‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 143 sur 150 · UU · texte numérisé non relu

UU

deux arpents trois quartiers, ou environ, appartenant ausdicts sieurs héritiers delà Ralle, dans ledict troisième rayage, estimez à raison de deux cens livres l’arpent; cinq quartiers et demy appartenant au sieur Friquois Garet, situez dans ledict troisième rayage, estimez à raison de cent quatre-vingts livres l’arpent; deux autres arpents, ou environ, appartenant au sieur Nicolas Sauvage, dans ledict troisième rayage, estimez à raison de cent soixante livres l’arpent; quatre arpents et demy, ou environ, appartenant à la dame Pesche, situez dans le quatrième rayage, qui est entre le chemin Rlomet et le grand chemin de Sève, estimez à raison de six cens livres l’arpent. ; la pièce de terre ensuite contenant neuf arpens, dans le qualriesmc rayage, appartenant à ladicte dame Pesche, estimée à raison de huit cens livres l’arpent; trois arpents un quartier, ou environ, appartenant au sieur Gabillon, notaire, dans ledict qualriesmc rayage, estimez à raison de sept cens livres l’arpent; trois quartiers appartenans à ladicte dame Nicolas la Salle, dans ledict quatriesme rayage, estimez à ladicte raison de sept cens livres l’arpent; un arpent et demy, ou environ, appartenant ausdicts sieurs chairculiers, dans ledict quatriesme rayage, estimé à raison de six cens cinquante livres l’arpenl; quatre arpenls et demy appartenant au sieur Nicolas Sauvage, dans le quatriesme rayage, estimez à raison de cinq cent cinquante livres l’arpent; un arpent et demy, ou environ, appartenant au sieur Mesnard; dix arpens appartenans à la dame Mareschal, et dix autres appartenant à ladicte dame Rrissonnet, situez dans le quatriesme rayage, estimez à raison de cinq cens livres l’arpent, et une petite pièce de terre appartenant au sieur Lamy, contenant environ demy arpent, dans le quatriesme rayage, estimée a raison de trois cens livres l’arpent.

Sommation faite à tous les propriétaires, le 7 aoust dernier, de prendre communication dudict procès-verbal d’estimation, entre les mains dudict sieur Mole' à qui il avoit esté remis, et de rapporter par devant luy les til très et actes concernans la propriété de leurs héritaiges et tout ce qui a esté remis par devant lesdicls sieurs de la Margueric et Molé, commissaires à ce députés,

Le Roy, estant en son conseil, faisant droit sur ledict procès-verbal, du 18 juillet 1676, de la prise et estimation desdictes terres et héritaiges, a ordonné et ordonne que lesdicls propriélaires seront payez, par les directeurs de l’hostel royal des Invalides, des sommes desquelles la totalité ou portion desdictes terres, qui seront jugées nécessaires pour le terrain dudict hostel, ont esté estimées pour chacun arpent, leur qualité et situalion. Ce faisant, a Sa Majesté enjoint ausdicts directeurs de faire passer à la réquisition de tel ou telle autre qu’ils adviseroient pour estre, si besoin est, achetée en la manière accouslumée. (Arch. nat., reg. L 1786.)

XL Acquisitions diverses pour l’établissement de V hôtel royal des Invalides.

(Arch. nat., cartons L 799 et 800.)

Par contrat passé le 1 h mars t 676 devant deux notaires au Châtelet, l’abbaye de Saint- Germain céda au Roi , représenté par le sieur Dormoy, gouverneur de l’hôtel qui se construisait alors pour les soldats invalides, une pièce de terre de quarante-deux arpents, située au lieu dit les Grainiers, tenant d’un côté au chemin de la Justice, de l’autre au chemin de la Maladrerie, aboutissant d’un bout au sieur de Trévillc, de l’autre au Roi, à cause des terres acquises par ce prince de la fabrique de Vaugirard, et aux terres de l’Abbaye, dans la censive de laquelle les invalides devaient demeurer. La cession eut lieu à la charge de douze deniers de cens par arpent, et moyennant la somme de io,5oo livres, représentant 2Ôo livres par arpent.

Un plan manuscrit, sans date, mais certainement dressé après l’année 1697, constate

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES, que, vers celte époque, il y avait, dans le voisinage de l’hôtel des Invalides, une assez grande étendue de terres labourables appartenant à cet établissement et occupées en partie par des locataires qui les exploitaient : par exemple, du côté du chemin Blomet. on trouve soixante-douze arpents occupés par Adam Lecomte, Étienne et Mathieu Durfoy, Michel Lecomte et leurs enfants ;

Entre le sentier des Avenues et l’hôtel, deux arpents occupés;

Entre l’avenue des Invalides et le chemin de l’hôtel à Versailles : i° un terrain labourable de contenance non indiquée; 2° quarante arpents de la Justice. (Ce dernier terrain représente, à deux arpents près, l’acquisition faite par le Roi en 1 G 7 6 , et peut-être les deux arpents qui manquent forment la totalité ou une partie de la pièce de terre adjacente dont la contenance n’est pas indiquée);

Dons l’angle formé par le chemin de l’hôtel à Versailles et le chemin de Grenelle, au lieu dit la pointe de la Grand’Forêt , six arpents et demi occupés;

Entre le chemin de Grenelle, la rue Saint-Dominique et le chemin des Hauls-Bissons, quatre pièces de terre de forme carrée, situées devant l’entrée de l’hôtel et contenant en tout huit arpents.

On remarquera que, parmi tous ces terrains, il y en a plusieurs, surtout dans le voisinage immédiat de l’hôtel, qui ne portent la désignation d’aucun occupant et sont mentionnés simplement comme appartenant aux Invalides. Ne pourrait-on pas induire de là que •les terrains de cette catégorie étaient cultivés par les soldats invalides, et que telle est l’origine des petits jardins qu’on voit encore de nos jours?

École militaire.

Comme l’hôtel royal des Invalides, l’Ecole royale militaire a eu ses antécédents et sa raison d’être. Elle tenait essentiellement à l’ancien ordre de choses, c’est-à-dire au régime des castes et des privilèges, et elle a eu le tort de naître trente ans seulement avant la Révolution : c’était beaucoup trop tard. En tant qu’institution, elle a continué, sous une autre forme, l’œuvre qui s’accomplissait jadis derrière les créneaux des vieux manoirs et qui faisait, de tout château fort, une école où la jeune noblesse apprenait le métier des armes.

Lorsque l’aristocratie, maîtrisée par la royauté, eut perdu, avec son indépendance, ses pages, ses écuyers, ses varlets et le droit de guerroyer au dedans pour se préparer aux expéditions du dehors, il fallut chercher ailleurs l’équivalent de cet enseignement pratique, que les jeunes gentilshommes avaient trouvé jusque-là dans les demeures seigneuriales. La féodalité amoindrie quittait ses vieux burgs pour aller habiter les villes ; la jeunesse titrée l’y suivit, et l’on ne tarda point à créer pour elle des académies, des manèges, des «carrières de Tescuyrie,» qui remplacèrent les salles d’armes et les préaux des donjons, comme les carrousels se substituèrent peu à peu aux anciens tournois. Paris fut naturellement le centre vers lequel convergèrent la vieille et la jeune aristocratie: celle-là, pour retrouver à la cour une partie de ce qu’elle avait perdu; celle-ci, pour faire, sous les yeux du souverain, un apprentissage qui lui ouvrirait la carrière militaire et le chemin des honneurs.

