‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 107 sur 302 · CENSIVE DE SAINT-JEAN-DE— LATRAN · texte numérisé non relu

CENSIVE DE SAINT-JEAN-DE— LATRAN

Hostel ou cour de Langues, depuis collège de Clermont, et collège des Je:suites. Cet important immeuble a sa monographie à part, è la suite de l’histoire topographique de la rue Saint-Jacques. Nous ne consignons ici que les renseignements antérieurs à son affectation scolaire.

La maison devait son nom à Bernard de la Tour, évêque de Langres, qui en était propriétaire. Elle avait été possédée antérieurement par le sire de Revel, et une dame de Séris, nommée Honorée Brune. En 166g, elle était passée, par acquisition ou par héritage, à un comte de Boulogne. C était une vaste habitation, renfermant plusieurs corps d'hôtel, des cours, des étables, des jardins et un puits. Elle était limitée, sur le devant, par la rue Saint-Jacques et quelques maisons particulières, d’un côté, par le collège desChollets, de 1 autre par celui de Marmoutiers, et, par derrière, par 1 liostel des évêques du Mans, transformé, l’an 1 5 1 g , en collège du même nom.

L’Hôtel, ou cour de Langres, relevait de la censive de Saint-Jean-de-Latran, pour sa partie antérieure, et de celle de Sainte-Geneviève, pour sa partie postérieure. La limite des deux seigneuries était indiquée par une croix et une crosse gravées dans le mur, un peu au delà de la cuisine dont la situation exacte est difficile à préciser.

En sa qualité de don royal, l’hostel de Langues était naturellement désigné aux confiscateurs anglais. Sauvai, qui a reproduit les comptes de ces spoliations, donne, de iÔ23 à 1/187, ^es mentions suivantes :

tt Maison rue Sainct Jacques, tenant, d'une part, à l'hostel de Langres, qui lut au sire de la Tour. . .

n [Jostel de Langres, qui fut au seigneur de la Tour, lequel liostel avoit esté donné à Mc Jehan Brezille, et ensuite donné par le Boy, le quatriesme novembre iÔ2/i, à Mc Charles de Poitiers, evesque de Langres, du consentement dudict Me Jehan Brezille l". r

Maison de l’escripteau d’organiste (i55ô), enseigne unique parmi les vocables des vieilles maisons de Paris, laquelle s appliquait à une petite habitation ayant, dit un titre du xvic siècle, deux toises quatre pieds six pouces de largeur, sur trois toises cinq pieds et huit pouces de longueur.

Maison de l’Ymaige de sainct Pierre de Luxembourg (îôoa), désignée dans un titre de 1 5 5 ô, sous le nom de l'Ymaige saint Pol, quoique ayant conservé son ancien vocable jusqu’à la tin du xvie siècle. E11 1 ôgy, elle était attenante a 1 hôtel de Langres; trente-trois ans plus tard ( 1 5 3 0) , elle est dite contiguë à lYmaige saincte Katherine, laquelle faisait sans doute partie des bâtiments dits Maisons de la cour de Langres, parce qu’ils avaient été construits sur des terrains dépendant de cet hôtel. Comme ses voisines de droite et de gauche, la Maison de l Y maige de

Antiquités de Paris , l. III, p. 999, h 1 4 et 3 1 /1.

sainct Pierre de Luxembourg fut acquise par les Jésuites pour l'agrandissement de leur collège.

Maison de l’Ym.aige saincte Katherine, puis de la Serre (1/182) et enfin de l’Ymaige sainct Jacques (i53o), ayant, à une époque antérieure, fait partie de l’immeuble précédent. Elle a été englobée, elle aussi, dans le pourpris du collège de Clermont ( 1 58a). Avant cette incorporation, elle est ainsi désignée dans les titres : <r saincte Katherine, depuis la Serpe, tenant, d’une part, à une petite maison à Th. Richarl, d’autre part, à J. Galet, aboutissant à l'ostel de Langresp. En 1573, le même immeuble est dit : cr Maison saint Jacques, tenant à saint Jehan, d'autre part, à Raoulin Bourdet, aboutissant à la cour de Langresp. E11 1621 , on le dit a tenant aux Ciiolletsp.

