‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 35 sur 302 · ÉCOLES DE MÉDECINE DE LA RUE DE LA BÛCHERIE. A · texte numérisé non relu

ÉCOLES DE MÉDECINE DE LA RUE DE LA BÛCHERIE. A

de la Faculté. Entre autres choses, il fait remarquer que les chirurgiens ont acheté' à Paris, près des Franciscains, un grand terrain dans lequel ils se proposent d’élever des bâtiments d’une grande splendeur et un théâtre anatomique; il faut de toute nécessite que la Faculté prévienne ce qui serait un grand malheur pour sa gloire, en augmentant ses Ecoles et « en baptissant un théâtre anatomique»; la Faculté doit nommer un conseil pour travailler au rétablissement des finances, au renouvellement de la discipline, et a la construction d’un amphithéâtre qui servit à l'anatomie et à la chimie.

Ce conseil est nommé; il se compose de dix-huit membres, savoir : Jérôme de Varade, Vincent Mustel, Nicolas Le Grand, Gérard Denizot, Philippe Allen, Jean Rochon, Claude Rousselet, Simon Piètre, François Brigard, Pierre Laflilé, Louis Duret, Michel Marescot, Martin Girard, Guillaume Braillon, Nicolas Millot, Nicolas Hellain, Bonavenlure Granger, Jean Riolan.

18 lévrier 1699. — On s'occupe du théâtre anatomique. Sera-t-il construit en bois? Le serat-il en pierres? Grande divergence parmi les docteurs à cet égard; ce qui fait que le bâtiment n’est pas commencé.

10 juillet 1699. La Faculté décrète qu’elle fera percer, dans le mur ou pignon qui regarde le jardin botanique, trois fenêtres correspondantes à celle du mur opposé.

3 août 1599. — Trois maçons jurés, François Petit, Claude Guérin et Denis Fleury, accompagnés des docteurs-régents, Pierre Lafiîté, Claude Rousselet, Albert Lefebvre, Henri de Monanteuil, Nicolas Ellain, Guillaume Lussoy, Jean Lemoine, Georges Cornuty et Jacques Cousinot, vont examiner ledit mur ou pignon et donnent leur consultation (voir celte consultation, Registre de la Faculté, t. IX, p. 97 r°).

*38 août 1 5 9 9 • La Faculté charge Claude Guérin, maçon, de faire ces réparations, moyen¬

nant 260 écus au soleil. Ces réparations n’ont pas été bien faites, car en l’année 1G07 on était obligé de soulenir ce même mur avec deux ancres de fer, qui coûtèrent 1 6 1. 10 s.

29 novembre 1G00. La l'acuité fait paver la cour des Ecoles tt quadratis silicibusn , pour donner issue aux eaux. Le paveur, Claude Voisin, reçoit pour cela 71 1. 5 s.

1 (ioi . Guérin, maçon, construit dans la cour des Ecoles deux bornes en pierres et en moellons, afin que les docteurs puissent monter plus facilement sur leurs chevaux.

16 avril 1608. — L’amphithéâtre de 1G0Ô était indigne de la grande École de Paris. Des architectes experts vinrent visiter I’Image sainte Catherine, destinée, de par le Roi, à la construction de l’amphithéâtre nouveau. André du Laurent, premier médecin de Henri IV, se rendit lui-même sur les lieux, accompagné du lieutenant civil, François Miron (i3 août 1608). Il fallut un arrêt du Parlement (t8 septembre 1617), qui ordonnait que le bâtiment serait élevé, non plus sur I’Image sainte Catherine, mais bien au coin de la rue des Rats, à l’endroit même de la maison du Soufflet.

16 octobre 1 G 1 7. — Les travaux sont donnés par adjudication, la maçonnerie (690 livres) à

hh

Le Mercier, la charpenterie (780 livres) à Clément; la toiture (2Ù0 livres) à Thomas; la plomberie (357 livres) à Nicolas Rion, et le treillage des fenêtres à Jacques Roulanger PL

Le 20 décembre 1G29, Riolan disséquait dans le nouvel amphithéâtre.

1 2 mars 1 Gù3. — Les Ecoles menaçaient ruine : Michel Le Masle des Roches, chantre deNotre- Dame, conseiller d’Etat, protonotaire apostolique, fait don à la Faculté de la somme de 3o,ooo livres, à la condition «que ce trésor servirait à la restauration des Ecoles qui tombaient de vétusté ». Par un vice du testament du donateur, sa donation se réduisit à 20,000 livres.

Cette somme servit, non à la réédification , mais à la restauration des bâtiments.

17 janvier 1761. — Tous les docteurs-régents convoqués, il fut enfin décidé au scrutin (12 voix contre 11) que le théâtre anatomique de Riolan serait démoli et reconstruit.

Enfin, au commencement du mois d’octobre 17Û2, le premier coup de pioche fut donné par le gravatier Bestin. L’architecte Barbier de Blignier avait dressé le plan. Les travaux ne coûtèrent pas moins de 120,000 livres. Entrepreneur, L’Héritier; sculpteurs, Duhamel et Lange; serruriers, Jean Taruc et Sornet; couvreur, Jacquemard; menuisier, Bayot; plombier, Gillot; peintre, Tourbat; marbrier, Pourrez; vitrier, Finet.

Le 18 février 17Ù5, l’amphithéâtre fut inauguré par l’anatomiste Jacques-Be'nigne Winslow, comme celui de 1617 l’avait été par Riolan.

(l) Ch. Jourdain explique dans les termes suivants les causes du retard de neuf ans que subirent les travaux :

«Des lettres patentes de 1608 avaient ordonné l’acquisition d’un terrain pour la reconstruction de l’amphithéâtre où avaient lieu les dissections. Une rétribution de 60 écus, imposée aux nouveaux licenciés, devait être employée h subvenir aux dépenses. Par une malencontreuse parcimonie , que sa pauvreté expliquait sans la justifier, la Faculté de médecine faillit mettre entrave à cette sage mesure, en détournant, pour ses dépenses ordinaires, une partie des fonds deslinés à ces travaux. Enfin, après de long délais, l’affaire fut débattue devant le

Parlement qui ordonna , en janvier 1 G 1 7 , que la totalité des rétributions acquittées par les licenciés reçussent l’affectation qui leur avait été assignée. Un nouvel arrêt rendu en septembre, par la Chambre des vacations , décida que l’amphithéâtre serait élevé dans la partie du jardin du Collège de médecine attenant à la rue de la Bûcberie; le soin de surveiller les constructions était confié au doyen de la Faculté et à trois docteurs, M" Nicolas EUain. Jean Riolan et Denis Guérin, qui devaient passer bail au rabais pour les travaux , pourvoir à leur achèvement, et rendre compte à la Cour.?) ( Histoire de V Université de Paris aux xvif et xvnf siècles , p. 9 1 et 93.)

Page 1