C’est au faubourg Saint-Germain et dans les environs du Louvre que les grands seigneurs se logèrent; c’est là aussi que se fondèrent les nouveaux établissements destinés à recevoir les jeunes gens de qualité. L’éducation toute spéciale qu’on y donnait, et qui était parfaitement en rapport avec la condition sociale des élèves, eût paru fort déplacée dans les nombreux collèges de la montagne Sainte-Geneviève, peuplés d’étudiants pauvres, aspirant, pour la plupart, à la cléricature. Elle consistait surtout en exercices du corps et en leçons d’équitation, luxe inutile et frivole pour d’humbles boursiers tels, par exemple, que les «pauvres capetlesde Montaigu.» Les jeunes gentilshommes, au contraire, destinés à la vie des camps, passant une partie du jour à monter à cheval, à «courir la teste et la «bague, » laissaient volontiers aux «maistres ès arts» un enseignement philosophique et littéraire dont ils n’auraient pu tirer aucun parti. Il y eut donc bientôt, entre l’éducation des clercs et celle des futurs officiers, une ligne de démarcation parfaitement tranchée.

Au xvic siècle cependant et dans la première ferveur de la Renaissance, il se fonda, au bourg Saint-Germain, quelques pédagogies d’enseignement supérieur, l’académie Chéradame, entre autres, où les lettres étaient en grand honneur, et que la jeune noblesse fréquenta pendant quelque temps; mais les académies qui furent créées plus lard, tant au faubourg Saint-Germain que dans les environs du Louvre et au xMarais, eurent presque exclusivement le caractère d’écoles préparatoires au métier des armes. Telle était celle de l’écuyer Pluvinel, qui subsista jusqu’en 1620, date de la mort de son fondateur, et qui fut alors transférée des Tuileries à l’hôtel d’O, dans la vieille rue du Temple.

Peu après cette translation, il s’établit, dans le seul faubourg Saint-Germain quatre académies, calquées sur le modèle du manège de Pluvinel : celle de Mesmont et Vaudreuil . fondée en 1628 dans la rue des Canettes; celle de Longpré, qui existait vers 1662, dans la rue de l’Egout, voisine de la rue Sainte-Marguerite; celle de Forestier, que le plan de Gomboust montre à l’entrée de la rue de l’Université, près de l’hôtel Tambonneau, et celle de Coulon, qui s’ouvrit vers 1660, dans la rue Férou.

Les académies parisiennes d’équitation jouissaient d’une certaine popularité; aussi Michel «le Marolles n’eut-il garde de les oublier dans la description qu’il fit, en 1676, des principales curiosités de la capitale. Une série de mauvais vers, divisés en strophes, nous apprend que ces établissements florissaient surtout au faubourg Saint-Germain, qu’il y régnait un grand ordre, qu’on y faisait d’excellentes études hippiques, et que les directeurs joignaient les préceptes de la morale à la science de l’équitation. Voici les douze premières strophes de cette «rimaille» :

Académies pour monter a cheval et pour les autres exercices honnestes qui se font pratiquer à la jeune noblesse.

Pour faire l’exercice à la jeune noblesse,

On a l’Académie où l’on monte à cheval;

Elle y court dans la lice; on luy donne un rival.

Pour augmenter son cœur et former son adresse.

Elle y trouve toujours l’honneste discipline,

Les sages écuyers, qui la font observer;

Par leur propre vertu, tout peut s’y préserver,

Joignant à la morale une saine doctrine.

Chez du Gar de Longpré, c’est ainsi qu’on en use;

Sa prudence est exquise, et le prestre Morin Fait ouïr en son temps, sans donner du chagrin,

Sa parole du cœur, qui n’est jamais diffuse.

Les trois associez auprès de Saint Sulpice,

Mémon, Coulon, Quesnoi, de Champagne et Paris Et de la Normandie, ont des talents chéris,

Pour mettre la vertu dans la place du vice.

Glapier le Lyonnois, Soleizel sollicite A n’en faire pas moins, associez aussi,

Pour aider la jeunesse à s’exercer ainsi ,

Sans démentir le bruit de leur propre mérite.

C'est où du grand Condé, Bernardi se signale,

Gentilhomme Lucquois, cousin d’Arnolphini ;

Dans la vertu sincère, et d’un esprit uni,

Il ne laisse aucun temps au mauvais intervale.

Du Vernai Roquefort de Paris fait sa charge.

Dans la rue où l’on dit de l’Université;

Toujours si vigilant par la dextérité,

Pressé dans son devoir, ne laisse rien au large.

Au-dessus des fossez de Condé, La Vallée Occupe son maneige à monter à cheval ,

Mais sans pensionnaire; il y fait tout égal;

Ce qui n’empêche pas chez luy grande assemblée.

Foubert est dans la rue où Sainte Marguerite Donne tant de renom; il est sage écuyer,

D’une grande prudence, avec un cœur entier Pour bannir de chez luy la licence interdite.

Deux écuyers d'office ont la grande Ecurie :

Du Plessis, Bournonville, où trois sous-Ecuyers.

Hénault, Feine et Boiseul, cavalcadours premiers,

Dressent les beaux chevaux pour la cavallerie.

Tous les pages du Roy font sous eux l’exercice,

Ils montent à cheval; tous y sont bien appris,

La grande, la petite et la Chambre à ce pris,

Se forment aux travaux de la belle milice.

Sur des chevaux de bois on court aussi la bague,

On la couroit à pied chez La Vergne autrefois :

Le premier, à Bel-Air, donne son jeu sans choix.

Mais dans chacun des jeux le plaisir extravague.

( Paris ou Description de celle ville, par Michel de Marolles, édition publiée avec introduction et notes par l’abbé Valentin Dufour. Paris, 1879, p. 61.)

Des méchants vers de Michel de Marolles, il faut conclure qu’à l’origine des académies, l’enseignement comprenait surtout l’équitation, l’escrime et autres exercices de corps, considérés comme « travaux de la belle milice;» l’instruction théorique devait donc y être très restreinte. Plus tard, on sentit le besoin de combler cette lacune : avec l’importance toujours croissante que prenaient les deux armes du génie et de l’artillerie, on comprit qu’il ne suffisait pas, pour assurer la prise des villes et le gain des batailles , d’être «cavalcadours premiers de la grande Ecurie;» aussi, dès le règne de Louis XIII, certains établissements, tels qne celui de Benjamin, directeur de l’école de Pluvinel reconstituée dans l’hôtel d’O, firent entrer dans le cadre de leur enseignement aies mathématiques et l’art des fortifications.» Cette addition eut sans doute pour effet d’élever le prix de la pension et de rendre, par conséquent, l’accès des académies plus difficile à la noblesse pauvre. Moins heureux que les clercs, en faveur desquels l’Eglise, les grands seigneurs et la royauté, avaient fondé de nombreuses bourses, les jeunes gentilshommes sans fortune ne pouvaient fréquenter les manèges qu’en faisant des dépenses hors de proportion avec les ressources de leur famille.