Issue du jardin des Ciiollets, sur laquelle il existait, en 1572, une a petite maison, p

Maison de l’Ymaige sainct Jehan (1/102), tenant, dit un titre de i52g, et au Fer À cheval, d’autre part, à Colin Evrard et à l’ostel de Langres, aboutissant à ce dernier et aux Escolles des Ciiollets -n. C’èst encore une acquisition faite par les Jésuites, en 1637, en vue d’agrandir leur collège. E11 îAgg, à l’enseigne de saint Jehan l'Evangéliste, elle abritait l’imprimerie d’Antoine Vérard.

CENSIVE DU CHAPITRE de NOTRE-DAME.

Maison du Fer à cheval (1/182), acquise, en 1687, par les Jésuites, comme les précédentes, pour agrandir le collège de Clermont.

Maison du Monde ( 1 /i 6 5 ) , ayant, avec la précédente et la suivante, formé l’un des corps de logis d’un hôtel connu sous le nom de la Corne de cerf, enseigne qu’il portait encore en 1 5 1 2.

Maison de la Gallée d or (i ZiG5), aile méridionale de l’hôtel de la Corne de cerf. dont le Fer à cheval fournit l’aile septentrionale. La Gallée d'or paraît avoir porté, antérieurement au xv? siècle, l’enseigne de la Bergerie et du Puis des Ciiollets.

Ce puits a joui d’une certaine célébrité au xvic et au xvue siècle, grâce au voisinage des établissements scolaires qu’il servait à alimenter. Le savant historien de Sainte-Barbe en a parlé, à propos du principal Anloine Pélin, qui le lit creuser en 1010. te Ce n’était, dit Jules Quicherat, qu’un plébéien, qui s’était élevé, par son mérite, au gouvernement de la communauté des Ciiollets. Pour avoir fait

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, creuser dans ce collège un puits, dont il concéda 1 usage aux habitants des maisons voisines, il fut célèbre comme l'un des bienfaiteurs de la Montagne. Le versificateur Valeran de Vaurains, qui était le Virgile de l’Université du temps de Louis XII, a fait là-dessus le dithyrambe cjue voici :

(tCe qu’il y a de fumeux dans la coupe bachique, l’eau des Cliollets le dissipe par son mélange. Taudis que le soleil accomplit sa course pour se rendre, des régions de l’aurore, chez les lbériens, une foule babillarde tourne la poulie, pour faire monter le précieux liquide. 11 fait les délices des tables frugales par le tempérament qu’il porte aux ardeurs du vin. La troupe des nymphes s’incline devant celle qui le fournit, et la tient pour une divinité supérieure W. »

Ce puits bienfaisant, trop fréquenté peut-être par les voisins du collège des Chollets qui le transformaient en tr puits d'amour-», avait dû être réparé au commencement du xvuc siècle, ainsi que le constate Du Breul dans les termes suivants : ttEn l’an 1602, le puits des Cholets, qui s’en alloit en totale ruine, a esté réparé, en reprenant depuis les fondemens, ostant les pierres pourries et y employant, jusques à quatorze assizes, des grosses pierres de taille. Une partie aussi de la charpenterie a esté changée et le dessus garni de plomb neuf, en forme de chapeaux de cardinaux, comme on le voit pour le jourd’huy. El est à noter que de derrière les vi i lies pierres qu’011 osloit pour en mettre de neufves, sortoit un air si puant et infect, que plusieurs en furent en danger de mort, si Dieu, par une grâce spéciale n’y eust pourveuW.»

tr Aujourd’hui, ajoute Jules Quicherat, ce puits si fameux, dont le diamètre et la profondeur justifiaient la reconnaissance du quartier, se cache ignoré sous le jardin du lycée Louis-le-Grand ; mais, il y a quarante ans, il apparaissait encore, dans toute sa gloire, surmonté d’un baldaquin en fer, qui était un chef-d’œuvre de serrurerie (3b v

