RUE DE LA HUCHETTE
Il faut compter cette voie parmi les plus anciennes du Vieux Paris : ayant son ongine au débouché du Petit-Pont, sur la rive gauche, elle se détachait immédiatement de la voie romaine allant de Lutetia à Genabum, et dénommée plus tard rue Saint-Jacques, pour se diriger, à droite, vers le monticule où fut établi le inonasteie de Saint-Vincent, — depuis de Saint-Germain, — et traversant, par conséquent, le Clos de Laas, partie orientale du vaste domaine de cette abbaye. Elle mettait donc en communication la Cité et la Ville avec les vastes prairies qui couvraient la région occidentale du suburbium parisiense : c’était la première section de la voie qui, sous les noms de Saint-André-des-Ars et de Buci, conduit encore à Saint-Germain-des-Prés.
Il 11 est donc point étonnant que les anciens titres la désignent, par sa direction
topographique, par le clos qu'elle traversait et le but auquel elle tendait. On la trouve dénommée en 1210, 1234 et 1243 : irrue de Laos et vicus de Lacis»; en 1 2y5 et 1296 : «rue de Sainct Germain des Prezn, et tt Grant rue Sainct Germain », abréviations du texte latin d'une charte de ia54, vicus per quem itur apud Sanction Genmnum de Protia, el vicus Sancti Germain de Pratis.
Ainsi dénommée, la rue dont d s agit était souvent confondue avec celle de Saint-André, qui faisait la continuation, et cette confusion tenait non seulement à la direction commune des deux voies, mais encore à 1 existence, en 128G, d'une tt maison des Arts, domus artium», dans la rue de la Huchette, maison importante dont nous parlons plus loin.
Nous avons énuméré et expliqué, à l'article de la rue Saint-André-des-Ars W, les variantes du mot : ars, arls, arcs, et les diverses traductions latines qui en ont été faites; nous 11e pouvons qu’y renvoyer le lecteur.
La voie dont nous nous occupons a d’ailleurs porté dès la fin du xiu' siècle et peut-être avant, le vocable sous lequel on la désigne encore aujourd’hui. Certains historiens ont cru qu elle le devait à la petite hutte, ou huchette, dans laquelle se tenait le passeur chargé, avant la construction du Petit-Pont, de faire traverseï la Seine à ceux qui se rendaient dans la Cité; mais aucun document écrit ne confirme cette étymologie. Une enseigne de la Huchette, ou petite huche, est beaucoup plus probablement l’origine de cette dénomination, analogue a celles de beaucoup de rues du Vieux Paris. Ce qui nous en donne la presque certitude, c’est que cette enseigne était précisément appendue h l’entrée de la rue, au débouché du Petit-Pont.
La rue <r Sacalie - — aujourd’hui Zacharie, — qui finissait autrefois a celle de la Huchette, a servi quelquefois à dénommer cette dernière : tt rue de la Saccalier, lit-on en effet dans le Livre de la Taille de 1297. Mais il 11 y avait pas de confusion possible; la voie qui prêtait son nom à l’autre étant nommée, dans le même titre, «rue Traversainne de Saccalier.
Comme la rue de la Bùcherie, qui la continue au delà du Petit-Pont, celle de la Huchette avait ses derrières et ses dépendances sur le bord de la Seine, avant l’établissement du quai Saint-Michel. L'une et l’autre ont toujours été d’une propreté douteuse, ainsi que le constate le Procez verhail el rapport faict pour le netlmjement et pavaige des rues de Paris : «Rue de la Huchette, que nous avons trouvée pleine de boucs et immondices ^ n.
1» Voir le volume consacré à la Région occidentale de l’Université, p. 118 et suiv. - Mlibien, Preuves, p. i33.
CÔTÉ MÉRIDIONAL
(d’Orient en Occident).
PAROISSE DE SAINT-SÉVERIN