‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 30 sur 302 · RUELLE OÙ L’ON VEND POISSON DE MER ET D’YALE DOLLCE W · texte numérisé non relu

RUELLE OÙ L’ON VEND POISSON DE MER ET D’YALE DOLLCE W

Ces dénominations diverses servaient à désigner les tt pierres à poisson d et les et places d, ainsi que les étaux où se tenaient des poissonniers et des bouchers. Lesdits étaux, places et pierres se succédaient dans l’ordre suivant, depuis le Petit Châtelet jusqu’aux Grands-Degrés du Pavé de la place Maubert; on y accédait par les Petits-Degrés et par les deux extrémités de la ruelle.

cl) Bien que ces «Poissonneries, Boucheries, rues et ruelles» aient été séparées par la rue du Petit-Pont, ce qui semblait en former des groupes

distincts, elles constituaient, en réalité, un ensemble, par leur spécialité marchande et par les communications qu’elles avaient entre elles.

Deux étaux faisant, dit un titre de 1 586, tries premier et deuxiesme, à l’entrée de la Boucherie de Petit-Pont, dite Gloriette, lesquels sont addossez contre les murs dudict Petit Chastellet*.

— tt Item, dit le même titre, tous les autres estauex, estans assiz audict Petit Pont, à la pointe de ladicte boucherie Gloriette, appeliez les pierres à poissons; le premier desquels fait le coing de ladicte rue de Petit-Pont., et continuant en descendant jusques à la rivière, aussi adossez contre les murs dudict Petit Chastellet. ii

Maison pebcée restant devant lesdicls estaulxr, lit-on dans un autre texte de i 5y3; elle avait sans doute une ouverture assez large pour permettre aux acheteurs d’arriver jusqu’à rr l’estai à marée n qui était derrière; d’où sa dénomination.

Places à bouchers, et à poissonniers sans doute, adossées aux murs du Petit Châtelet, tt commençant, dit un titre de i 5 6 3 , depuis le Pavé de la rue dudict Petit Chastelet jusques à la dessante de la rivière, faisant un aultre coing dudict Petit Chastellet *.

Ici semblent pouvoir être rangées, à défaut de localisation plus précise :

Deux places tt contre le grand mur du Chastellet, où l’on souloit cy-devanl vendre poisson d’eau douce*. Un titre de 1 6 1 8 , qui les mentionne, ajoute quitta présent il y a appentis et estaulx servant à vendre*.

Cinq est aulx à vendue poisson de sieb; tr les trois assiz à l'entrée de la Boucherie de Gloriette, et les deux aultres estans et assiz du costé de la Poissonnerie fermée de pierres de taille prez du Petit Pont*, est-il dit dans un litre de i5oi.

Maison mentionnée dans un censier de i32q, ttd’un costé le Chastellet, tenant à la ruelle où l’en vent le poisson d’yaue doulce*.

Les sept articles qui précèdent s’appliquent à la Bouchebie Gloriette; ceux qui suivent se réfèrent aux côtés nord et sud de la bBuscherie de Petit Pont*.

La Ciiaïsne, autre maison indiquée dans une pièce de 1 386 , faisant partie du Cartulaire de Sorbonne, et dénommée dans un autre titre de 1 43 3 cla Chavere *. Le premier document la désigne ainsi : ien la rue si comme 1 en va de la Poissonnerie de Petit Pont à la Buscherie, tenant au Coq et à la Geline, d autre part, en censive du Roy*.

Vous mentionnons cette maison à l’article de celle du Coq et de la Poule.

Viendraient ensuite, mais sans localisation précise, plusieurs

Maisons sans désignation (i 3 22, 1 3 3 g , 1 363, 1878), «sises prez le Chastellet, à Petit Ponts et appartenant à la Sainte-Chapelle, partie en la censive dn Roy, partie en celle des hoirs Raoul de Pacy. Elles sont dites être situées «entre la ruelle où l’en vent le poisson d’yane doulce et la rue où l’en va à la Buscherie v.

PLACE VLTüE (1A09) «où jadis estoit mesonv, contenant trois toises et demie de largeur, sur huit toises quatre pieds de longueur. Cette place, ou peut-être une autre voisine, fut vendue en i5on, par la Sainte-Chapelle, «à la charge d’y faire bastir mesons-».

