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CHAPITRE V

SAINTE-BARBE

Sommaire : Origines de celte maison; ses fondateurs; son installation primitive; ses développements; annexion successive de divers immeubles; dotation et transformation de la maison libre en établissement public. — Geoffroy Le Normand, Martin Lemaistre, les Dugast, Robert Certain. — Décadence au xvup siècle; renaissance au xvme; absorption pendant la période révolutionnaire; reconstitution, au xixc siècle, à l’état de maison libre. — Les maisons dites de Sainte-Barbe et celles qui l’avoisinaient.

La monographie de cet établissement célèbre a été écrite de main de maître, par l’un de ses anciens élèves, Jules Quicherat, qui a puisé à toutes les sources et envisagé le collège sous tous ses aspects. Notre tâche est plus modeste; nous n’avons qu'à localiser topographiquement cette fondation scolaire, qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours, après avoir subi de nombreuses vicissitudes.

Postérieure, d’un siècle environ, à la création de la plupart des petits collèges qui peuplaient le sommet et les versants de la montagne Sainte-Geneviève, la fondation de Sainte-Barbe, qu’on avait généralement fait remonter à i43o et attribuée à Jean Hubert, docteur en droit canon, doit être fixée à l’année 1/160, et il en faut faire honneur à Geoffroy Le Normand, qui fut principal du collège de Navarre et recteur de l’Université. Ce fut le premier collège libre , c’està-dire sans dotation, et obligé, par conséquent, de se suffire à lui-même, par opposition aux collèges rentés.

Installé dans l’hôtel de Chalon par Geoffroy Le Normand, à qui succéda, en 1/17/1, Martin Lemaistre, le nouvel établissement reçut de ce dernier, dit Jules Quicherat, it tous les genres d’accroissement i>. Il s’agrandit de trois maisons situées sur la rue de Reims et d’une propriété ayant appartenu à Jean Hubert. Ce n’est, point qu’il les possédât, puisqu’il n’avait pas d’existence propre, en dehors de ses directeurs; mais il les occupait.

Ses autres accroissements datent surtout de l’époque où les Dugast le convertirent en collège régulier, c’est-à-dire propriétaire et doté. Robert, ayant été reconnu principal en 1 5 5 3 , s’occupa immédiatement d’en consolider et d'en agrandir les bâtiments.

' Aussitôt qu’il fut installé, dit Jules Quicherat, le vieil hôtel de Ghalon, qui menaçait

ruine, fut livré aux maçons. On le répara de fond en comble après avoir reconstruit les autres maisons qui y avaient été ajoutées , de manière à produire une enceinte de bâtiments uniformes . . . Les premiers travaux furent conduits sur l’ancienne propriété de Jean Hubert, dont la presque totalité fut couverte par de grands corps de logis. L’un de ces bâtiments s’est conservé jusqu’en i84o. C’est celui qui se présentait avec son escalier posé de flanc dans une tour pentagone, et un perron sur la devanture... Robert Dugast l’avait destiné au logement du principal Abu

La fondation de Sainte-Barbe fut donc des plus modestes, et son historien ne dissimule point l'humilité de ses débuts; voici comment il s'en exprime dans les premières pages de son livre :

« Tous les historiens de Paris ont répété, après Félibien, que Sainte-Barbe doit sa fondation à un professeur de droit canon, nommé Jean Hubert, lequel prit à cens de l’abbaye Sainte- Geneviève une maison avec un terrain, situés dans la rue de Reims, en face du collège de ce nom. On cite comme preuve de cela un contrat passé par-devant le prévôt de Paris, à la date du 10 mai i43o. Mais ce contrat, dont l’original nous a été conservé, ne dit pas que Jean Hubert ait fait son acquisition pour fonder une pédagogie, et le contraire est démontré par d’autres documents, d'où il résulte qu’après lui la maison qu’il occupait devint la propriété d’un drapier et chaussetier établi au carrefour Saint-Séverin. Dailleurs le nom de Sainte-Barbe ne se rencontre ni du vivant de Jean Hubert ni pendant les premières années qui suivirent sa mort. C’est en i4G3 qu’on le voit paraître à propos du cens payé à l'abbaye de Sainte-Geneviève •r pour la maison qu’on souloit dire l’hostel de Chalon et qui de présent est nommée le collège rr de Saincte-Barbe», de sorte que l’existence de Sainte-Barbe a commencé non pas dans la maison de Jean Hubert, mais dans l’hôtel de Chalon, et longtemps après i43o W.n

