CAVES DE L'HOTEL DV CRAND BECQ
J Su I pis sc
renls quartiers du Vieux Paris (l). L’enseigne est naturellement postérieure à la prise de possession de la maison par l’abbaye.
La maison de la rue Saint-Jacques n’était pas la seule que les abbés du Bec possédassent à Paris : il en existait une autre, où ils avaient leur cr barre n; ce qui a servi à dénommer la rue voisine de la Maison aux Piliers et incorporée aujourd’hui à la rue du Temple. Nous ne la citons que pour mémoire. Quant à celle de la rue Saint-Jacques, elle était habitée par l’abbé du Bec Hellouin, que de mauvais copistes ont écrit de Richeloin, ainsi qu’il résulte de la pièce suivante publiée par Sauvai :
cc Domaine de l’Hôtel de Ville de Paris, (i5y3). L’abbé de Richeloin, pour sa maison ensuyvant, tenant à celle de La Cage, et aboutissant, par derrière, au collège de Calvy. r>
Le manoir du Grand Becq, Gros Becq, ou Bec Helouïn a eu ses vicissitudes; Sauvai les raconte en ces termes :
ff L’hôtel du Bec étoit à la rue Saint Jacques, derrière la Sorbonne et le collège de Calvi. En 1610, le Prévôt des marchands prétendit qu’il faisoit partie du fief du Parloir aux bourgeois, qui appartient à l'Môlelde Ville, et intenta procès pour les lodset ventes à l’abbé et aux religieux du Bec. En i632, il consisloit en un jardin, une galerie et un corps de logis, et appartenoit à du Tillet, greffier du Parlement et à son frère, depuis que l’abbé du Bec l’eût aliéné, pour s’acquitter des subventions à quoi on l avait taxé.
« Le cardinal de Richelieu alors avoit besoin du jardin et de la galerie, pour les comprendre avec le collège de Calvi, dans l’aggrandissement de la maison de Sorbonne. Mais comme, à la requête du clergé, le Roi avoit permis aux ecclésiastiques de retirer à leur commodité les biens aliénés pour les subventions depuis i56&, les propriétaires du jardin et de la galerie de cet hôtel ne s’en voulurent point défaire, si l’abbé du Bec ne se désistoit de cette permission et que le Roi ne les assurât qu’ils garderoient à perpétuité ce qui leur restoit de cette maison : si bien qu’il fallut leur accorder ce qu’ils demandoient. Le Roi donc en 1 63 2 , et Dominique de Vie, archevêque d’Auch et abbé commandalaire de cc couvent, y apportèrent leur consentement au mois de mars et d’avril. Le jardin et la galerie coûtèrent dix mille francs au cardinal de Richelieu ; et presque aussitôt les lettres du Roi et de l’abbé furent enregistrées au Parlement, avec le contrat de vente t'2h n
L'acte de vente du jardin et de la galerie par les frères Jean et Louis du Tillet, conservé aux Archives nationales sous la cote S 62 1 2, appartient à l’histoire topographique de la Sorbonne : nous le reproduisons en son lieu. Qu’il nous sutlise de dire, à propos de l’Hostel du Grand Becq, que le jardin en dépendant mesurait huit toises de large sur treize de long.
(1) Le bon coing , si répandu aux angles des rues; le bœuf trompé et violé , c’esl-à-dirc auquel on joue de la trompe et de la viole, etc. etc.
(î> Histoire et Recherches des antiquités de la ville de Paris, par Henri Sauvai., tome II, livre VII, page 9.69.
Maison de la Pye en Caige (i 536) , ou simplement de la Caige (1626), tenant par derrière (tau Petit Sorbonne «, c’est-à-dire au collège de Calvi. Elle toucliait à l'Hostel dd Grand Becq, et fut acquise, ainsi que le jardin et la galerie de cette maison, pour former le pourpris de la nouvelle Sorbonne. L’emplacement qu’elle occupait est ainsi désigné dans une pièce de i53/i : a Terrain de treize toises, trois pieds de long, par le bout d'en haut, près la maison ci-après (l’Hôtel du Becq), sur huit toises trois pieds de large, par le bout d’en bas, qui fait présentement partie du préau de la Sorbonne, el composoit jadis le jardin et partie de la galerie de l’Hôtel du Becq.»
