‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 163 sur 302 · II. COLLÈGE DU MANS · texte numérisé non relu

II. COLLÈGE DU MANS

Ce collège était l’un des derniers venus dans la famille universitaire; sa tondation 11e remontait, en effet, qu’à l’année 1 5 a 1 . Philippe de Luxembourg, cardinal, légat du Saint-Siège et évêque du Mans, dit Félibien, traduisant 1 acte de fondation, cavoit témoigné plusieurs fois, pendant sa vie, le dessein qu’il avoit de fonder un collège dans l’Université, pour faciliter à douze pauvres escoliers de son diocèse les moyens de se former aux bonnes lettres. Mais ayant été prévenu par la mort, il en laissa l’exécution à Christophe de Chauvigné, chanoine du Mans, de-

in Archives nationales. MM 434. (Voir aux \ppendices.)

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, puis évêque de Léon, et à ses exécuteurs testamentaires. Ceux-ci choisirent l'ancien hôtel des évêques du Mans, situé dans la rue de Reims, sur la montagne de Sainte-Genevieve, presque réduit en masures. . . Là ils bâtirent un collège tout neuf et de plein exercice, avec une chapelle, un puits et les autres commodités nécessaires; à quoi ils consumèrent plus de quatorze mille livres. Le bâtiment contenoit trente six chambres pour loger les boursiers, les régents et les pensionnaires, sans compter les classes et les autres offices W rt. Les détails qui précédent sont aussi consignés dans une notice manuscrite en latin, dont l’original est conservé aux Archives nationales (M 170) fâ. Le texte mentionne domos, capellam, puteum, pavimenla curiœ, el omnia quœ ibidem sunl magnifiée a fundamentis.

Ces magnificences étaient dues tout entières au cardinal de Luxembourg; un autre prince de l’Eglise, le cardinal Louis de Bourbon, qui lui avait succédé sur le siège épiscopal du Mans, se contenta, d’après un mémoire présenté, en 1 7G2, aux commissaires de la Cour, de vendre aux exécuteurs testamentaires du fondateur l’hôtel du Mans, appartenant à son siège. cCet achat fut fait moïennant ■! a livres de rente perpétuelle et amortissable, païable à mondict cardinal de Bourbon et à ses successeurs évêques du Mans.n Les mêmes exécuteurs testamentaires te achetèrent encore de l’abbé et du couvent de Marmoutiers une place pour y bâtir la chapelle du collège futur et ce que l’on appela le logis de la petite cour, près les Treillis Verds, moïennant 5 livres de rente et 1 7 sous de cens annuel, par acte du a3 avril 1 5 9 4. n (Arcli. nat., S 6488.)

Gorrozct, qui vit dans sa nouveauté la construction, et non la reconstruction du collège — car ou 11’avait rien utilisé de ce qui restait de l’ancienne résidence épiscopale — déclare que cr c’estoit un hostel de très riche edilïicer. Le gros œuvre, lui seul, avait coûté, répétons-le, plus de i4,ooo livres tournois.

Malgré le luxe de son installation et son union momentanée avec le collège de Reims, celui du Mans prospéra peu, car, moins d’un siècle après sa fondation, il 11e pouvait suffire à ses charges; aussi l’un des successeurs de Philippe de Luxembourg, l’évêque Charles de Beaumanoir, consentit, dit Félibien, te à la suspension des exercices publics et permit aux principal, procureur et boursiers de louer les chambres du collège à leur profit. . . On n’enseigna plus dans le collège que la philosophie 01 u.

Le collège, tombé en pleine décadence, 11e trouva plus de nouveau bienfaiteur; mais il ne tarda point à être convoité par de puissants voisins. Habiles à profiter de toutes les occasions pour s'agrandir, les jésuites du collège de Cler-

Ilistoire de la Ville de Paris, t. Il, p. 97 4 el suiv.

lS) Les Archives nationales possèdent, sous diverses cotes, de nombreuses pièces inédites con¬

tenant l’histoire du collège et des états descriptifs très détaillés des locaux. Nous en publions quelques extraits aux Appendices.