Cet état de choses n’échappa point à l’œil du grand ministre qui venait d’abattre l’aristocratie riche et puissante, et qui, par cela même, se croyait obligé d’élever, aux frais du roi. les enfants de la petite noblesse, pour les mettre plus sûrement sous sa dépendance. Une pensée généreuse se mêla peut-être à celte inspiration politique; mais ce qu’il y a de certain, c’est que l’idée première d’une école militaire vint à Richelieu, un siècle et demi avant que la monarchie dégénérée songeât à réaliser ce projet. Le Mercure françois de 1 6 3 6 contient en entier le document que nous reproduisons.

Règlement du cardinal de Richelieu pour la fondation d'une école militaire à l'usage de la jeune noblesse W.

La divine providence, qui conduit la volonté des Roys, ayant disposé celle de S. M. à nous

11 Nous avons restitué, d’après un manuscrit M. Jules Cousin, bibliothécaire de la Ville, plusieurs qui nous a été obligeamment communiqué par passages dénaturés dans l’imprimé.

approcher de sa personne, pour la servir de nos soins et conseils en la conduite de ses affaires, régime et gouvernement de ses peuples; et les choses qui ont été miraculeusement exécutées tant dedans que dehors le royaume, ayant fait cognoistre que nous y avons été singulièrement assistez de la force et grâce spéciale du Saint-Esprit: Nous, pour lui en rendre hommage, et en quelque façon témoigner nos très-humbles ressentimens, avons, pour sa gloire, favorisé, autant qu'il nous a été possible, le rétablissement de l’ordre et de la discipline parmy les réguliers, et avons pris à cœur la décoration du sacré collège de Sorbonne, où ses sacrez oracles sont interprétez, et delà répandus par tous les coins de la terre. Comblé aussi d’un nombre infiny d’honneurs, dignitez et bienfaits, dont sa munificence royale a daigné, sans mesure, recoguoislre et relever nos travaux bien loin au delà de leurs mérites, nous serions à jamais ingrat etvrayment indigne de ses faveurs, si, comme les grands fieuves renvoyent à l’Océan les eaux qu’ils en ont reçues, nous ne rendions à son service et à l’utilité publique, une partie de ces mêmes biens, en les employant en dépenses comme nous les destinons, avec ce qui nous reste de sang et de vie, dignes de la mémoire de son règne glorieux, de la grandeur et réputation de cette puissante monarchie.

Et d’autant qu’entre autres, celle-là nous a semblé des plus recommandables et des plus importantes à l’estât, qui sert à l’entretennement et bonne nourriture de la jeunesse; laquelle étant comme la pépinière d’où le corps politique prend incessamment sa subsistance et son entretien successif, doit être tant plus cultivée que les fruits qui en viennent peuvent être dommageables ou salutaires à la république, puisque de sa bonne institution naissent les bonnes habitudes et les bonnes mœurs, d’où se forme en cest aage, pour le reste de la vie, la crainte do Dieu, Tobeyssance aux princes, la submission aux loix, le respect envers les magistrats, l’amour de la patrie et la pratique des actions vertueuses, sans quoy les grands estais ne peuvent ny se maintenir en repos, ny longtemps subsister.

Aussi les plus grands hommes, et les plus sages de l’antiquité, qui fondèrent les villes, donnèrent des lois et formèrent des sociétez civiles, guidez du seul instinct de la raison, eurent un soin particulier de la jeunesse, qui n’a pas même esté négligée des nations barbares, entre lesquelles il s’en trouve encore aujourd’buy qui ont chez elles force maisons magnifiquement rentées pour la seule institution des jeunes gens, selon la forme de leur portée et gouvernement.

Pour ces mêmes raisons, nos devanciers, esclaircis d’une grande lumière, ont librement fondé, comme à fenvi, tant de belles universitez; et dans ces universitez, notamment en celle de ceste florissante ville de Paris, un si grand nombre de collèges, bourses et séminaires, qui sont autant de marques de leur piété et du zèle qu’ils ont eu autrefois, à l'honneur de leur pais et au bien de la chose publique.

Nous donc, par la naissance et autres respects, ne sommes pas moins jaloux qu’eux de la gloire de noslre nation, ni moins obligez à la manutention et accroissement de ce grand estai ; veu le rang que, par la grâce de Dieu et du roi, nous y tenons, et que, par sa libéralité, nous nous trouvons en pouvoir d’imiter leur exemple : ayant résolu de contribuer comme eux largement à l’institution de nostre jeunesse française, et d’y assigner certains revenus, avons fait réflexion sur une chose de grande considération :

Que les armes et les lettres étant germaines et comme inséparables, toutes deux également requises à l’establissement et confirmation des grands empires; celles-cy pour régir et civiliser au dedans, celles-là pour estendre et protéger au dehors; néantmoins, les dotations des collèges et séminaires semblent estre seulement destinées aux jeunes gens qui suivent les lettres, et les bourses affectées à ceux de la basse estoffe et condition , sans que l’on ait pensé d’en faire part à ceux qui portent les armes, ni que jusques à présent on ait aucun soin de laisser

Zi 54 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.

quelque fonds pour soulager l’entretennement de la jeune noblesse, qui en fait particulière profession; soin toutefois d’autant plus nécessaire, que la corruption des choses excellentes est la pire, et cause de la débauche et dépravation des gentilshommes faute de nourriture et bonne discipline, beaucoup plus dangereuse dans un estât, que de ceux qui sont sortis d’une moindre origine.

C’est pourquoy, désirans donner quelque commencement de remède à ce notable manquement et exciter l’imitation de ceux qui viendront après nous, comme nous suivons les vestiges de ceux qui nous ont précédé, nous avons porté nos pensées et les desseins de nostre libéralité en faveur de la profession militaire; mais singulièrement, de la jeunesse, issuë de maisons nobles, lesquelles incommodées, ou par nombre d’enfans, ou par les despenses excessives à quoy ils sont obligez par leur qualité, ou par autres accidens de fortune, se trouvent en impuissance de la faire eslever dans les vertueux exercices, convenables à leur extraction.

A cet effet, et sous les heureux auspices et bon plaisir de S. M. , nous avons donné, quitté et délaissé, donnons, quittons et délaissons à perpétuité, à l’Académie royale, establie à nostre instance par sadicte M., en la vieille rüe du Temple de ceste ville de Paris, et à ceux qui en ont à présent et en auront cy-après la direction, la somme de \ingl et une mille livres, annuellement et non racheplables, à prendre spéciallementsur Le. . . A la charge de nourrir, eslever et instruire à perpétuité vingt gentilshommes, chacun d’eux pendant deux ans entiers, en tous les exercices militaires enseignez en ladite Académie, ne plus ne moins que les autres gentilshommes qui y sont pensionnaires, et sans distinction.

