COLLÈGE DE THOU
On sait fort peu de chose sur l’origine de cet établissement; toutefois il est mentionné, dès 1 3 â a , dans un titre faisant partie des archives de Saint-Marcel. Il appartenait donc à cet ensemble de fondations scolaires qui furent nombreuses au xtve siècle, et qui témoignent du prix qu’on attachait alors aux études parisiennes, puisque, malgré les calamités de la guerre de Cent ans, les fondateurs laisaient dons et legs pour entretenir et faire instruire, à Paris, les meilleurs écoliers de la province et de l’étranger.
La date précise de cette création, les revenus, les statuts, les noms des principaux et régents, le nombre et l’origine des boursiers nous sont peu connus. Plusieurs historiens de Paris, Jaillot en particulier, en mentionnant le collège de Thou, n’ont pu qu’en indiquer la situation approximative. Le Beuf, qui semble le faire remonter à i3g3 seulement, le place ttproche Saint-Hilaire i>, sans préciser autrement sa position : rr J’ai , dit-il, quelque preuve qu’il etoit pour des bas Bretons, d’autant qu’un docteur breton le joignit, vers ce teins là (tàs3) aux collèges de Tréguier et de Cornouailles, dans la distribution de ses aumônes. n
Sauvai lien parle qu’incidemment et à propos de maisons contiguës. Dans les l'Aals île confiscations anglaises, il a trouvé les mentions suivantes :
«Grand hostel, rue de la Chartriere, au dessus du clos Bruneau, qui fut à Me Jt 'an de la Londe, tué ès prisons, n
(r Hostel neuf appartenant audit Me Jean de la Londe, scis en la rue Sainl- Hilaire, iaisant le coin du collège de Thou, qui est des appartenances du grand hostel cy-clessus(l). *
D’autres mentions, avec variantes, ne nous renseignent pas plus complètement sur le collège de Thou.
Les historiens universitaires, Du Boulay et son continuateur, ainsi que le savant monographe de Sainte-Barbe, n’ont pas été beaucoup plus explicites. Charles Jourdain range le collège de Thou parmi ceux rr qui n’ont pas d’histoire ». Quant a Jules Quicherat, il localise exactement l’établissement, à l’occasion de la dona-
Antir/mtés de Paris, t. [II, p. 29G.
lion faite en 1 553 , par Robert Dugasl, à la maison de Sainte-Barbe; mais il constate, en même temps, que le pauvre collège de Thon n’était plus alors qu’un souvenir. Parmi les biens donnés figure «l’ancien collège de Tout, converti alors en bâtiments de location «. Jules Quicherat ajoute les indications topographiques suivantes qui concordent parfaitement avec les nôtres : «On l’appelait 1 Hôtel du Chaudron; sa façade occupait tout un côté de la rue d’Ecosse, au côté gauche, en montant; il se retournait de flanc sur la rue du Four, et allait rejoindre le collège de Karembert; collège sans exercice, sur lequel les historiens ne donnent aucun renseignement M. s
Ce qu’ils ont le mieux connu, ce sont les noms divers, ou plutôt les orthographes diverses du nom que portait le collège; on trouve Thon, Tou, Tout, Thoul, Thoueil, et en latin, de Tttllo, de Ttdleio. La famille parlementaire de Tliou paraît avoir été complètement étrangère à la fondation du collège de ce nom, et rien n’autorise à croire que la race nobiliaire des comtes de Toul y ait été pour quelque chose.