Plus loin, l’historien de Sainte-Barbe localise ainsi la maison qui fut le siège du nouvel établissement :

«L’hôtel de Chalon était situé sur les rues des Chiens et des Cholets, ne tenant à la rue de Reims que par ses derrières. C’était le pied-à-terre que Jean de Chalon, chef d’une très ancienne et très illustre famille bourguignonne, s'était choisi à proximité du palais que le duc de Bourgogne, son suzerain, possédait alors dans la rue de Reims. Ce Jean de Chalon épousa une riche Provençale qui lui apporta l’héritage de la principauté d’Orangc. A sa mort, sa maison de Paris échut à son second fils... II passa avec les religieux de cette abbaye (Vézelay) un contrat par lequel il leur abandonnait son hôtel de Paris. L'abbaye ne resta pas longtemps propriétaire de l’hôtel de Chalon; elle le céda à son tour à un professeur de l’Université de Paris, nommé Geoffroy Lenormant (3Lr

Enfin, quelques pages plus loin, Jules Quicherat précise la date de la fondation de Sainte-Barbe, placée trop haut par les historiens de Paris :

«C’est alors (i46o), dit-il, que Geoffroy Lenormant acquit l'hôtel de Chalon pour y transporter ses élèves à la prochaine rentrée des classes; et ainsi Sainte-Barbe fut fondée le ier octobre 1 46 o , la dernière année du règne de Charles VIII f4b»

(1> Histoire de Sainte-Barbe , p. 3oâ.

(ï) Ibid., p. 2 et suiv.

0'; Histoire de 8ainte-Barbe , p. b.

(1) Ibid., p. 8 et 9.

SAINTE-BARBE. C5

Le coté topographique de ia nouvelle institution devait nous occuper tout particulièrement; aux historiens universitaires appartient, en effet, tout ce qui regarde les statuts, l’enseignement, la discipline et les ressources de toute nature réunies pour assurer la prospérité de la maison transformée. Sous ces divers rapports, la générosité et l’activité du fondateur ne se démentirent point. «Robert Dugast, dit encore Jules Quicherat, rédigea les statuts et leur donna force légale par un acte notarié en date du 1 g novembre 1 556, qui contenait en même temps la dotation du collège!1)... Outre le sacrifice qu’il fit en émancipant Sainte- Barbe, puisqu’il renonça par là à l’une des sources les plus fructueuses de son revenu, il lui abandonna une rente sur l’Hôtel de ville et la propriété de deux immeubles, à savoir: une maison sise à Vitry-sur-Seine, avec dépendances en terres et en vignes, et l’ancien collège de Tool, converti alors en bâtiments de location !2). n

A cela ne se bornèrent point les efforts de Robert Dugast : aux libéralités il joignit les bons offices. «Il était, ajoute Jules Quicherat, du nombre des gens de lettres que protégeait le cardinal de Lorraine. Ce grand personnage, tout-puissant auprès de Henri II, lui lit accorder gratis l’amortissement de Sainte-Barbe (février îSSyjW.n

