LA NOUVELLE-HOLLANDE
La vigne n’est pas un objet de culture dans cette partie du globe; on ne la rencontre qu’en petite quantité et dans très-peu d’endroits. On en voit h Mindanao , l’une des Philippines ; mais elle n’y vient qu’en treille et n’y souffre aucune autre espèce de culture. L’ile de Java a quelques vignes dont les raisins ne sont pas très bons. La culture de cet arbuste paroît avoir plus de succès à la Nouvelle* Hollande , quoiqu’elle n’ait pas encore une grande extension. Le vin que l’on boit dans ces différentes îles est importé d’Europe $ et comme il est fort cher , les naturels du pays le remplacent par des liqueurs spiritueuses qu’ils fabriquent avec les divers produits de leur sol , telles que Yava ou kava , liqueur enivrante que l’on prépare avec le piper methysticum , très - commun dans les îles du grand Océan ; le vin de coco , que l’on fait dans les Philippines , et dont on tire aussi de l’eau-de-vie. Dans l’île Samar , on fait de la bonne eau-de-vie avec la sève de l’arbuste nipe , avec celle du cocotier et celle d’un arbre appelé tabonegros ; à Sumatra, le palmier anon fournit une espèce de vin ou liqueur spiritueuse ; à Java, la mélasse sert à faire de 1 ’arack et du rum > en y ajoutant un peu de vin de coco.
De tous les vins de l’Asie , celui de Chiraz , en Perse , est le plus estimé comine vin de liqueur, et me paroît , d'après ce qu’en disent les voyageurs , devoir être compté parmi les meilleurs de la seconde classe ; ceux de la vallée de Cachemire , dans l’empire des Afghans, entreroient alors dans la. troisième.
Les vins rouges de Shamaki , en Perse , me semblent être des vins fins de troisième classe \ ceux de Yesed, de la quatrième, de même que les vins blancs d’ispahan. Les vins de Lahor , dansl’Indoustan , pourroient aussi se ranger dans la quatrième classe ; mais ceux de la petite Bucharie, en Chine, et la plupart de ceux de l’isthme caucasien, ne «eroient comptés que parmi les vins communs.