CENSIVE DE SAINT-MARCEL
Maison du Plat d’estaing (i4i8), qui lut, en i42i, couchée sur le Compte des confiscations angloises, dans les termes suivants : «Maison rue Sainct Jacques, enseigne du Plat d’estain, chargée de huict livres parisis de rentes, que M° Raoul de la Porte prenoit pour une chapelle à luy appartenante, londée à Saint Marceau.*
Cette enseigne était fameuse au xivc siècle; et les preuves du mauvais renom quelle avait nous sont acquises, grâce au Registre criminel du Châtelet de Pans (du 6 septembre 1 3 8 g au 18 mars i3q2), publié par la Société des Bibliophiles
11 ; Archives nationales, LL i58, fu 33y v°. — * Ibid. , i5y, f° 3 1 7 v°.
(1861-1862). Ledit document se reflète dans ces lignes empruntées à YHistoire des Enseignes de Pavis, par L d . Fournier, p. 1 2 5 : cr L’auberge du Plat d’étain, située au bas de la rue Saint-Jacques, était un des mauvais lieux où les archers du Prévôt de Paris faisaient les plus fructueuses captures pour la justice criminelle du Châtelet, »
Maison de la Seuenne (1Ô21), en censive de Saint-Marcel, comme la précédente, ainsi que le constate la Déclaration de i58ô.
CENSIVE DU ROI
Maison du Chaperon (1A37).
Maison de l’Arbaleste (1637), à honorable homme Jehan Collet, en i56i.
Maison de la Cloche noire (1 Ù07), à René le Tonnellier, drapier, en 1 56ô.
Ces trois immeubles, indiqués dans le même document, paraissent avoir eu peu d’importance. Les deux derniers n’en formaient qu’un vers l'an i5o8.
Maison des troïs roïs de Coulongne (1 i 3 7 ) , s’appelant, un siècle auparavant (1026), la Maison de la Couronne. Elle paraît avoir formé un seul hôtel en trois coips de logis, avec la Selle et la cloche Perse, dans la première moitié du xivc siècle.
Maison de la Selle (i3a6), divisée alors en deux parties, qui furent peut-être réunies pour 1 installation de l’un des cinq hôpitaux fondés et en l’Université s , sous le règne de Philippe de Valois. Sauvai (t. II, p. 38a) croît, en effet, que la Maison de la Selle fut le siège de l’un de ces établissements, attendu qu’il fui placé (tdans la rue Saint Jacques, vis-à-vis celle des Parcheniiniers -. Or la Maison de la Selle était précisément située en face de la rue de la Parcheminerie.
Maison de la Cloche Perse (1Ô18), ayant un jardin qui s’étendait derrière les maisons adjacentes. M. A. Tuetey, sous-chef de section aux Archives nationales, a fourni le renseignement suivant :
n Décembre iA33. — Ce jeudi, Guillaume Charruiau, demeurant à la Cloche perse, en la rue S. Jacques, a asseuré Jehan Boureau le Jeune, demeurant à la Bannière de France, en la rue de la Harpe h), d
(1) Archives nationales, X“ 4797, f° 127 v°.
IMPItlUEME NATIONALE.
Maison de la Cloche douce ( i Zi 3 7 ) , derrière laquelle se prolongeaient les dépendances de la
Maison du g h and Cerf, laquelle avait issue sur la rue du Plâtre, par deux corps d’hôtel, et portait cette enseigne en 1 h . . . Antérieurement, c’est-à-dire dans le cours du XVe siècle, c’était la Maison du Chiulderon (1 Ôa8), puis des Deux Anges. Elle louchait à la Cloche Perse, derrière la Cloche Rouge, et servait à usage d'hôtellerie.
Voici quelle était la distribution topographique de l’immeuble : » Maison en deux corps à deux pignons : les deux Angels, sur la grant porte de 1 hostellerie, et en l’autre qui fait le coin de la rue du Piastre : le Cerf. — Deux autres corps sur la cour, et trois autres sur la rue du Piastre, v
Maison du Cerf (là. ), puis du Cerf volant (i5oo) et du Cerf vert ( 1 5 8 3 ) , ayant, ainsi que ces trois enseignes le donnent à penser, fait partie du Crand cerf, du Chaulderon, des Deux Anges. Elle formait l’angle septentrional des rues Saint- Jacques et du Plâtre et constituait l'un des corps de logis de la vaste hôtellerie qui s’étendait latéralement et de face, sur la rue du Plâtre, jusqu’au collège de Cornouailles.
PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN
Maison de la Croix d’or (i Z,37), ayant formé, antérieurement au xvi= siècle, un corps de logis distinct, mais réunie en iboo à la suivante, appelée simplement
Maison, sans autre désignation.
Maison nu Lyon d’or (1 36b) ou Enferré. M. Paul Le Vayer nous communique les documents suivants :
„ iô 10. Pierre du Tertre vend à Jehan de Longuespée 66 s. 8 d. par. de renie assis sur la maison où pend pour enseigne le Lion d on (1).
„ ! 583. Anne de Francières, veufve de feu Jacques Bossuet, vivant, tailleur d’habitz suivant la Cour, demeurant rue Saint Jacques au Lyon ferré, stipule le contrat de mariage de Catherine Bossuet, sa fille, avec noble homme Lois de Montgasteau, portier ordinaire de la Reyne, natif de Bloys^.n
Maison des escolliers df. sainct Jehan des Vignes, ou Hostel de saingt Jehan des Vignes (i38o), à laquelle pendait pour enseigne en 1009, i.Estoille. Une piece, conservée aux Archives nationales (J, reg. 8a, n» s.4), nous donne sommairement,
tu Archives nationales, M3679-3783. — 1 Ibid., Y 1 d5 , 1° -j40
en ces termes, ia raison de sa dénomination : n Amortissement d’une maison située dans ia rue de S1 Jacques, à Paris, laquelle avoit été leguée à l'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes, de Soissons, par teu Me Jean du Mont, jadis chancelier du duc d’Orléans, en décembre i353.n
Du Breul et Sauvai se sont occupés de lTIostel de sainct Jeeian des Vignes; mais celui-ci en dit un peu moins que son devancier, tt Je ne sais, écrit-il, quand l’abbé de S-J ean-des-Vignes de Soissons devint propriétaire de l’hôtel situé à la rue Saint-Jacques, près S‘-Yves; je pense seulement que le premier président Lizet y logeoit autrelois et le louoit, et qu’il fut aliéné, avec une infinité d’autres biens d église, et vendu au trésorier de Charles, cardinal de Bourbon tl). n
Du Breul est un peu plus explicite; à propos de la disgrâce du président Pierre Lizet, il résume ainsi la défense de ce magistrat qui, «pour avoir esté trois ans conseiller au Parlement, douze ans advocat du Roy, et vingt ans premier Président, n’avoit pas acquis autant de terre qu’il en avoit sous la plante de ses pieds; et mesme qu’il tenoit son logis à louaige de Monsieur l’abbé de Sainct Jehan des Vignes, de Soissons, sis à Paris, en la rue S1 Jaques, près l’église S. Vves; lequel logis retenoit le nom de ladite abbaye jusques au temps de l’aliénation des biens d’église, que Monsieur Jacques Legier, thrésorier de Monseigneur Charles de Bourbon, l’aisné, l’acbepta Md.
Maison qui fu aus escolliebs de sainct Jean des Vignes ( i 3 8 o) , dépendance, au xvie siècle, ainsi que la suivante, de l’hôtel principal, ayant formé probablement un corps de logis distinct, postérieurement à la donation. Il y attenait, en i/i38, une
Maison sans désignation, joignant le presbytère de Saint-Yves, et se rattachant à la précédente, comme celle-ci tenait au grand manoir légué par Jean du Mont à l’abbaye soissonnaise.
De cette demeure sans désignation, nous connaissons au moins deux propriétaires, giâce à cette note sans date : «Maison à MM. de la Boissière, escuiers de
le duc de Berry, tenant au presbytère de S1 Yves, aboutissant à l’hostel de S1 Jehan des Vignes, n
Maison des Baquets, puis de l’Ymaige sainct Yves (1/107) qu’il ne faut pas confondre avec une autre image du patron des avocats servant d’enseigne à une maison située en face de la rue des Cordiers. Celle dont il s’agit ici est ainsi
11 Antiquités de Pans, t. II, Jiv. VII, p. 268. — ™ Théâtre des Antiquités de Paris, édit, de iG3n p. 3a3.
désignée en 1 A5 1 : « tenant à la chapelle de Sainct Yves » ; en 1 56 1, «aboutissant au couvent de S. Jehan des Vignes »; en 1 583, «séparée de l’église par une petite allée r. Sauvai la localise de même en nous apprenant quelle fut «à Mc Yves François»; mais il reproduit l’erreur commise par le rédacteur des Comptes de confiscations angloises, en la disant contiguë et à l’hostel de l'Evesque de Senlis», confusion évidente avec le couvent de Soissons.