PLACES VLIDES ( 1 386) «estans en la Buscherie de Petit Pont, au bout, par devers la place Maubcrt, sur la riviere, entre les murs qui nouvellement ont esté laids sur ladite riviere, et derrière plusieurs mesons qui sont à l'endroict d’icelles places s.

L’existence de ces «places vuidesn et de ces « mesons » nous est révélée par un différend que soulevèrent les religieux de Sainte-Geneviève à propos de leurs droits de censive et de justice. Il fut décidé qu’ils auraient le fonds de terre, attendu que « jaçois ce que lesdictes mesons feussent en leur terre, toutes fovs par avant que lesdicts murs neufz feussent faicts, icelles places estoient communes et n’estoient point des appartenances d’icelles mesons, et ne servoient que pour aller et venir à la riviere; par quoy vente et baulx n’en pouvoient yssir».

Il résulte de ce jugement qu’une partie du sol en bordure de la ruelle, celle surtout qui touchait ù la Seine, n’était point considérée comme pouvant constituer une propriété privée, alors qu’il y avait intérêt public à eu disposer. Ainsi fut-il déclaré, par sentence du Châtelet, en date du 1 g novembre 1 538 , sur les remontrances du commissaire du quartier de Petit-Pont, portant que, «pour la décoration de la ville, il estoit à propos d’abattre plusieurs estaulx à poisson, au bout du Petit Pont 11. Les «gens du Roy» furent autorisés à s’y transporter et à prendre les mesures nécessaires.

On usait de plus de ménagements avec les grandes seigneuries religieuses. Ainsi, en 1870, l’Echevinage parisien ayant autorisé le dizainier, ou «capitaine de la dizaine», à faire construire un corps de garde près du Petit-Pont, la Sainte- Chapelle permit cette construction sur une place à elle appartenant et joignant la maison dont elle était une dépendance, « à la charge de desmolir quand la guerre sera finies.

11 ne reste plus aujourd’hui aucune trace de la Poissonnerie et de la Boucherie de Petit-Pont, pas plus que de la Ruelle à Me Pierre.

Ici devrait topographiquement prendre place la partie des bâtiments de l’Hotel- Dieu construite sur la rive gauche de la Seine; mais la date de leur édification étant postérieure à 1610, le premier auteur de ce travail n’a pas cru devoir les faire figurer sur son plan. Qu’il nous suffise, dans le texte, pour éviter le reproche d’omission, de rappeler sommairement ce qu’en disent les historiens de Paris, contemporains de celte construction.

rEn 1 636 , dit Félibien, les administrateurs de l'Hostel-Dieu augmentèrent les bastiments d’un grand corps de logis sur la riviere, auquel est adossé le Petit Pont de l’Hostel-Dieu. On vient encore d’accroistre tout nouvellement les édifices de cet hospital , qui ne sera jamais assez spacieux, quoi que l’on fasse n(1).

L’abréviateur anonyme de Félibien complète ce récit en précisant la situation des constructions nouvelles et en jugeant de l’effet quelles produisaient : «Les administrateurs de l'Ilostel-Dieu, dit-il, ont ajouté depuis de grandes salles au delà de ce Petit Pont et sur la rue de la Bùcherie; ce qui, à vrai dire, offusque entièrement ce quartier; mais on ne pouvait se passer de ces nouveaux édifices r P’.

L’année 1 636 , ou plutôt 1 63 h, est la date terminale de ces travaux, qui furent commencés en 162.5.

PAROISSE SA1NT-ÉT1ENNE-DU-MONT

Maison de la Longue Allée (i 33a). A cette dénomination , très répandue dans le Vieux Paris, succéda celle du Lour (i38o) et de la Servoyse (iUi), sans doute parce qu’on y fabriquait ou l’on y débitait de la cervoise. L’identité de cette maison, qui formait deux corps de logis, résulte de la note suivante extraite de documents authentiques : «Fin du xvic siècle. — De l’autre costé, à commencer à L\ Servoyse , que l’on dict la Longue Allée, en remontant le pavé du costé de Seine, le Loup h.

Maison du Lyon (i33a), puis de l’Ymaige s.ainct Loys (i38o). On trouve, en 1612, cette mention : «Saint-Lois, avec quay».