Histoire de la Ville de Paris, l. Il, p. 976.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, mont, qui s’étaient déjà annexé une partie des bâtiments du collège des Cliollets, une partie de ceux de Marmoutiers, ce qui les rendait proches voisins du Mans, puisque la magnifique chapelle de ce dernier collège avait été construite sur un terrain acheté à Marmoutiers, négocièrent, dit l’historien de Sainte-Barbe, ttavec le principal et les boursiers, sous le couvert de l’évêque du Mans», l’acquisition de l’établissement fondé par ses prédécesseurs. Après trois tentatives te d'union», que l’opposition de l’Université rendit infructueuses (1 62 5, 1 G 3 1 et 1 653), l’achat du collège eut enfin lieu par acte du 18 mai i683. et Louis XIV fit délivrer à M1' de T ressan, lors évêque du Mans, la somme de 5 3 , i 5 6 livres, à la charge, par les vendeurs, de réinstaller l’établissement dans un autre immeuble; ce qu’ils firent, cinq ans plus tard, en acquérant, de l'abbé de Marillac, au prix de 28,000 livres, une maison sise tout près de la porte Gibart, à l’entrée de la rue d’Enfer (1687). Nous y suivrons les boursiers lorsque nous exposerons l’histoire topographique du faubourg Saint-Michel.

Mais, dans l'intervalle et en attendant les appropriations nécessaires à leur réinstallation, les écoliers dépossédés de leur ancien local durent chercher un asile: ils le trouvèrent dans une maison de la rue de la Harpe, qu'on loua pour eux, moyennant 763 livres par an, et qui était voisine des nouveaux bâtiments où ils devaient être transférés.

Quant aux anciens locaux, les jésuites s’empressèrent de les approprier à leur nouvelle destination. Sans égards pour ctl’hostel de très riche ediflice t> qu’admirait Corrozet, ils le démolirent, ainsi que la chapelle, pour raccorder le tout avec, les bâtiments de leur college de Louis-le-Grand. Tout l’emplacement est occupé aujourd’hui par les nouvelles constructions du lycée, constructions qui ont bouleversé l’ancien parcellaire de cette région et en ont complètement changé l’aspect topographique.

IMPASSE SAILLENBIEN, SAILLEMBIEB, SALLEMBR1ER, SALLEMBRIERE.

Cette quadruple orthographe a été appliquée à une ancienne ruelle perçant de la rue Saint-Séverin au petit bras de la Seine, et transformée en tt cul-de-sac » par les constructions qu’on a élevées à son extrémité septentrionale; d’où le nom de tt ruelle sans bout», sous lequel 011 la désigne au xvic siècle. La singulière dénomination dont nous indiquons les principales variantes, lui venait d'une famille qui y possédait une maison, la plus importante sans doute; or cette lamille s’appelait Saillant bien, ou plutôt Saille en bien, Saliens in bonnm, et plusieurs de ses membres, Rodolphe, Denys, Jacques, sont cités, dans les titres des xm° et

\ivr siècles , comme propriétaires de maisons dans Paris et d’iles en Seine, à la hauteur de Vitry , Clicliy et Asnières, « Saille en bien, dit Lebeuf, rectifiant Sauvai, étoil le nom, ou plutôt le sobriquet, d’un bourgeois de Paris, qui vivoit du temps de saint Louis; j’ai vu un acte de vente qu il fit en 1268, avec Agnès, sa femme, à l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, à la tète duquel il est nommé Adam dictus Saliens in bonum^.t Le savant annotateur de Lebeuf ajoute à ce renseignement quelques détails sur la famille : «Les Sal-en-bien, dit-il, ont élé fort opulents au moyen âge; un membre de cette famille a été enterré dans l’église de Saint-Lubin près Ghevreuse<3). r Elle était peut-être d’origine ultramontaine, car il est fort question, aux xin' et xiv' siècles, d’une famille italienne de Salimbene.

Si cette origine exotique est certaine, elle explique les variations que le nom a subies; 011 a dit Saillembien, puis Saillmbier et Saillembière, et enfin Sallembner, Sallembrière, Saillembois; autant de « corruptions », comme il y en a de nombreux exemples dans les dénominations des voies parisiennes.

Cette ruelle étant déjà une impasse dès le XVe siècle, on comprend qu elle soit, restée à l’état de « cul-de-sac n , depuis l’établissement du quai Saint-Michel (1816).

CÔTÉ OCCIDENTAL

(du Sud au Nord).