Il semble que la maison dont il s’agit a dù être le presbytère de Saint-Yves auquel attenait l’immeuble précédent; les Comptes de la Ville pour î 4a5 portent, en effet, cette mention : tt Maison à l’église Sainct Yves, enclavée en la ruelle (?) de ladicte église, qui souloit. tenir à ladicte église et qui avoit pour enseigne LES Tnois barbeaux. » C’est sous l’Ymaige sainct Yves, que Jehan Trepperel, imprimeur, s’établit en 1698.
Chapelle Saint-Yves, ayant, avec l'église Saint-Étienne-des-Grès et les collèges du Plessis, de Marmoutiers, de Clermont, sa notice à la suite de la rue Saint-Jacques.
Échoppe adossée à la chapelle Saint-Yves, sur le côté oriental de la rue Saint- Jacques, dans les conditions analogues à celles des tteschopes et boutiques que les Jacobins avaient accolées à leur église et à leurs bâtiments claustraux, sur le côté occidental de la même rue». Nous parlerons plus loin du différend auquel donna lieu le projet de reconstruction de cette échoppe; disons, en attendant, quel en était le produit. Un certain nombre de baux conservés aux Archives nationales (S 3629) nous apprennent qu’elle fut louée, en 1G12, quinze livres; en 1628, 1 63 1 , iG32 et i634, douze livres; et, en 1 635 , vingt-quatre livres palan. Ce mince revenu fut accordé, le 19 avril 1 6 3 6 , à Félix Damet, qualifié de ir serviteur de la chapelle Saint-Yves».
Les bourgeois et marchands qui s’opposaient au rétablissement de cette échoppe prétendaient qu’elle n’était qu’une construction provisoire «pour faire un corps de garde pendant la Ligue» et quelle était tombée nen partye par caducité, en partie par la viollence de quelques charrois»; ce à quoi Messieurs de Saint-Yves répondaient que celle 11' avoit point esté bastie pour faire un corps de garde, ayant esté de tout temps et antienneté».
11 est question, dans une note, d’une «place» existant en 1 éi 3 7 au coin de la rue des Noyers; c’était peut-être une étroite bande de terrain longeant la chapelle avant la construction de l’échoppe.
Maison de la Limace et du Pot detain ( i 656), faisant le coin méridional des rues Saint-Jacques et des Noyers, qui lut expropriée en i6i5, et à propos de la-
RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, quelle le bureau de la Ville rappela à Louis XIII «que c’étoit le Roy qui avoil l’habitude de se charger des frais résultant des retranchements pour alignements (1)d.
Maison du Mortier d’or ( i A ü i ) , puis de la Couronne (i5/io).
Maison de l’Ange (1/197).
Maison du Barillet ( 1 A 8 5 ) , puis de la Croix verte ( 1 5 2 3 ) , et enfin de l'Eléphant (1 5/i/i).
Ces trois immeubles, dont on ne connaît que les enseignes, paraissent avoir été peu importants. Il n’en est pas de même de la Mule, qui a dû une certaine célébrité à Villon et à Rabelais. C’était, au xvG et au xviG siècle, une cttabcrne méritoire u, que fréquentait la littérature de ce temps, concurremment avec la Pomme de pin, le Castel ou Cilasteau, la Magdalene et autres cabarets d’étudiants. La Mule est nommément désignée et localisée tant dans Pantagruel W que dans I interrogatoire subi devant l’official de Paris par le clerc maître Guy, magister Guida clericus, à propos du vol commis au collège de Navarre par Villon et ses compagnons de débauche : «In taberna ad intersigmm Mule, ante sanctum Matliurinum (3b n
CENSIVE DE SAINT-BENOÎT
Maison de la Hache ( 1 A 1 5 ) , et du chief Sainct Denvs, ayant porté simultanément les deux enseignes, puisqu’un acte de 1/1/12 mentionne l’une et l’autre. Durand Gerbier, d’abord établi, rue des Mathurins, À l’Etrille Fauveau (1/180- 1/198), transporta son imprimerie, en 1/198, rue Saint-Jacques, À l’Image saint Denis. C’est ici la dernière stade de sa carrière.
