‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 154 sur 302 · II. COLLÈGE UES DIX-HUIT · texte numérisé non relu

II. COLLÈGE UES DIX-HUIT

Ce doyen des établissements scolaires 11’a appartenu au quartier de l’Université que dans la seconde phase de son existence. Il avait été fondé au xT ou xne siècle, dans la Cité, «devant la porte de l’Hotel-Dieu, proche le parvis de Notre- Dame, en une grande maison où étoient logés et entretenus dix-huit pauvres écoliersn. F élibien , qui nous fournit ce renseignement, ajoute : «C’est de là que le nom de Dix-Huit est demeuré, tant à la maison qu’à une rue voisine qui conduit de la nie Neuve-Notre-Dame à Saint-Christophe r Cette grande maison avait, paraît-il, succédé à une simple chambre, ou dortoir, que les pauvres écoliers occupaient à 1 Hôtel-Dieu. Elle leur fut achetée par un pèlerin anglais venant de Jérusalem et nommé Josse de Londres, Jocius de Londiniis.

Les Dix-Huit durent être transférés dans la rue des Poirées vers 1529. Leur nouveau local était situé, dit Félibien, «au-dessus de la rue de Sorbonne, devant le Collège de Cluny, d’un côté, et, de l’autre, devant le Collège de Calvy. au lieu qui prit d eux le nom de College des Dix-Huit, autrement dit de Notre- Dame v.

La maison qui les reçut et qui subit plus tard le sort de I’Ostel de Retiiel, est localisée après sa démolition, par la note suivante : «Place du Collège des Dix- Huit, tenant, d’une part, au long, à la nouvelle église de Sorbonne, la rue des Poirées entre deux; d’autre part, au long, à la rue des Cordiers; d’un bout, par derrière, à une maison du Collège de Reims, sise rue des Poirées, et à celle de la Roze blanche , rue Saint-Jacques, et encore à une maison rue des Cordiers, où pend pour enseigne Le nom de Jésus, n C’était donc sur le côté méridional de la rue des Poirées que se trouvait la maison où fut transféré le Collège des Dix-Huit, puisqu’elle touchait, par derrière, à la rue des Cordiers.

Les Archives nationales conservent, sous la cote S 6A26, une notice écrite, est-il dit, «d’après un manuscrit sans titre et sans date 11 ; cette notice consiste en un historique du Collège des Dix-Huit, auquel nous ne faisons que de très courts

11 Archives nationales, MM 434. — ") Histoire de la Ville de Paris, t. I. p. 4,g.

emprunts, parce qu’il se réfère surtout au séjour des Dix-Huit dans la Cité. Voici comment y est expliqué le transfert du collège dans le quartier de Université : tt Les écoliers se trouvoient retardez dans leurs études parce qu’ils perdoient beaucoup de temps à se rendre dans les différentes écoles de 1 Université où ils étudioient. Pour remédier à ces inconvénients, il fut fait, en 1Ü29, un échange par lequel les dix-huit écoliers cédèrent leur collège à 1 Hôtel-Dieu, qui leur bailla, en contre-échange, une maison assez vaste située dans le quartier de l’Université, sur la rue des Cordiers, entre le collège de Cluny et celui de Calvy, ou Petite Sorbonne. Le chapitre de Paris ayant approuvé cet échange, par sa délibération du 3o avril 1 5 2 1) , la translation des dix-huit écoliers fut faite alors dans cette maison et dans une autre qui lui étoit contiguë, acquise de Mc Jean Deschamps, moyennant vingt-deux livres parisis de rente1'), n

Le Mémoire parle ensuite des dépenses qu’il fallut s’imposer pour réparer les deux immeubles et qui absorbèrent les revenus du collège, et 11 commençoit à peine, dit l’auteur en terminant, à jouir du fruit de ses dépenses, lorsqu il fut obligé de céder son emplacement au crédit immense du cardinal de Richelieu et au désir que ce cardinal avoit de s’immortaliser par la construction des édifices somptueux de la Sorbonne. Depuis 1 602 , les Dix-Huit ont cessé de loger ensemble et ils se trouvent dispersez dans les différents collèges de 1 Université 'A. r

L’histoire topographique du Collège des Dix— Huit pourrait se terminer là; cependant une autre pièce déposée aux Archives nationales, sous la même cote, nous apprend que c le college se pourvut en cour de Parlement conti e le chiffre de l’estimation de la valeur des terreins et bastimens fixée à ùo,ooo livres, et que, le 3o juin 1670, il obtint un arrest qui condamna les héritiers du cardinal de Richelieu à luv payer une somme de 16,000 livres pour le quanti minons de cette adjudicalioni).

Toute cette histoire du Collège des Dix-Huit a été exposée, avec d intéressants détails, par M. Ernest Coyecquc, dans le Bulletin de la Société de l Histoire de Paris et de l’ Île-de-France (iâc année, GF livraison). Cette notice, très étudiée, ne pourrait cependant prendre place aux Appendices, sans faire double emploi. Nous nous contenterons d’y insérer quelques pièces inédites conservées aux Archives nationales et relatives aux bâtiments du collège.

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