LES HÔTELS DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN
Ainsi que nous l’avons dit à la fin de notre chapitre additionnel, nous avons dû renoncer à reconstituer le lotissement détaillé du faubourg et à en établir le plan parcellaire. Ce travail, qui nous aurait conduit à écrire une monographie de chaque hôtel, eût excédé notablement les bornes d’un volume et dépassé les limites chronologiques dans lesquelles Adolphe Berty s’est renfermé. Mais, tout en écartant cette intéressante étude, nous avons cru pouvoir la recommander à la curiosité du lecteur, et nous lui avons signalé quelquesuns des ouvrages à l’aide desquels il pourra la poursuivre. L’obligeance du savant bibliothécaire de la Ville de Paris nous permet d’ajouter à nos premières indications. Sans avoir la prétention de dresser une bibliographie complète du sujet, nous croyons, avec M. Jules Cousin , qu’on peut consulter avec fruit :
i° Les historiens, descripteurs, auteurs de Guides, de Voyages, d’ Indicateurs , d 'Etals de Paris, etc., qui ont écrit au xvif et au xvme siècle, et consigné dans leurs livres ce qu’ils avaient vu de leurs yeux;
2° Les architectes, dessinateurs, graveurs et autres artistes qui ont fait une étude raisonnée ou levé des plans et des vues pittoresques des hôtels du faubourg;
3° Les auteurs de mémoires et rapports officiels, ainsi que les généalogistes, héraldistes et monographes, qui ont fait entrer, dans leurs travaux sur les grandes familles de France, l’historique des hôtels que ces familles possédaient au faubourg Saint-Germain.
Les ouvrages et factums de celte dernière catégorie sont fort nombreux; nous ne pouvons donc songer à en donner la liste. Qu’il nous suffise d’en indiquer quelques-uns comme exemples de ce genre de travail :
Rapport au Conseil des cinq cents sur un message du Directoire exécutif , qui demande à être autorisé à échanger la maison de i Université cl celle des Feuillantines contre celle de Castries (Paris, an vi);
Etat et description des lieux des grand et petit hôtels de Coati , sis rue de Grenelle-Saint-Germain , n ‘ lui et io3 , occupés par les bureaux du Ministre de l’intéi'ieur (manuscrit in-f°, 1818);
Le marquis de Lassay et l’hôtel de Lassai/, aujourd’hui hôtel de la Présidence, par Paulin Paris
(Paris, i848).
L'Iiôtel de la reine Marguerite , première femme de Henri IV, précédé d'une étude sur le palais des Thermes, l'abbaye Saint-Germain des Prés, etc., par Charles Duplomb (Paris, 1 88 1 ).
Rédigés le plus souvent d'après des papiers de famille et autres documents manuscrits, ces opuscules contiennent des détails qui ont échappé aux historiens. Ceux-ci, en revanche, nous renseignent avec plus d’impartialité et embrassent dans leurs descriptions un plus grand nombre d’hôtels. Sauvai, qu’il faut toujours citer en première ligne, a peu parlé du faubourg Saint-Germain qui, de son temps, commençait seulement à se con-
APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. if, 5
struire; mais Germain Brice [Description de la ville de Paris et de tout ce quelle contient de plus remarquable, neuf éditions de 1 684 à 1 85a) et Piganiol de la Force ( Description historique delà ville de Paris, éditions de 17/13 et de 1 7 G 5 ) ont donné, sur les hôtels du faubourg, des renseignements on ne peut plus précieux. Leur travail a pour complément celui de Thiéry ( Guide des amateurs et des etrangers voyageurs n Paris, Paris , 1 7 88 ), qui fait connaître surtout les hôtels construits dans la seconde moitié du xvm' siècle.