Maison des petits Chollets (i52o), puis Maison de l’Ymaige sainte Catherine (1572), ayant probablement formé, à une époque antérieure, l'un des corps de logis de la

Maison de l’Ymaige sainct Jacques (1/1 48), laquelle a dû dépendre également d’un grand hôtel appelé, au commencement du xvc siècle, la

Maison de l’Ymaige sainct Estienxe (i4i8). Une note empruntée à des documents authentiques nous fait connaître l’importance de cet immeuble : a Six maisons, v est-il dit, autrefois en une, trois faisant face sur la rue S. Jacques, et trois

1 De laudibus Colléfrii Cholctœi (Paris, 1 à o y ) . cité dans Y Histoire de Sainte-Barbe. — " Théâtre des Antiqmtezde Paris, édit, de 1639, p. 3o3. — 111 Histoire de Sainte-Barbe , l. I, p. 68, 69.

sur la rue S. Estienne; les trois premières tenant aux Cliollels, d’autre part au coin de rue; les trois autres tenant au coin et, d’autre part, à une maison des Chollets, estant vis-à-vis la petite porte S. Estienne des Grés : la première, le Feu À cheval; la deuxième, le Nom de Jésus; le Miiiooer contigu, devant la petite porte, n

Maison de l’Escu d'Orléans (1/187), formant l’angle septentrional de la rue des Grès ou Saint-Étienne-des-Grès. Dépendant primitivement de la précédente, cjui en comprenait six, elle en avait été détachée et constituait déjà un immeuble distinct, vers le milieu du xvc siècle.

CENSIVE DE SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS

Eglise Saint-Étienne-des-Grès, ayant sa façade ou entrée principale sur la rue Saint-Jacques, et se développant latéralement à gauche sur la rue des Grès, à droite sur le cloître qui avait issue en la rue de la Graude-Bretonnerie. La notice relative à cet édifice, ainsi que la monographie de la chapelle Saint-Yves, des colleges du Plessis, de Marmoutiers et de Clermont, a été placée à la suite de 1 histoire topographique de la rue Saint-Jacques, afin de 11e point interrompre la succession des immeubles en bordure de celte voie.

Maison de la Croix blanche (15/17). Au XVI' siècle, ce n’était qu’une petite consti action , dont le terrain avait ete pris sur le petit cimetière qui précédait l’église Saint-Etienne-des-Grés. Elle s’appuyait sur la travée de droite du porche de l’église, et aboutissait au petit cloître qui était formé par le collatéral méridional de 1 église dont les voûtes s étaient écroulées. Le chapitre 11’ayant pas les ressources nécessaires pour faire reconstruire ce collatéral, 011 l’avait retranché de l’édifice et laissé à l’état de cloître découvert.

Maison du Porc-Espic (i5oi) composée de plusieurs corps d’hôtel, dont un seulement donnait sur la rue Saint-Jacques. C’est elle que Sauvai désigne dans les termes suivants : <t Maison seize à Paris, dedans la cour du Haut-Pas, près la porte S. Jacques, tenant, d’un costé tout du long, aux murs de l’église S. Estienne des Crez : . r La Maison du Porc-Espic, avait une cour, un jardin et aboutissait à un autre jardin appartenant au chapitre Saint-Étienne. Sur son emplacement a été construit, en 1670, une sorte de cloître, bordé de bâtiments, dont une partie était louée à des particuliers, et 1 autre servait à loger les chanoines.

:1) Antiquités de Paris, f. III, p. 4i 1.

CEASIVE DU ROY.

Maison du Cigne de la croix (1572). ayant très probablement formé une dépendance de la

Maison des Trois maillets (i53i), qui, avec le Croissant, ou le Croissant couronné, a di'i constituer un des corps d bétel du Porc-Espic.

PAROISSE DE SAINT-BENOÎT

JUSTICE ET CENSTVE DU CHAPITRE DE SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS

Maison du Croissant couronné (i4o4), ayant, au xvie siècle, issue sur la rue de la Petite-Bretonnerie.

