RUE DE LA PARCHEMINERIE
Cette voie aboutit d’une extrémité dans la rue Saint-Jacques, et de l’autre dans celle de la Harpe. Il en est fait mention, dans les titres, dès le commencement du xmc siecle : elle est ainsi mentionnée : en 12 25, k vicus qui dicitur Scriptorumv; en 1227, it vicus qui dicitur I’Escrevinembd. On écrivait donc, c’està-dire qu’on copiait les manuscrits, dans ce voisinage de tant de collèges; et comme on employait le parchemin, membrana Pergamena, pour ces transcriptions, les mots Parcheminerie et Parcheminiers étaient tout naturellement indiqués.
Lest ainsi que, dans un Livre de la Taille, de 1297, la voie est dénommée : rué as Parcheminiers, et dans un autre de i3io, viens Pergumenariorum. Quatre ans après, on lit : rué as Escrivains, que l’on dit la Parcheminerie. Plus tard, on trouve concurremment ruë aux Parcheminiers et ruë de la Parcheminerie , ou ruë des Parcheminiers-, les deux expressions, la concrète et l’abstraite, sont employées simultanément. Enfin, à toutes ces dénominations s’ajoute celle de rue des Tabellions ou des Notaires (Paris et ses historiens, p. 176).
Peu de rues du Vieux Paris ont été plus souvent mentionnées dans les anciens titres; les cartulaires de Notre-Dame, de Sorbonne et de Sainte-Geneviève, le Dit de Guillot, le manuscrit de la Bibliothèque Cottonienne, la Description de Guillebert de Metz et autres documents la citent fréquemment.
Antiquités de Paris, (. III, p. 5 A 1 .
Il en est question également dans plusieurs écrits d'une époque reculée. Le descripteur Jean de Jandun, qui vivait en 1 3 2 3 , énumère ainsi les industries dont la rue était le siège : <r II y a encore les parcheminiers, les écrivains, les enlumineurs et les relieurs, qui travaillent avec d’autant plus d’ardeur à décorer les œuvres de la science, dont ils sont les serviteurs, qu’ils voient couler avec plus d'abondance les riantes fontaines des connaissances humaines, jaillissant de cette source inépuisable de tous les biens Wi.
En i3 Uh, Richard de Bury, évêque de Durham, grand chancelier d'Angleterre et grand amateur de livres, s’écrie, à propos des trésors de science que renfermaient les vingt-huit boutiques des libraires jurés de la région transpontine : t Oh ! quel torrent de joie a inondé notre coeur toutes les fois que nous avons pu visiter Paris, ce Paradis du monde, Paradisum mundi Parisius^.n
Guillebert de Melz (1 A3A) dit que n l'on souloit estimer à Paris plus de soixante mille escripvains * ; mais il 11e localise point leurs demeures, et il faut croire que la rue de la Parcheminerie n'était que le centre d’une industrie répandue dans tout le quartier de l’Université W.
La voie dont nous nous occupons perdit naturellement de son importance au moment où Ulrich Gering et ses deux associés importèrent à Paris leur industrie; cependant elle demeura toujours vouée à la fabrication et à la vente des éléments du livre.
La rue de la Parcheminerie n’a guère été entamée par les percements modernes. De plus ou moins vieilles constructions la bordent, et elle a conservé, en grande partie, son aspect d'autrefois.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’ Orient en Occident).
PAROISSE SAINT-SÉVERIN
JUSTICE ET CENS1VE DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME
Maison de l’Esciuqlteb ( 1 556), puis de l’Image saint Pierre (1879), contiguë à la maison faisant le coin méridional de la rue Saint-Jacques; elle était une dépendance de la Teste noibe, sise en cette dernière rue, et cela vers le milieu du xvic siècle.
Sur celte maison d'angle de la rue Saint-Jacques, tenant à I'Esciiiquier, voici une note recueillie par M. Paul Le Vayer ; nLe 5 mai 1&99. Insaisinctur con- Iractus excumbii seu permutalionis certe (lomus site in vico Sancli Jacobi , formanlis unguium vin de la Parcheminerie, medianle summa sexagenla aureorum per acquisitorem
1 Paris et ses historiens aux xiv' et xv ’ siècles, (2) Pans et ses historiens, etc., p. ôy.
p. 55. Voir le texte latin. (1) Ibid., p. 177.
Johannem Bachelier, civetn Parisiensem, pro laudimiis et veniimenlis dicle domus pi u parte ad capitulum spectante.-n ( Arcli . nal., LL 160.)