ÉCOLES DE MÉDECINE DE LA RUE DE LA BÙCIIERIE
Sommaire : Assemblées anciennes des médecins de Paris. — Achat de maisons dans la rue de la Bûcherie; agrandissements successifs; décisions prises par la Faculté, de iA5 h à 1 7 A5 , relativement à des travaux de bâtiments : salles de cours, amphithéâtre, ou théâtre anatomique, appropriations, constructions nouvelles, etc., d’après les Registres-Commentaires de la Faculté.
Moins heureux que les théologiens, les canonistes et les artiens qui eurent leurs écoles dès le xm' siècle, les tt mires n ne purent avoir les leurs que dans la seconde moitié du xv°, et encore les installèrent-ils en de vieux bâtiments, fort mal appropriés à leur nouvelle destination, a On raconte, dit le savant continuateur de Du Boullav, que les médecins se réunissaient dans l’église Sainte-Geneviève des Ardents, et quelquefois à Notre-Dame, autour des grands bénitiers de pierre placés sous les tours. Pendant le règne de Charles Vil, la Faculté fit sans succès quelques démarches pour changer cet état de choses. Mais, peu d'années après, un de ses docteurs, Mc Despars, lui ayant fait don de 3oo écus d’or, elle jugea l’occasion favorable, et, par deux délibérations successives, elle décida quelle achèterait aux Chartreux, pour la tenue de ses assemblées et pour ses exercices , une maison en la rue de la Bûcherie. n
Ce n’est pas seulement une maison, mais encore remplacement d’une autre nque les maistres de la Faculté de médecine * acquirent, en 1/169 ou 1/172. Maison et emplacement sont ainsi désignés dans un titre de i452 : «Maison tenant à la place de la Couronne, devant la Fleur de lys, tenant, d’autre part, à l’Ymaige saincte Katterineu, achetée puis vendue, avec la place contiguë, aux Chartreux, par Guillaume Cartelier, docteur en décrets; elle fut, après quelques travaux d’appropriation et d’agrandissement qui furent terminés en 1/177, i'eu d’assemblée de la Faculté, qui s’y réunit pour la première fois en i/i83, mais 11e put encore y installer ses cours, à cause de l’insuffisance des locaux.
Les agrandissements nécessaires se firent très lentement, faute de fonds : une petite chapelle provisoire fut construite en 1/190 et 11e subsista que trente ans. Inaugurée en 1602, avec les salles d’école qu’on venait d’achever, elle fut démolie en 1 5ag, pour faire place à un édifice plus digne de la Faculté.
Jusqu’en 1 568, celte installation modeste dut sulîire à l'enseignement médical; mais, à celte époque, la Faculté fit une nouvelle acquisition : elle acheta la Maison du Soufflet, et, cinq ans plus tard, celle de Troys Roys de Coulongne; ce qui augmenta sensiblement le pourpris de ses écoles. Il faut aller ensuite jusqu’en 1608 et 1678, pour constater de nouveaux agrandissements; enfin, c’est en 17 que le petit amphithéâtre en bois, qui datait des premières années du xvnc siècle, et avait été réédifié en 1620, non plus au coin de la rue du Fouarre, mais sur le terrain que couvrait la Maison du Soufflet, fit place à la rotonde existant encore aujourd’hui à l’angle des rues de la Bùcherie et de l'IIôtol-Colbert.
Comme l’ancienne maison de Sainte-Barbe, les vieilles écoles de médecine ont trouvé de nos jours leur historien spécial. Feu le docteur Chéreau a recueilli de nombreux éléments pour en écrire la monographie, et nous ne saurions mieux faire que d’emprunter, comme lui, aux Registres-Commentaires de la Faculté, les faits et les dates constituant les annales topographiques de ces anciennes écoles. On se convaincra, en effet, en parcourant ces sortes d’éphémérides, que le premier établissement et le développement successif de ces écoles ont été l’œuvre de plus de deux siècles.