\oici, d après un titre cité par A. Bertv, quel était le groupe de bâtiments et dépendances du nouveau collège, au moment où allait commencer la seconde période de son existence dans le vieil hôtel de Chalon complètement réédifié. Il se composait de «plusieurs corps d’ostel tenant, la totalité, d’une part, à ung jardin estans des appartenances du colleige de Reims, et faisant le coing de la rue de Bourgongnen, — la rue de Reims, où les ducs de Bourgogne avaient un hôtel qui fut converti en collège, — • «d’aultre part, à une court nommée le royaulme d’en bas des pauvres du colleige de Montaigu, aboutissant, d'un bout, par derrière, audict jardin du colleige de Reims, d’aultre et devant, à la rue Sainct Symphorien. 5 Le nouveau Sainte-Barbe était donc plus large que l’ancien; mais ce mouvement d extension avait cause quelque inquiétude aux collèges voisins : Montaigu s’en émut et voulut s’y opposer. Il intervint, heureusement, à la date du 1 h février 1 5 6 1 , un arrêt du Parlement qui, tout en imposant certaines charges aux Barbistes, les encourageait dans leurs travaux d’agrandissement. Jules Quicherat cite cet arrêt, par lequel «dict a esté que, ayant aucunement esgard à la requeste desdicts de St0 Barbe, la cour a condamné M" de Montaigu à délaisser auxdicls sieurs portion d’un jardin, suivant l’encoignure du viel corps d’hôtel dudit collège

(l) L’acte de fondation est dans Félibien, t. III, p. 052.

L’original sur parchemin est aux Archives nationales, M igo.

(2' Nous parlerons de cet ancien collège en son lieu.

(3) La pièce originale est aux Archives nationales, X 8610, fol. a 4.

S" Barbe, et donner à Mrs de Montaigu, pour récompense d'icelle portion, une partie de la place vague entre le jardin contentieux et ledit vieux corps d hoslel et autre portion du jardin desdits de S" Barbe, près de la traverse de l’autre costé du jardin de Montaigu, à la charge par le collège de S" Barbe de changer les vues du pignon dudit vieux corps d’hôtel et les mettre tant sur la rue que sur leur cour, et faire, par ledit collège SlE Barbe, approprier à leurs dépens les lieux, pour lesdites places demeurer à l’avenir auxdits de Montaigu, de pareille nature que leur étoit ledit jardin, dépens compensés, et pour cause Mv.

L’influence des Guises, hauts protecteurs de Robert Dugast, ne fut sans doute pas étrangère à cette transaction qui avantageait Sainte-Barbe, sans dommage pour Montaigu. Mais les nouveaux Barbistes étaient beaucoup plus riches que les pauvres cCapeltesn : indépendamment de leurs immeubles et des revenus affectés à leur entretien, ils possédaient encore, dans leur voisinage immédiat, un hôtel nommé

Le Ciuulduon. Ce logis est ainsi désigné dans le titre de i556 que nous avons cité plus haut: «Une maison, avec jardin , située au mont Sainct-Hilaire, et qui s’estend jusqucs au colleige de Reims, à laquelle pend pour enseigne le Chaulnaox, tenant au presbytère, jardin et cymetierre de ladicte église — SainL-Hdaire

et au colleige de Kalambert (sic), d’aultre part à la rue d’Ecosse, aboutissant,

par derrière, à la rue du Four et audict colleige de Reims, et, daultre part, par devant, à la rue Saint Hilaire, a

Les écoliers, principaux et régents durent occuper la partie des bâtiments contiguë au collège; le reste, mis à loyer, donna des revenus qui s’accrurent, lorsque lf, ChaUldron fut converti en cinq maisons distinctes, qui subsistaient encore au xviié siècle sous les noms de Sawt-Ahbro.se, la Foxtvwe ou le Mûrier, l’Écusson saint Grégoire, Saint-Jérôme et Saint-Augustin. Elles formaient une continuité de constructions, interrompue seulement parle presbytère et la coinmunauté des prêtres de Saint-Hilaire.