Maison des Marmousets (iô83), sans autres indications; elle devait sans doute cette appellation, ainsi que la rue de ce nom, en la Cité, aux figures qui eu décoraient la porte ou les murailles.

CENSIVE DE L'IIÔTEL-DIEÜ.

Maison du Passe-Temps (1076), non autrement déterminée.

Histoire de la Ville de Paris , t.

p. 3g/i. — w Ibid., t. V, p. 329.

Maison du Tourbot (i36/i), puis de VYmaige Nostre-Dame (i 3 6 G ) et enfin de l’Homme saulvaige) (i5ai), appellations successives dues évidemment à des changements d’enseigne.

Estuves à femmes (i36A), ayant eu pour enseigne Sainct-James en 1 5 7 G , et la Queue du regnard en 1087. Cette maison formait l’angle occidental de la Ruelle du Trou-punais, ou Lieu fugnais (i48i-iùgo).

Les pièces delà fin du xivc siècle ne lui donnent aucune désignation particulière; mais antérieurement on la distinguait, en la nommant l’Archet, parce que l’on y pénétrait par une arcade dépendant d’une maison voisine. O11 trouve la preuve de ce fait dans plusieurs titres de l’Hôtel-Dieu, et notamment dans un acte de 120a, où est consignée la mention suivante : duabus domibus in Bucheria Parvi Ponds , quorum una situala est super Arcbeto, per quod itur ad Secanam, et alia conligua est domui que dieitur de Larcbete.

Celte maison de l’Archete doit être la Queue de begnard, ou celle du Couperet; mais 1 identification absolue n’est pas possible.

En i52g, pour élargir une des maisons qui la longeaient sans doute, on rectifia 1 alignement de la Ruelle du Trou-punais, en lui conservant quatre pieds deux pouces, dans toute sa longueur. Il est dit, dans l’extrait des Registres du Parlement , où se trouve consignée la mention de ce fait, que k la ruelle a tousjours esté fermée et ne sert que pour esgoutter et avaller partie des eaux vencues de iadicte rue de la Buscherie en la rivière r. Cette circonstance explique le nom de Trou punais, donné au cloaque qui en résultait.

PAROISSE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

Maison du Couperet (1Ù80), faisant le coin oriental de la ruelle du Troupunais.

Maison de l'Ëscu de France (1A81). dénommée, dans un titre de îiùG, kle Lyon d’or de Flandres s.

Maison de l’Ymaige Nostre-Dame (1A88) et du Cigne (iig.3). La situation en est déterminée par les deux mentions suivantes portant, l’une la date de 1 5 3 6 ,

1 autre celle de 160Ù. Dans la première pièce, qui est un acompte de la recepte du cens sur les quays estant derrière la maison de Iadicte rue r (la Bûcherie), il

est dit : <r L’IIostel-Dieu , pour le cay fiché sur quatre pieux, estant au derrière de leur maison ». La seconde est plus précise : cQuay assis sur les pieux dans la rivière de Seine, estant au derrière de la maison du Ciguë, en la rue de la Buscherie. »

Maison de l’Ymaige s.unct Lusnard (i5oq), ou saint Leonard, comme on lit en un censier de 16/1G.

Maison de la Croix d’or (1 536).

Maison de l’Imaige Nostre Dame (1601).

Cette appellation, très fréquente dans le Vieux Paris, s’appliquait ici à un corps de logis détaché, comme la Maison de la Croix dor, de celle de lYmaige saint Liénard, ou Léonard.

Maison de l’Escouveïte d’or (i5og), achetée, comme les huit précédentes, par l’Hôtel-Dieu, ainsi qu’il est dit dans un censier de 16/1G , en vue des constructions annexes dont nous avons parlé plus haut.

Maison de l’Ymaige saincte Barbe (1609), acquise, avec la suivante, toujours au témoignage du censier de 1666, pour 1 exécution du meme travail, et Sainte Barbe et le Moulinet, y est-il dit, ont esté démolis depuis dix ou douze ans, pour faire un portail à l'Hostel-Dieu.»

Maison du Moulinet (i5 . .), faisant le coin occidental des et Degrés» situés devant la rue du Fouarre et ayant probablement eu, en 1398 et 1/127, l’enseigne du Croissant. E11 1/189, elle est dite et tenante à ung chantier aboutissant à la riviere», et, en 1/19G, on l'appelle ttde présent le Mortier».

