‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 105 sur 150 · GÉRONTE · texte numérisé non relu

GÉRONTE

Paris voit tous les jours de ces métamorphoses :

Dans tout le Pré-aux-Clercs tu verras mêmes choses,

Et l’Univers entier ne peut rien voir d’égal

Aux superbes dehors du Palais-Cardinal.

Toute une ville entière, avec pompe bastie.

Semble d’un vieux fossé par miracle sortie,

Et nous fait présumer, à ses superbes toits,

Que tous ses habitants sont des dieux ou des rois.

Dans ce qu’il dit sur le Pré-aux-Clercs , à cette date de i64a, Corneille se trouve être plus vrai que Sauvai lui -même dans un passage trop vague de ses Antiquités de Paris (t. II, p. 368).

(!) Piganiol confirme la situation de la maison do M. Bailly de Berchère (t. VIII, p. 96-97).

M C’est le même , que sa femme, la belle et trop fameuse M”’ Tiquet, tenta deux fois de faire assassiner. On conçoit, d’après la situation de la maison qu’ils habitaient, comment il se fit que l’exécution de la coupable eut lieu, le 17 juin 1699, au carrefour de la Croix-Rouge, qui était la place de Grève de la justice de Saint-Germain-des-Pres. (Voyez Guyot de Pitaval, Causes célèbres, t. IV, p. 43, et t. V, p. 485.)

N Elle était fille de ce d’ Aimeras qui fit, sous Louis XIII, une si grande fortune comme financier et comme fermier des postes. (Voyez, sur lui, la Chasse aux larrons de J. Bourgoing.)

mont, secrétaire des commandemens de feu S. A. R. Monsieur, duc d’Orléans W, par contract passé pardevanl Le Secq de Launay et Quarré, notaires, le 19 septembre 16G8, et l’autre à M. Roger-François do Fromont, écuyer, sieur de Villeneuve, par contract passé pardevant les mesmes notaires, le 26 desdits mois et an; ledit sieur de Fromont a passé titre nouvel le 22 mars 1687, pardevant Baglan, notaire.

Quatrième et cinquième maisons.

Ces deux maisons, dont l’une, joignant la précédente, fait l’encoigneure de ladite rue des Saints-Pères, et l’autre est la première à main gauche dans la rue de l'Université, sont baslies sur A20 toises de terre données a cens et rente par 1 Université, par conlract passé pardevant Levesque et Boucot, le 8 aoust x G 3 , a messire Jean Le Coq, seigneur de Corbevdle, conseiller en la grand chambre moyennant 4 2 0 livres de rente et 1 0 livres parisis de cens; a passé tilre nouvel le 26 février 1 6 g 5 , pardevant Baglan, notaire.

Sixième maison.

Cette maison est bastie sur 42 0 toises de terre données à cens et rente par contract passé pardevant lesdits Levesque et Boucot, notaires, le 8 aoust 1639, à messire Pierre Pithou, conseiller au Parlement, moyennant 10 livres parisis de cens et 420 livres de rente, laquelle a esté rachetée par quittance du 19 juillet 1 6 5 1 .

Messire Henri de Bullion, conseiller au Parlement, et dame Magdelaine de Vassan, son épouse, ont acquis par contract d’échange passé pardevant Mousnier et Le Secq de Launav, notaires, le 25 mai 1675, ladite maison de messire Nicolas Durand de Villegagnon, et de damoiselle Elisabeth Pithou, son épouse, lille et héritière dudit feu sieur Pithou.

Ladite dame veuve de Bullion et ses enfants ont passé titre nouvel à l’Université le 10 septembre 1691 , pardevant Lorimier, notaire.

Septième maison.

Cette maison est bastie sur pareille quantité de terre que les deux précédentes, données à cens et rente par l’Université, par contract passé pardevant les mesmes notaires, aux mesmes charges et conditions, a M. Charles de Berulle, maistre des requestes, laquelle il a depuis vendue a messire François dHarville des Ursins, marquis de Paloiseau, par contract passé pardevant Muret, notaire, le 3o avril 1 657, et ledit sieur marquis de Paloiseau a passé titre nouvel pardevant Baglan, notaire, le 21 juillet i6g4l3>.

