‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 19 sur 302 · CENSIVE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES · texte numérisé non relu

CENSIVE DE SAINT-GERM AIN-DES-PRES

Maison de la Choix, puis du Laon d’or (î/iôi) et du Laon d’argent ( i 538), faisant le coin occidental de la rue de la Huchette, ou de Laas, ancienne voie gallo-romaine, qui traversait le dos de ce nom. (Voir ce que nous en avons dit dans le volume consacré à la Région occidentale de l’ Université.)

Cette maison, grâce à sa situation angulaire, formait originairement trois immeubles distincts, le premier sur la rue de la Huclielte, le second sur celle de la Petite ou Vieille Bouderie. Le corps de logis le plus méridional portait le nom de n Madeleine, et le vocable de la Croix était resté à celui qui formait le coin de la rue de la Huchette. Celui qui s’ouvrait sur cette dernière voie avait pour enseigne l’Écrevisse. Au xvic siècle, ils furent réunis en une seule maison. L histoire de ces réunions et de ces disjonctions, commandées le plus souvent par des raisons d'industrie et de commerce, ou par des nécessités de famille, jette, ainsi que nous en avons fait plusieurs fois la remarque, beaucoup de confusion dans le parcellaire restitué du Vieux Paris.

Maison de l’Ours ( i 5 ô 3 ) , ayant antérieurement porté l’enseigne du Laon d’ar-

gent, fort commune en cette région. Elle avait du constituer un des corps d'hôtel de la Maison ne la Croix, qui changea deux fois d'enseigne, et elle dut en changer elle-même, en se détachant de l’immeuble principal.

Maison de la Heuse ou IIeuze ( i 363), enseigne qu’on rencontre en plusieurs autres endroits du quartier « d’Oultre-Petit-Pontm En 1 ô3g , elle aboutissait à la rue de la Muchette, très probablement au moyen d'une allée, comme il en existait beaucoup à cette époque, entre les maisons de la même rue, ou de la voie située postérieurement. Cette allée devait longer la Maison de l'Ymaige saincte Catherine. ou saincte Marguerite, en façade sur la rue.

Maison du Lyon noir (1820), formée par la réunion de deux immeubles jadis distincts. Les Lyons « noirs, d’or ou d’argents étaient appendus à beaucoup de maisons de ce quartier. Une enseigne fort répandue également en cette région était celle de

La Corne de Cerf (i oio), portée par une maison qui en changea plusieurs fois dans le cours d’un siècle. On la trouve dénommée, en i5oG et 1678, Maison de l’Annonciation de Notre-Dame; en 1579, tt Maison de l’Ymaige sainct Jehan, et en i6o5, Maison du Bastillon. Ccs variantes avaient sans doute pour raison des changements de propriétaire. D’autre part, les maisons situées sur le côté oriental de la Petite Bouderie, aboutissant à la partie postérieure de celles qui avaient leur façade sur celle de la Huchette, avec lesquelles des allées les faisaient communiquer, ontdù, plus d’une lois, leur servir de dépendances, et réciproquement. De là, de nombreuses mutations dans les vocables.

Allée entre la Corne de cerf et l’Escu de sainct Georges.

Maison de l’Escu de sainct Georges, puis de la Pomme rouge (1527) ayant, à une époque antérieure, absorbé l’allée qui la séparait de la maison précédente. 11 est probable que le tout dépendait jadis de la Maison de l’Annonciation, en bordure sur la rue de la Huchette.

Maison de la Bannière de France (1 5 A3), enseigne qu’on retrouve rue Galande, au heu où lut transféré le Collège de Danemark, de Suesse, ou de Dace, après qu’il eut quitté la rue de la Montagne-Sainle-Geneviève. Cet immeuble aboutissait à un autre plus considérable, en façade sur le carrefour Saint-Séverin.

Maison de la Roze ( 1 5 1 8 ) et de la Boze blanche (i543), dans une situation analogue à celle de la précédente.

CESSIYE DE L’ÉVÊCHÉ.

Maison de l’Asne rayé (1/189) tt tenant, dit un titre daté de 1 5 1 1 , à Jehan Carlier et aboutissant à l’Ymaige sainct Eustace t, hôtel considérable, touchant, par les murs de fond, à cinq immeubles de la rue de la Petite-Bouclerie.

Maison de la Trinité (1 5 7 5) , détachée de l’une de celles qui lui étaient contiguës, probablement de la précédente, dans laquelle on la voit comprise, en i520.

Maison du Plat d’estain (1 h 89), faisant le coin occidental de la rue Saint-Séverin et 11e pouvant, par conséquent, être confondue avec celle qui était située de 1 autre côté de la rue, et portait la même enseigne. On retrouve, d’ailleurs, ce vocable sur plusieurs autres points du Vieux Paris.

Les notes assez confuses, qui nous ont servi à établir le parcellaire de la rue de la Petite-Bouclerie et de ses voisines, mentionnent ici une Maison de la Caige, ou de LA Plastrière, qu’on ne retrouve pas sur le plan de restitution dressé par A. Berty, et dont il n’est fait, d’ailleurs, aucune description. Ne serait-ce point une confusion avec la Maison de la Hache, située de l’autre côté de la rue, et dans les dépendances de laquelle se trouvait une plâtrière, genre d exploitation existant sur plusieurs autres points de la région. (Voir ce que nous en avons dit dans le volume consacré à la Région occidentale de l’Université, notamment à 1 article de la rue Hautefeuille.)

La Maison du Plat d’estain formant l'angle de la Petite-Bouclerie et de la rue Saint-Séverin, il n’y avait point là, ce semble, place pour la Maison de la Caige, ou de la Plastrière.

RUE BOÜTEBR1E.

Comprise entre les rues du Foin et de la Parcheminerie, cette voie, dun parcours peu étendu, est ancienne, et les nombreux documents qui en font mention la désignent d’une façon différente. L’appellation primitive paraît avoir été Erembourg de Brie , du nom d’un bourgeois de Paris, qui y demeurait sans doute. Des chartes de 1265 et 128Ô l’énoncent Viens Eremburgis de Bria et Braia; le Rôle de la Taille de 1292 et le Dit de Guillot (i3oo) la nomment rue Erembourc de Brie. Le compte des confiscations anglaises pour 1/121 altère un peu ce vocable : on y lit Bourc de Brie, ainsi que dans la Description de Paris par Guillebert

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