La nomination desquels nous réservons à nous et «à celuy de nos successeurs qui sera héritier de nostre nom et de nos armes, et ses descendans, en loyal mariage, de masle en masle, et de degré en degré, toujours l’aisné excluant le puisné, et tous les masles, les femelles, quoyque les plus proches; et, en défaut de masles, retournera ce pouvoir à la fille aisnée de l’aisné, et à ses descendans, aussi de masle en masle, et puis aux femelles de degré en degré, toujours les aisnez préférables aux puisnés, et les masles aux femelles; et si tous viennent à manquer, ce que Dieu ne veuille, nous donnons et affectons la nomination à (N.), pour y pourvoir conjointement, par moitié, comme ils verront bon estre.

N’y seront nommez autres que gentilshommes de l’aage de quatorze à quinze ans, choisis autant que faire se pourra, bien proportionnez, vigoureux et propres à la profession à laquelle ils sont appeliez : et seront tous de religion catholique, apostolique et romaine, vrais et originaires François.

Pendant les deux ans qu’ils y demeureront, entre les exercices de l’Académie qui leur seront communs avec tous les autres, comme de monter à cheval, voltiger, faire des armes, les mathématiques, fortifications et autres, ils seront encore particulièrement instruits, à quelques heures réglées, ès principes de logique, physique, métaphysique, sommairement en langage françois; mais pleinement la morale, et à une autre heure commode de l’après-dinée, seront informez aussi sommairement de la carte géographique, des notions de l’histoire universelle et l’esta— blissement, déclinaison et changement des empires du monde, transmigration des peuples, fondemens et ruines des grandes villes, noms, actions et siècles des grands personnages, comme aussi de l’estât des principautez modernes, singulièrement de l’Europe, dont les intérests nous touchent de plus près, par leur voisinage; surtout au long, ils apprendront l’histoire romaine et françoise.

Pour laquelle institution nous désirons estre faict choix d’un personnage de suffisance et politesse requise, et d’excellente condition, auquel nous avons ordonné et ordonnons, tant qu il y vacquera, mille livres d’appointements par chacun an des vingt-une mille livres susdites, la

nomination duquel nous nous sommes réservez et réservons, et après nous immédiatement le donnons aux susdits.

Après les deux ans expirez, seront tenus lesdils gentilshommes servir le roy autres deux années ensuivans, dans les régimens de ses gardes, ou sur ses vaisseaux , ou autrement selon son bon plaisir, et suivant ses commandemens, pour lesquels recevoir, ils seront incontinent, et au sortir de l’Académie, présentez tous en corps par celuy à qui en appartiendra la nomination, ou en son absence par le gouverneur de ladite Académie, ou par les deux ensemble à S. M.

Laquelle nous supplions très-humblement par les services que nous lui avons rendus, et que souhaitons luy continuer, jusques au dernier soupir de nostre vie; mais plus par sa propre bonté en agréant ce petit témoignage de nostre gratitude, prendre désormais en sa protection et bienveillance spéciale cette jeune noblesse, que nous dressons à sa gloire, pour s’en servir aux occasions, la gratifier de ses bienfaits, et l’avancer aux charges et aux emplois dont elle aura esté rendue capable.

( Recueil général des anciennes lois françaises, t. XVI, p. 406.)

C’en était fait des académies et des manèges, si Richelieu eût vécu plus longtemps : le ministre qui avait fait construire un somptueux édifice pour les jeunes théologiens de la n maison et Société de Sorbonne, » aurait certainement logé dans un palais les enfants de la noblesse pauvre qui se destinaient au métier des armes. En les installant provisoirement dans l’ancien hôtel d’O'1' , au centre du Marais, que l’aristocratie commençait à déserter pour le faubourg Saint-Germain, il permit aux établissements privés de se maintenir, et c’est pour cela que Michel de Marolles les retrouva, en i fi7C, aussi florissants qu’à leurs débuts. Cependant l’idée de Richelieu avait été reprise par son successeur, et la fondation du collège des Quatre- Nations est évidemment due à la môme pensée. Seulement Mazarin Il eut point en vue une maison aussi rigoureusement spécialisée que d’école militaire » de son prédécesseur; il voulait unir au vieil enseignement universitaire les exercices propres à la noblesse et assurer le développement du corps, en même temps que la formation de l’esprit : l’équitation, l’escrime et la danse devaient donc être comprises dans le programme des études du nouveau collège. Mais le tout-puissant cardinal avait compté sans les habitudes routinières de l’Université : vivant, il eût sans doute imposé sa volonté; mort, il ne trouva personne pour la faire prévaloir. Les procureurs des Quatre-Nations furent unanimes pour soumettre le nouvel établissement à l’antique discipline universitaire, c’est-àdire pour écarter les gladiatores, les saltatores et les academiæ paleslricæ; c’était le salut des manèges du faubourg Saint-Germain. Ils se continuèrent pendant tout le xvn" siècle et la première partie du xvni"; on ne les voit disparaître qu’après la fondation définitive de 1 École royale militaire, à laquelle toutefois ils firent concurrence pendant quelque temps. LElcit de Pans en ij5j et le Tableau de Paris pour l’année iySg indiquent, comme subsistant encore à cette époque, l’académie de Jouan dans la rue des Canettes, celle de Dugard dans la rue de l’Université, et celle de Croissy aux Tuileries. Deux ans plus tard, la suppression de cette dernière réduisit momentanément les manèges privés à deux; Piganiol

111 Charles Gustave, qui fut roi de Suède, sous par Benjamin. Bossuet, dans son oraison funèbre le nom de Charles X , suivit avec succès à l’hôtel d’Anne de Gonzague , a fait de ce prince un magnia U, les cours de I ancien manège Pluvinel dirigé fîque portrait.

en compte trois vers 1765 ; mais les historiens et les descripteurs de Paris n’en parlent plus après celle date, ce qui autorise à croire que l’Ecole militaire les avait absorbés (1).

Si les académies et les manèges doivent compter parmi les antécédents de l’Ecole royale

(I) Il ne faudrait pas croire que l'équitation , l’escrime et autres connaissances préparatoires au métier des armes fussent le privilège exclusif de la noblesse; la bourgeoisie de Paris, organisée en milice urbaine et ayant, comme l'aristocratie, le droit et le devoir de se faire tuer aux côtés du roi, ainsi qu’il advint aux frères Gencien, se livrait aux mêmes exercices et fréquentait des manèges particuliers. Il résulte d’une pièce fort curieuse, insérée dans les Registres du Bureau de la Ville à la date du 5 mai 161 5, que les bourgeois et artisans possédaient une académie dont ils demandèrent énergiquement le maintien, à la suite d’une interruption momentanée. Le Bureau prit l’affaire en mains, et, après s’être concerté avec la reine mère et le gouverneur de Paris, il fit rouvrir 1 académie bourgeoise. L’institution de l’ancienne garde nationale et des modernes bataillons scolaires a donc, on le voit, ses racines dans le passé.

Voici la délibération du Bureau de la Ville et l’ordonnance royale qui suivit :

cr Du mardy cinquiesme jour de may Mil six cent rr quinze.

fr Ledicl jour messieurs les Prévost des Marchans fret Escbevins de la Ville de Paris estant au Bureau rde la dicte Ville, y est venu Monsieur le Gouverneur de la dicte Ville, qui a dict sur l’interruption rrde la continuation de l’exercice que les bourgeois rr et arlizans de ceste Ville faisoienl pour apprendre rrce qui est de l’art militaire mesme, sur la plaincte rr que la dicte Ville en a voit faict à la Roy ne mère du rr Roy, il reçut commandement le jour d’hier de la rr dicte dame pour remettre les exercices et académies à telles conditions et modifications qu'il serait rrensemblement advisé. C’est pourquoy il estoil venu rrau Bureau pour résouldre ce qui est a faire sur ce rr subject. El après en avoir mûrement délibéré, et rrque les nommez Sanson de la Barède et Pierre Laffboureur, cappitaines de la dicte accadémye et exerce cice, se sont aussv présentez au Bureau pour recerrvoir et obéir à tous les commandements qui leur rr seront faielz par le Roy, ledict sieur Gouverneur fret mes dietz sieurs les Prévosts des Marchans et crEschevins, mêmes ont présenté le brevet du Roy

rrdu xxiii' aoust mil six cens treize pour tenir la dicte cr Accadémye; a esté ordonné aus dicts la Barède et rr Laboureur de continuer doresnavant la dicte accacrdemye et exercice, à la charge d’eulx comporter ce modestement, de ne faire aulcune sortie soit dans rr la ville ou aux champs pour faire aulcune exercice rrde guerre sans la permission de Sa dicte Majesté, rrdu dict sieur Gouverneur ou Prévôt des marchans rrel Escbevins; qu’ils ne pourront avoir à la fois plus rrde cent cinquante hommes, et que de tous ceulx rr qui sont à présent enrôliez pour apprendre le dict rrexercice, ilz en apporteront au Greffe du dict rrhostel de Ville les noms, surnoms, qualitez et detrmeurance; et pour l’advenir, à mesure qu’ilz en m'ecepvront, ilz les feront semblablement enregisrr trer au dict Greffe de la Ville. Et y sera leur brevet rr enregistré aussv pour y avoir recours quand béer soing sera. Ce que les dicts La Barède et Laboutrreur ont promis de faire et d’effectuer entièrement, rr mêmes ont présenté une copie des ordonnances rr faicles audict exercice pour la pollice et bien corner cr mun de tous.»

rr Ensuit la teneur du Brevet du Roy et Ordonnances.

rrAujourd’huv vingt troysiesme du moy d’apvril «mil six cens treize, le Roy estant à Paris, sur ce rr qui luy a esté représenté par le sieur Pierre Larrboureur Condonnois et Sanson de la Barède, arrrcher des gardes écossaises du corps de Sa Majesté, rr qu’ilz désiroyent meclre en lumière une belle inrrvention et méthode pour le manyementdes armes, rr soit de l’harqueb'use , mousquet et picques, et pour creest effet dresser une accadémye pour enseigner les «exercices et tous aultres exercices et motions milirrtaires en ceste ville de Paris; Sa Majesté, de l'advis rrde la Royne régente sa mère, ayant esté informée rdes services faicts au feu Roy par les dietz Labourrreur et La Barède et recongnoissanl la bonne inrrtention qu’ilz apportent pour le bien publicq, rr leur a accordé et permis de tenir et dresser la dicte rr accadémye dans la dicte ville de Paris. Et parce rrque jusques à présent aulcun aultre que les ceulx rr dietz ne s’est ingéré de dresser accadémye pour lesrr dicts exercices, et qu’il leur conviendra faire quel-

militaire, il ne faut pas oublier non plus les écoles de cadets, qui avaient la même destination et qui, après diverses intermittences, ont fini par s’absorber dans le nouvel établissement. Instituées en faveur des jeunes gentilshommes qui désiraient acquérir les connaissances théoriques et pratiques nécessaires au métier des armes, les écoles de cadets durent leur organisation a Louvois. Un édit royal, rendu le 12 juin 1682, sur la proposition de ce ministre, créa deux compagnies de cadets qui furent établies à Metz et à Tournai, et donnèrent de nombreux officiers à l’armée. En 168A, le nombre des compagnies fut porté a neuf, et on leur assigna divers cantonnements. Supprimées peu de temps après la mort de Louvois, les compagnies-écoles furent rétablies par une ordonnance royale du 1 6 décembre 1726; en 1729, on les fondit en deux corps, puis en un seul, qui fut licencié en 1733. A partir de cette époque, il n’est plus question des écoles de cadets, car on ne peut considérer comme l’équivalent de ces écoles les emplois de cadets-gentilshommes qui lurent créés, en 1776, dans chaque compagnie d’infanterie et de cavalerie.

L Ecole royale militaire fut l’aboutissant naturel de toutes ces institutions : fondée tardivement a une époque où la noblesse avait perdu son prestige, elle ne pouvait avoir le succès que lui eussent garanti Richelieu, Mazarin et Louis XIV. Mal accueillie à son début par l’opinion publique, elle garda, jusqu’à sa suppression, le caractère d’établissement privilégié; or l’heure des privilèges était passée.

Nous reproduisons, en extrait et par voie d’analyse, les principaux documents relatifs à cette création.

/. Edit du Roi portant création d'une Ecole Royale militaire.

Donné à Versailles au mois de janvier 1 76 1 ; registre au Parlement.

Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous présens et à venir, Salut.

Il 11 a peul-etre jamais été lait de fondation plus digne de la religion et de l’humanité d’un Souverain que 1 établissement de l’IIôtel des Invalides : ce monument de la bonté du feu Roi, notre tres-honoré seigneur et bisaïeul, eût suffi pour immortaliser son règne. Jusqu’à lui, les Officiers et les Soldats, forcés par leurs blessures ou par leur age de se retirer du service, ne subsisloient qu avec peine, dans nos provinces, des secours que leur accordoient les Rois nos prédécesseurs : Louis XIV a eu le premier la gloire de leur assurer un asyle honorable, dans lequel ils trouvent une subsistance commode, sans perdre les glorieuses marques de leur état,

rrques fraiz pour ce subject. Sa Majesté leur a acff cordé qu’autcun aultre n’en pourra dresser de semffblablc que celle qui leur est à présent permise, à rr leur imitation, pour le temps et espace de trois ans «à commencer du jour de l’establissement de la rr dicte accadémye. Detfenses à toultes personnes de ff quelque qualité que ce soit de s’en entremettre en cf icelle ville de Paris ou aultres lieux, sans la perce mission desdilz Laboureur et la Barède, à la charge ce qu’ils demeureront responsables de ce qui se fera cren la dicte Accadémye. M’ayant Sa dicte Majesté,

fr pour témoignage de ce que dessus, commandé "leur en expédier toultes lettres à ce nécessaires, et -•f cependant le présent brevet a voulu signer de sa "main et estre contresigné par moy son secrétaire ff d'Estat et de ses commandements et finances. ffAinsy signé Louis et au dessus (sic).

ff PlIELIPPEAULX. fl

( Registres du Bureau de la ville , H 1797, fol. 372 et 3y3.)

/i58 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.

et un repos occupé de fonctions militaires proportionnées à leurs forces. Quoique nous n’ayons rien négligé pour maintenir, et même pour augmenter la splendeur d’un si noble établissement, notre affection pour des sujets qui ont eu tant de part à la gloire de nos armes, nous a fait chercher les moyens de leur donner des témoignages plus particuliers de notre satisfaction.