Ainsi qu’on l’a vu plus haut, derrière la plupart des constructions bordant le côté septentrional de la rue de la Bùcherie, se trouvaient des quays, ou cays, c'està-dire des planchers reposant sur des pieux fichés dans le fond du fleuve, ce qui suffisait pour que lesdites maisons relevassent de la seigneurie de 1 Évêché.

Degrés placés devant la rue du Fouarre (i3g8), à l’extrémité dune petite ruelle ou impasse qu’on trouve diversement dénommée, et dont nous avons relevé les appellations; les voici :

Bue ou Ruelle des Petits-Degrés, par opposition aux Grands-Degrés du Pavé de la place Maubert. Plusieurs titres donnent les désignations suivantes :

(t les degrez de Seinne, les degrez menant à la riviere, la descente par où l’en va à Seinnev. Dans un acte de 1 56 1, on lit : «la descente du Port aux Tripes n , lequel était très voisin du a Port au Charbon n, désigné dans le censier de 1 586 et autres documents postérieurs. Les mêmes degrés y conduisaient et avaient valu à la ruelle cette nouvelle appellation.

D’autres « Degrez v, placés en face de la rue des llats, et dont nous parlons plus loin, étaient également l'aboutissant, vers le petit bras du fleuve, de cette rue et d’une partie de celle de la Bûcherie, et reliaient avec le voisinage ces quays, cays, ou planchers dont nous avons parlé plus haut. L’établissement, en contre-haut, du quai Montebello (18/10) a mis fin à cet état de choses.

Maison nu Cressant (i 3 g 8 ) , puis du Mouton (1/176), faisant le coin oriental des Petits-Degrés devant la rue du Fouarre.

Maison de l’Estoille (i&83), détruite peut-être peu d’années après, puisque le lieu est qualifié de tt chantier * , en 1/189. Un document de i65/i prouve qu’elle subsistait encore à cette époque, ou qu’elle avait été reconstruite, puisqu’elle y est ainsi désignée : kl’Estoile, donnée pour les convalescents «; ce qui indique qu’elle servait aux malades, après leur sortie de l’Hôtel— Dieu.

Maison de la Fleur de lyz ( 1 Zi 8 3 ).

Maison de l’Ymaige Nostre Dame (1/129).

Maison de l’Ymaige sainct Pierre (1/127).

Ces appellations, qu’on retrouve ailleurs, et qui étaient très communes au moyen âge, jetteraient quelque confusion dans le parcellaire que nous reconstituons, si l’ordre dans lequel les censiers énumèrent les immeubles ne nous servait de guide.

Chantier dépendant de la maison précédente, puis Maison faisant le coin occidental des Petits-Degrés, devant la rue des Rats.

Autres PETITS-DEGRÉS, conduisant de cette rue à la Seine, et probablement, aussi anciens que ceux de la rue du Fouarre.

Après l’établissement du quai Montebello et surtout depuis la reconstruction du Pont-au-Double , il était resté, sur ce point, une pente assez forte, supprimée tout récemment pour l’établissement de la rue Lagrange.

Maison de l’Ymaige sainct Nicholas (1 3 6 g et 1/127), formant l’angle oriental

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, îles Petits-Degrés situés devant la rue des Rats. Elle figure dans le compte des confiscations anglaises pour l'année 1 ki 1 , compte publié par Sauvai : tr Maison en la Buscherie de Petit-Pont, faisant le coing de la rue des Rats, sur laquelle Pierre de Berry, qui fut précipité ès prisons à Paris, prenoit. cent solz parisis de rente nd.

Maison et Chantier par derrière (i444).

Maison de la Corne de cerf (i5og), avec Ciuntier et Jardin, par derrière.

Maison, avec Chantier.

Maison de l'Ymaige sainct Jacques (i5og). Elle changea d’enseigne, postérieurement à cette date, puisque le censier de i646 la désigne ainsi : te La Chasse, auparavant Saint Jacques d.

Maison sans désignation.

Maison de l’Ymaige sainct Jehan (i45i), faisant le coin occidental du Pavé de la place Maubert.

111 Antiquités de Paris , t. III, p. 395*296.

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