Jusqu’ici nous avons assisté au développement de la prospérité matérielle et scolaire du nouveau collège; mais cette prospérité ne survécut guère aux Dugast, et le siècle suivant ne se termina pas sans un amoindrissement considérable de l’œuvre si puissamment fondée. Une mauvaise administration, un enseignement défectueux ayant sans doute contribué à la diminution du nombre des élèves, les bâtiments furent jugés trop vastes, et l’on résolut d’en vendre une partie. Nous empruntons à l’historien de Sainte-Barbe le récit de cet événement :

n Contre tout droit, toute loi, toute bonne foi, dit Jules Quiclierat, l’administration de Sainte-

Histoire (le Sainte-Barbe , p. 3og el suiv.

SAINTE-BARBE

Barbe, concentrée tout entière en la personne de Louis Delaroche, aliéna pour la somme de 48.75o 1 ivres sept corps de logis représentant la totalilé de l’ancien hôtel de Chalon, plus la partie de cour comprise entre ces bâtiments. Par là Sainte-Barbe lut réduite à l’autre moitié de cour et aux seuls bâtiments posés sur le fonds de Jean Hubert. Singulier collège, qui n’eut plus ni chapelle, ni salles d’études, ni porte d’entrée, car toutes ces choses étaient dans la partie vendue. Mais ce qui est encore plus singulier, c’est le calcul qui poussa l’Université à cette acquisition. Lorsqu'elle eut sa portion de Sainte-Barbe, elle ne sut qu’en faire. Ayant aussitôt renoncé à y établir son chef-lieu, elle s’arrêta, après bien des incertitudes, au parti de louer les bâtiments; et, au lieu de profiter de ceux qui existaient, qui étaient tous bons, sauf un seul, afin de justifier les craintes de ruine simulées au moment de la vente, sur sept, elle en jeta cinq par terre.

"De ce nombre fut l’aile établie sur la rue des Cholets. Elle était flanquée de (rois escaliers en tourelles et munie au dernier étage d’une galerie qui donnait sur la cour. Une fois abattue, elle ne lut pas remplacée. L’Université s’arrêta, effrayée de ce qu’elle avait dépensé pour rebâtir le reste. Elle s endetta d’au moins 100,000 livres B), sans compter ce qu’elle perdit pendant cinq années, qui s’écoulèrent à préparer l’opération, et deux autres années employées à l’accomplir.

rr Lorsque les nouveaux édifices furent en état, elle les loua pour presque rien au pensionnai célèbre, dit de la Communauté de Sainte-Barbe . . .

r H était dit dans le contrat que l’Université se mettrait chez elle, en joignant par un mur l’extrémité des deux retours d’équerre qui terminaient son lot au nord et au midi. Comme les bâtiments reconstruits ne pouvaient servir qua loger des étudiants, on réfléchit qu’il valait mieux ne pas faire de séparation, afin que les locataires qui viendraient fussent sous la surveillance d’un membre de l’Université, comme serait toujours le principal de Sainte-Barbe. De là l’idée d’une porte commune aux gens du collège et à ceux de la partie aliénée; et celle porte fut établie dans le bâtiment qui laisait face à la rue Chartière, pour que le principal, habitant le corps de logis du perron, pût voir de sa chambre les entrées et les sorties.

tf L'architecte employé par l’Université fut Delamer. . .

« L’ouvrage de Delamer à Sainte-Barbe fut exécuté en 1688 et 1689. b porta sur les deux ailes de la rue des Chiens et de la rue de Reims. 11 n’en reste absolument rien. Les bâtiments de la rue des Chiens tombèrent à la fin du siècle dernier; ceux de la rue de Reims ont disparu eni852f2>w.

