I. COLLÈGE DE RETHEL
O11 ignore en quelle année fut fondé cet établissement, dont les historiens de Paris font à peine mention; il est probable qu’il datait de la première moitié du
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xiv' siècle, époque féconde en fondations scolaires. Un mémoire manuscrit, rédigé sur le vu des titres de ce collège et conservé aux Archives nationales, sous la cote MM 434, résume ainsi le peu que l’on sait sur la matière :
ttll existait anciennement à Paris un collège appelé le Collège de Rethel, lequel avoit été fondé, en l’Université de cette ville, par M° Gaultier de Launoy, dont on ignore la qualité, pour recueillir les pauvres écoliers et maîtres du Rethelois et du pays d’environ, qui seroient du diocèse de Rheims; lesquels maîtres et écoliers étaient ordonnés par l’abbé de Saint-Denis de Rheims et le grand prieur de Saint-Remy de la même ville. La demoiselle Jeanne de Rresles avoit fondé quatre bourses dans le collège, pour quatre écoliers de la comté de Portien et du pays d’environ, au diocèse de Rheims. . . Les troubles qui s’élevèrent dans Paris au commencement du xvc siècle entraînèrent la ruine du collège; les écoliers qui l’habitaient l’abandonnèrent, se dispersèrent, et la maison fut pillée. Le collège de Rheims éprouva à peu près le même sort.r
Gauthier de Launoy logea les écoliers du Rethelois te en sa maison seize rué des Porées prez la rue Sainct Jacques, derrière le collège de Sorbonne, laquelle maison devint l'hostel dudict collège r. La demoiselle de Bresles ne donna que des biens ruraux.
C’est en i4i8, au moment où les Bourguignons et les Armagnacs se disputaient la possession de Paris, que le collège de Rethel fut pillé, et c’est en 1 643 seulement, après la rentrée de la ville en l’obéissance du Roi, que Charles Vil, sur les instances de l’évèquo de Castres, son confesseur, cr et de plusieurs autres notables personnages r, songea à le relever de ses ruines, en l’unissant à celui de Reims, tombé aussi, par le malheur des temps, «en décadence, grant ruine et désolation i>.
Rethel apporta à Reims ses bâtiments délabrés, ce qui lui restait de cens, rentes et autres revenus à lui donnés par Gauthier de Launoy et Jeanne de Bresles, et les deux établissements firent dès lors vie commune (1h
Le rédacteur du Mémoire manuscrit que nous venons de citer nous apprend ce que devint l’apport immobilier de Rethel : trLe collège de Rheims, dit-il, a joui de la maison située rue des Poirées jusqu’au moment où elle a été comprise dans la construction de l’église et maison de Sorbonne. Le tcr décembre 1642, le cardinal de Richelieu fit l’acquisition du jardin de cette maison, moyennant la somme de 6,000 livres, laquelle est employée, dans le compte de cette année, à payer, en partie, les ouvriers qui venoient de reconstruire quatre maisons du collège, donnant sur la rue Chartière. Et, le 21 août 1667, le collège vendit ù
L'ordonnance d’union, qui esl inédite, nous a paru devoir être reproduite aux Appendices.
Messieurs de Sorbonne celte maison, moyennant 21,000 livres, qui furent employées au remboursement de trois parties de rentes, qui avoient été constituées par le collège, et à payer un ouvrier. Ainsi la maison du Collège de Rhetel a produit 27,000 livres, qui ont été employées utilement par celui de RheimsM. * Les contrats d’acquisition attribuèrent à l'immeuble environ cinquante toises de superficie.
Absorbé en i/i/i3, le collège de Rethcl a disparu complètement de la topographie parisienne en 16/12, parla démolition de l’hôtel qui l’avait autrefois abrité.