‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 166 sur 302 · CHARNIER · texte numérisé non relu

CHARNIER

Église et charniers Saint Sévcrin. — Plon d'ensemble

L église, articule Guilhermy, a la forme d’un parallélogramme terminé par une abside demicirculaire. Il n'existe pas de transept. Le clocher s’élève sur la façade à l’angle nord-ouest. C’esl une tour carrée, d’une structure élégante et fine, percée de deux étages de longues baies ogivales, avec de jolies colonneltes dans les embrasures. La forme et le travail des chapiteaux, les moulures des arcs ne permettent pas d’assigner à la construction une date moins éloignée que le milieu du xin" siècle. Le couronnement, avec ses clochetons et sa balustrade, est' postérieur d’environ deux cents ans. Celte lour se termine par une flèche très aiguë, décorée de lucarnes et coiffée d’un lantemon. La pointe s’en fait apercevoir do toute i’élendue des quais. Un porche voûlé, d’un bon style, occupe l’étage inférieur du clocher; jusqu’à nos jours, il a servi d’en-

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ti'ée principale. Sa porte est accompagnée de colonnes et bordée de cordons toriques à 1 archivolte; une arcature ornée d'animaux et de pignons en tapisse les parois. On distingue encore sur le stylobate les vestiges d’une inscription en petites capitales de la fin du xm siècle, qui relatait les diverses charges auxquelles étaient tenus les fossoyeurs -de Saint-Séverin . . . Deux lions, que nous croyons du xvic siècle tout au plus, et qui nous paraissent avoir servi de supports à quelques armoiries, sont encastrés a droite et à gauche de la baie. Il se trouvait de ces figures de lion aux portes d'un grand nombre d’anciennes églises; de là, celte formule qui termine certains jugements prononcés par l'autorité ecclésiastique, au seuil des temples, datum inter leones.

Ce bas-relief du tympan vient d’être rétabli ; il représente saint Martin donnant à un pauvre la moitié de son manteau .

La façade occidentale de Saint-Séverin n’offrait pour entrée qu’une simple baie en ogive, sans aucun ornement. Mais, en i837, on y a transporté la décoration architecturale de la porte de l’église Saint-Pierre-aux-Bœufs en la Cité, qui venait d’être démolie. Il y a douze colonnes que séparent des gorges sculptées de feuillages et de rinceaux. L’archivolte en ogive a des crochets en saillie et des moulures toriques. Un bas-relief, exécuté depuis la réédification de la porte, remplit le champ trilobé du tympan. A part quelques restaurations, la porte de Saint-Pierre dale de la première moitié du xm” siècle. Elle garde encore ses vantaux, xvu" siècle, où les saints apôtres, Pierre et Paul, figurent en médaillons. On surprend, au bas de la façade de l'ouest, quelques ogives d'un style plus ancien que celles du porche. Au xvi* siècle appartiennent les parties supérieures, galerie a jour, rose flamboyante, balustrades, corniches à feuillages frisés où se jouent de petits animaux. La statue de la Vierge, debout sur le sommet du pignon, n'a été sculptée qu en i8ôn.

Toute la ceinture de chapelles, ainsi que la majeure partie du grand vaisseau, accuse les xv” et xvi" siècles. Seules les trois premières travées de la nef révèlent un style tout différent. Le xm" siècle y a mis sa signature dans les arcs-boutants, dans la forme des fenêtres, dans l’entablement rehaussé de grands feuillages. Des frontons, tout couverts d’arcatures et de moulures en treillis, surmontent les chapelles. Les contreforts sont munis d’arcs-boutants et chargés en tête par des clochetons. Des gargouilles, façonnées en oiseaux et en quadrupèdes, rejettent les eaux loin des murs. Des feuillages serpentent dans les corniches. A l’angle nordouest des chapelles, une niche élégante renferme un saint Séverin tenant une crosse à la main. Auprès de cette figure, une inscription gothique invite à prier pour les trépassés, et l’ajustement du cadre de l'horloge se fait remarquer par son petit arc ogival, avec feuillages et fleurons du xv" siècle. Du côté du midi, un presbytère moderne a pris la place dune partie des charniers, et l’ancien cimetière paroissial est devenu un jardin pour le curé. Quelques arceaux des charniers, contemporains des chapelles de l’église, existent encore vers l’orient, notamment celui qui abritait la sépulture des prêtres de la paroisse; on y fait les catéchismes.

A l’intérieur, le vaisseau central est accompagné de collatéraux doubles, et de nombreuses chapelles viennent accroître encore l’étendue déjà considérable de l’édifice dans le sens de la largeur. La nef a cinq travées; le chœur en a trois; l’abside, cinq en pourtour. Nous constatons ici les mêmes caractères qu’au dehors. Les trois premières travées de la nef et le premier rang de leur collatéral au midi ont été construits dans la première moitié du xm" siècle. Leur élévation présente un ordre inférieur de colonnes trapues, dont la taille ramassée et lourde n’est nullement proportionnée à la hauteur assez grande de la voûte; puis, une galerie en ogives trilobées et de larges fenêtres à deux baies avec œil-de-bœuf dans le tympan. Les nervures croisées à la voûte sont cylindriques, et les clefs en feuillages sont accostées de têtes grimaçantes. Des feuilles à grandes côtes et d’autres en crochets composent les chapiteaux. Les

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