Maison du Loup ( 1 A A 5 ) , dite également, en 1/192, Hostel de la Boucherie, parce qu’il s’y trouvait un étal. Poncet Lepreux, fameux libraire et éditeur, de 1/198 à i552 , exerça sa double industrie au Loup, puis au Croissant, deux immeubles de la rue Saint-Jacques.
Maison du Castel ou du Cilasteau, très voisin de la Mule, et où il existait pareillement un cabaret fréquenté par les étudiants. Serait-ce la même « tabernen men-
(1) Archives nationales, H. 1797.] Voir, à ce propos, un article d’Adolphe Berty, inséré dans la Revue archéologique (année 1867), p. 26/i.
(î) Pantagruel, liv. II, p. 117, édit. Garnier.
(3) Etude biographique sur François Villon, par Aug. Longnon, p. 58, 59.
lion née par Rabelais, et ayant deux entrées sur la rue Saint-Jacques? Il semble que 1 interposition de la Hache et nu Loue fait obstacle à cette identification.
Maison du Beau treillis (1562), qu’on trouve appelée, peu d’années après, i. Escu de Basle ( i 585). Il semble qu’elle ait fait partie, en i/ig2, de la précédente ou de la suivante, car à cette dernière date, la Maison du Cuasteau est dite r tenant à celle du Cocqu. Il n’est pas question de Beau treillis entre les deux.
Maisons du Gros cocq (1692) et du Petit cocq (1 585 ) , formant alors deux corps de logis distincts, mais ayant pu être réunis à une date antérieure.
Maison du Lyon d’argent ( 1 5 3 5 ) , composée alors de trois corps de logis sous la même enseigne. Deux ont formé, au xvu' siècle, maisons à part, et ont été dénommées
L'Escu de Cologne,
La Bille d’or. E11 1/198, c’est à l'enseigne du Lion d’argent que débuta le fameux libraire et imprimeur Jean Petit, avant de transporter son matériel à la Fleur de lys, soit celle située en face, soit celle étant au nord des Mathurins.
De 1826 à i5/ifi, Ambroise Girauld occupa le Lion d’argent, puis le Roi David , enfin le Pélican.
Maison des Ciseaulx, ainsi désignée en 1/11 1 ; quelques années plus tard, elle est dite rrà présent l'Esquierre -n ( 1 éi a 5 ) . Nouveau changement d’enseigne en 1 46 7 : elle porte alors le nom de Maison du Figuier. Enfin, en 1 5 8 5 , elle reprend son ancienne dénomination, ou du moins une pièce de cette date l’appelle encore la Maison des Ciseaux. Peut-être 11e l’avait-elle jamais perdue.
Maison de la Roze (i3og), puis de la Boze couronnée (i/ig3), et enfin de la Rose blanche (i5og). Il n’y a là que des allongements de la dénomination primitive. C’est ici, sous l’enseigne de la Rose blanche couronnée, que Michel Lenoir fonda une imprimerie, dès les premières années du xvi° siècle.
Maison de l’ospital sainct Benoist (1/198), ayant porté, au xmc siècle, l’enseigne de la Corne de Cerf (1260) et l’ayant conservée pendant plus de quatre siècles, puisqu’on la retrouve encore en 1667. A l'hôpital était joint un four portant le vocable du même saint : ce qui fait qu’on a souvent confondu, au xvc siècle, l’un et l’autre établissements. Un document, publié par Félibien, sous la date de 1 1 58 , prouve que tr hospital Sainct Benoist n existait dès le milieu du xnc siècle,
RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, puisque le roi Louis VII faisait, à cette époque, remise d’une obole de cens qu’il percevait sur un terrain en dépendant. L’hôpital est appelé, dans cette pièce, a eleemosina n , aumône W.