Pour commencer à remplir cet objet, nous avons par notre Edit du mois de novembre dernier, accordé la noblesse à ceux que leurs services et leurs gracies ont rendu dignes cl’un honneur que la nature leur avoit refusé; et nous avons ouvert à ceux qui voudront marcher sur leurs traces la carrière qui peut les y conduire: il ne nous restoit plus qu’à donner des preuves aussi sensibles de notre estime et de notre proteclion au corps même de la Noblesse, à cet ordre de ciloyens que le zèle pour notre service et la soumission à nos ordres, ne distinguent pas moins que la naissance. Après l’expérience que nos prédécesseurs et nous-mêmes avons faite de ce que peuvent sur la Noblesse Françoise les seuls principes de l’honneur, que n’en devrions-nous pas attendre, si tous ceux qui la composent y joignoienl les lumières acquises par une heureuse éducation? Mais nous n’avons pu envisager, sans attendrissement , que plusieurs d’enlr’eux, après avoir consommé leurs biens à la défense de l’Etat, se trouvassent réduits à laisser sans éducation des enfans qui auroient pu servir un jour d'appui à leurs familles, et qu i éprouvassent le sort de périr, et de vieillir dans nos armées, avec la douleur de prévoir l’avilissement de leur nom, dans une postérité hors d’état cl’en soutenir le lustre. Nous avons tâché d’y pourvoir autant que nous l’avons pu, par les grâces que nous avons déjà répandues sur eux; mais les dépenses indispensables de la guerre mettant des bornes à nos bienfaits, nous avons préféré le bien solide de la paix à tout ce que nous pouvoil offrir de séduisant le succès soutenu de nos armes.

A présent que nous pouvons soulager plus efficacement cette précieuse portion de la Noblesse, sans que les moyens que nous y employerons augmentent les charges de notre peuple, nous avons résolu de fonder une Ecole militaire, et d’y faire élever, sous nos yeux, cinq cents jeunes Gentilshommes nés sans biens, dans le choix desquels nous préférerons ceux qui, en perdant leurs pères à la guerre, sont devenus les enfans de l’Etat. Nous espérons même que Futilité de cet établissement qui semble n’avoir pour objet qu’une partie de la Noblesse, pourra se communiquer au corps entier et que le plan qui sera suivi dans l’éducation des cinq cents gentilshommes que nous adoptons, servira de modèle aux pères qui sont en état de le procurer à leurs enfants; en sorte que l'ancien préjugé qui a fait croire que la valeur seule fait l’homme de guerre, cède insensiblement au goût des études militaires, que nous aurons introduit. Enfin nous avons considéré que si le feu Roi a fait construire l’Hôtel des Invalides, pour être le terme honorable où viendroient finir paisiblement leurs jours ceux qui auroient vieilli dans la profession des armes, nous ne pouvons mieux seconder ses vues, qu’en fondant une école où la jeune Noblesse qui doit entrer dans cette carrière, pût apprendre les principes de l’Art de la guerre, les exercices et les opérations pratiques qui en dépendent et les sciences sur lesquelles ils sont fondés. C’est sur des motifs si pressants que nous nous sommes déterminés à faire bâtir incessamment auprès de notre bonne ville de Paris, et sous le titre d'Ecole royale militaire, un hôtel assez grand et assez spacieux pour recevoir non-seulement les cinq cents jeunes Gentilshommes nés sans bien, pour lesquels nous le destinons, mais encore pour loger les Officiers de nos troupes auxquels nous en confierons le commandement; les Maîtres en tous genres, qui seront préposés aux instructions et exercices, et tous ceux qui auront une part nécessaire à l’administration spirituelle et temporelle de cette maison.

A ces causes, après avoir fait mettre cette affaire en délibération dans notre Conseil, de l’avis

d icelui et de noire grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons par notre présent Edit perpétuel et irrévocable, dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons ce qui suit :

Article premier. Nous avons, par notre présent Edit,, fondé et établi, fondons et établissons à perpétuité une Ecole militaire, pour le logement, subsistance, entretien et éducation dans 1 art militaire, de cinq cents jeunes Gentilshommes de notre royaume, dans l’admission et le choix desquels il sera exactement observé ce que nous prescrivons ci-après. A l’effet de quoi, voulons qu’il soit choisi incessamment, aux environs de notre bonne ville de Paris, un lerrein et emplacement propre et commode à construire et bâtir un hôtel pour loger les dits cinq cents gentilshommes, et tous ceux que nous jugeons nécessaires à leur éducation et entretien, lequel hôtel sera appelé Iiotel de l’Ecole royale militaire.

Art. q. Il sera dressé par nos Architectes ordinaires, sous les ordres du Directeur général de nos bâlimens et maisons, des plans des bâtimens qui doivent composer ledit hôtel, suivant les mémoires que nous en ferons remettre à notre dit Directeur.

Art. 3. Les propriétaires du lerrein choisi pour la construction dudit hôtel, seront par nous payés de la juste valeur d’icelui, suivant l’estimation qui en sera faite, et au prix qui sera par nous réglé. Et apres 1 acquisition laite dudit terrein, voulons qu’à l’avenir il soit amorti, comme nous l’amortissons par les présentes, sans que pour raison dudit amortissement, il nous soit payé aucun droit, ni aucune indemnité, lods et ventes, quints et requints, rachats ni îeliels, pour ce qui se trouvera mouvant de nous et en censive de notre domaine, nonobstant toutes aliénations et engagemens; sans aussi payer francs-fiefs et nouveaux acquêts, ban ou arrière-ban, taxes, ni autres droits quelconques, qui nous sont ou pourront être dûs, dont nous déchargeons ledit terrein, en faisant, en tant que besoin est ou seroit, don ou abandon audit hôtel, quoique le tout ne soit pas ici particulièrement exprimé; et ce, nonobstant toutes ordonnances et loix à ce contraires, auxquelles, à ce regard, nous avons dérogé et dérogeons. Et à l’égard des droits d’indemnité, d’amortissement, et autres, qui pourront être dus à des Seigneurs particuliers, pour raison dudit terrain, nous nous chargeons par ces présentes de les acquitter, et de dédommager lesdits Seigneurs dont relèvent à titre de fief, de censive ou autrement, les héritages que contiendra ledit terrain. Déclarons pareillement ledit hôtel exempt de tout droit de guet, garde et fortifications, fermetures de ville et faubourgs, et généralement de toutes contributions publiques et particulières, telles qu’elles puissent être, exprimées ou non exprimées par le présent Edit; pour de toutes lesdites exemptions jouir par ledit hôtel, entièrement et sans réserve.

Art. h. Les fonds nécessaires pour 1 acquisition dudit lerrein, ensemble pour la construction et I ameublement dudit hôtel, seront pris successivement sur ceux que nous assignerons audit hôtel, par forme de donation, ou autrement.

