‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 150 sur 302 · RUES DES POIRÉES · texte numérisé non relu

RUES DES POIRÉES

Des deux voies qui ont porté ce nom , la plus ancienne s’étendait primitivement de la rue Saint-Jacques à celle de la Harpe et longeait, avant de déboucher dans cette dernière, les bâtiments du collège de Cluny. Lu cet état, elle n’a subsisté que jusqu’à la reconstruction de la Sorbonne,, époque où elle fut condamnée par suite de l’annexion du Collège des Dix-Hlit à la nouvelle église de cet établissement. On lui ménagea alors un autre débouché, en la ramenant, à angle droit, vers la rue des Cordicrs; c’est ce retour d’équerre auquel on donna le nom de crue Neuve des Poiréesn. La partie orientale de l’ancienne voie, considérablement élargie en 1 8 3 g , a formé une sorte de place, la place du Collège-Louisle-Grand, puis de Gerson. L’antique nom propre qu’elles portaient l’une et l’autre a complètement disparu, puisque la rue Neuve, qui l’avait d’abord conservé, prit de bonne heure celui du grammairien Reslaut, en attendant son absorption dans le périmètre des bâtiments de la Sorbonne agrandie.

La plus ancienne appellation attribuée à la primitive rue des Poirées paraît avoir été empruntée à une notable famille issue d’Argenteuil. On lit, en effet, dans le cartulaire de la Sorbonne, viens Thome de Argentolio, viens Guillelmi de Argentnlio, puis viens Simonis de Argenlolis W, et simplement viens de Argentolio, le

1 Archives nationales, MM 392.

Le grand dépôt contient, en outre, de nombreuses pièces relatives aux biens-fonds, rentes et revenus du collège , ainsi qu’à ses dépenses de toute nature. Ne pouvant reproduire ces pièces ici , nous y renvoyons le lecteur, en le prévenant que les plus an¬

ciens litres ont été rendus illisibles par l'humidité* Archives nationales, M 117,195. — S 6/117, MM 392.

W On sait que les rues portant un nom de famille prenaient le prénom du nouveau titulaire après le décès de l’ancien.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ Lout vers 1236. Mais dès 1254, le nom de Porte , Potrte, ou Porrtez, se montre dans les litres. Les deux vocables sont employés concurremment, d’où découle l’identification de la voie. Ainsi, une charte de 1262, appartenant au cartulaire de Saint-Etienne-des-Grès, porte vieux Guidonis rie Argenlolio , et un autre titre du même recueil enregistre vicus Porelarum. Cette dernière dénomination prévaut à partir de la précédente date; car 011 trouve, en 126/1, vicus ad Poretas; en 1269, vicus des Portez; en 1271, vicus qui dicilur de Poreis; enfin, en 1292, dans le Livre de la Taille, toujours rue aux Portes. Quant à la première appellation, elle a varié comme orthographe; mais elle n’en rappelle pas moins la famille à laquelle appartenait un certain Hugues mentionné, dès 12.5/1, dans un titre où on lit : Vicus Hugonis a<l Poreas.

Il 11e saurait donc, encore une fois, y avoir de doute sur l’identité de la voie portant simultanément les noms d’Argenteuil et des Poirées. Celui de cria Sorhonnen commence à se montrer vers la fin du xvc siècle, et a été employé aussi tard qu’en 1679, dans unarrêtdu Parlement, ordonnant trque la porte majeure, sur la rue de la Sorbonne, s’ouvre seule pour accéder au Collège du Trésorier 11.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orienl en Occident).

Maison de la Fleur de lvs (1575), dépendant de celle qui faisait le coin de la rue Saint-Jacques; appartenait à Nicolas Malot et payait mi s. parisis de cens à la Sorbonne. Dénommée en 1/190 l'Estee de Jacques, ou l’Espe'e de bovs, elle formait, l’année suivante, ttdeux places videsn, sur l’une desquelles, lout au moins, dut etre hatic la Fleur de lvs. Lu 1 année i65G, les deux corps de logis sont encore indivis sous une enseigne commune : le boa David, hôtellerie où Pascal s’occupa de la composition des Provinciales (0.

PAROISSE SAIM-BENOIT.

JUSTICE ET CENSIVE DE LA SORBONNE

Grange dépendant de la Maison de l’Image Saint-Louis, celle-ci située rue Saint- Jacques. E11 12/1.1, il existait sur 1 emplacement de cette grange deux maisons, dont l’une était appelée la Maison de Demsete la Sedille, l’autre la Maison Boucandry, ou Bocandrien (1/191), ou Brocandrin, appartenant, en 1667, à Symon

(l) Sainte-Beuve (Port-Royal, t. III, p. Go) relaie le fait en ces lignes : rr Au moment où il commença les Provinciales, Pascal logeait encore près du Luxembourg, dans une maison qui faisait lace a la porte Saint-Michel. . Mais, pour plus de sû¬

reté, il la quitta et s’alla cacher, sous le nom de M. de Mous (qui était celui de sa mère), dans une petite auberge de la rue des Poirées, à l’enseigne du Roi David, derrière la Sorbonne et tout vis-à-vis du Collège des Jésuites. *

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, de Gostes. Celte dernière avait liuit toises un pied six lignes de long, sur quatre toises six lignes de large. Elle aboutissait au collège de Rethel, et devait dix sous parisis de cens à la Sorbonne, comme partie de son fief du Franc Rosier.

Ostel de Rethel, dit aussi par corruption de Rheteil, Rxcheil , Rachel, Nechel, et également de Raims, dans différents titres antérieurs au xvie siècle. On lui trouve ensuite, soit, avec des adjonctions, soit avec des détachements de corps d'hôtel, les enseignes des Ciiaxtees, de Saint-Remv, de Saint-Louis. On le désigne donc tantôt comme contigu à ces divers corps de logis, tantôt comme les comprenant dans son ensemble. C’est ainsi qu’il est désigné, en 1 5/io, comme tt tenant à lIiiaige Sai\t-1,oys, d’autre part à Marguerite La Julye, aboutissant a 1 Hostel de l v Roze, en censive de la ville et de la justice du Prévost de Paris». 11 n’était plus alors occupé par le collège, — dont on trouvera la notice à la suite de la description topographique de la présente rue; — car l’annexion du Collège de Rethel à celui de Reims remonte à 1 443.

RUE NEUVE DES PoirÉES. — Ici s’ouvrait le retour d’équerre ménagé à l’ancienne rue des Poirées, vers celle des Cordiers, pour lui donner un débouché et compenser la partie centrale quelle perdait par suite de la reconstruction du collège de la Sorbonne, auquel était réuni celui des Dix-Huit. Le parcours, formant angle droit avec 1 ancienne voie, était fort peu étendu ; on ny comptait que sept immeubles, dont trois sur le côté oriental et quatre sur le côté occidental.

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