Le F ouït sainct Benoist ji3oyj, portait encore ce nom deux siècles et demi plus tard (1 558). Il le devait sans doute à l’usage auquel il servait : c’était le four banal du chapitre. En 1 6 6 3 , on le retrouve dénommé l’Escu de Basle : peut-être avait-il alors changé de destination. L’hôpital et le Four Saint-Benoît paraissent avoir formé, à une époque indéterminée, un ensemble de constructions comprenant
La Maison do Jardinet, ou de la Tonelle, ayant appartenu à Simon de la Tornelle, cité plus liant, et appelée plus tard la Hure de sanglier, ainsi que le constate en ces termes un acte de iô35 : * Maison où jadis fut et souloit pendre pour enseigne le Jardinet, ou vulgairement appelée l’Ostel du Jardinet, et, de présent y pend l’enseigne de la teste de Hure de sanglier, h Ces sortes de démembrements s expliquent peut-être par les locations que faisaient les religieux et les chanoines, afin d’augmenter leurs revenus.
La Croix blanche ( i 5 8 5 ).
Les Quatre éléments (i5yü). Au xvie siècle, le libraire Jean Boigny exerça sa profession sous cette enseigne.
LEscu de Bretaigne (i3oi), puis l’Escu de Florence ( i 585). Cette maison était séparée de la précédente par une de ces te allées v ou passages fort étroits, si nombreux dans la région que nous étudions et faisant communiquer avec la rue les bâtiments situés au fond des cours et des jardins. La petite ruelle dont il s’agit, et qui n avait pas de nom, débouchait dans un autre couloir également anonyme, lequel conduisait à un puits commun, situé derrière les maisons de la Croix blanche et du Jardinet à la rue Saint-Jean-de-Latran, devant le cimetière de Saint Benoît, L extrémité de cette seconde ruelle était déjà crestoupéen, c’est-à-dire bouchée en i A 5 o .
Il) En publiant ce document dans les Preuves de son Histoire de la Ville d.e Paris (t. III, p. 91), Fdlibien a cru qu’il s’appliquait à l’hôpital des Mathurins; il nous paraît, au contraire, se rapporter à celui de Saint-Benoît. Voici quel en est le texte :
ffln nomine Sancte et individue Trinitalis, Ego Ludovicus, Dei gratia, rex Francorum et Dux Aquilanorum, notum haberi volumus universis, tam
futuris quam presentibus, quod nos, pro remedio anime noslre et Antecessorum nostrorum Eleemosine Beali Benedicti , que sita est in suburbio Parisiensi, juxta locuin qui dicitur Therme, obolum unuin quem de censu annualum ab eadem Eleemosiua habemus, déterra scilicet Simonis Tornelle, prorsus dimisinius, ut predicta Eleemosina terrain illam ab omni exaclione liberam cl quietom perpetuo possideat. s
Le Moulinet ( i 3 i 5 ) , puis la belle Ymaige ou l’Imayge Nostre Dame (i45o), où paraît avoir existé, clans les premiers temps de l’imprimerie, un établissement typographique distinct de celui des Estienne, mais en constituant une annexe.
La Nef d’argent (i 3 83 ) , faisant le coin septentrional de la rue Saint-J ean-de- Latran. L’extrait suivant d’un litre de 1267, compris dans le fonds de Saint-Benoît, paraît s’appliquer à cette maison : trQuadam domo sita in magno vico Sancti Benedicti ab oppositis ecclesie Sancti Benedicti. . . que vocatur La Pescheraine. h Une charte de 1254, appartenant aux archives de la Grande Confrérie, nous apprend que ce vocable était le nom d’une femme déjà morte à cette époque.
Si ce n’est au Moulinet que se trouvait l’imprimerie dont nous venons de parler, et cjui se confond avec celle des Estienne, c’est peut-être à la Nef d’argent cju il faudrait la placer.
PAROISSE SAINT-BENOÎT
Du cimetière Saint-Benoît, formant l'angle méridional de la rue Saint-Jean-de- Latran, et constituant la plus ancienne nécropole de la paroisse Saint-Benoît, on ne trouve pas de mention antérieure à l’an 1257; mais il existait certainement bien avant le xinc siècle. En 1/182 il était clos de murs et l’on y pénétrait par deux portes situées, l’une du côté de la rue Saint-Jacques, l’autre du côté du collège de Cambrai. Cet ancien champ de repos, qu’on appelait le Grand cimetière, le cimetière de Cambrai, le cimetière des Acacias, à cause de son étendue, du voisinage du collège et des arbres qui l’ombrageaient, fut détruit en 161 5, époque où l’on agrandit celui de la rue Fromentel. (Voir les articles relatifs à la place Cambray et à la rue Fromentel.)