PAROISSE SAINT-SEVERIN

JUSTICE ET CENS1VE DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME

Maison du Moulinet (i465), faisant le coin occidental de la rue Saint-Séverm. Sauvai (t. III, p. 644) la désigne ainsi ; «Le Molinet, tenant d’un côté à la rue Salembien, aboutissant par derrière à la rue des Jardins — c’est-à-dire à « 1 allée du Jardin et Fonderve — , et par-devant sur ladite rue Saint-Séverinr.

Eu 1577, la Maison du Moulinet appartenait à Jean Cabry et à sa femme, heritiers de feu Pierre Prévost, lequel l'avail acquise des hoirs de feu M1 Louis

lîegnot(3). .

Le chapitre de Notre-Dame soutint, en 1 588, un procès contre la Ville qui lui

contestait le droit de censive sur cette maison10.

Portion de la Maison de la Limace (i444), divisée en deux, puis en trois corps d’hôtel, dont l’un, dit un censier de 1700, «sur la rue Saillembien m.

Jardin et Fonderie (1 444), dépendant de la Maison de la Limace et ayant dû,

■' Histoire de tout le diocèse de Paris,

W Ibid., p. 450.

w Archives nationales, LL 161, f° 45o.

;■»> Ibid. , f° 453. — Communiqué par M. P. Le Vayer.

à une époque indéterminée, occuper le terrain ainsi désigné dans une note : tt Place vuide, rue Saillembois (sic), tenant de présent au long de ladicte rue, et d’aultre à une Allée, venant d’une masure en la rue Saiuct Séverin, aboutissant à la masure de l'Escu de France, d’aultre au Mortier — lequel doit s’identifier avec le Cocq — et à l’Hostel de la Limace. «

Hostei. Gbesle ( i 5 A 5 ) , appartenant à Me Gresle, procureur général au Cliàlelet , et mitoyen, au nord, avec la

Maison du Gbail, et de la Lamproie, tenant à I’Imaige Nostre-Dame, et dite, en 1628, tt aboutissant par derrière à la ruelle Sallembiern. Malgré la consonance de leurs noms, ces deux immeubles étaient distincts. Le Giiail et la Lamprove appartenaient en même temps à la rue de la Hucliette, sur laquelle se profilait une partie de leurs bâtiments.

CÔTÉ ORIENTAL

(du Nord au Sud).

Partie postérieure de la Maison des Trois Filles (i38o) et de I’Ymaige Sainct Jehan ( 1 3 g 8 ) , joignant l’arrière-façade d’un immeuble de la rue de la Hucliette, I’Ymaige Nostre-Dame, dénommée plus tard le Flacon.

Parties postérieures de l’Estoile d’or ( 1 5 0 g ) ;

Du Grand Cornet ( 1 5 0 g ) ;

De la Clef ( 1 5 0 g ) ;

Du Panier ( 1 3 8 0) , du Panyer blanc ( 1 A 8 g ) ;

De la B ale , puis du Mouton (i52 6) et du Mouton blanc (i5ie);

Du Soleil d'or ( 1 5 A 3 ) ;

De la Fleur de lys (i46o), de la Fleur de lys d’or ( 1 5 1 6 ) , du Denyer d’or (1 577), de la Croix blanche (116. .). Ces huit immeubles avaient seulement une issue sur la ruelle qui nous occupe en ce moment et leur entrée principale sur la rue du Petit-Pont. (Voir, pages 35g et 36o, les diverses notices y relatives.)

Maison sans désignation, faisant le coin oriental de la rue Saint-Séverin et atte-

nant au Pot d’étain, divisée en deux corps vers 1 585. Les deux tierces parties de cet immeuble, après avoir appartenu à N. Gohorry et a Denise Dampjan, sa femme, furent adjugées, le 4 septembre 1571, aux criées du Châtelet, et pour le prix de 600 livres tournois, à noble homme M“ Jacques Viole, seigneur d Aspremont et d’Andrcsel, président au Parlement de Paris, et à demoiselle Philippe de Bailly, sa femme, qui les revendirent, le g avril i5y4, à Jean Lange, bourgeois île Paris, et à Louise Girard, sa femme, moyennant une rente annuelle de 67 1. 1 5 s. tz. — Ces derniers, par contrat du 10 avril 1576, obtinrent de Jacques Chcdeville, procureur au Châtelet, et de Jacques son fils, la cession du surplus de cet immeuble, qui leur provenait de la succession de l'eu Catherine Dampjan.