La vente des bâtiments est de l’année 1 683 ; la reconstruction, on vient de le voir, eut lieu en 1G88 et 1689. Elle ne respecta pas l’ancienne chapelle qui se trouvait comprise dans les parties aliénées, et I on fut obligé d’en édifier une nouvelle. Voici, d’après Jules Quicherat, ce qu’était cet oratoire, contemporain de la fondation du premier établissement, et ayant servi au second pendant plus d’un siècle :

K En 1 556 la chapelle de Sainte-Barbe était établie dans le corps de bâtiment qui faisait face au collège du Mans, sur la rue de Reims. Elle avait seulement 22 pieds de long; mais au besoin elle pouvait s’agrandir du réfectoire, qui n’en était séparé que par un treillage. Celte disposition, commune à plusieurs collèges, avait à Sainte-Barbe un inconvénient particulier,

(1) Archives de l’Université, carton 22; ibid. , Rpg. 3y, et Archives nat., S 681/1. — <s> Histoire de Sainte-Barbe , l. II, p. 179-182.

parce que la chapelle e'tait enlre le réfectoire et la cuisine, celle-ci se trouvant placée derrière le sanctuaire. L'autel, tourné à l'orient, s’élevait à peu près sur l’alignement du côté droit de la rue Cliartière. La décoration intérieure devait être peu de chose. Toutefois il y avait sur la cour de grandes verrières, ornées de plusieurs panneaux de peinture. Une petite porte de dégagement sur la cour était couronnée d’un entablement que supportaient deux colonnes. (Arch. nat.. Il 2808. )hl»

D’après les dernières volontés de son oncle, Robert Certain devait construire une chapelle.

rr L’ingrat, poursuit l'historien de Sainte-Barbe, ne se donna pas seulement la peine d’entretenir l’ameublement de l'ancienne chapelle. Tout était dans un tel état de délabrement a sa mort que le premier soin de l’administration qui lui succéda fut d’acheter un coffre et un panneau de bois sculpté pour faire un autel à retable. Les parements eux-mêmes 11 étaient pas plus présentables; on s’en procura d’autres en satin vert et blanc. (Arch. nat., H 2808.)

„ . . . La chapelle, se trouvant dans les bâtiments vendus à l’Université, fut détruite avec ce bâtiment en 1688. . . Une nouvelle chapelle s’éleva en moins de dix-huit mois sur une partie du terrain désigné par Robert Dugast. Si elle n’avait pas 10 toises de long, selon le vœu du fondateur, elle en avait 6. L’édifice existait encore il y a seize ans. Il régnait sur la rue des Chiens. Appuyé à l'origine sur les constructions de l’architecte Delamer, il se prolongeait jusqu’au jardin de Montaigu. (Arch. nat., AI 190.)

cEdmc Pirot, vicaire général de l’archevêque de Paris, AI. de Harlay, et en meme temps supérieur du collège, vint faire la consécration le 3 décembre 1695

La fin du xvuc siècle lut donc une époque calamiteuse pour la maison de Sainte- Barbe, maison libre 11e relevant ni du clergé séculier, ni d’une congrégation religieuse, bien quelle ait formé plus tard une communauté, ni de l’Université de Paris, puisqu'elle n’était pas représentée aux Mathurins. Depuis la Réforme surtout, elle était en opposition constante avec ses puissants voisins. Quoiqu’elle eût abrité sous son toit Calvin et Ignace de Loyola , elle ne s’entendait ni avec Clermont ni avec Montaigu, et avait ainsi pour adversaires les riches jésuites et les pauvres tt Capettes ». C’est ce qui explique, pour demeurer au point de vue topographique, les alternatives d’agrandissement et de réduction de ses locaux scolaires.

Malgré les persécutions qu’elle eut à subir, la maison de Sainte-Barbe se maintint pendant tout le xvui0 siècle, et produisit de brillants élèves. La Révolution l’engloba dans le collège de l'Égalité; mais elle parvint à reconquérir son indépendance et à se reconstituer, au commencement de ce siècle, sur le même emplacement, avec annexion successive de plusieurs immeubles jadis occupés par ses rivaux, et en conservant le caractère d’établissement libre quelle a toujours eu.

Les Maisons de Sainte-Barbe. Tant que Sainte-Barbe 11e fut pas tt fonde»,

ll) Histoire de Sainte-Barbe , l. II, p. 210 et suiv. — (î) Ibid., p. s 12-21 5.