Maison du Soufflet verd (i5o5) ancien logis qui paraît avoir porté en 128/1, l’enseigne du Lion ou de Lyon, puisqu'un acte en latin, de celte époque, l’appelle n domus que vocatur domus Lugdunin. En 1 5 1 6 , le jardin du Soufflet est dit r tenant et aboutissant à la cour du collège du Petit Sorbonne ou Calvy, tenant d’autre part, à un jardin des appartenances de la Cage m. Au xvc siècle et du vivant d Ulric Géring, Pierre Césaris et Jean Stol, qui venaient des Pays-Bas, se fixèrent, rue Saint-Jacques, près des Jacobins, à l'enseigne du Soufflet vert. C’est là qu’ils imprimèrent, en 1/173, le Manipulus curalorutn.
Maison de la Bouteille verte ( 1 5 0 5 ) , sans autre désignation.
Miison de l’Imaige INostre Dame et de l Escu de France (1570), faisant le coin septentrional de la rue des Poirées, à Fiacre Guesdon, écuyer en 1076.
Maison de l'Estée de boys (1/190), désignée accidentellement, en i5o5, sous le nom de l’Espée de Jacques; un cerisier de 1 5 7 5 la nomme sla Maison de la fleur de lys, à laquelle d'ancienneté pend pour enseigne l’Espe’e de boyst.
Cet immeuble se composait de deux corps de logis « entretenansu, l’un à l’angle des rues Saint-Jacques et des Poirées, l’autre ayant façade sur cette dernière voie. En 1 656 , ils étaient restés indivis, sous une nouvelle enseigne commune : le iioy David. Un souvenir historique et littéraire s’y rattache; c’est là que Pascal, abrité sous le pseudonyme de M. de Mons, ou de Montalte, composa les Provinciales.
Maison de l'Eschiquier (1Z191), puis de la Rouppye (i5Zia), dite plus tard ((devant le collège des Jésuites, tenant, par derrière, au collège de Rétheln.
Maison de l’Juaige sainct Loys (1/187), ayant façade sur la rue Saint-Jacques, mais aboutissant à la rue des Poirées et touchant au liane oriental du collège de Relhel. Elle n’était primitivement qu’un corps d hôtel de la maison précédente.
Maison de la Corne de ceuf (1693), pois de Nostre-Dame, dite aboutissant «à la cour de la Maison de l’Ymaige sainct Lots». On l’indique , en lôgo, comme «tenant à l’Espée de boïs, ou l’Eschiquier, et à sainct Lots». Elle était donc la troisième à partir de la dle des Poirées et contiguë à la Roze blanche.
Maison de la Roze blanche (iA58), vaste habitation ayant quatre corps d'hôtel sur la rue, et s’étendant, par derrière, jusqu’au collège des Dix-Huit.
Maison sans désignation, contiguë à la Roze blanche et faisant partie des trois Canettes. Quoique non désignée, c’est-à-dire sans enseigne au xvic siècle, elle est appelée «les trois Martinets, puis le Daulpbin, puis les Martinets, se composant de deux corps d’hôtel assis à la Roze blanche ».
Maison des trois Canettes (1 667).
Ostel des Caves «où pend pour enseigne l’Ymaige sainct Vincent» (i 678). Cette maison se composait, en i5/ie, de deux corps de logis dont l’un, formant l'angle de la rue des Cordiers, s’appelait la Magdelaine, et l’autre, ayant façade sur celte dernière voie, avait nom, en 1 5 7 éi , le Barillet.
Cet «ostel des Caves», où pendait pour enseigne, en 1^78, l'Ymaige sainct Vincent, appartenait, un siècle auparavant (1 39 1), à Pierre Fortet, créateur du collège de ce nom, qui voulait y installer ses boursiers. Le testament original du fondateur, qui est conservé à la Bibliothèque nationale (ms. fonds français 863o, f° 2) et que Félibien a donné, révèle l’existence d’une chapelle, ou oratoire privé annexé à l ostel des Caves, en présentant la maison comme un bon domicile pour les écoliers : Et videlur quod melius erunt ( scohres ), in domo predicti rici Cordiariorum, ubi est capella.