1 Ceci donne encore raison à ce que nous avons dit de l’empressement des officiers de la maison de Gaston ou de celle de sa fille à venir s'établir dans ces quartiers, qui avoient, entre autres avantages, celui de ne pas être éloignés du Luxembourg.

() La maison de M. Lecoq est indiquée sur le plan de Gomboust, au coin de la rue des Saints- Pères et de la rue de l’Université. Cette dernière est appelée rue de Sorbonne. Elle a aussi ce nom sur les plans de Bullel et de Jouvin. Sauvai (t. I , p. 1 52 ) dit que c est à tort qu’on le lui donne , car rien n’indique quelle l’ait jamais réellement porté. G. Brice (t. IV, p. 59) est d’un avis contraire, et soutient que ce nom désigna au moins- la partie comprise

entre la rue des Saints-Pères et la rue du Bac. Jaillot pense, de son côté, que c’est la rue Saint- Dominique , qui , en 1 67 3 , s’appeloit rue de Sorbonne ( Quartier Saint-Germain , p. 81). Quant à Piganiol (t. VIII, p. 1 69), il donne tort et raison à G. Brice : raison si, pour l’époque où cette désignation put être en usage, il s’en tient a la date du plan de Gomboust, c’est-à-dire à 1 6 5 12 ; tort, s’il soutient que ce nom dut être employé plus tard. Cette opinion de Piganiol est certainement la meilleure.

{3) L’hôtel de Paloiseau, l'un des plus anciens et des plus beaux de ce quartier, est indiqué sur la plupart des plans de Paris du xvu' siècle; seulement on l’y confond souvent, notamment sur le

Huitième et neuvième maisons.

Ces deux maisons sont basties sur 1,960 toises de terre données à cens et rente par l Université, par contract passé par devant les mesmes notaires, ledit jour, 3i aoust 1689, à messire Jean Tambonneau, conseiller du Roy en ses conseils, président en la Chambre des comptes, moyennant Ô7 livres parisisde cens et 1,960 livres de rente, dont il en a este racheté 5oo livres par quittances des 20 janvier et 12 mars 1681, données par M. Charles Quarre, lors receveur de l’Université; partant la rente n’est plus que de i,ô5o livres. Messire Antoine-Michel Tambonneau, aussi président en la Chambre des comptes, fils et héritier dudit feu sieur Tambonneau, a passé titre nouvel le 25 octobre 169Û, pardevant Baglan et son confrère, notaires (l).

Dixième, onzième et douzième maisons.

Ces trois maisons sont basties sur Gy 5 toises de terre, données à cens et rente par 1 Université, par contract passé pardevant les mesmes notaires, le 3 septembre 1689, à messire Tanneguy Seguier, président au Parlement, moyennant 16 livres h sols parisis de cens et 676 livres de rente, laquelle fut depuis réduite à 588 livres 16 sols 8 deniers, au moyen de 1 arpentage fait de ladite place par Thomas Goubert, masson, le 5 juillet 1GG0, nommé d office par M. Coicault, conseiller au Parlement et commissaire aux requestes du palais, en conséquence d’une sentence rendue par ladite cour le 8 janvier 1 G 5 9 , et le cens réduit à 17 livres i3 sols 5 deniers.

Dame Marguerite de Menisson, veuve dudit sieur président Seguier, vendit ladite place par contract passé par devant Huart et Lemoyne, notaires au Chastelet, le 8 décembre 1 6 4 3 , a M. André Briçonnet, sieur du Mesnil et de la Chaussée, à la charge de payer les arrérages dcsdils cens et rente.

Dame Louise Pithou, veuve dudit sieur Briçonnet, racheta ladite rente, montant en principal

plan de 1699 et sur celui de Blondel, avec son voisin l’hôtel Tambonneau. Sur le plan Turgot, il s’appelle hôtel de la Roche-Guyon. Il étoit donc devenu, par acquisition ou autrement, l'un des quatre hôtels que, suivant Piganiol, rr les comtes rrde la Roche-Guyon, du nom de Silli, ont eus à rr Paris, en différents temps et en différents quartiers.» ( Description de Paris, t. III, [). 280- 281.)

