‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 70 sur 302 · MÊME PAROISSE · texte numérisé non relu

MÊME PAROISSE

MÊME JUSTICE ET CENSIVE

Maison de l’Aigle d’or (1 586), contiguë à celle qui faisait le coin oriental de la rue delà Bûcherie, et en ayant fait partie jusqu’au xvi° siècle. Elle paraît clairement dans une pièce de i45o, où on lit : « Maison au paravant aus escholiers de Normandie, en la rue du Fouarre, tenant vers la riviere à l’hostel de Simon Dasac, espicier, d’aultre costé devers la rue Galande, a un hostel a présent eschole aus escholiers de Normandie, par derrière a I’Hostel Saincte Catherine. n

Escholes à la Nation de Normandie, ayant pour enseigne le Petit escu, qui furent jadis à Mc Yves Daniu, en 1 38o à Mc Guibert trlîsicien» et, en 1 483,

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, devinrent la propriété de la Nation de Normandie, ainsi qu'il appert de la note suivante empruntée à un texte de cette époque : tt Nation de Normandie, maison et petite court contiguë à I'Aigle. j

Esciloles aboutissant à I’Ymaige Nostre-Dime, qui avait façade sur la rue des liais. Elles appartinrent successivement à dame Ysabeau de Maably, puis à Mc Roberl de Sully, puis à Guibert (i38o).

La maison où étaient établies ces écoles formait l’angle septentrional de la ruelle qui tt traversait!), selon la vieille locution, de la rue du Fouarre à celle des Rats. Avant sa démolition, qui vient d’avoir lieu, on y remarquait un ancien puits avec des margelles en saillie, une armature en fer portant la poulie, et une tète formant gargouille. Ces détails accusaient le style de la fin du xvc siècle. Comme la maison dont il s’agit faisait encore, en 1607, partie de celle de Chartres, en la rue des Rats, il se pourrait que le puits ait appartenu à ce dernier immeuble, et lui ait donné son nom. On le trouve, en effet, ainsi désigné : 0 IIostel du puits de Chartres, sciz en la rue des Rats, d

Maison des sept Ars (1897), dénommée, un siècle plus tard, Crans escolles de la Nacion de Angleterre (i/i83) faisant l’autre coin de la ruelle, puis cul-de-sac. Ces écoles, qui furent rebâties au xvic siècle, sont dites, en i3A3, à Denise et à Gilles le Breton, en i38o à Pierre Manglous. En l’année 1667, est-il dit dans une note portant cette date, nie procureur de la Nation d'Angleterre, fut forcé de montrer ses titres à posséder les grandes et petites escolles et maisons sises rues du Fouarre, du Mûrier et Saint Jean de Beauvais d. L’antique Maison des sept Ars (libéraux) — c’est-à-dire du trivium et du quadrivium, — appartenait donc encore, vers la fin du xvue siècle, à ce qui pouvait rester alors de la Nation d’Angleterre.

Escolles que l’on dit le Cheval rouge (i38o), relevant de la Nation de Picardie, et appartenant alors à Marie la Païenne et auparavant à Jehanne la Michielle, qui en possédait d’autres dans la même rue. Reconstruites un demisiècle plus tard (1 A3o) , elles sont dites Escolles neuves.

La Nation de Picardie paraît les avoir possédées dès la fin du xvc siècle, car elle consacra une partie du terrain que ces écoles occupaient à une chapelle qu elle fit construire pour son usage particulier. » Cette Nation, dit Le Beuf, avoil coutume de s’assembler dans l’église de Saint- Julien-le-Pauvrc. Alais, en 1A87, elle obtint des vicaires généraux de l’évêque de Paris et de l’abbé de Sainte-Geneviève la permission de construire une chapelle sur une partie des anciennes écoles de la même Nation, sous le titre de Saint-Nicolas et de Sainte-Catherine . avec clocher

et cloches. L’autel fut consacrée en i5o6.* Le même fait avait déjà été constaté par Sauvai W.

La Chapelle de la Nation de Picardie subsistait encore au siècle dernier, et tien bon état * , ajoute Le Beuf. Devenue, avec ses dépendances, propriété nationale, elle fut vendue le 28 frimaire an xi (19 novembre 1802), puis démolie. Le fondateur du Musée des Monuments français dit y avoir pris tr quatre statues en pierre de liais, représentant des apôtres et exécutées vers le commencement du xive siècle *. Elles furent, avec d’autres débris du vieux monde des écoles, placées aux Petits Augustins.

Une autre chapelle scolaire existait dans la rue du Fouarre : c’était, dit Le Beuf, celle qui avait été érigée et sous le titre de Saint-Guillaume , archevêque de Bourges, patron de la Nation de France. Elle a été détruite, ajoute-t-il, et le culte du saint a ete transféré au collège de Navarre Pi*. Ou sait que cet établissement fut fondé par l’épouse de Philippe le Bel; mais on ignore à quelle époque précise la destruction de la chapelle Saint-Guillaume fit transférer sur la Montagne le culte du saint. Cet édifice était situé ttau costé opposé à celuy de la chapelle Saint-Nicolas et Sainte-Catherine*, c’est-à-dire sur le flanc occidental de la rue.

On ne saurait parler de la rue du Fouarre, sans évoquer le souvenir de ces tr Quatre Nations*, fort différentes, comme chacun sait, de celles pour lesquelles Mazarin fit plus tard élever son collège. Les historiens spéciaux de l’Université en ont lait l'objet de longues et savantes études, que le caractère purement topographique du présent ouvrage ne nous permet pas de reproduire. Cependant, avant de terminer l’article consacré à la rue occupée presque tout entière par ces quatre grands groupes scolaires, nous croyons pouvoir dire très sommairement comment ils y vivaient de leur vie propre.

Qu était-ce d’abord que ces a Quatre Nations*? Il y avait, répond Jules Quicherat, tria Nation de Normandie, pour les Normands et Manceaux; la Nation de Picardie, pour les Picards, Artésiens et Wallons; la Nation d’Allemagne, pour tous les étrangers de langue germanique, y compris les Anglais, Écossais et Irlandais; enfin la Nation de France pour les Parisiens, pour les Français de toutes les provinces à lest, à I ouest et au sud de Paris, et encore pour les étrangers des divers Etats méridionaux PI *.

L enseignement était donné, dans les écoles de la rue du Fouarre, aux écoliers

11 Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. III, p. 63.

(S) Hist. de tout le diocèse de Paris, édit. Cocheris, t. II, p. 698.

(î) Histoire de Sainte-Barbe , t. II, p. 55. U11 Dictionnaire historique de la (in du siècle dernier cora-

plète dans les termes suivanls l’exposé sommaire de Jules Quicherat :

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