‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 39 sur 302 · MÊME PAROISSE ET MEME CENSIVE · texte numérisé non relu

MÊME PAROISSE ET MEME CENSIVE

Hôtel de Chalon, et non des Rveques de Chalons, comme on la dit pai erreur, en confondant Cabillo avec Catalaunum. . . C’était originairement le logis parisien de Jean de. Chalon, chef d’une illustre famille bourguignonne, logis très voisin de l’hôtel que les ducs possédaient en ce quartier, et qui , lorsqu’ils l’eurent abandonné , devint le collège de Reims.

Jules Quicherat a été amené, par son sujet, à rechercher ce qu’était l’hôtel de Chalon, dans lequel s’installa d’abord 1 établissement dont il a écrit la monographie. «Il avait, dit-il, son entrée sur la rue des Chiens, son flanc sur la rue des Cholets, et une aile en retour sur la rue de Reims. Nous ne savons rien de l’apparence qu’il offrait, sinon que sa façade était munie au moins d une tourelle, et que, dans le tympan de la grande porte, on voyait sculptées les armes des princes d’Orange, de la dynastie de Chalon. De la la dénomination d Hôtel des

(1) Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, édit, de i864, t. I, p. 597. {1) Ibid., t. II,

Cinq Ecus, qui lui fut donnée quelquefois, parce que ces armoiries étaient formées par l’assemblage de cinq écussons 0). v

Ces indications, qu’on trouve dans un acte de 1Ô07, pour le collège de Monlaigu contre l’abbaye de Sainle-Gcueviève, permettent d’identifier I'Ostel des Cinq Escus avec celui de Chalon, contrairement à l’opinion qui donne au premier une existence distincte.

L’hôtel de Ciulon ou des Cinq Ecus était une demeure importante. Entre les divers corps de logis dont il se composait, il y avait, dit Jules Quicherat, crune cour entamée, du côté de la rue de Reims, par de petits jardins attenant à trois masures. . ., après lesquelles venait, sur la même rue de Reims, la façade d’une maison décorée du nom d'hôtel et ayant pour enseigne les Trois Coulons, c’est-àdire les Trois Pigeons » P).

A la mort de Jean de Chalon, son hôtel passa à son second fils qui l'abandonna à l'abbaye bourguignonne de Vézelay, pour agrandir le logis qu’elle possédait dans le voisinage, ce qui permit, dès lors, de distinguer entre le grand et le petit Vézelay. Nous parlons plus loin de ces deux hôtels , à l’article de la rue des Grés, où ils avaient leur entrée principale, bien que l’historien de Sainte-Barbe les ait en quelque sorte rattachés à la rue des Chiens et à la chapelle Saint-Symphorien , dans le passage suivant de son livre : 1 Derrière le chevet de Saint-Symphorien, s’élevaient le petit et le grand Vézelay, deux hôtels, dont l'un servait de résidence aux abbés de Vézelay, lorsqu’ils venaient siéger au Conseil du Roi, et l’autre était destiné à ceux des profès de l’abbaye qu’on envoyait prendre leurs grades dans l’Université (3b r

Cette question d’entrée jette une certaine obscurité sur la topographie parcellaire de la région, coupée de ruelles et divisée en îlots de peu de profondeur. Par suite d’agrandissement ou de réduction des locaux scolaires, les portes principales étaient déplacées; celles du fond devenaient parfois celles de devant, et le collège était dit avoir son entrée là où, précédemment, il ne possédait qu’une issue, ou porte de derrière. C’est ainsi que la partie de l’ancien hôtel de Chalon, ou de Vézelay, dans laquelle eut lieu la première fondation de Sainte-Barbe, était située, disent la plupart des historiens de Paris, et en la rue de Reims ». Mais, a fait observer Jules Quicherat, re elle n'y tenait que par ses derrières». La rue des Chiens, ou de Saint-Symphorien, est donc le lieu où la notice relative à cette maison doit trouver place, et cela, avec d'autant plus de raison, que le troisième vocable de la rue est dù à Jean Hubert, auquel 011 a longtemps attribué la création de l’établissement primitif.

m Histoire île Sainte-Barbe, 1. 1, p. 12, i3. — Ibid. , t. 1, p. i3. — W Ibid , 1. 1, p. i5

SAINTE-BARBE

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