont :

V Celui nommé pedro-ximenes ou pedro-jimenes, du nom du raisin qui le produit; il est liquoreux, fin, délicat et très-parfumé; c'est le plus estimé de tous ceux de ce vignoble.

3^ Les vins doux, dits de couleur^ dont on récolte une bien plus grande quantité que du précédent, auquel ils sont inférieurs en qualité. Jeunes, ils ont une couleur d*ambre assez foncée et sont très-liquoreux ; mais, en vieillissant, ils perdent de leur liqueur et acqui/^rent de la finesse, du corps, du spiritueux et un parfum aromatique trè^-prononcé, qui est fort agréable. Ce sont ces vins que Ton rencontre le plus généralement dans le commerce sous le nom de vins de Malaga. Ils se conservent pendant plus d'un siècle et ne sont pas sujets à

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^altérer, lors même que les tonneaux oo les bouteifles ne sont pas entretenus pleins : aussi convient-il mieux de tenir les bouteilles debout, dans un endroit chaud, que de les ranger à la cave. Leur prix varie suivant leur âge; quand ceux récemment faits se vendent ISO fr. la botte de 473^,00, les plus vieux valent souvent 5,000 fr. et plus.

Z"* Les vins muscats. On en fait de deux espèces, savoir : le muscat dit de Malaga^ et celui nommé lagrima, parce qu'il se compose du jus qui s*écoule du raisin avant de le soumettre à l'action du pressoir; ces vins ont une couleur légèrement am-* brée et qui devient plus foncée à mesure qu'ils vieillissent, leur goût et leur parfum sont des plus agréables. Le dernier, plus fin et plus délicat que le premier, est particulièrement estimé.

i^ Le vin dit de cerise, qui n'est qu'un vin de couleur ordinaire, dans lequel on met infuser des guignes, dont il prend le goût.

5"" Le vin blanc sec, qui a beaucoup d'analogie avec celui de Xérès (Jeres), et se vend sous le même nom, quoiqu'il soit inférieur en qualité.

6^ Le vin de Malvoisie, qui ressemble à celui de même espèce que l'on fait à Sitges; il est liquoreux, parfumé et d'un goût fort agréable.

T" Le vin rouge nommé (tnio, qui est très-coloré, doux et piquant en même temps; il ne s'en récolte qu'une petite quantité, qui est presque entièrement consommée dans le pays.

Velez-Malaga, situé dans une grande plaine, près de la mer, à 20kil. £. de Malaga, est entouré de vignobles très-considérables; on y fait une assez grande quantité de vins, dont plusieurs sont fort bons et se vendent comme étant de Malaga ; mais le plus grand revenu du pays est le commerce des raisins secs que l'on y prépare, et qui sont connus sous le nom de raisins de Malaga, parce que c'est dans cette ville qu'où en fait le principal commerce et qu'on les expédie.

Les montagnes qui entourent Grenade sont peuplées de vignes si mal cultivées, que l'on n*y fait que de très-mauvais vins; cependant plusieurs étrangers qui habitent ce pays en font de très-bon pour leur usage. Motril, à 60 kil. S. E. de Grenade, a aussi de grands vignobles dont on tire de bons vins.

Les vins se vendent à Yarrobe, qui contient environ 18^75; ils s^ expédient dans des tonneaux de différentes capacités ; les plus grands se nomment pipas, et contiennent oO arrobes ou 472\00. Us se divisent en petits vases nommés quarleroles, de

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7 arrobes 1/2 ou 117',00; en barils de 4 arrobes i/2 et ooème de 1 arrobe. Les expéditions à l'étranger se font par le port de Malaga, qui est la principale ville commerçante du royaume de Grenade.

S XY . Iles Baléareê^ situées dans la Méditerranée.

Majorque, sous le 39* degré de latitude, à 140 kil. de Barcelone et à 160 de Valence , abonde en bons vins, parmi lesquels on distingue les vins ronges qui se récoltent dans le district de Benssalem, â 12 kil. de Palma ; ils ont une belle couleur, du corps, du spiritueux et un fort bon goût. Parmi les vins blancs, on cite avec éloge oelui nommé alba-flor^ que l'on fait à Banalbusa ; on lui trouve de Tanalogie avec notre vin de Sauternes, dont néanmoins il n*a pas tout le parfum. Le terri* toire de Palma produit des vins blancs de fort bonne qualité, mais moins secs que ceux de Xérès (Jeres). Parmi les vins de liqueur, on cite avec éloge celui dit de Malvoisie, que l'on fait dans le territoire de Pollenzia, et qui a toutes les qualités agréables que Ton recherche dans les vins de cette espèce. Ote fabrique aussi beaucoup d*eau>de-vie, dont le principal commerce, ainsi que celui des vins, se fait à Palma, capitale de nie, qui a un bon port pour les vaisseaux marchands.

Les mesures en usage pour le vin et Teau-de-vie sont le quartinoj qui contient 27',13, et la carga , qui est de 101^18.

MiNORQUE, la seconde de ces lies en étendue et en importance, est située à 36 kil. E. N. E. de la précédente. La culture de la vigne y est dans un état florissant, et fournit en partie des vins excellents, et d'autres que Ton convertit en eau*de-vie : le rapport annuel des vignobles est estimé à environ 650,000 fr. argent de France.