(l) L’hôtel Tambonneau, dont G. Brice a donné la description (t. IV, p. 59-60), avoit été bâti par Le Vau, et étoit l’un des plus beaux de la rue de l’Université. Le président étoit venu au Préaux-Clercs pour se rapprocher de Le Coigneux, son ami, et peut-être aussi afin d’être à portée de voir de plus près et plus souvent la fille de la Dupuis, mariée à de Sacy, pour laquelle il avoit une vive inclination (voyez Tallemant, édit. P. Paris, t. I, p. 307). En attendant que son hôtel fut bâti, il s’établit dans la maison que Barbier, contrôleur général des bois de l’Isle-de-France et l’un des adjudicataires du parc de la reine Marguerite, avoit fait construire rue de Beaune à deux

pas du pont de bois, qu’on appeloit à cause de lui pont Barbier, n- Celte belle maison auprès du Prévaux- Clercs,» comme Tallemant appelle fhôtel Tambonneau, étant terminée, il y vint avec sa femme, si connue alors par ses coquetteries de toutes sortes, et même avec les amants de Madame, entre autres Aubijoux, qui, s’v trouvant bien, rry mnena, dit Tallemant, d’autres gens de la cour.» (Édit, in-12, t. IX, p. 1 55.) La maison Tambonneau est figurée sur le plan de Gombousl; ses jardins vont jusqu’à la rue Saint-Guillaume, en longeant, sur la gauche, une partie du cimetière des Huguenots. La Quintinie, qui étoit précepteur du fils de M. Tambonneau, développa, dans ces magnifiques jardins, le goût qu’il avoit pour l’horticulture, si bien qu’il renonça tout à fait au dessein qu’il avoit de se faire avocat, et se fit jardinier. On sait combien celle résolution lui a réussi, et quelle célébrité il a atteinte.

M. Monmerqué a dit par erreur, dans ses Notes sur Tallemant (l. IX, p. i55), que 1 hôtel Tambonneau, l’ancien hôtel de Bouillon, selon lui, étoit encore un des plus beaux du quai Malaquais.

à 11,776 livres i3 sols h deniers, par quittance passée pardevant Pain et Mousnier, notaires, le 3 juillet 1 6G0.

Messirc François Briçonnet, maistre des comptes, tant comme fds et héritier dudit sieur André Briçonnet que comme donataire de ladite dame Pilliou, sa mère, en faveur de son contract de mariage du 20 janvier 1669, a passe' titre nouvel desdites trois maisons le 21 mars 1688, pardevant Baglan, notaire.

Treizième maison.

Celte maison est bastie sur 65o toises de terre, données à cens et rente par l’Université, par contract passé pardevant les mesmes notaires, le 3 septembre 1 6 3g , à messire Jean de Berulle, seigneur du Vieux-Verger et de Serilly, conseiller d’Estat, moyennant i5 livres 12 sols parisis de cens et 65o livres de rente.

Les mesmes jour et an, ledit sieur de Berulle en passa déclaration au profil de Jean Boulhier, secrétaire de la reine, et de damoisellc Anne Prieur, sa femme.

Jean-Louis et Anne Boulhier, enfans et héritiers desdits sieur et damoiselle Boulhier, échangèrent ladite place, par contract du 21 janvier 1 658 , avec M. Adrien Guilonneau, secrétaire du roy, lequel, par autre contract du i3 may 1660, l’échangea avec dame Elisabeth Lhuillier, épouse non commune en biens de messire Eslienne Daligre, chancelier de France, qui la fit décréter et s’en rendit adjudicataire par sentence du Chastelet du septième mai 1661 ; et avant que l’adjudication luy en eut esté faite, elle la fit mesurer et arpenter par Thomas Gobert^, maître masson, expert convenu; par l’arpentage, ladite place ne se trouva contenir que 670 toises 3 pieds 9 poulces, c’est-à-dire quatre-vingts toises ou environ moins qu’il n’est porté par ledil contract de bail à cens et rente, de manière que la rente fut réduite à 570 livres 2 sols 1 denier, et le cens 317 livres 2 sols.

Jacques Laugeois, sieur d’Imbercourt, secrétaire du roy, a acquis ladite place de ladite dame Daligre, par contract passé par devant Bru et ArrouetI2), notaires, le 19 septembre 1681, sur lequel il a fait baslir une grande maison (3), dont il a passé titre nouvel le 8 mars 1687, pardevant Baglan, notaire.

ll) Ce Thomas Gobcrt éloit le père de l’architecte du même nom , à qui on devoit le dessin de la bibliothèque des Petits-Pères, et qui construisit tout près de ce même hôtel d’Aligre mine fort jolie «maison,» dit Germain Brice (t. IV, p. 81), dont il 11'est pas parlé ici. En 1762, elle apparlenoit aux héritiers de la présidente de Brou. Selon Brice, 011 1 avoit bâtie sur un emplacement occupé auparavant par la manufacture de glaces qui fut ensuite transférée au làubourg Saint-Antoine. Un manège, ou, comme dit Brice, «une académie pour monter «à cheval,» s’y étoit vu auparavant. C’est sans doute Y académie de M. Forestier, figurée sur le plan de Gomboust. Elle avoit son entrée sur la rue de Sorbonne (sic) par une sorte de petite ruelle. Ces établissements furent nombreux de ce côté au xvn* siècle. Michel de Marolles, qui consacre tout un chapitre de sa Description de Parts (1677, in-4°) aux acadé¬

mies pour monter à cheval, nous montre :

Clapier le Lyonnois, Soleilrel, Bernaldi,

Gentilhomme Lucquois, cousin d’Arnolpliini ;

Du Vernay, Rocquefort .

Dans la rue où l'on dit de l’Université La vallée au-dessus des fossés de Condé,

Et Foubert dans la rue à Sainlc-Mar(juerile.

(î) Le notaire Arouet, père de Voltaire.

(3) Germain Brice a donc raison quand il nous dit (t. IV, p. 60) que la première maison bâtie sur ce terrain le fut par Laugeois d’Imbercourt. Mrae d’Aligre avait possédé la place, mais n'y avoit rien fait construire , quoi qu’en dise Piganiol (t. VIII , p. 170). Cet hôtel, que Brice a décrit, et qui étoit loin d’être beau malgré l’argent qu’on y avoit dépensé, revint et resta à la famille d’Aligre, après avoir appartenu quelque temps au premier président Achille du Harlay.

Quatorzième maison.

Celte maison est bastie sur 585 toises et demie de terre, données à cens et rente par l’Université, par contract passé pardevant les mesmes notaires, le 3 septembre 1689, à M. François Lliuillicr 0), maistre des comptes, moyennant 1A livres parisis de cens et 585 livres 10 sols de rente.

Ledit sieur Lhuillier estant mort, dame Elisabeth Lhuillier, sa sœur, épouse dudit seigneur chancelier Daligre, tant comme son héritière que comme fondée de procuration de M. François Rocbard de Saron, à cause de dame Magdelaine Lhuillier, son épouse, aussi sœur et héritière dudit sieur Lhuillier, passa titre nouvel à l’Université le 28 avril 1 6 6 3 , et déclara pariceluv que l’arpentage ayant esté lait de ladite place par Michel Gemin, arpenteur convenu, ladite place, suivant son procez-verhal du 3 juillet i65o, ne se seroit trouvée contenir que A78 toises 3 quarts 7 pieds 35 poulccs, c’est-à-dire 107 toises quelques pieds moins cju’il n’est porté par le contract de bail à cens et rente; partant, que ladite dame de Saron et elle n’estoient. obligées que de payer A78 livres 19 sols de rente et 1A livres 6 sols A deniers de cens au lieu de 585 livres 10 sols de rente et 17 livres 10 sols de cens. Messire Jean Rocbard de Saron, conseiller en la grand’chambre, en a passé titre nouvel pardevant Raglan, notaire, le 20 février 1695.

Quinzième et seizième maisons.

Ces deux maisons sont baslies sur 917 toises de terre, données à cens et rente par l'Universilé, par contract passé par devant les mesmes notaires, le 3 septembre 1639, à messire Christophe Leschassier, maistre des comptes, et messire Thomas de Rragelonne, conseiller au Parlement, et depuis premier président au parlement de Metz, moyennant 21 livres 19 sols parisis de cens eL 917 livres de rente, le tout solidairement; la rente a esté rachetée.

Ledit sieur Leschassier a donné la maison qu'il a fait bastir sur partie de ladite place à Monsieur Robert Leschassier, son fils, aujourdhuy conseiller en la grand’chambre, par son contract de mariage du 29 may 1661, pardevant La Mothe, notaire, lequel a passé titre nouvel le 20 novembre 1 6 9 A , pardevant Raglan, notaire, tant pour sa maison que pour celle bastie par le sieur président de Rragelonne, les deux maisons estant obligées solidairement à l’Université.

Dix-septième maison.

Cette maison est bastie sur AA A toises de terre, données à cens et rente par l’Université, par contract passé par devant les mesmes notaires, le 3 septembre 1689, à M. Jean Levasseur, receveur-général des finances à Paris, moyennant 12 livres 16 sols 9 deniers de cens et AAA livres de rente, laquelle a esté rachetée.

Le 3 février 1 G 5 5 , ledit sieur Le Vasseur, par son testament olographe, institua ses légataires universels Olivier Picques, secrétaire du Roy, et dame Marie Le Vasseur, son épouse.

Jean Marie, Catherine et Anne Picques, enfants et héritiers desdits sieur et dame Picques* en ont passé titre nouvel le 6 juillet 1688, pardevant Raglan, notaire.

Dix-huitième maison.

Cette maison, bastie sur . toises de terre, est celle que l’Université a fait construire à

ses frais et dépens, et laquelle fait l’encoigneure de ladite rue de l’Université et de celle du

Rac (2L

(l) Le même dont Chapelle, l’ami de Rachau- l2) C’est l’une des deux grandes maisons rrsur la mont, étoit le fils naturel. reporte desquelles, dit le chevalier du Coudray, sont

Il est à observer que derrière et attenant les jardins dépendans des maisons de Messieurs Tambonncau et Briçonnet, il y a 66 toises de terre dépendantes dudit grand Pre'-aux-Clercs , encloses et faisant partie du jardin des religieux Jacobins du novitiat, lesquelles furent autrefois donne'es à cens et rente par M. Samuel Dacole, fondé de procuration de l’Université, par acte et délibération des 22 aoust 1629 et 9 mars i63o, aux nommez Jacques Le Fèvre, Catherine du Bois, sa femme, et Pierre Pijard et Anne Le Fèvre, aussi sa femme, par contract passé par devant Coustard et Jutet, notaires au Chastelet, le 1 1 mars iG3o. Ce qui donna occasion à la Passation de ce contrat fut que M. Louis Dulac, prieur de Louis, s’estant rendu adjudicataire dune maison, clos, jardin et moulin, saisis réellement sur Jean Allen et sa femme, pour rendre ledit clos carré, s’étendit sur l’Université, et, depuis ayant vendu le tout auxdits Pijard et Le Fèvre, et l’Université ayant esté avertie de l’entreprise dudit sieur Dulac, elle demanda cpi’il lui en fût l’ait raison par ledit Dulac ou lesdits Pijard et Le Fèvre, ce qui forma un procès dont lesdits Pijard et Le Fèvre appréhendant avec raison l’issue, ils consentirent de prendre à cens et rente de 1 Université ce qui se trouveroit avoir esté empiété sur elle. Ainsi, il en fut fait arpentage par Gaspard Hubert et Christophe Gamard, massons, lesquels, par leur procès-verbal du 18 janvier iG32, évaluèrent l’entreprise à 66 toises, pour lesquelles lesdits Pijard et Le Fèvre offrirent de payer à l’Université 7 livres de rente et 1 denier de cens, ce qui leur fut accordé par le susdit contract dudit jour 1 1 mars iG3o 1‘).

Les Jacobins du novitiat ont depuis acquis les droits desdits Pijard et Le Fèvre, et en ont passé, pardevant Baglan, titre nouvel à l’Université le 27 mars 1688, par lequel ils ont déclaré que desdites 66 toises de terre ils en avoient donné 9 à M. le président Tambonneau par contract du i3 septembre i646, pour rendre quarré un jardin estant derrière la maison qui luy appartient, attenant celle où il demeure, à la charge de les acquitter de ko sols de rente, plus les trois quarts d’une perche à M. André Briçonnet, le 12 octobre 16/16, dont il avoit eu besoin parce quils laisoient hache sur son bastimcnl derrière sa maison.

Dix -neuvième , vingtième Ces trois maisons sont basties dans la ru

nies armes de 1 Université, à qui elles appartiennent «et qui ont donné le nom h la rue. C’est, ajoute le ff chevalier, une anecdote que M. de Sainte-Foix " ignorait, et que nous tenons de M. Duval, recteur «pour la seconde fois de l’Université.» [Nouveaux essais historiques sur Paris, Paris, 1781, in-12, t. I, p. 178.) Sainte-Foix ne l’avoit pas dit, c’est vrai, mais Brice en avoit parlé, et à peu près dans les mêmes termes que M. du Coudray (t. IV, p. 62 ).

1,1 Une partie des bâtiments du noviciat des Jacobins réformés est occupée par le Musée d’artillerie. L’église est devenue celle de Saint-Thomasd’Aquin, qui, dès l’origine, en était l’un des patrons. Les Jacobins s’étoient établis là en i033 sous le patronage de Richelieu. (Voyez Supplément aux antiquités de Paris, par Du Breul, p. A3.)

1,1 Ua rue du Bac, que nous avons déjà vue souvent nommée ici, devoit, comme 011 sait, son nom au bac qui, avant la construction du pont Barbier, et surtout du Pont-Tloqal , établissoit une communi¬

ât vingt-et-unième maisons, t du Bac, sur 36o toises de terre l2l, d’une part,

cation entre la rive gauche et la rive droite de la Seine. — Suivant les Registres de l’hôtel de ville (vol. 1 A 7 ) , ce bac avoit été établi par lettres-patentes du 6 novembre i55o. Pendant la nuit de la Saint- Barthélemy, il avoit été enlevé ainsi que les autres bateaux de passeurs qui se trouvoient d’ordinaire devant les Tuileries. On vouloit par là empêcher que les huguenots, nombreux dans le Pré-aux- Clercs, ne fussent avertis à temps; et, en effet, ce fut une des raisons qui firent que M. de Caumont et ses fds furent surpris et ne purent se sauver. (Voyez de Meyer, Galerie du xn’ siècle , t. l.p. 376.) — M. Bertv, à la page âo3 de son travail déjà cité, donne de curieux renseignements sur ce bac, sur celui qui en était chargé et sur le chemin qui y conduisoit. ffNous avons trouvé, dit-il, dans les arechives de l’Université, une transaction du 26 moi ei58o,par laquelle un marchand, nommé Georges r Régnier, qui est dit fournissant les matériaux qu’il c convient avoir pour les fortifications de cette ville

données à cens et rente par l’Université à M. Jacques du Chevreuil, par contract du i5 octobre i65o, moyennant 20 livres parisis de cens et 36o livres de rente.

Et encore sur 608 toises et demie de terre données à cens et rente par ladite Université à M. René Foucault, commissaire général de la marine, par contract du 7 aoust 1GG0, moyennant tU livres 12 sols parisis de cens et 608 livres 10 sols de rente.

Ledit sieur du Chevreuil céda ses droits à Claude Colas, charpentier, par contract du h may 1 6 4 3 .

Ledit Colas vendit une maison qu’il avoit fait bastir sur ladite place à M. Jean Coiflier 0), maistre des comptes, par contract du 19 mars 16G6, lequel depuis, ayant acquis des héritiers bénéficiaires dudit sieur Foucault l’autre place des G08 toises, fit abattre la maison qu’il avoit acquise dudit Colas, et fit construire sur lesdites deux places trois maisons, lesquelles, dans la suite, ont esté sur lui vendues par les directeurs de ses créanciers à M. François de Rousseau, maistre des comptes, lequel a passé litre nouvel pardevant Quarré et son confrère, notaires, le 8 octobre 1G82.

A la suite de ces maisons sont les places qui ont esté vendues à dame Renée de Villeneuve, veuve dudit sieur de Rousseau, maistre des comptes, et à M. Gaston-Jean-Baptiste Therat, chancelier de son A. R. Monsieur, duc d'Orléans, revenantes à i,Goo toises de terre, chargées envers l’Université de US livres de cens, par contract passé pardevant le Vasseui el Baglan, notaires, le 20 septembre 1688; et depuis ladite dame de Rousseau a acquis les droits dudit sieur Therat par contract du 2 septembre 1G88.

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