‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 162 sur 302 · I. COLLÈGE 1IE REIMS · texte numérisé non relu

I. COLLÈGE 1IE REIMS

Les écoliers qui acquirent, en 1/112, l’hôtel de Bourgogne, formaient, dit un texte, «une communauté d'étudiants champenois» londée en i3qq, par un codicille de Guv de Roye, archevêque de Reims, et composée «des clercs de la table archiépiscopale ou de sa terre patrimoniale !'! ». Comme beaucoup d autres boursiers, qui furent rentés avant de jouir d’un collège <à eux appartenant, lorsque le fondateur n’avait pas à Paris de maison pour les y loger, ceux-ci étaient dispersés, et l’intérêt des études commandait de les réunir. Conseillés par le chancelier de l'Université, Jean Gerson, ils achetèrent, au prix de 2,000 livres tournois, la totalité de l’hôtel de Bourgogne, qui leur fut vendue par Phdippe, comte de V t : vers et de Rctliel. La possession de ce dernier fief, situe en tene champenoise, n’a pu rendre le vendeur moins exigeant, puisque 1 annexion de Rethel à Reims est postérieure de trente et un ans à la transaclion dont s agit.

A peine le collège était-il installé qu’il eut à subir les conséquences de la lutte entre Armagnacs et Bourguignons. Dans l’année 1/118, pendant que les deux partis se proscrivaient alternativement et que le sang coulait a flots, le collège fut piilé, dévasté; mais la rage populaire échoua contre sa forte structure, «puisque, sous Charles VII, il présentait encore, sur la rue Gliarlière, un corps de logis et un mur crénelé, fortifié d’une tour à l’un de scs bouts !2> ». «C’est en tlik'i seulement, dit le savant continuateur de Du Boulay, que Charles MI le restaura, à l’instigation de son confesseur Gérard Madiot, et y réunit le petit collège de Rethel, fondation du xivc siècle, également détruite par la guerre.» Grâce à cette restauration et à cette annexion, le Collège de Reims eut un siècle et demi de prospérité; mais, vers le milieu du xvn° siècle, d était en pleine décadence, puisqu'on 11’y voyait plus d’autres habitants que «le principal, sa mère, le procureur et un homme de peine!3!». En 1720, le cardinal de Mailly, archevêque de Reims, entreprit de le rétablir, en réformant ses statuts et en y fondant huit bourses. Les bâtiments furent également l’objet de sa sollicitude; ils avaient, en effet, besoin de grandes réparations. Bien que le logis principal lût resté intact, même après les ravages de 1/118, les dépendances, restaurées vingt-

1 Archives nationales, MM 434. Inventaire des m Mémoire manuscrit, conservé aux Archives litres du Collège. nationales, MM 434. C'est une notice extraite des

: Histoire de Sainte-Barbe , t. I, p. 17. Titres du Collège.

RÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, cinq ans après, exigeaient de nouveaux travaux. On 11e comptait pas moins de onze bâtiments que {Inventaire des litres du Collège énumère, et qui durent elre reconstruits, les uns en 16/10, époque où la porte majeure de l’établissement fut placée sur la rue des Sept-Voies, les autres en 1676, 1737, 17/15 et 1 75-2 <'). Les frais que les diverses reconstructions avaient occasionnés n’étaient pas encore complètement soldés en 176.3, au moment de la réunion du collège de Reims à celui de Louis-le-Grand, bien que le duc de Rohan, archevêque de Reims, eût patronné les travaux, ainsi qu’en témoignait une inscription latine placée sur la nouvelle façade du collège, en 1752, et bien que l’union, durant sept années, des deux établissements — le Mans et Reims — eût apporté à ce dernier un supplément de revenus (1767).

On comprend que, pour faire face à tant de dépenses, le collège ait songé à se créer des ressources; il les demanda à la location : une série de baux conservés aux Archives nationales nous montre les salles, galeries et appartements loués à des professeurs de droit, à des libraires, à un maître de pension. La chapelle elle-même, dont il n’est guère fait mention dans les titres, parce quelle était sans doute peu importante, fut louée comme magasin, moyennant i5o livres par an, et elle était encore on location lorsque les bâtiments du collège furent déclarés propriété nationale.

Gomme la plupart des fondations scolaires des xmc, xiv' et xvc siècles, le collège de Reims avait succombé sous le poids de ses charges. Les revenus avaient diminué; le prix des bourses était insuffisant; des constructions dispendieuses s’imposaient, et le personnel administrant abusait de l'hospitalité scolaire au détriment des écoliers. Ces causes de ruine, on y insiste, se retrouvent dans tous les vieux collèges parisiens. Vendus, comme biens nationaux, les 8 messidor an iv, 2 mai et 8 août 1807, les bâtiments du collège de Reims ont été réunis à ceux de la maison de Sainte-Barbe, avec lesquels ils se confondent aujourd'hui.

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