Enfin, suivant contrats des 9-20 novembre et 3o décembre i5g8, M° Lambert Thomassin, procureur au Châtelet de Paris, devint propriétaire, pour partie, de cette maison , qui est dite esise en la rue S'-Séverin, faisant 1 angle de la rue de Salenbien (l). »

RUE SAINT-SÉVERIN

Cette voie, qui est fort ancienne, subsiste encore presque intégralement aujourd'hui et a conservé son aspect d’autrefois. Elle commence au carrefour formé par les rues Galande, du Petit-Pont et Saint-Jacques, que le Cartulaire des Mathurins appelle, en 1269, Quadrivium Sancli Severini , et aboutit au point de jonction des rues de la Harpe et de la Vieille-Bouderie. De ce côté, les grandes modifications de la voirie moderne l’ont allongée sans l’entamer, et, de l’autre, elle n’a subi encore que quelques démolitions pour le dégagement du chevet de l’église.

C’est â cet édifice qu’elle doit son nom, le seul qu elle ait officiellement porté, car 011 11e peut regarder comme une appellation régulière certaine dénomination de circonstance citée par SauvaU'2), et qui se rencontre dans un acte des Archives de la Ville, à la date de 1 5 5 1 : «Rue Colin Pocheth; et encore ce vocable 11’est-il appliqué qu’à la partie de la voie comprise entre la rue Zacharie et celle de la Harpe, au xvic siècle seulement. 11 y a là sans doute quelque actualité qui n’a pas laissé de traces durables, ni dans les écrits ni dans les souvenirs : ce Colin Pochet aura joué un certain rôle à une certaine date, et la voix populaire aura, pendant quelque temps, donné son nom à la partie de la rue où il demeurait.

Au point où la rue Zacharie débouche dans celle de Saint-Séverin , il existait une croix qui, dans un titre de 1 64o, est appelée tr grande croix de ladite église d. Plusieurs carrefours parisiens en possédaient également; mais, dans les voies étroites, les besoins de la circulation les ont successivement fait disparaître.

1 Archives nationales, LL 108, f" 3 a -j . — LL i5ç), f”’ 299 verso, 3oo reclo. - LL 1G0, I h ao-i 5 1 . - LL 168, f" 686. — Communiqué par M. P. Le Vayer. — l’> Antiquités de Paris, t. 111, p. 6 44.

De nos jours, la rue Saint-Séverin a bénéficié d’un double prolongement, l’un entre les rues de la Vieille-Bouderie et le boulevard Saint-Michel, l’autre, entre cette dernière voie et la place où fut l’église Saint-André-des-Arts.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

(d’Orient en Occident).

PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN

Maison ayant porté successivement les enseignes la Caige, l’Ymaige Sainct Martin et la Taverne. C’était l’Ostel de la Caige, en 1/127, lorsque le jeune roi anglais Henri VI confisqua les rentes dues par ledit immeuble au profit de Roger de Bréauté, chevalier normand, du parti des envahisseurs. Il appartenait alors à Jehan le Vichier, cité dans Paris sous la domination anglaise, p. 260 : » Item, sur la maison de Jehan le Vichier, fripier, assise en la rue Sainct Severin, tenant, d’une part, à l'ostel où pend l’enseigne du Daulpiiin, cinquante-deux sols parisis, lesqueles rentes furent et apartindrent à Marguerite de Tuillieres. n

Deux autres documents portant la date de 1/188 localisent et délimitent ainsi 1 immeuble dont il s’agit : «Une maison, ses appartenances, appendances, rue et prés du chevet de l’église Sainct Severin, tenant, d’une part, à une maison appartenant à Jehan Pivot (ou Pinot) et, d’autre part, formant le coin de Chaalis, aboutissant, par derrière, à une autre petite maison appartenant audit Maniglier, assise en ladite ruele de Chaalis, et par devant au pavé de ladite rue Sainct Severin . . . r- — ttUne petite maison située et assise près du Carrefour Sainct Severin, tenant, d’une part, à MUe de Tuillières, et d’autre part, à Jehan Pivot, notaire, aboutissant par derrière à 1 IIostel de la Croix de fer, appartenant à ladite église Sainct Severin...; en laquelle souloit pendre pour enseigne l’Imaige Sainct Martin, m

C’est en i5og seulement qu’apparaît l’enseigne de la Taverne.

