CENSIVE DU GRAND -PRIEURÉ
Dix maisons sans désignation, ayant dû être des ateliers on des boutiques de parcheminiers. La restitution topographique en est laborieuse; cependant, après de sérieuses investigations, nous croyons pouvoir en rétablir sûrement sept dans l’ordre suivant, d’orient en occident :
Le Franc rosier, ou les Maillets;
Saint Jean-Baptiste , ou la Grant maison ;
La Croix rl anche ;
L’Image de saint Yves;
La Maison des Cinges ;
L’Image saint Nicolas;
La Pomme de pin.
Le Franc rosier (|), ou les Maillets, figure dans une déclaration de 1 5 1 1 : ttM' Pierre Dufour, y est-il dit, héritier de Jean Dufour, son père, tient I’Hostei.
ll) La présente enseigne du Franc Rosier abrita , à une époque indéterminée du moyen âge, l’administration du fief de ce nom. A l’égard du fief luimême , on ne lira pas sans fruit ce passage de Y Inventaire des biens de la Sorbonne , en 1 5 5y (Arcli. nal., M 7/i, n° 18) :
«•Et premièrement ausdits Mr* prieur et boursiers appartiennent les deux parts d’un fief appelé le fief du franc Rozier, acquis par ledit monseigneur M' Robert, fondateur dudict colleige, de messire Jehan de Liciis, chevallier, ayant droict dudit fief par acquisition faicte de noble homme Anseaulme de Rochefort, chevallier, et Alipide sa femme, en l’an mil deux cens soixante et cinq, moys de novembre.
ff Cession aussi audit Robert de Sorbonne faicte
par Aveline, seur dudit de Liciis, aulhorisée de noble homme Rogier de Auvary, chevallier, son mary, en l’an 1 265, le lundi après le dimanche de Reminiscere, admorty par l’evesque de Paris, Raoul, en la censive duquel ledit fief esloit, et en a eu pour ledit amortissement les troys parts en l’an Nostre Seigneur 1286, moys de novembre, présenté en la Chambre des Comptes, à Paris, 1 37/1, et à la Chambre du Thrésor, au Palais, à Paris, l’an i552, le samedy xi* de mars; lequel fief consiste en plusieurs censives deues par chacun an, au jour et fesle de sainct Remÿ, par les personnes propriétaires des maisons et héritages sis en ceste ville et bailly vie de Paris . . . ^
(Ces biens sont dispersés dans diverses rues. Voir Nos adieux à la Sorbonne , pièce n° i,p. a 5 1 - 569.)
nu Franc rosier, où souloit pendre l’enseigne des Maillets, court, et cuisine el plusieurs autres édifices; qui est tenant, d’une part, à Jehan Legris, et aboutant derrière à la maison qui appartient à la Chapelle des Deux Anges, fondée en l’église de Saint-Severin , à Paris, n
Saint-Jean -Baptiste , ou la Grant maison, appartenait à l'abbave des Vaulx-de- Cernav, et était attenante au Fr inc rosier, alias les Maillets. Une déclaration du temporel de l’abbaye, à la date de i5i 1, désigne ainsi la maison dont il s'agit :
(t Les liostels où pend pour enseigne l’Ymage saint Jean-Baptiste et le Franc rosier, assis en la rue de la Parcheminerie . . ., tenant aux hoirs de M° Richard de Verdun, et appartenant de présent <à Jehan Legris, marchand parcheminier, lequel en paye, par chascun an, quatre livres parisis de cens et rente foncière, n
La Croix rlanche est dite, dans un titre de 1/176, appartenir aux Chartreux et aboutir, par derrière, au collège de Maître Gervais, lequel avait son entrée sur la rue du Foin.
L’Image saint Yves fut l’objet d’une confiscation; en 1/127, on en dépouilla Pierre Du Chemin pour la donner au chevalier normand Roger de Bréauté, lun des auxiliaires les plus actifs de l'invasion anglo-bourguignonne.
La Maison des Cinges est mentionnée nommément, au xvc siècle, comme aboutissant, ttpar devant, à la rue de la Parcheminerie, et, par derrière, à l’ostel du Chappeau rouge v. L’auteur de Paris sous la domination anglaise nous apprend que «Charles VI donna ù son notaire et secrétaire Me Guillaume Le Cesne, docteur en théologie, mais pour sa vie seulement, une maison située rue de la Parcheminerie, laquelle avait été confisquée sur Milet de Breuil, et ce, en quittance de cinq cent quatorze francs que Guillaume Le Cesne prétendait lui etre dus par le roi, pour frais de voyage à Rome 'Pu.
L’Image saint Nicolas n’est signalée que d’une façon générale dans les titres.
La Pomme de pin venait ensuite. Elle est dite, en 1/196, comprendre deux corps d’hôtel situés et en censive du Temple m, la galerie et le jardin se trouvant tten celle des Mathurinsn. Un litre de 1 536 parle d’un jardin «tenant au Chapeau rouge, îi l’Image s vint Nicolas et aboutissant à un jardin de la Pomme de riNn. Un autre litre de 1 5 5 g mentionne cette maison comme «tenant à Millet du Bueil, d autre part à Oudart Le Compasseur, aboutissant à un jardin « qui tenait et aboutissait
Paris sous la domination anglaise , p. ho.
RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, lui-même aux «appartenances du Chapeau bouge d. Enfin un document de 16G7 nous apprend que la Pomme de pin mesurait vingt pieds de largeur, cent vingtsept de profondeur, «y compris les espaisseurs des mursn.
