I’.UES DE LA GRANDE ET DE LA PETITE BRETONNERIE
La première de ces deux voies était qualifiée de grande, uniquement pour la distinguer de sa voisine qui était plus petite, moins ancienne, et la rejoignait à angle droit; elles ont été détruites, l’une et l’autre, lors du percement de la première partie de la rue Soufflot. 11 ne reste, de leur situation, d’autre trace que l’angle en retrait formé par l’une des maisons du côté méridional de cette dernière voie, entre la mairie actuelle du vc arrondissement et la rue Saint-Jacques, sur laquelle débouchait la Grande Bretonnerie; elle aboutissait, d’autre part, à l’une des portes de l’ancien collège de Lisieux.
Elle devait, ainsi que la Petite, son appellation au fief de la Bretonnerie, qu’elle longeait , mais sur lequel elle n’était pas située, contrairement à ce que dit Jaillot. On la nommait également Ancienne Bretonnerie, rue aux Bretons et des Bretons, et rue du Puis, vicus de Puteo. Elle était ainsi désignée en 1244, comme on le voit par une charte de cette année, relative au couvent des Jacobins, qui en était très rapproché. Un puits qui s’y trouvait, et qui paraît avoir existé jusqu’aux remaniements opérés sur ce point au xvni° siècle, lui avait fait donner ce dernier nom, qu'on rencontre concurremment avec les autres, notamment dans un acte de 1 427, où on lit : rue du Puis, dite des Bretons.
Géraud, dans son édition du Livre de la Taille de 1 292 , a donc eu tort de confondre cette rue du Puits des Bretons, avec celle du Puits du Mont-Saint-Hilaire, comprise entre les rues Traversière et Saint-Victor, le puits auquel cette dernière devait son nom n’avant été creusé qu’au xvic siècle.
Le fief de la Bretonnerie a son histoire, que Sauvai expose dans les termes suivants :
ttCe fief, assis près ladite porte Saint-Jacques, faisant partie de la rue anciennement dite du Puits, à présent Bretonnerie ou des Bretons, en allant à Sainte-Geneviève, joignantes murs de ta ville, contenant cinq arpents et demi de terre, anciennement plantés en vignes, et sur lesquels est bâti le collège de Torci, dit Lisieux, avec cinq autres maisons près d’icelui s’entretenant l’une l’autre, tenant d’une part audit collège, d’autre bout sur et quasi joignant ladite porte Saint-Jacques, aboutissant par derrière aux murailles de la ville, et par devant sur ladite rue des Bretons, lequel fief a été inféodé dès Tan 1219, par le roi Philippe II, qui en investit un nommé Thibault de Chartres, détempteur dudit lieu à titre de censive; à présent appartient aux Religieuses, Abbesse et couvent de l’Humilité de Notre-Dame dite de Longcliamp , par acquisition quelles en ont faite des hoirs dudit Thibault. Et pour raison duquel fief lesdites religieuses ont obtenu sentence du Trésor à leur profit, contre le substitut de Monsieur le Procureur général, le sept décembre 1 585 M.»
t11 Antiquités de Paris, II, p.
L’abbaye de Longcharnps était encore propriétaire du fief de fa Bretonnerie, à l'époque de la Révolution.