Art. 5. Voulons que celui de nos Secrétaires d’Etat ayant le département de la guerre, ait, sous nos ordres, la sur-intendance dudit hôtel, pour en diriger l’établissement, et y faire observer les lèglemenls que nous jugerons nécessaires pour la discipline, l’administration économique,

1 éducation des Elèves, et généralement tout ce qui concernera l’ordre qui doit être observé dans ledit hôtel; et nous établirons sous lui un Intendant, qui lui rendra compte de tous les détails dudit hôtel, arrêtera les registres et les états des dépenses journalières et autres concernant 1 établissement et la subsistance dudit hôtel, et délivrera les ordonnances de payement sur la caisse dudit hôtel.

m TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.

Art. 6. Le service militaire sera fait dans ledit hôtel, pour former d’autant plus les élèves aux opérations pratiques de Part militaire, et les accoûtumer à la subordination; à l'effet de quoi nous choisirons et nous commettrons des officiers pour composer un Etat-Major, et pour commander les compagnies d’Elèves, suivant l’ordre que nous établirons par la suite.

Art. i 1. Pour commencer à pourvoir, tant à la dépense de la construction et de l'ameublement dudit hôtel, qu’à celle de la subsistance et de l’entretien des cinq cents jeunes Gentilshommes qui y seront admis, nous avons accordé et nous accordons audit hôtel, par forme de dotation perpétuelle et irrévocable, le droit que nous avons rétabli par notre Déclaration du iG février 17A5, sur les cartes à jouer, fabriquées dans toute l’étendue de notre royaume, terres et seigneuries de notre obéissance, ensemble l’augmentation dudit droit, ordonnée par notre Déclaration au i3 du présent mois, en faisant, en tant que besoin, toute aliénation nécessaire à son profit, tant dudit droit, que de l’augmentation d’icelui, de façon qu’il sera et demeurera totalement détaché de nos finances; à l’effet de quoi nous en avons attribue 1 administration et la connaissance au secrétaire d’Etat ayant le département de la guerre, sans que néanmoins il puisse l’affermer, notre intention étant qu’il soit régi dans la plus grande et plus exacte économie, au profit dudit hôtel; et les deniers en provenant remis au Trésorier d’icelui , pour être employés au fait de sa charge : et au moyen de ladite dotation, et de la résolution que nous avons prise de ne rien négliger d’ailleurs pour soutenir un établissement aussi utile pour notre Etat, nous voulons qu’il ne puisse être reçu, ni accepté pour icelui, aucunes fondations, dons, gratifications, qui pourroient lui être faites par quelques personnes que ce soit, et pour quelque cause que ce soit; comme aussi qu’il ne puisse être fait, pour icelui, aucune acquisition d’héritages, ni autres biens immeubles quelconques, sinon les héritages qui se trouveront aux environs, et qui y seront contigus, lesquels pourroient être jugés nécessaires pour la plus grande commodité, utilité et embellissement d’icelui.

Art. 12. Les premiers fonds destinés audit hôtel devant être employés aux dépenses de la construction et de l’ameublement d’icelui, il n’y sera admis aucun Elève que lorsque l’établissement en sera porté à un certain degré de perfection.

Art. i3. Gomme nous nous sommes particulièrement proposé dans cet établissement, d’en faire un secours pour la noblesse de notre royaume, qui est hors d’état de procurer une éducation convenable à ses enfans, nous voulons et entendons qu il ny ait que celte espece de Noblesse qui y ait part, et que l’on observe l’ordre suivant, dans 1 admission desdits enfans; de sorte que la première classe soit toujours préférée à la seconde, la seconde a la troisième, et ainsi de suite jusqu’à la dernière.

Art. là. La première classe sera des orphelins dont les pères auront été tués au service, ou seront morts de leurs blessures, soit au service, soit après s’en être retires a cause de leurs blessures. La seconde classe, des orphelins dont les pères seront morts au service dune mort naturelle, ou qui ne s’en seront retirés qu’après trente ans de commission de quelque espèce que ce soit. La troisième classe, des enfans qui seront à la charge de leurs mères, leurs peres ayant été tués au service, ou étant morts de leurs blessures, soit au service, soit apres s en elre retirés à cause de leurs blessures. La quatrième classe, des enfans qui seront à la charge de leurs mères, leurs pères étant morts au service d’une mort naturelle, ou apres setre retirés du service après trente ans de commission de quelque espèce que ce soit. La cinquième classe,

des eni'ans dont les pères se trouveront actuellement au service. La sixième classe, des eni'ans dont les pères auront quitté par rapport à leur âge, leurs infirmités, ou par quelqu’autre cause légitime. La septième classe, des eni'ans dont les pères n’auront pas servi, mais dont les ancêtres auront servi. La huitième classe enfin, des enfans de tout le reste de la Noblesse, qui, par leur indigence, se trouvera dans le cas d’avoir besoin de nos secours.

( Recueil d’édits, déclarations , arrêts du Conseil, règlemens et ordonnances du Roi concernant l’hôtel de l’École royale militaire. Paris, 1762.)

A la suite de ce document, nous plaçons une analyse et quelques extraits des pièces qui complètent l’histoire de la fondation de l’Ecole Militaire.

Par une déclaration en date du t3 janvier 175 1, c’est-à-dire antérieure de quelques jours seulement à l’édit de fondation, le Roi avait ordonné que le droit rétabli en 17/15 sur les cartes à jouer, à raison de 1 denier par carte, fût dorénavant appliqué à l’établissement et à l’entretien de l’Ecole militaire.

La construction de l’bôtel fut commencée en 1752, sous la direction de l’architecte Gabriel. On éleva d’abord les bâtiments qui devaient servir d’infirmerie. Pendant que les travaux marchaient, et bien avant que l’édifice fût en état de recevoir les élèves, plusieurs jeunes gens se présentèrent. On les installa provisoirement, au nombre de quatre-vingts, dans le château de Vincennes, où ils restèrent depuis le mois d’octobre 1753 jusqu’au mois de juillet 1756.

Les travaux de construction, qui avaient été poursuivis pendant le fonctionnement de l’École de Vincennes, faillirent être arrêtés en 1755, et ce fut grâce à l’intervention de Mml de Pompadour qu’ils purent être continués (1).

Outre les dépenses courantes entraînées par ces travaux, il y avait des dépenses prévues, notamment les frais d’entretien des prêtres qui devaient, dans un avenir prochain , desservir la chapelle de l’Ecole, et des sœurs appelées à soigner les malades dans l’infirmerie. Pour y subvenir, le Roi jugea à propos de réunir à la chapelle de l’École la mense abbatiale de Saint-Jean de Laon, dont le titulaire, M. de Caylus, était mort en 175/1. En conséquence de cette résolution , un arrêt du Conseil d’Etat, daté du 20 avril 1755, ordonna que les revenus de la mense abbatiale fussent remis au trésorier de l’École militaire, qui devait les appliquer à la destination ci-dessus indiquée, en acquittant préalablement les charges ordinaires et extraordinaires, les réparations et toutes les autres obligations auxquelles la mense abbatiale était tenue.

Par suite des obligations que l’arrêt mettait à la charge de l’École, cet établissement ne devait pas tirer plus de 1 i,ooo livres des revenus de l’abbaye, et cette somme n’était pas, à beaucoup près, suffisante pour remplir la destination qui lui avait été donnée par le Roi.