Les exécuteurs testamentaires en décidèrent autrement : «Eu 1891, dit Félibien, Pierre Fortet avoit légué, par son testament, de quoi fonder un collège de
son nom . Il avoit destiné à cette fondation sa maison des Caves, au coin
de la rue des Cordiers, qui rend dans celle de S. Jacques; mais les chanoines de N. I)., qu’il avoit fait ses exécuteurs testamentaires, ne trouvant pas le lieu commode, achetèrent de Louis de Listenois, seigneur de Montaigu, une autre maison
(1397). . . C’est le même endroit où est aujourd’hui le collège de Fortet h). » .
en haut de la rue des Sept-Voies, vis-à-vis la façade latérale de la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève.'
(l) Histoire de la Ville de Paris, t. II, p. 710.
CENSIYE DE S.AlNT-ÉTIENNE-DES-UIlÈS.
Maison au Pameb (i 3g i ) , du Pennyer d’argent (i6t8) et du Panier vert (1507), faisant le coin méridional de la rue des Cordiers. Elle comprenait plusieurs corps de logis, tenant à une «longue allée n ou couloir, disposition si commune dans cette région, et aboutissait aux murs de l’enclos des Jacobins.
Maison de l’Image saint Anthoine, désignée ainsi en 1G61 : «Saint Antoine, ou Notre Dame, puis Saint Nicolas, en deux corps de bâtiment, tenant, d’une part et par derrière, à une maison à la Charité, et â d’autres ayant leurs issues par les rues des Cordiers et Saint Jacques. 71
Maison de saint Bernard, située entre l’Image saint Anthoine et le Passage des Jacobins. Elle tenait, d’une part et par derrière aux Jacobins — le Passage entre deux — , d’autre part, à une maison appartenant à la Charité et à d'autres maisons ayant issue sur la rue des Cordeliers. Ce sont les mêmes aboutissants que ceux de la Maison de l'Image saint Anthoine.
CENSIYE DES JACOBINS.
Passage des Jacobins, «traversant*, selon la locution ancienne de la rue Saint- Jacques à celle de la Harpe, en coupant l’enclos des dominicains, ou frères prêcheurs. Nous avons consacré, à ce passage, un article spécial, que 1 ordre alphabétique place avant la rue Saint-Jacques.
Couvent des Jacobins, s’étendant, comme le passage, de la rue Saint-Jacques à celle de la Harpe et ayant englobé dans son pourpris l’Hostel de la Voulte, l’Hostel du Bourg moyen, le Parloir aux bourgeois, deux ruelles, et une partie de l’enceinte de Philippe Auguste. La monographie de ce monastère forme un article à part.
IJiict petits cabarets ou eschoppes , dit une pièce de i5i8, «fort petites, de peur dempescher la veiie de ladicte église — des Jacobins*. J^e second de ces édicules avait pour enseigne la Fleur de lys, et le sixième iJmaige sainct Nicolas.
Le Perroquet, autre maisonnette tenant au chevet de l’église des Jacobins. Une
RÉGION CENTRALE DE L'UNIVERSITÉ, pièce de i56g la désigne ainsi : ttUne petite maison, en forme d’appentis, contenant ouvrouer, chambre au-dessus, estant joignant et tenant au chevet de l’église dndict couvent : le Parroquet. n
Maison sans désignation (1 585), ^joignant la grant porte du couvent et contenant deux boutiques ».
Maison des bacheliers, ayant la même situation. On les avait bâties et sur le fond du jardin en ladicte rue Saint Jacques jusques à la porte du cloistre des Jacobins n.
L’Imaige sainct Nicolas, dans une situation analogue. C’est la sixième des huit maisoncelles signalées ci-dessus.
Maison sans désignation , tenant, dit une pièce de 1 553 , et à l’Imaige sainct Nicocolas et aux Escolles des artisans d’icelluy couvent, aboutissant, d’un bout, par derrière, à la cour estant entre le chappre (chapitre) et ladicte maison, et d’autre part, par devant, sur ladicte rué Sainct Jacques d.
Escolles des artisans, établissement fondé par les Jacobins.
L Ours ^joignant la herse de la porte Saint Jacquesn, dit une pièce de i5 Ae. La maison portant cette enseigne ne pouvait exister que sur le côté occidental de la rue, le côté oriental, qui touchait à la porte, étant une sorte de petit carrefour où se trouvait un puits, dit de puis de la Bretonnerie ».
CÔTÉ ORIENTAL
(du Nord au Sud ).
CENSIVE DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME