‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 2)Chapitre 72 sur 302 · RUE DU FOUR · texte numérisé non relu

RUE DU FOUR

Plusieurs rues du Vieux Paris ont porté ce nom : elles le devaient à un four banal dépendant d’une seigneurie ecclésiastique ou laïque, et c’est encore le cas de la voie qui nous occupe.

Normandie et d’Allemagne, lesquelles n’ont commencé à être distinguées que vers l’an ia5o.»

Nation de France.

rrLn Nation de France est divisée en cinq provinces ou cinq tribus, qui sont Paris, Sens, Reims, Tours et Bourges . Et hors de France, l'Es¬

pagne, i’Ilalie, la Lombardie, Venise, toutes les

îles de la Méditerranée et toute l’Afrique . Les

messes de la Nation sont célébrées dans la chapelle du collège royal de Navarre, à 10 heures. Les assemblées se font au collège de Louis-le-Grand. Son titre honorifique et distinctif est Honoranda Gallorum Natio.»

Nation de Picardie.

Cette Nation est divisée en cinq tribus, qui sont celle de Beauvais, celle d'Amiens, celle de Noyon, Senlis , Soissons; celle de Laon, et la cinquième qui comprend Térouenne ou Saint-Omer, Gambray, Arras, Tournay, Utrecht, Liège, Mastricht, Anvers, Bruges, Middelbourg, Tongres, Namur, Malines, Ypres, Gand, Boulogne, Boisleduc, Ruremonde.

. Les messes de la Nation se célèbrent dans

la chapelle de la Nation, rue du Fouarre,

à 7 heures . Les assemblées se font au collège

de Louis-le-Grand. Son titre honorifique et distinctif, Fidelissinia Picardorum Natio. *

Nation de Normandie.

rr La Nation de Normandie contient 7 diocèses , savon* : Rouen, Avranches, Coutances, Lizieux.

Bayeux, Évreux, Séez. . . Les messes de la Nation sont célébrées dans la chapelle du collège d’Harcourt . Les assemblées se font au collège Louis-

le-Grand. Son litre honorifique et distinctif, Veneranda Nomanorum Natio. »

Nation d’Allemagne.

rr Cette Nation, autrefois divisée en trois provinces ou tribus, parce que la haute et la basse Allemagne étaient comptées pour deux , n’en comprend plus que deux depuis environ l’an 1628.

rr Première tribu, Tribus conlinenlium , renferme la haute et basse Germanie, Bohême, Hongrie, Bavière, Mayence, Trêves, Strasbourg, Cologne, Utrecht, Dannemarck, Ausbourg, Constance, Suisse, Basle, Lausanne, Pologne, Prusse-Saxonne, Liège en partie, Hollande et autres pays.

(r Deuxième tribu, Tribus insutarium, renferme l’Écosse, l’Angleterre, l’Hibernie.

tf Cette Nation, dans les temps les plus reculés, prétendoit au second rang dans l’Université. Ses armes sont l’aigle éployée; son titre honorifique et distinctif, Constanlissuna Germanorum Natio . »

«Nota que la Nation d’Angleterre s’effaça sous la Nation d’Allemagne, depuis les guerres que Charles VII termina heureusement.

ff Nota encore que la rue du Fouarre est célèbre dans les écrits du Dante, de Pétrarque, de Papire- Masson, de Rabelais, etc.»

La rue du Four aboutissait autrefois, d’une part, dans ia rue d’Ecosse, de l’autre, dans la rue des Sept-Voies, et elle comptait parmi les plus anciennes de la région. En 12Ô8, c’était déjà le vicus, ou la niella Furni, nom qui, traduit en français, s’est perpétué jusqu’à la période contemporaine. Aux xv1' et xvic siècles seulement, confondant cette voie avec colle dont elle forme la continuation, on l’a quelquefois appelée rue du Chauderon ou d 'Ecosse, confusion qui a été réciproque, puisqu’on trouve communément, au xvnc siècle, cette dernière rue nommée du Four.

Il semble quelle ait porté également, à cette époque, le nom rue de Laine, et cela dans quelques documents du temps, notamment dans le Procez verbail el rapport faict pour le nettoyement et pavaige des rues de Paris. Cette pièce, en ciïet, qui date do 1 6 3 6 , et que Félibien a publiée dans ses Preuves W, après avoir énuméré toutes les voies de la région sous leur nom d’usage, dénonce la rue de Laine comme (testant la pluspart boueuse et pleine d’immundicesn. Une raison nous autorise à 1 identifier avec la rue du Four : c’est que celle-ci 11’est pas mentionnée, sous ce nom, dans le Procez verbail, et que les autres voies y sont désignées par leurs noms habituels.

Celle-ci avait emprunté le sien au four voisin de l’église Saint-Hilaire; ce qui a fait croire qu’il dépendait de cette église. Le Dit de Guillot, sur lequel ils se sont appuyés , 11’indique au fond qu’une proximité de l’église et non une dépendance.

Puis ta rue du Petit Four,

Qu’on appelle ie petit four

Sainct Ylaire, et puis Clos Rruneau, etc.

Mais quelle était la situation précise de ce four? Certains extraits de titres anciens, contenus dans les archives du chapitre de Saint-Marcel, établissent que la maison du four Saint-Hilaire était située, en 12Ô0, sur le côté méridional de la rue.

Ce 11’est point de l’église Saint-Hilaire, mais bien de l’abbaye Sainte-Geneviève, que dépendait ledit four; en effet, dans un censier de ce monastère, portant la date de 1276, on trouve, après la mention du vicus Sancti Symphoriani, la rubrique suivante : niella sine capite, in qua fumus noster soldât esse. Ce passage, qui 11e peut s’appliquer qu’à la rue du Four, nous apprend que, à la date précitée, cette voie, ainsi que la rue d’Ecosse, était csans cliefr, c’est-à-dire à l’état d’impasse.

Les deux côtés de la rue du Four appartenaient à des paroisses et à des ceusives différentes : au midi, on était en censive de Sainte-Geneviève et dans ia

(1) Tome IV, p. 119 el suiv.

paroisse de Saint-Étienne-du-Mont ; au nord, on se trouvait dans celle de Saint- Hilaire et en censive de Saint-Marcel.

CÔTÉ MÉRIDIONAL

PAROISSE SA1NT-ETIENNE-DU-MONT

Le parcellaire de ce côté de la rue est facile à établir : le collège de Reims l’occupait tout entier et y développait ses façades postérieures. C’est sur une partie de cet emplacement qu’avait du être construit primitivement le four banal, puisqu’il était en censive de Sainte-Geneviève, et que l’autre côté de la rue se trouvait en censive de Saint-Marcel. On ne comprendrait point, en effet, que l'abbaye ait établi et possédé un four sur un territoire autre que le sien.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

PAROISSE SAINT— HILAIRE

JUSTICE ET CENSIVE DU CHAPITRE DE SAINT-MARCEL

Ce côté de la rue était également occupé, en majeure partie, par les dépendances du collège de Karembert. Cependant il existait, à chaque angle, une maison : la première, au coin de la rue des Sept-Voies, où elle avait son entrée; la seconde, dite la maison du collège de Thou, faisant le coin de la rue d’Ecosse.

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