ÂLBTOE, vignoble situé au pied du mont Taure, fournit des vins rouges très-estimés dans le pays ; ils ont une couleur foncée, beaucoup de corps et un excellent go&t , mais ils ne supportent pas le transport de Ttle. Beaucoup de navigateurs ayant essayé d'en transporter soit en bouteilles, soit en damesjesnnes, il a perdu sa qualité en très-peu de jours.

Les mesures en usage sont la gerra, de 12 litres, la eaga, de 126, et la bolla^ qui en contient 504. Les expéditions ont liea principalement par le port de Mahon, situé sur la côte méridionale de rtle.

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IviçAt à SO kil. des cAtes de Yaleoce et à 68 de Majorque, sous le 39* degré de latitude, est un peu moios grande que Minorque. Elle récolte aussi beaucoup de vin, dont le commerce et les eipéditions se font à Iviça, capitale de Ftle.

CUSSIFICATION.

VINS ROUaBS MOBLLBUX.

L'Espagne ne fourm't aucun vin de ce genre qui puisse être compare à nos vins de 1"" classe. Ceux d'Olivenza, dans l'Estramadure, sont les seuls qui puissent entrer dans la 2*. Les vins de Valdepenas, dans la Nouvelle-Castille, ne figurent que dans la 3* classe.

Les vignobles de Cardona, dans la Catalogne ; de Tierra-del- Campo, Rioxa, Miranda-de-Ebro et Cabezon, dans la Vieille- Castille ; de Manzanarès, d'AIbacete, de Ciudad-Real et de Calatrava, dans la Nouvelle-Castille ; les meilleurs de Benicarlo et de YinaroZy dans le royaume de Valence ; ceux de Moguer, de Cordoue avec le negro-rancio de Xérès et de Rota, dans l'Andalousie; et enfin ceux d*Aleyor, dans Ttle de Minorque, fournissent des vins qui entrent dans la 4* classe, les uns comme vins d'ordinaire del'* qualité, et les autres comme vins généreux propres à donner du corps et de la force à ceuz qui en manquent.

Ribadavia et Tuy , dans la Galice ; Tudela et ses environs, dans la Navarre ; plusieurs vignobles de T Aragon; Medina-del* Campo, dans le royaume de Léon ; la plupart de ceux des provinces de la Manche et de Tolède, dans la Nouvelle-Castille ; Alicante, la Torre, les domaines de San- Domingo et de Pérales, Ségorbe, Benicarlo et Vinaroz, dans le royaume de Valence : la plaine de Vera, dans rEstramadure;San-Lucar, AIcala-la-Réal, Anduxar, Lebrixa, Lucena et autres vignobles de l'Andalousie ; les environs de Carthagène, dans la Murcie ; Motril et quelques antres crus du royaume de Grenade ; le district de Benesalem, dans l'ile de Majorque ; plusieurs crus des iles de Minorque et d'Iviça, produisent des vins d'ordinaire de 2*, de 3* et de 4* qualité qui se rangent parmi ceux de la 5* classe. Les environs deSéville,dans l'Andalousie; lesAsturies,la Biscaye, le royaume de Léon, et un grand nombre de vignobles des autres royaumes, ne fournissent que des vins communs.

422 ESPAGHE.

VINS BLANCS

Les vins fins secs de Xérès et surtout celui nommé amontûlado soDt au premier rang parmi les vins de cette espèce^ ils entrent dans la i'* classe avec ceux des meilleurs crus de Paxarèle, Ceui dits roncioy à Peralta, dans la Navarre; le vin sec de 3* qualité, à Xérès, et ceux de 1'* qualité, à Montilla , dans l'Andalousie ; enfin celui de Malaga, dans le royaume de Grenade, entrent dans la 2** classe. Les vins blancs de Valdepenas, dans la Nouvelle- Castille; les meilleurs de Mansanilla, en Andalousie, et ceux nommés alba flor^ dans les ties de Majorque et de Hinorqae, sont dans la 3* classe. Ceux de Palma, dans Ttle de Majorque, ceux de l'Ile d'Iviça et de beaucoup d'autres vignobles du continent espagnol ne sont que des vins d'ordinaire qui parcourent les difiérents degrés des 4* et 5"* classes.

VINS DE LIQUEUR ROUGES

Ceux nommés ttVi/o, à Alicante, dans le royaume de Valence, et tintillaf à Rota, dans l'Estramadure, entrent dans la 1'^ classe, comme étant d'excellents toniques plutôt que comme vins de table. Le tinlilla de Xérès, celui de San-Lucar, le linto de Halaga et quelques-uns des vins de même espèce que l'on fait dans plusieurs autres vignobles forment la 2'' classe de cette espèce. Les autres vins de liqueur rouges que l'on fait dans plusieurs vignobles de l'Espagne parcourent les différents degrés des 3* et 4"" classes.

VINS DE LIQUEUR BLANCS

Les vins dits' malvasia et pedro-ximenes, à Xérès, à Paxarète et à Malaga entrent dans la i'* classe des vins de cette espèce immédiatement après la malvoisie de Madère. Les autres vins liquoreux de Xérès et de Paxarète ; les bons vins dits de couleur f de cerise^ muscats ^ lagrima et malvasia que Ton fait à Malaga; le pedro-ximenes (pedro-jimenès) de Yittoria, dans la Biscaye; ceux dits grenache^ à Sabayes et à Carinena, dans T Aragon; le muscat de San-Lucar en Andalousie, et la malvasia de Pollenzia, dans l'ile de Majorque, entrent dans la â* classe. Les différents

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