CENSIVE DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME

Ruelle conduisant à l’Ostel de Chaalis, et, plus tard, aux charniers de Saint- Séverin, établis sur une partie de remplacement occupé par cet hôtel.

Ostel de Chaalis, Ciializ et Charlies, dont il est question au xivc siècle, et qui était la résidence parisienne des abbés de la célèbre abbaye cistercienne située au diocèse de Sens. (Voir le Gallia chrisliana.) L’hôtel de Chaalis occupait un emplacement considérable : il était borné, à l’est, par un rideau de maisons

en bordure sur la rue Saint-Jacques; au nord, par l'église de Saint-Séverin; au sud, par l’arrière-façade des immeubles de la rue de la Parcheminerie; àlouest, par les charniers de la paroisse. On y accédait par la ruelle dont nous venons de parler. En i3gg, on lui trouve pour enseigne l’Ymaige Nosthe-Dame, et Ion constate qu’il avait appartenu à Girard et Simon de Neelle. L’abbaye de Chaalis le céda à celle de Fontenoy, qui le vendit, en 1/128, aux marguilliers de Saint- Séverin. Ceux-ci, ayant déjà acquis, en 1/106, une tt place viden qui en dépendait, achetèrent encore remplacement en question avec les diverses maisons qui le couvraient, pour y étendre leur cimetière, lequel avait été rétréci antérieurement. En i4/i5, en effet, lorsqu’on démolit les bâtiments dépendant de cet hôtel et destinés à l’agrandissement des charniers, on découvrit des sépultures, et En taisant icelle démolition, dit un document de cette époque, ont esté trouvez, en ladicte place, plusieurs ossemens de personnes, serqueux et bières de piastre croisées, r Le projet des marguilliers ne reçut pas, du reste, son exécution immédiate; un titre de 1/178 nous apprend que, à cette époque, l’emplacement de l’hôtel de Chaalis n’était encore que ttune grant place vide tenant au cymetierre*.

Toute celte négociation entre les abbés de Fontenoy et les marguilliers de Saint- Séverin est résumée par Sauvai dans les termes suivants : «Les abbés de Chaalis, pendant une longue suite d'années, ont eu une grande maison amortie, située à la rue Saint-Jacques, derrière l'église Sainl-Severin, en la censive de l'évêché de Paris, auquel on en payoit les cens et rentes. Par le guichet de la porte, 1 hôtel regnoit le long d’une ruelle, qu’on a condamnée vers l’an 1/1Ô8, et qui se nommoit la ruelle de Chaslis, ou de Chasles. Mais les marguilliers de Saint-Severiu, ayant besoin de cet hôtel, en 1 4a 8 , pour augmenter leur paroisse, l’achetèrent cent francs, avec douze deniers parisis de fonds de terre , et quarante sols de 1 ente , de Simon Evrard, abbé de Fonlenai, visiteur de cette abbaye (i).ï

Le style des charniers de Saint-Séverin, encore existants, prouve, selon Berty, que ce fut vers le milieu du xv' siècle (i/i/i5) que ce terrain fut définitivement approprié à sa destination. Quant au passage de l'hôtel , ouvrant sur la rue Saint- Jacques, il a été pris à tort pour la principale entrée.

Musox de la Cave Saint-Sévbmn, ainsi désignée dans un document de 1080 : «La cave Saint-Séverin, ayant son entrée par la rue dudict Sainct-Séverin , et à ladicte fabrique appartenant, v Dix ans auparavant, elle est dite « estant au-dessoubz du revestiere de ladicte église, ayant son entrée par la rue Sainct Severin, appelée la Cave Sainct Severin*. En 1 5 1 7 et 1 533 , elle est indiquée presque identiquement : r Petite maison, appellée la Cave Sainct Severin, avec appentis, adossée

Antiquités de Paris, t. II, \). 270.

contre la chapelle Saincte Anne, lieux et appartenances, joignant le petit liuys et aboutissant de toutes parts à ladicte église.*

ÉGLISE Saint-SÉVERIIV. La notice consacrée à cet édilice est à la suite de la description topographique de la rue.