En suivant l’ordre chronologique, nous rencontrons une série fort curieuse intitulée : Les rues et les environs de Paris; c’est un indicateur qui a été publié à un très grand nombre d’éditions, dans le courant du xvm' siècle. Fondé par Colletet, dès 1G89, sous ce titre : La ville de Paris, contenant le nom de ses rues, églises, monastères, palais, hôtels, etc., il fut repris, en 1733, par l'éditeur Gaudin, puis, en 1740, par le libraire Valleyre, et passa, en 1 773 , au libraire Langlois, qui l’augmenta d’un volume. L’intérêt qu’il présente, pour l’étude des hôtels du faubourg Saint-Germain, est dans la nomenclature très complète qu’il en donne et dans les changements de noms qu’il a soin d’enregistrer : ce qui permet d’identifier un grand nombre de ces résidences seigneuriales, dont les appellations se modifient d’année en année, selon les naissances, mariages, décès, rangs, fonctions, héritages ou dignités de leurs possesseurs. La dernière édition est probablement celle de 1785, époque à laquelle tous les hôtels du faubourg étaient bâtis.
A ces livres, qui ont l’inappréciable avantage d’être des témoins contemporains de l’ancien état de choses, il faut ajouter les ouvrages d’érudition composés de nos jours avec une connaissance plus ou moins approfondie du sujet, étayant, par conséquent, des titres inégaux à la confiance du lecteur. De ce nombre sont : les rares et précieuses notes jointes par M. le comte Léon de La Boude à son étude sur Le palais Mazarin et les grandes habitations de ville et de campagne au xrn’ siècle (Paris, i846); — Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III, par Lefeuve (Paris, 185G-63-75); — les divers articles publiés par Edouard Fournier dans les ouvrages auxquels il a collaboré, ainsi que les notes que cet érudit a semées dans ses nombreuses réimpressions; — les collections des Archives de l’art français et de la Bibliothèque de l’Ecole des chartes; — les Bulletins de la Société de l'histoire de Pans et de l’Ile-de-France, et autres publications de cet ordre.
Un dernier ouvrage mérite, par sa spécialité, une mention particulière : c’est le livre qui a pour auteur le comte d’Aucourt et pour titre : Les anciens hôtels de Paris, avec une carte gravée des grands hôtels de la rive gauche avant tySg (Paris, 1880).
Parmi les œuvres des architectes, dessinateurs et graveurs, qui ont pour objet l’étude géométrale ou pittoresque des hôtels du faubourg Saint-Germain, nous citerons ;
Les livres d’architecture dits le Petit et le Grand Marot, recueils factices de planches gravées dans la seconde moitié du xvif siècle (Paris, 1G80 et suiv.);
Architecture française, recueil publié par Mariette et consacré aux hôtels construits depuis la publication du Grand Marot, auquel il sert de complément (Paris, 1736-1700);
Architecture française ou Recueil de plans, coupes et profils des églises, palais, hôtels et édifices les plus considérables de Pans, par Jacques-François Blondel, ouvrage dans lequel ont été fondus ceux de Marot et de Mariette (Paris, 1763);
Les deux suites de médaillons en couleur, publiées avant 1789 par les frères Le Lampion et Janinet;
Plans, coupes, élévations des plus belles maisons et des hôtels construits « Paris et dans les environs, par Kraft et Ransonnette (Paris, 1796-1802);
Encyclopédie d’architecture , publiée de i85o à 1862 par A. Lance et V. Calliat;
Motifs historiques d’architecture et de sculpture, de la Renaissance à la fin du règne de Louis XVI, par César Daly (Paris, 1869).
Telles sont les principales sources où l’on devra puiser pour réunir les détails historiques et iconographiques que comportent les grands hôtels du faubourg Saint-Germain. Mais la mine la plus riche à exploiter serait la colleclion des archives des notaires, si la discrétion professionnelle, parfois trop rigoureusement comprise, ne rendait fort difficile l’accès de ces précieuses minutes. C’est là que repose l’histoire des hôtels et autres édifices privés de l’ancien Paris, du xvic au xvme siècle, et c’est de là que vous viennent les renseignements les plus certains, obtenus généralement par les membres des familles intéressées, qui vont y chercher les éléments d’une monographie.
TABLE ALPHABÉTIQUE