Ce fut seulement en 1760, à la suite de nombreuses démarches, que le Roi obtint la bulle pontificale approuvant l’union du monastère de Saint-Jean de Laon à la chapelle de l’Ecole militaire. Cette bulle, donnée i Rome le 3i juillet, vérifiée au Parlement de Paris le iti septembre et fulminée à Laon le 8 octobre de cette même année 1760, autorisait

1,1 On trouve, dans la correspondance de M'"° de Pompadour, la lettre qu’elle écrivait, à ce sujet, à Paris-Duverney, intendant de l’École.

les administrateurs de l’Ecole à appliquer les revenus de la mense au service de la chapelle. Cette dernière disposition était conçue dans les termes suivants :

« . I Là quod liceat illius (capellæ) nunc et pro tempore existentibus administratoribus

fructuum, reddituum, proventuum, jurium, terrarum, dominiorum, fundorum, feudorum, pertinentiamm, obversionum et emolumentorum universorum præfatorum veram, realem, corporalem et actualem possessionem per se, vel alium, seu alios, propriâ auctorilate libéré apprehendere et a pp relie nsa ni perpetuo retinere, iliaque locare, dislocare, arrendare, exigere, percipere, levare et recuperare, ac In dictæ capellæ usus, utilitatem, nécessitâtes et manutentionem convertere.»

[Recueil d’édits, déclarations , etc.)

Pendant qu’on négociait à Rome pour obtenir la bulle d’approbation, le Roi songeait à créer d’autres ressources, soit pour la construction de l’édifice, soit pour l’entretien du personnel. Ce fut ainsi que, le 1 5 octobre 1757, le Conseil d’Etat rendit un arrêt ordonnant l’établissement d’une loterie en faveur de l’Ecole militaire. Voici les dispositions principales de cette décision :

. Sa Majesté étant en son Conseil a accordé et accorde, à ladite Ecole militaire, une

loterie, qui sera composée dans les mêmes principes que celles qui sont actuellement établies à Rome, Gênes, Venise, Milan, Naples et Vienne en Autriche, et ce conformément au plan qui demeurera annexé au présent arrêt, et pour l’espace de trente années consécutives, qui commenceront au premier du mois de novembre de la présente année, et finiront à pareil jour de l’année 1787. Veut Sa Majesté que la régie et administration de ladite loterie soient faites et suivies par ceux qui seront proposés à cet effet par le Conseil de ladite Ecole militaire, par devant qui les comptes de ladite loterie seront rendus . . .

( Recueil d’édits, déclarations , etc.)

Quelque temps après, le maréchal de Bellisle offrait en don au Roi les six charges d’affineurs et départeurs d’or et d’argent, établies à Paris et à Lyon, sous la condition que le produit de ces charges appartiendrait à l’Ecole royale militaire, après la mort du donateur. Louis XV, dérogeant aux prescriptions de l’article XI de son édit de janvier 1761 (voir p. à 60), confirma la dotation par ses lettres patentes du mois de février 1760, enregistrées aux cours des monnaies de Paris et de Lyon, les 8 mars et G mai suivants.

Le 2 5 août de la même année, le Roi augmenta encore les ressources de l’Ecole militaire, en accordant à cet établissement 2 deniers par livre, sur le montant des dépenses des marchés concernant la subsistance, l’entretien et le service de l’armée et des places.

La veille de ce jour, c’est-à-dire le 2 h août, il avait donné une déclaration par laquelle il interprétait son édit de fondation, en y apportant quelques modifications peu importantes, notamment la disposition qui, dans l’admission des candidats, faisait monter de la sixième classe à la cinquième tous les enfants des pères retirés du service par des blessures ou des infirmités, ou après trente ans de service non interrompus.

La bibliographie de l’Ecole militaire n’est pas difficile à dresser: elle se compose surtout d’un ouvrage en dix chapitres, auquel nous renvoyons le lecteur, et qui a pour titre :

Recueil d’édits, déclarations, arrêts du Conseil, règlements et ordonnances du Roi concernant l’hôtel de l’Ecole royale militaire. Paris, chez P. G. Le Mercier, rue Saint-Jacques, 1762.

Le côté topographique de la fondation est d’une étude moins facile que le côté administratif : il n existe point, comme pour l’hôtel des Invalides, d’état parcellaire indiquant les terrains acquis ou cédés, les contenances, les prix et les noms des propriétaires ou locataires a cens. Nous avons cité, dans l’appendice relatif au domaine de terre P', un contrat passé par-devant M° Doyen, notaire à Paris, portant vente à l’École militaire, par les héritiers de feu M. de Bry, «du château de Grenelle et dépendances, dans lesquelles il y «a 16 arpents, 10 perches de terres dépendans de la seigneurie de l’abbaye de Saint-Ger- « main-des-Prés , n moyennant la somme de io,q55 livres. L’administration de l’École dut faire un grand nombre d’autres acquisitions; mais il n’en est pas resté trace, sans doute parce que la plus grande partie des terrains acquis étaient en nature de prairies et terres labourables, divisées en parcelles de médiocre étendue, et qu’aucune de ces parcelles n avait 1 importance du château de Grenelle et de ses dépendances.

Ce qu’on peut affirmer, c’est que les terrains occupés par les bâtiments de l’École et par le Champ de Mars étaient compris dans les climats suivants : Mont Suint-Germain, Frécal. les Gramiers, le haut de Gamelles, les Jreilles , le Gros-Caillou, le Vert-Buisson, les îles aux Vaches et de Jérusalem. Plusieurs voies, ou chemins ruraux, traversaient ces divers climats, notamment le chemin «allant de la Malladerye à Gamelles; v le chemin neuf ou chemin de la Justice; le chemin aux Vaches, ou chemin du Port; les «Grand et Petit chemins de Gamelles; u le chemin «qui tend a lorme de Gamelles, n etc. La construction de l’Ecole militaire, de même que celle de l’bôtel des Invalides, a profondément modifié l’aspect et la viabilité de cette région.

Il n’entre pas dans notre dessein de poursuivre l’histoire de l’établissement jusqu’à sa suppression; qu’il nous suffise de rappeler que Louis XVI, par sa déclaration du 1" février 1776,5 voulant perfectionner la fondation de son prédécesseur, n la confirma avec toutes ses dotations et ses avantages, mais la supprima, comme école parisienne, et décida que les élèves seraient placés soit dans certains collèges à son choix, soit dans les régiments où il existait des cadets. En conséquence de cette déclaration, un arrêt du Conseil d’État, en date du 1 1 du meme mois, désigna des commissaires pour procéder à l’inventaire des biens de 1 Ecole. Les administrateurs avaient été conservés provisoirement; une ordonnance royale du as mars suivant porta suppression du conseil de l’École, des officiers et autres personnes employées dans l’établissement. En 1777, une compagnie de cadetsgentilshommes fut instituée pour occuper les bâtiments de l’École; enfin, dix ans plus tard, le 9 octobre 1787, l’institution fut complètement supprimée. La Révolution trouva libres les constructions élevées par Gabriel, ainsi que la vaste esplanade qui leur sert d’avenue; elle en fit le théâtre de ses fêtes civiles et militaires.

(l) Voir ci-dessus,

Page 1