Le Chériot existait en double exemplaire dans la rue de la Parcheminerie ; la même enseigne était appendue, en effet, à une autre maison plus importante, attenante à la maison faisant le coin de cette rue et de celle de la Harpe. Ou trouve quelques renseignements sur celle-ci; mais il est peu question de l’autre.
CENSI VE DE LA SORBONNE
Maison de la Teste noire désignée, dans le Compte des confiscations de Paris, pour la période comprise entre 1/121 et 1/127, comme «seize en la rue de la Parcheminerie, faisant le coing de la rue de Bourg-de-Brie(1N. En 1557, étant la propriété de Jehan de Corcelles, rôtisseur, elle se trouvait grevée de xu deniers parisis de cens au profit de la Sorbonne.
Maison de la Couiionne d’or ( 1 5 6 1 ) , prenant l’angle occidental de la rue Boutebrie. Sous 1657, Mc Mathurin Bélamy, procureur au Châtelet de Paris, et le commissaire Regnot, propriétaire par moitié, devaient à la Sorbonne xn deniers parisis de cens pour cet immeuble.
Maison et place, «dénommées d’ancienneté Mène gent (1 566) et Mène Jars (i 586) n. Avant de porter ce nom, elles s’appelaient, en 1/188, Maison du Daulphin et Maison au Chériot. Elles formaient alors l'issue d’une maison sise rue de la Harpe, tenant a la Roze et étant en la censive de la Sorbonne. Le nom singulier qu’elles ont porté ensuite paraît leur être venu d’un certain René de Mènegent, dont il est question dans un censier de Saint-Germain-des-Prés. On déclare, en 157b et 1687, quelles consistent en «une maison, place et pignon, tenant a la Couronne, au Ciieriot, et à la Grande maison des Gilbert n. Vers la lin du xvi= siècle, elles appartenaient à M° Guibert, avocat au Parlement, et étaient tenues à xvi deniers de cens envers la Sorbonne.
Maison du Chériot, contiguë à celle qui faisait le coin de la rue de la Harpe et ayant son entrée sur cette voie. Elle paraît avoir été plus considérable que la précédente à laquelle pendait la même enseigne. On la trouve ainsi désignée en 1 566 et 1576 : «Le Chériot, tenant à Christophe deThouP), d’autre à une place appelée
Sauvai, t. III, p. 3 1/1. «Noble homme et saige Monseigneur Christophe
! Inventaire des biens de ta Sorbonne, eu l’an- de Thou, président du Roy nostre sire en sa court née 1007 : dn Parlement à Paris, propriétaire d’une maison
lurniMr.nt national®.
la Place Ménegent, aboutissant, par derrière, à la Grande maison des Gilbert, n — cr Le Chériot contigu à Saint Anthoine, qui fait le coing de la Harpe, et aboutissant aux Gilbert, v
Les Gilbert étaient une famille parlementaire du xvie siècle.
CÔTÉ SEPTENTRIONAL
(d'Occidenl on Orient).
PAROISSE SAINT -SÉVERIN
JUSTICE ET CENSIVE DE LA SORBONNE
Maison dl Coffin (t 543) et du Coffin vebt (i5y5), contiguë .à celle qui faisait le coin occidental de la rue de la Harpe, et ayant lait partie, jusqu au xvic siècle, de la
Maison des Garneaolx (i5i8), divisée en deux corps de logis. Elle appartenait, en i557, à M° Mathurin Bélamy, procureur au Châtelet, et sur elle la Sorbonne prélevait v sous 1 denier parisis annuellement. Quant à l’enseigne, d après Berty (Revue archéologique, 1 8 5 5 , p. 7), les Créneaux 11e sont d ordinaire que des réminiscences du nom ancien de la maison.
Dépendances df. l’Hostellerïe de la Boze rouge, ayant leur entrée rue de la Harpe. O11 ne leur trouve aucune désignation avant le xvie siècle, époque présumée de leur annexion; en 1 5 1 5 , elles sont qualifiées d 1 astables; en i5aG, on les appelle «maison tenant aux Trois Quoquilles et aux Carneaulxh. En revanche, cette importante note prend place sous Tannée 1 5 5 7 : «Adenete de Vaulx, velve de feu Jehan Cancan, propriétaire d’une maison et ses appartenances, assize rue de la Harpe et ayant issue sur la rue de la Parcheminerie, en laquelle pend pour enseigne la Roze rouge, par chacun an, doit xvm deniers parisis à la Sorhonne. *
Maison des Trois Coquilles (1696), qu'il faut identifier avec celle qui figure dans le Compte des confiscations de Paris, pour la période comprise entre 1J127 et 1 43 4, avec cette désignation : «Maison de la rué Parcheminerie faisant front a la rue Bourc de Brie h), v
Les hériliers de feu Me Pierre Bozée, en son vivant docteur régent en la Faculté de médecine, sont portés, du chef de cet immeuble, sur 1 Inventaire des biens de In Sorbonne, en 1657, comme redevables de ni sous parisis par an.
size en costé en ladite rue (Parcheminerie), faisant thoine, de présent ung moulin a vent de boys,
le coing en la rue de la Harpe, où souloit d’an- doibt par chacun an xn parisis.*'
ciennelé pendre pour enseigne l’image Saint An- 1 Sauvai, t. 111, p. 578.
Maison de l’Image sainte Catherine (i5o6).
CENSIVE DE LA SORBONNE
Maison de l’Estoille d’or (i 454), faisant le coin occidental delà rue des Prètres- Saint-Séverin. En 1 55y, les propriétaires de l’immeuble, M° Robert de Coste, avocat au Châtelet, et M' François Arnoul, procureur audit tribunal, devaient mi sous parisis de cens annuel à la Sorbonne.