‹ Topographie de tous les vignobles connus ... suivie d'une classification générale des vinsChapitre 34 sur 116 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Berry j, Nivernais et Bourbonnais .

Ces provinces , situées sous les 46e. et 47e- degrés de latitude, et sous les 19e., 20e. et 21e. degrés de longitude, forment les quatre départemens de l’Indre, du Cher , de la Nièvre et de l’Ailier. Une étendue de 46,632 hectares de vignes qu’elles renferment produit, année commune, 1,006,600 hectolitres de vins , dont plusieurs , parmi les blancs , sont de très-bonne qualité. .

j.I. Département de /'Indre, formé d’une partie du Berry et d’une petite portion de la Tourraine y et divisé en quatre arrondissement : Châteauroux , Issoudun y Te Blanc et Ta Châtre .

12,63a hectares de vignes sur le territoire de deux cent cinquante-deux communes , donnent , récolte moyenne , 264,000 hectolitres de vin. Les habitans en consomment 147,000 $ le surplus s’exporte dans les départemens voisins.

Les vignobles de Vic-la-Moustière y de Veuil et de Tatour-du-Breuil y arrondissement de Châteauroux 5 d e Concremiers et de Saint- Hilaire , dans celui de Le Blanc , sont les seuls que l’on puisse citer comme produisant des vins rouges assez bons 5 ceux de presque tous les autres crus sont au-dessous du médiocre.

Chabris et Beuilly y arrondissement d’Issoudun, récoltent des vins blancs d’un goût agréable.

Le principal commerce des vins se fait à Issoudun et à Châteauroux.

Les tonneaux en usage se nomment poinçons y et contiennent environ 218 litres.

J. II. Département du Cher, formé d’une pai lie du Berry y et divisé en trois arrondissemens : Bourges y Saint- Amand et Sancerre.

Environ 12,000 hectares de vignes cultivées dans deux cent soixante-trois communes, produisent , récolte moyenne, 260,000 hectolitres de vins, dont

i5o,ooo sont consommés par les habitans; le surplus est livré au commerce et s’exporte sur divers points de la France. Dans les années ordinaires on ne convertit en eau-de-vie que les vins gâtés ; mais , dans les années abondantes, on distille une assez grande quantité de vins blancs et quelques rouges , sur tout dans l’arrondissement de Bourges. Il faut communément sept pièces de vin blanc ou neuf de rouge pour obtenir une pièce d’eau de-vie à 22 degrés.

Les plants le plus généralement cultivés , sont , en rouge , le teinturier y le grand noir et le pinet ou pineau ; ce dernier est le plus commun dans le canton de Sancerre , et produit le meilleur vin. En blanc, le pinet gris , le sauvignon et le mélier ; celui-ci est préféré.

TINS ROUGES

Sancerre } chef- lieu d’arrondissement et de canton , est environné de vignobles qui fournissent des vins d’une belle couleur , assez spiritueux et d’un bon goût.

Les arrondissemens de Bourges et de St. Amand ont quelques clos plantés en pineau s qui donnent d’assez bons vins. On distingue particulièrement ceux de V asselay et de Fussy , à une lieue et demie de Bourges , et ceux de Saint- Amand , comme étant de bon goût et pouvant se garder plusieurs années ; tous les autres sont froids , pesans , grossiers et sujets à s’altérer.

VINS BLANCS

Le canton de Sancerre donne les meilleurs vins Lianes , parmi lesquels on cite ceux des vignobles de Chavignole et de Saint-Satur , à un tiers de lieue de Sancerre. Nouveaux, ils ont de la douceur et une pointe très-agréable qu’on nomme moustille^ vieux, ils conservent assez leur blancheur , sont vineux et d’un bon goût ; bien choisis et d’une année dont la température a été favorable à la vigne , ils sont comparables aux vins de seconde cuvée de Chablis , département de l’Yonne.

Les vignobles de l’arrondissement de St.-Amand et ceux de l’artondissement de Bourges , sur-tout , produisent beaucoup de vins blancs communs, dont les meilleurs viennent quelquefois à Paris pour entrer dans les vins de détail. Une partie s’expédie à Orléans, où l’on en fait du vinaigre; l’excédant est converti en eaux-de-vie.

Le principal commerce des vins se fait à Sancerre et à Bourges ; celui des eaux-de-vie se fait plus particulièrement dans cette dernière ville : elles s’expédient ordinairement à Orléans.

Les tonneaux en usage pour le vin et l’eau-devie se nomment poinçons y et contiennent environ 218 litres.

Les expéditions pour Paris se font par la Loire et les canaux , ou par terre directement.

$. III. Département de la Nièvre , formé de la

presque totalité du Nivernais , et divisé en

quatre arrondisse mens : Nevers , Château -

Chinon , Clamecy et Cosne .

Environ 10,000 hectares de vignes répartis sur deux cent soixante-seize commîmes, produisent, récolte moyenne, 222,600 hectolitres de vin, dont 178,000 sont consommés par les habitans, et le surplus livré au commerce.

Les plants le plus généralement cultivés, sont , en rouge, le grand-noir , le pinet et le teinturier $ en blanc , le pinet , le sauvignon et le métier.

Les vins rouges de ce département sont tous de qualité très-médiocre, et se consomment dans le pays ou aux environs.

