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RUE DU PETIT-PONT. — LA GLORIETTE

Cette voie, d’un parcours peu étendu, n’était et n’est encore, en réalité, que la première section de la rue Saint-Jacques. Elle a pour point de départ la place ouverte sur l’emplacement du Petit-Châtelet et pour aboutissant le carrefour formé par la rencontre des rues Galande, Saint-Julien-le-Pauvre, Saint-Séverin et Saint-Jacques : c’était le commencement de la voie romaine de Lutetia à Gcnabum. Son nom, qu’on trouve dans les titres dès le xuG siècle, lui venait du Petit- Pont donnant entrée dans la Cité : mais Parvi Pontis; on ne lui en connaît pas d autres. Seulement, on la confondait d’ordinaire avec la rue Saint-Jacques.

(l) Antiquités de Paris, I. II, p. 382.

La rue du Petit-Pont ne comptait que de vingt à trente maisons sur ses deux côtés. Ce qui la recommande surtout à l'attention des topographes parisiens, c'est le Petit-Chàtelet, qui en commandait l’entrée, et auquel nous consacrons une notice spéciale. Le cul-de-sac de la Gloriette, ou impasse de la Poissonnerie et de la Boucherie, constituait une dépendance importante de la rue qui nous occupe. On trouvera, à son rang, la description topographique de l’impasse.

Le sol de la rue du Petit-Pont a été exhaussé, ainsi que le constate l’un des anciens historiographes de la Ville, Bonamy, dans un de ses Mémoires : cLe terrain de la Ville et celui de l’Université, qui borde la rivière, n’était, dit-il. pas plus élevé que celui de la Cité. On a retrouvé des restes du pavé de Philippe Auguste à six pieds sous le pavé de la rue du Petit-Pont, lorsqu’on travaillait, en i 760, à la construction d’un aqueduc sous lequel passe le tuyau qui conduit l’eau des pompes du pont Notre-Dame à la fontaine de Saint-Séverin t11. *

La rue du Petit-Pont était, par sa situation, une altère commerciale importante. Jean de Jandun nous apprend qu’il y existait, de son temps, de nombreux apothicaires, et Guilleber de Metz la représente comme le centre d'un commerce de cpoulailles, œufs, venaisons et autres vivres ^ n. Enfin le commerce de la librairie, naturalisée surtout dans la rue Saint-Jacques, «a, au rapport de Sauvai, étendu ses anciennes bornes, depuis Saint-Yves jusqu’à la rivière l3>v.

De nos jours, la rue du Petit-Pont conserve en grande partie son ancien aspect; mais l’élargissement de la rue Saint-Jacques amènera la destruction de toutes les maisons riveraines.

CÔTÉ OCCIDENTAL

(du Nord au Sud).

PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN

CENSIVE Dü ROI.

Pf.tit-Chàtelet. (Voir ci-dessous.)

Boucherie de la Glomette. (Voir ci-après.)

Maison et Estal a poisson, en façade sur la rue.

Maison du Giund ouvroueu , également en bordure et formant l’angle nord de la rue de la Huchette.

Maison de la bouteille alère (R)), taisant, en 1659, le coin méridional de la rue de la Huchette et y ayant son entrée.

DI Cf. Mémoires de l’ Académie îles Inscriptions et Belles-Lettres, année 17 A 1 , t. XVII, p. 686. — ‘ Paris et ses historiens aux xiv' et r v' siècles , p. AA et 176. — 1 Antiquités de Paris, t. I, p. iq.

Maison de la dame qui porte l’esprevier (lâii), ou de l'Oysel sur le poing (t 026), puis du Mort qui trompe (1 65g). Elle avaiL fait originairement partie de la maison suivante jusque vers le milieu du xve siècle. L’analogie des enseignes en est presque la preuve.

Maison du Faulcon, puis du Pestel (i fiâi), ayant repris, vers la fin du xve siècle et pendant tout le xvi°, l’enseigne du Faulcon. Elle appartenait à un marchand de ces oiseaux de chasse <l!.

Des lettres royaux, datés d’août 1 335 , portent amortissement de douze livres de rente perpétuelle à prendre «super domum Johannis de Summavilla, ferrani, in buclu Parvi Ponds per deversus piscionariam , contiguam ex una parle domui defuncli Pétri de Wismis et domui Guillehni au Clou, pollularii , ex altéra ; in censiva Donnai Regis s, ladite rente établie par feu Guillaume Tristan et Ysabeau, sa femme, père et mère de dame tt Jacqueline, dite la Tristanne, d femme de lîobert de Meulent, bourgeois de Paris, sur ladite maison, pour servir à la fondation d’une chapelle desservie en l’église collégiale de Saint-Germain-l’Auxerrois.

Tristanne obtint en conséquence, de l’archidiacre de Paris, les lettres nécessaires à cette fondation, et les fit enregistrer au Châtelet de Paris, le 6 mai i3Ao.

Les lettres d amortissement et de quittance de toutes finances données par le Roi portent que ladite église collégiale a quatre deniers de fonds de terre «à prendre sur la maison de Jehan de Sommaville, ferron, séant au bout du Petit- Pont, par devers la Poissonnerie, tenant d’une part à la maison feu Pierre de Wismes, mercier, et d’autre part, à la maison Guillaume au Clou, poulailler, en notre domaine Pl u.

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