SAINTE-BARBE

dans le vieux sens du mot, c’est-à-dire renté et doté, il ne posséda aucun immeuble et fut obligé de se suffire à lui-même; mais les libéralités des Dugast et des Certain lui créèrent plus tard des ressources. On trouve, au xvie siècle, le collège propriétaire de cinq maisons, dans les rues d’Écosse et du Mont-Saint- Hilaire, lesquelles étaient antérieurement comprises en une seule, dite Maison du Ghauldron. Un titre de 1 5 5 6 porte que Sainte-Barbe se composait alors de a plusieurs corps d’ostel , tenant la totalité d’une part à ung jardin estant des appartenances du colleige de Reims et faisant le coing de la rue de Bourgongne, d’aultre part à une court nommée le royaulme d’en bas des pauvres du colleige de Montaigu , aboutissant, d’un bout, par derrière, audict jardin du colleige de Reims, d’aultre et devant à la rue Sainct-Symphorient.

Le Ciiaulduon, dont nous venons de parler est ainsi désigné dans le même titre : nune maison avec jardin d située au mont Sainct-Hilaire et qui s’estend jusques au colleige de Reims, à laquelle pend pour enseigne le Ciiaulduon, tenant au presbytère, jardin et cymetiere de ladicte eglise Sainct-Hilaire, et au colleige de Kaiambert [sic), d’aultre part à la rue d’Escosse, aboutissant par derrière à la rue du Four et audict colleige de Reims, et d’aultre part, par devant, ù la rue Sainct- Hilaire V.

Les cinq maisons en lesquelles fut convertie celle du Ciiaulduon produisaient près de 6,ooo livres de rente. Elles étaient attenantes à la portion qui avait conservé le nom de Maison du CiiaUldron.

OSTEL DES CINQ Escus. — Cet immeuble se placerait ici, dans l’hypothèse où il aurait constitué une maison à part; mais Jules Quicherat, après une étude approfondie du parcellaire fort embrouillé que présente cette région, adopte l’opinion de A. Rerty et identifie les Cinq Escus avec I’Hôtel de Ciialon, dont il aurait, tout au moins, formé une dépendance, ainsi que nous le disons plus haut.

11 existe deux mentions, l’une de î 2/18 , relative au logis d’un et evesque de cinq églises n ; l’autre, de 1260, concernant tria meson de l’evesque d’Arras, sise in vico Sancti Symphorianiv. Ces deux immeubles n’en formaient probablement qu’un . et peut-être faut-il l’identifier avec I’Ostel des Cinq Escus.

Jardin appartenant au collège de Montaigu.

Un plan du xvnc siècle permet de fixer rigoureusement la forme et la situation de ce jardin, qui semble devoir se confondre avec le «jardinet d indiqué, dans un titre de 1/107, comme tenant, d’une part, à I’Hôtel des Cinq Écus, d’autre part, à I Hôtel des Coulons, et aboutissant, en partie, à deux petites maisons, dont

l’une appartenait à Jehan d’Auvergne. En 1 5 5 7 , ledit jardin tenait, de toutes parts, à la maison de Sainte-Barbe, par suite de l’extension que cet établissement avait prise. Deux ans plus tard , on le trouve ainsi désigné et localisé : « Ung jardin situé devant le grand corps d’hostel, où est la salle appelée des Théologiens v, — salle occupée par les étudiants en théologie du collège de Montaigu. — «La maison entre deux contient sept toyses cinq piez trois quarts de long sur ladicte rue, et par le derrière ledict jardin contient huict toyses cinq piedz quatre pouces de long; du costé devers la grant porte du colleige Saincte Barbe, ledict jardin contient aussi huict toyses cinq piedz quatre pouces, et du costé de une traverse en ladicte rue, contient huict toyses quatre pouces. . . Et icelluy jardin enclavé des deux costez, et de (aboutissant de derrière, sur et dans ledict colleige Saincte Barbe, et n’a que le front de devant sur ladicte rue . . . n

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