Les quatre fils Démon (i4o5 et 1 546). Cette enseigne, fort répandue dans le Vieux Paris, fait place, en 1 45 1 , à celle de l’Imaïge sainct Martin; mais elle reparaît plus tard. Peut-être ont-elles été simultanées. Au xve siècle, Denis Roce, imprimeur, exerçait à l’enseigne de l Ymaige sainct Martin.
La Salmendre ( 1 5 4 6 ).
L’Ymaige sainct Nicolas (iùo5).
L’Ymaige Notre Dame ( 1 4 6 3 ).
La Maison du Quoï ( 1 3 4 2 ) , le Cochet (i 463) , les Coches ( 1 546).
Ces quatre immeubles, qui paraissent avoir eu peu d’importance, puisqu’on ne trouve, clans les titres, que leurs enseignes sans autres indications, sont peutêtre des parties détachées d’une grande maison ayant eu primitivement plusieurs corps de logis.
Maison des mois Becqets (1M8), puis des trois Brochets (i 546). Elle est dite, en 1 3 4s, trestre de la censive du roy*. Au commencement du xivc siècle, il devait y avoir, soit dans cette maison, soit dans l’une des maisons voisines, un établissement de bains, car dans un acte de î 3 i g , la Maison des Balances, qui était, vis-à-vis, c’est-à-dire sur le côté occidental de la rue, est dite « seize devant les bains*. (Voir la description topographique de ce côté de la rue.) En i55A, les trois Brochets sont mentionnés sous ce vocable, et, en i6i3, ils sont dits et au devant de Saint Benoist, aboutissant au jardin du collège de Cambray, ou des Trois Evesques*. Los mêmes aboutissants sont indiqués pour le Cochet, les Cochets ou les deux Cochets. C est sous cette enseigne des trois Becqets, ou des trois Luxes, ou des trois Brochets, que le maître imprimeur et libraire Badins Aseensius, à dater de î 5oa , imprimait et vendait ses belles éditions des classiques latins.
L' I!ousse Gill£T (> 3ôa), et, plus tard, la Meuse. Un censier de Sainte-Geneviève, de l’an i38o, nous apprend qu’il y avait, en cette maison «deux marmousés en deux jambes *. Cette singulière sculpture paraît être expliquée dans un terrier de la Ville de l’année 1 546, oô il est dit : cil y a ung pillier, ouquel a une teste, oô il y a ung chappeau de rozes. » Ce pilier était probablement une borne, cest-a-dire une limite de fief ou de censive.
Maison aux deux Coullons (i 3 20), du Coulon (i 3 80), des trois Coulons ( 1 4 a 8 j , ayant, en i38o, appartenu à Pierre de Croy, seigneur de Montrouge, aliàs Pierre de Civry.
Hostel HE l’Estoille (1/128) ou DE Notre-Dame de la Cousture, au Mans. C’était la demeure parisienne des abbés de la Couture depuis le xme siècle, selon toute probabilité, et certainement à partir du xivc.
L hôtel parisien des abbés de Notre-Dame de la Couture consistait, dit une pièce de 1 an 1600, en a un corps d’bostel sur la rue Saint-Jacques, un petit corps d’hostel derrière, et un jardin, vers le puits Certain*. La désignation est un peu vague, rtvers*, signifie, en effet, à une certaine distance. La résidence des abbés
NATION A Lf.
Manceaux était rapprochée de l’emplacement du futur cimetière Saint-Benoît, ainsi que le prouve une note de l'an 161/1, ainsi conçue : ir Achat par le Rov, d'une place proche l'hostel de la Cousture, pour estre, icelle place, eschangée avec les marguilliers de Saint Benoist, pour servir de cimetière. i>
Dans la seconde moitié du xvne siècle (1661), l’hôtel était encore possédé par l'ahhaye de Notre-Dame de la Couture, puisque Louis Henry, légitimé de Bourbon, comte de Soissons et abbé com mandataire, le donnait à bail emphytéotique. Il passe ensuite eu plusieurs mains et devint successivement un pensionnat, puis une habitation privée. L’histoire topographique du Vieux Paris 11e peut entrer dans ces diverses mutations relativement modernes.
