Le royaume Lombardo- Vénitien, que je
| suppose formé des Etats de Venise et des duchés de Milan, de Mantoue et de Modène.
3°. Le grand duché de Parme et de Plaisance.
4°. Le grand duché de Toscane.
5°. L’île d’Elbe.
6°. L’État de l’Église , que je considère comme possédant les douze provinces qui le composoient | avant les guerres d’Italie.
7°. Le royaume de Naples et de Sicile , et les ! îles Lipari.
Le soi de PItalie est renommé pour sa fertilité en toutes espèces de productions; les vignes y sont en I grand nombre et fournissent beaucoup de vins,
I dont les seuls qui méritent de fixer l’attention des | amateurs sont ceux de liqueur. Parmi les autres on | en trouve d’assez bons , mais qui ne peuvent pas
entrer en concurrence avec les vins de première | qualité de France. La plupart des vins d’ordinaire j sont en même temps doux et âpres , souvent gros*
S siers , et, quoiqu’ils paroissent d’abord réunir beau- S coup de corps et de force , ils supportent difficii lement le transport et s’altèrent en peu de temps, - même sans avoir voyagé.
La presque totalité des vignes de l’Italie est peuj plée de ceps hautains , dont les rameaux s’entre- <1 lacent dans les branches d’arbres plantés à égale
II distance , et qui forment des allées au milieu desij quelles on cultive des plantes céréales ou légumi- (| lieuses. Il résulte de cette disposition que , quelle ; que soit la fertilité du sol, les ceps hautains donnant
i*ne quantité prodigieuse de fruits, qui n’est pas en
rapport avec la force du pied qui les produit , les sucs nourriciers ne peuvent être assez abondans ni avoir la qualité nécessaire pour fournir de bons raisins , dont la plupart, cachés sous les feuilles, ne parviennent pas à une maturité complète , étant privés des rayons du soleil. Il est de plus reconnu que les ceps hautains ne donnent dans nos contrées que des vins acerbes et dénués de spiritueux, et que ceux d’Italie ne diffèrent des nôtres que par une douceur fade qui provient de la nature du sol plus fertile , de la plus grande chaleur du climat , et peutêtre aussi de l’espèce de plants cultivés.
La quantité des bons vins de ce pays n’est pas en proportion avec celle des mauvais; cette branche de commerce est insignifiante en comparaison de ce qu’elle pourroit être si les vins avoient la qualité et la solidité qu’on doit attendre des produits d’un sol et d’une exposition aussi favorable que celle de presque tous les vignobles.
Une partie de l’Italie se trouvant , il y a quelques années , réunie à la France , j’ai obtenu , sur l’étendue et le rapport des vignobles de chaque département, les mêmes renseignemens que sur ceux de la France ; mais les terrains plantés en vignes étant employés en même temps à d’autres cultures , il est impossible de fixer positivement l’étendue qu’elles occupent; c’est pourquoi il ne faut considérer que comme approximatives les évaluations que je vais donner. Quant aux produits annuels de chaque département, les détails que j’ai recueillis sur cet objet provenant delà même source
que ceux que j'ai fournis sur les vignobles de la France, je suis fondé à les croire exacts.