Maison de l’Anoe, alias de l’Angle, ayant eu une existence distincte au xvc siècle, mais incorporée au xvic à l'église Saint-Séverin , ainsi qu’il résulte d’un arrêt daté de i55fi, par lequel les marguilliers de Saint-Séverin furent condamnés à payer au Prévôt de Paris soixante-sept sous parisis de rente , pour <t une Maison de l’Ange, qui avoit été incorporée eu icelle eglise et à l’edillice du portail*.

Maison sans désignation, faisant le coin occidental de la rue des Prêtres-Sainl- Séverin, qui la séparait de la tour de l’église, en face de laquelle elle était située, et aboutissant, par derrière, au presbytère.

Du document suivant, il résulte que cette maison se trouvait dans la censi vc de Saint-Germain-des-Prés. Elle avait été donnée au Chapitre de Notre-Dame par Guillaume de Montinorenci, docteur en théologie, de la maison et Société de Sorbonne, chanoine de Paris, archiprêtre-curé de Saint-Séverin (1275), souschanlre de Notre-Dame (128A) :

tr Vico Sancli Severim. — Guillelmus de Montemorenciaco, concanonicus noster, dcdit n obis domum ultra parvurn ponlem, in vico Sancli Severim , contignam domui archipresbyterali Sancli Severini b. *

Suivant lettres du jeudi avant les Brandons (20 février) 1287, Guillaume de Gamelles (a/t'as de Garncliis) et Hodierne, sa femme, déclarent prendre à perpétuité une maison cr qui fut maistre Guillaume de Montmorancy, archiprestre de Saint- Séverin et sous-chantre de l’Eglise de Paris, assise à Paris en la rue Saint-Séverin, tenant dune part à la maison archipresbytérale de Saint-Séverin et d’autre part à la maison de Raoul le Cordonnier ( alias Cordubenarii) *, en la censive de Saint- Germain-des-Prés, et ce, pour huit livres de rente annuelle. Cette rente fut amortie par lettres datées du vendredi avant la fête de saint Philippe et saint Jacques, 1288 (a).

Un document de 1 Ji 3 9 désigne l’immeuble en ces ternies: n Maison à deux pignons, assise en la rué Samct Séverin soubz la tour d’vcelle eglise, faisant le coing et tenant tout au long à une petite ruelle qui est entre ladicte tour et ladicte maison, d’une part, et d’aultre à une maison qui appartient la chapelle

(l’ Archives nationales, LL 290, L 46 r”. - LL 86, T 20. — <’> Ibid., S”, p. pareil. Communiestions de M. P. Le Vayer.

Sainct Thomas, fondée en l’eglise Sainct Séverin, aboutissant par derrière à i’hostel de ladicte cure. . . ; et fut à Henry Olivier, v Ce propriétaire étant irabsentu, c’est-à-dire fidèle à Charles Vil, sa maison, comme Tune des précédentes que nous avons citée, fut confisquée par les Anglais, en liai.

Maison sans désignation, appartenant, en 1287, à Raoul le Cordonnier, et, en 1 Zi 3 2 , à la chapelle Saint-Thomas, ainsi qu’il a été articulé ci-dessus.

La Heaume ( 1 6 3 2 ) , faisant suite à l’immeuble précédent et attenant à la

Pbnnevoire (1 ù3a), k assise devant le bout de Sacaliav, ou rue Sacalie, aujourd’hui Zacharie.

Maison du Croissant (t 43a).

Maison du Fer à cheval, puis du Coffin (i563), contiguë à celle qui faisait le coin de la rue de la Harpe, c’est-à-dire au Panier vert, l’une des dernières enseignes quelle a portées. Sur le Fer à cheval, un document de 1 5 5 1 fournit les détails suivants : nGillecte Everard, veuve en dernières nopces de Jehan de Gavecte, barbier-chirurgien, et auparavant de Nicolas Babinet, aussi maistre barbier : maison, rue Colin Pochet, à l’enseigne le Fer « cheval et depuis le Coffin, qui fut à Estiennette Chapillet, femme de Pierre Moulle, boulanger. . . *

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

( d' Occident en Orient).

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