Maison ue l 1 Soulche et du Maillet (i38o), puis du Rouet d’ob (1/128). Cet immeuble était séparé du précédent par un couloir ou passage appelé rt allée de la Cousture n. Nous avons constaté, sur plusieurs points de la rue Saint-Jacques, l’existence de ces petites ruelles.
Maison de la Couppe d’ob (i38o), formant l’angle septentrional du cimetière Saint-Benoît. C’est dans cette maison que les frères Antoine et Louis Caillaud installèrent leur imprimerie en 1697.
PAROISSE DE SAINT-ÉTIENNB-DU-MONT
Maison du plat d’Estain ( 1 3 a 1 ) , puis des Trois escuelles (1/110), et des Trois saulcières (i/i83), faisant le coin méridional de la rue du Cimetière Saint-Benoît. Elle fut, comme beaucoup d’autres immeubles de cette région, comprise dans le Compte des confiscations opérées par Henri V et Henri VI. C’est d’elle qu il est question dans l’article ainsi conçu : tr Maison seize rue Sainct Jacques, tenant à la ruelle de Froid-Manteau, par où l'on va au Gloubreneau (lb d Elle était dite alors Maison des Taois escuelles; mais le vocable primitif lui était resté, puisqu elle est appelée par les conGscateurs : a Maison rue Sainct Jacques, à l’enseigne du Plat dest.ain, chargée de huit livres parisis de rente, que M° Raoul de la Porte prenoit pour une chapelle è luy appartenante, fondée à Sainct Marceau (sh i>
Maison du Mouton (i38o), paraissant avoir été nommée, en 1 3 6 g . Maison de la Selle, puis, en iZia5, Maison de la Banïere d’Alençon. Elle avait issue sur la rue Fromentel, par un corps de logis situé en arrière, et distant de quinze toises environ, du coin de ladite voie. La Selle et la Banaebe d Alençon, contiguës au
1 Sauvai, t. III, p. 5i. — 2) Ibid., p. qqô.
Plat destain, ont pu, à une époque indéterminée, en avoir été une dépendance, à moins qu’elles n’aient fait partie de la Maison du Mouton.
Maison de la Cuillier (ii8g), ayant servi de noyau au groupe immobilier qui a lormé le collège du Plessis. (Voir, à la suite de la monographie de la rue Saint- Jacques, I article consacré à cet établissement scolaire.)
CENSIVE DE SA INT— J EA N— DE-l ATI) AN.
Collège des Marmoutiers. Meme observation, cette maison d’éducation donnant lieu à une notice particulière.
Maison de l’Ymaige sainct Martin (i468), tenant, par ses derrières, à l'hôtel des évêques du Mans, transformé plus tard en collège ( 1 5 1 g ), puis à un certain Jean Bocher. Elle fut acquise, en i58o, par les Jésuites, propriétaires du collège de Clermont.
Maison de lescu de Bourgongne, puis Maison du Che'riot (1/181), ayant repris son enseigne primitive aux xvic et xvu= siècles. Elle avait, dit une pièce de ce temps, vingt-deux toises de longueur, trois toises de largeur sur le devant, et dix-sept pieds quatre pouces te sur le derrière!). Comme la précédente, elle fut achetée par les Jésuites en 1 633 , pour agrandir le collège de Clermont.
Maison de la Malassize (i58o), réunie, comme les deux précédentes, au pourpris du collège de Clermont (i58o), par les membres de la Compagnie de Jésus. Un titre de 1 48 1 semble la désigner sous le nom de Maison du Moulin à vent; elle est dite alors tt tenant à J. Bocher et au jardin de Sainct-Martin n.
CENSIVE DE SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS
Maison de l’Ymaige sainct Michel (1 5a6), puis de l Annonciation de Notre-Dame (1587), faisant face au débouché oriental de la rue des Poirées. Elle fut, comme les précédentes, acquise en 1 6 3 3 par les Jésuites, pour l’agrandissement du collège de Clermont.