Maison du Heaulme (i4g4), faisant le coin septentrional de la même rue.

Maison de l’Ymaige Nostre-Dame, ou de la Belle vmaige (1 .678), Im’mant 1 angle méridional de la même voie.

Maison du Paon d'or (1 542), faisant le coin septentrional de la rue de la Grande- Bretonnerie et ayant composé, avec les autres habitations comprises entre les deux Bretouneries et la rue Saint-Jacques, tout un îlot de constructions connu en 1662, sous le nom de Ostel de l’Escu de France. A cette date, en ellet, elle est indiquée comme un immeuble spacieux formé de plusieurs corps de logis : <t 1 462. Hostel à pignon , en plusieurs corps d liostel , dit l Escu de I* rance , assis grant rue et prez la porte Saint-Jacques, avec dépendances, jusques à une petite ruelle traversine qui est à l’opposite de 1 liostel J. Barost, tenant, d une part, a la tue de la Petite-Bretonnerie, d’autre part, à celle de la Grande-Bretonnerie. -n

Les Confiscations anglaises, qui ont beaucoup frappé sur la région d’Outre- Petit-Pout, n’ont pas épargné la Maison du Paon et de i.’Escu de F rance ; on trouve , en effet, dans le Compte de i4u 1, parmi les immeubles confisqués, une et Maison rué Sainct Jaques, à l’enseigne de l'Escu de France, prez la porte Sainct Jaques, chargée, envers le chevecier de Sainct Estienne des Grez, en treize livres parisis de rente, et, de fonds de terre, en deux sols parisis b), d

Ici doit trouver place une note relative à une Maison de la Bourse, non identifiée, note relevée par M. Paul Le Vayer :

tt 20 octobre 1072. — Insaisinetur domnus Guillelmus Boussonnet de domo si in

Antiquités de Paris, t. III, p. *296.

TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS

COVVENT DES DOMINICAINS

dits Jacobins de la Rue SlJacques Plan Général

4 LF. DE

Comme pendant au puits des Chollet.**, cilons te âts de 1 lii.- i

avait été creusé entre ta porte Saint-Jacques et lv Maison nu, Paon n on. et devao sans doute son nom aux deux nielles dont il abreuvait le- habitants.

i.tiUSE Ci ÉCOJÆ8.

Le nu " , n ih î rêi ■ i prêcheurs est diversement' qualité pai les

1 -■ ariens : m: l'Oiunie nuit à la lois coun nt , collège id écoles de Saint-Tlionilas ; c'était, en réalité, tin établissement mixte où les Dominé <ins pratiquai ut la vie religieuse, selon la règle de leur fondateur, tout en se pi"; .lion,

ii la mtrovei'se. e.l en se livrant; à l‘i rseé iienie L'arrivée à Parts des premiers religieux «!

lisage il it'in i sous le nom de •

lieux de dévie . •

■ mm droite.

m vico Sancli Jacobi ad intersignum Marsupii, acquisita a nobili vivo Josepho Le Pelletier, mediante summa vmc librarum tz ex una parle el ex altéra annuo redditu redimibili pro aha simili summa vmc hb. iz, prout conslitit litleris coram Boreau et Cayard notants repus, die penultima juin an ni novissimi v° lxxi, ac provendis capitula debitis solvat de gratta xn den. par. pro qualibet ïibva dicte acquisilionis. Que quidem domus fuit adjudicala dicto Boussonnet tanquam plus offerenti, prout extitit litleris decreti adjudicationis in Cas elle lo Parisiensi facte die penultima januarii, anno predicto , pro summa \vmc hb. tz, cujus vende démisse suni per capitiilum^h n

Comme pendant au puits des Chollets, citons le puits de la Brelonnerie , qui avait été creusé entre la porte Saint-Jacques et la Maison do, Paon d’or, et devait sans doute son nom aux deux ruelles dont il abreuvait les habitants.

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