‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 149 sur 302 · COLLÈGE DE CORNOUAILLES · texte numérisé non relu

COLLÈGE DE CORNOUAILLES

Ce collège breton n’a jamais eu d’importance; après avoir commencé par cinq boursiers, il a fini par n’en compter plus que deux. Et cependant il appartenait, par la date de sa fondation, à ce grand mouvement scolaire du xiv' siècle, qui fut si fécond. En 1817, Galeran Nicolas, clerc de Bretagne, voulut assurer il ses pauvres compatriotes le bienfait de l’instruction parisienne; mais il mourut avant d’avoir pu réaliser son dessein. En 1 3 2 1 , ses exécuteurs testamentaires usèrent du tiers de ses biens, qu’il avait légué pour cet objet, en plaçant cinq boursiers bretons, du diocèse de Cornouailles, dans le nouveau collège que Geoffroy du Plessis venait de fonder en la rue Saint-Jacques. Un demi-siècle après (1 379), un autre Breton, du même diocèse, Jehan de Guistry, fit un nouveau legs, qui permit de porter à neuf le nombre des boursiers cornouaillais. Mais il leur donna une existence distincte, cen ajoutant aux biens en fonds de terre qu’il avoit acquis dans le pays de Caux et aux rentes amorties qu'il possédoit tant à Paris qu’au comté de Dreux, pour les loger tous ensemble, une maison qu’il avoit achetée exprès, située dans la rue du Piastre (1V Trois autres bourses y furent fondées, deux au xvc et une au xviuc siècle, pour des sujets du diocèse de Quimper; mais la diminution des revenus et la nécessité de reconstruire des bâtiments en ruine firent tomber ce nombre à deux seulement.

L immeuble où le collège fut installé, en i38o, occupait un emplacement sur lequel jadis s’élevaient quatre maisons petites, et qui communiquait, par une longue allée, avec la rue Galande. Ces quatre corps de logis paraissent avoir été le Mouton, Saint-Jean, Saint-Coi\entin, la Maison df.s Boursiers, et quelques dépendances consistant en cours, jardins, appentis, chantiers et autres. \,' Inventaire des titres et papiers du collège de Cornouailles, rédigé à l’occasion de la réunion à Louis-le-Grand des établissements sans exercice, nous apprend ce qu’étaient ces vieilles bâtisses et les reconstructions qu’elles exigèrent et qui lurent ellcctuées, vers le milieu du xvnic siècle, après injonction du lieutenant de police trpour cause de péril imminente.

tt Anciennement, dit le rédacteur de ce document, il existait sur l’emplacement du collège quatre petites maisons situées sur la rue du Plâtre, plus un corps de logis derrière, qui était occupé par les principal, procureur et boursiers du collège, et, derrière le corps de logis, il y avait deux jardins, ou chantiers, et une allée aboutissant dans la rue Galfande. Ces différentes maisons étaient louées par des baux séparés ; mais, en 1762, les maisons situées sur la rue du Plâtre étaient

Histoire île la Ville de Paris, t. I, ji. 546; — Preuves, t. I, p. 4go.

dans un tel état de caducité que le collège fut condamné à les faire démolir. Alors le collège se détermina à faire une nouvelle construction sur le terrain donnant sur la rue du Plâtre, et y fit construire la maison telle qu’elle existe aujourd’hui (|). d Cette construction fut très onéreuse, et le collège, pour on solder la dépense, dut mettre immédiatement en location tous les locaux pouvant produire un revenu. Les Archives nationales conservent plusieurs pièces originales indiquant ce que la reconstruction avait coulé, ce qu’on tirait des divers élages non occupés par le principal, le procureur et les boursiers, et ce qui restait à payer aux entrepreneurs. D'autres documents de même origine donnenl l’état des immeubles et des rentes appartenant au collège ,2).

La maison reconstruite en existe encore au numéro 20 de la rue Domat; rien n’v rappelle le collège breton du xivn siècle.

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