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PASSAGE DES JACOBINS

On dénommait ainsi, au xvme siède, une petite voie intérieure qui, après avoir été publique un certain moment, était redevenue privée au milieu du xvie, et ce, par lettres patentes du roi Charles IX, qui en ordonna la fermeture, à raison des crimes dont elle était le théâtre. Les noms significatifs de Coupe-Gueule et de Coupe-Gorge qui lui furent donnés, à elle aussi, ainsi que le porte le chartrier des Jacobins, témoignent assez des attentats qui s’y commettaient h).

Le Passage des Jacobins, ou Frères prêcheurs de la rue Saint-Jacques, qui appartenaient à l’ordre de Saint-Dominique, bordait, d’orient en occident, l'endos de ces religieux, longeait leur église, leur réfectoire, leurs écoles, leur infirmerie, et leur permettait ainsi de se rendre directement de l’extrémité occidentale de la rue des Grès à l’extrémité méridionale de la rue de la Harpe. 11 lut probablement, à l’origine, une simple voie de desserte à l’usage du monastère, et ne s’ouvrit au public qu'à l’époque où plusieurs couvents de Paris, voulant augmenter leurs revenus, tirèrent parti de leurs terrains, en les baillant à cens et à rente pour qu’on y tînt des foires, des marchés, et autres établissements exigeant une libre circulation.

Cependant, malgré cette affectation profane donnée à une partie du pourpris monastique, les Jacobins conservèrent les trois portes qu'ils avaient sur les rues Saint-Jacques, de la Harpe et de Cluny, ce qui leur permit de fermer le passage à certaines heures, et leur suscita de nombreuses difficultés, parce que cette fermeture, irrégulière sans doute, n’y assurait pas la sécurité publique ('2).

Dans les anciens titres, le Passage des Jacobins, quoiqu’il ne ressemblât point aux autres voies parisiennes, est qualifié de rue : aussi l’acte d’amortissement de la vente, faite par la Ville, des droits de censive quelle possédait sur le territoire du couvent, le désigne ainsi, à la date de 1281 : tria rue si comme l'en vait de Sainct Estienne des Grez à la porte Gibart.n Un demi-siècle auparavant (1281), il est fait mention d'une certaine rue » Jehan le Mireu, viens Johannis medici, ultra Parvum Pontem, juxta Sanction Jacobum, in censiva Mercalorurn aque. « En censive des Marchands de l’eau, près du couvent de Saint-Jacques i>, cela semble désigner le passage des Jacobins, puisque la rue des Poirées, qui répond aussi à cette désignation, n’est mentionnée qu’à 1236. Il ne peut, en effet, être question de la rue des Cordiers, qui n’existait pas encore à cette époque. Quoi quil en soit, il se trouvait, dans cette rue, la maison d’un certain Pierre d’Argenteuil , lequel

(1) Voir les articles consacrés à ces deux ruelles (î) Voir, aux Appendices, les pièces relatives à la

et les pièces conservées aux Àrch. nat. (S 4289). fermeture du Passage des Jacobins.

liÉGION CENTRALE DE L’UNIVERSITÉ, appartenait sans doute à cette famille, dont les rues des Poirées et de la Sorbonne ont porte le nom.

Elargi et rectifié, le Passage des Jacobins, formant la continuation de la rue Saint-Etienne-des-Grès, porte aujourd'hui le nom du jurisconsulte Cujas, à raison du voisinage de la Faculté de droit.

CÔTÉ SEPTENTRIONAL

(d’Orient en Occident).

Maison Saint-Bernard, formant l’encoignure du Passage et de la rue Saint- Jacques.

Maison de la Charité, appartenant sans doute à l’hôpital de ce nom, ancien Sanilat. (Voir la rue Jacob, dans le volume du Bourg Saint-Germain.)

Les deux immeubles qui précèdent sont localisés par la note suivante extraite d’un document authentique : et Saint-Bernard, tenant, d’une part et par derrière, aux Jacobins, le passage entre deux, d’autre part, à une maison appartenant à la Charité, et à d’autres maisons ayant issue sur la rue des Cordiers. s

Plusieurs Maisons, ayant issue sur la rue des Cordiers et au nombre desquelles il faut signaler la

Maison des Dix chaises (i36o), et la

Maison à Guillaume Chrestien (i36o), tedict du Cellier».

L’identification de ces immeubles parait hors de doute : le dernier est dit, en effet, à la date de i36o, tt aboutissant par derrière à l’ostel des Champions, en la rue des Cordiers». On le localise en outre, dans un titre de la même année : et Maison à Guillaume Crestien, dicl du Cellier, tenant aux Dix chaises, d’autre part <\ 1 Ostel des Jacobins, aboutissant, par derrière, à I’Ostel des Champions, en la seigneurie de Sainct Estienne des Grez.»

Dépendances de I'Ostel des Champions ( i 3 i g ).

Maison du Chanoine (i 3 i g) , faisant encoignure sur la rue de Cluny.

Les deux immeubles qui précèdent sont localisés par la note suivante : c i3i g. — Vente par Adam de Caulainvilla, chanoine de Sainct Eslienne des Grez :

Damum cum jardina sitarn prope Fralres Predicatores , conliguam ex una parte jardina Domüs ad Poches, et ex alia parle vico novo Corderiorum — c’était alors la rue de Cluny — et in ejus capile, conliguam cuneo dicte domus Fratrum Predicalorum. n

La Maison du Chanoine confinait donc, à l'est , au jardin de FOstel des Champions; à l'ouest, à la rue de Cluny; au sud, au couvent des Jacobins, le passage entre deux.

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