VINS BLANCS

V ouilly-sur-Loire > à trois lieues et demie sud de Cosne , donne son nom à tous les vins blancs de ce canton. Dans les bonnes années, ils conservent assez long-temps leur douceur , ont du corps , du spiritueux et un fort bon goût. On en récolte environ hectolitres, dont la plus grande partie

s’exporte pour Paris.

Les tonneaux en usage se nomment poinçons, et contiennent 224 litres.

Les achats se font dans les vignobles. Pouilly est l’entrepôt et le lieu de chargement sur la Loire.

J. IV. Département de /'Allier , formé du Bourbonnais et d’une petite portion du Nivernais 9 et divisé en quatre arrondissemens : Moulins s Gannat , Lapalisse et Mont-Luçon,

Environ 12,000 hectares de vignes produisent , récolte moyenne , 260,000 hectolitres de vins communs, dont 110,000 sont consommés par les ha- Litans : une partie du surplus est exportée dans le département de la Creuse $ on en envoie aussi quelquefois à Paris , où ils entrent dans les vins qui se vendent au détail. Les eaux-de-vie sont importées dans ce département , le peu que Ton en fait ne pouvant suffire aux besoins : on ne distille ordinairement que les lies et les vins gâtés.

Les plants le plus généralement cultivés se nomment, savoir : les rouges^ le lionnais ou gammé f le cahors > le gros et le petit bourguignon , le ver durant 9 le sauvignon et le lachon ou tachant ; les blancs , le tressalier e t le saint-pierre .

Les vins rouges de ce pays ne jouissent d’aucune réputation, même comme vins d’ordinaire 3 la plupart, assez colorés , manquent de spiritueux , onf un goût de terroir désagréable et ne sont potables que mélangés avec de meilleurs vins. Il faut cependant en excepter ceux de plusieurs vignobles de la Garenne-du- sel , près Saint-Pourçain , qui ont du corps , du spiritueux et un bon goût 3 bien choisis et d’une bonne année , ils acquièrent de la qualité en vieillissant et peuvent être considérés comme vins d’ordipaire de seconde ou de troisième qualité*

Les vignobles de l'arrondissement de Mont-Luçon ne donnent que des vins froids et plats, qui se conservent difficilement et sont sujets à passer à la fermentation putride (i). On attribue leur mauvaise qualité au trop long séjour qu'ils font dans la cuve; mais les marchands du département de la Creuse , qui en achètent la plus grande partie, recherchent la couleur plutôt que la qualité, ce qui fait que, malgré les inconvéniens de cette routine , on aura de la peine à y renoncer.

Les vins rouges des Creuziers > à une lieue un quart de Lapalisse , ne valent pas mieux que les précéderas ; ils sont durs, verts et plats.

Sain t-Pourçain et La Chaise > arrondissement de Gannat, produisent les meilleurs; de même que les rouges , iis manquent de spiritueux , mais ils ont un goût agréable et sont fort estimés pour le mélange avec les vins rouges trop colorés ; ils leur

ti) L’auteur d’un mémoire dans lequel j’ai puisé ces renseignemens , demande quel seroit le moyen de retarder la dégénération des vins. Je crois qu’on y parviendroit en mêlant au vin , quand on le tire de la cuve , une certaine quantité de bonne eau-de-vie ou d’esprit : ce remède me paroît d’autant plus sûr, que les vins ne tournent au pourri que lorsqu’ils sont dénués de spiritueux. On pourroit obtenir le même résultat en introduisant dans la cuve du miel, ou du sirop de raisin qui, par la fermentation , se convertiroient en alcool . La concentration d’une partie du moût par l’&bullition produisit le même effet. •

donnent de la légèreté et tempèrent leur dureté sans les dénaturer (1).

Quelques vignobles des communes de Creuzier le-Vieuæ et de Creuzier -le -Neuf, à une lieue un quart de Lapalisse , donnent des vins qui ressemblent aux précédens , et dont les meilleurs sont au nombre des vins d’ordinaire de troisième qualité.

Les tonneaux en usage se nomment pièces et contiennent, celles dites de la Chaise , environ s3o litres, et celles des Creuziers 209. Les premières sont employées pour les vins blancs, et les autres pour les vins rouges.

Les achats se font dans les vignobles mêmes et s’expédient par la Loire : on les embarque dans les ports de Vichy , de Billy et de la Chaise.

Les meilleurs vins rouges, qui sont ceux de Sancerre , département duCber, ne peuvent être rangés que dans la cinquième classe , comme vins d’ordinaire de seconde qualité; ceux de Vasselay , Fussy et Saint-Amand , même département; de Vic-la- Moustière , de Veuil , de Latour - du -Ereuil , de Concremier et de Saint-Hilaire , département de l’Indre , ne sont que des vins d’ordinaire de troisième qualité ; les autres ne figurent que parmi les plus communs.

(1) Dénaturer un vin 3 c’est lui donner un goût qui lui est étranger.

Il *

Les vins blancs de Chavignole et de Saint-Satur,* département du Cher, sont au nombre des vins d’ordinaire de première qualité dans la quatrième classe. Ceux de Pouilly-sur-Loire , département de la Nièvre , n’entrent que dans la cinquième, comme vins d’ordinaire de seconde et de troisième qualité ; les autres se confondent dans la foule des vins communs.

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