LA RAIE TORTUE, OU COURREURE
Le lieu appelé ce la Raye-Tortue, dict Courbeuruen (i5ag) et aussi énoncé tr Courbeuren ( 1 3 5 5 ) , s Courbevouei) (i36f>), et Corbevoë n (î 534), et it Courte berue, autrement dict les Sablonnières d (î 543), n’est indiqué, dans l’arpentage de 1,329, qu’au troisième triage, et devait, par conséquent, se trouver entre les rues de Grenelle et Saint-Dominique. Le fait est, du reste, confirmé par des documents de 1 543 et 15/17, où il est question do morceaux de terre après de Courte heure, au-dessus de l’Ozeraye n et ccau-dessus de Courbeure, tenant au chemin ades Treilles.11 Quant au lieu où commençait le territoire de Courbeure, il était sans doute situé entre l’emplacement des rues de Bellechasse et de Bourgogne, puisque, dans l’arpentage, la mention du climat a lieu après l’énumération de vingt-sept arpents, à compter de la rue Saint-Guillaume; mais les limites du territoire de Courbeure demeurent et probablement ont toujours été très vagues. Nous avons fait remarquer qu'il a été confondu avec celui de l’Avalloir; on l’a aussi considéré comme attenant à celui de la Petite-Seine : un demi-quartier de terre en a Courbevoën est dit aboutir à la Petite Seine dans le censier de 1 365.
Les dénominations de Raie-Tortue et de Courbeure comportent l’idée d’une voie sinueuse; or, si cette voie était une portion de la rue de Grenelle ou de la rue Saint Dominique, il semble qu’on devrait en trouver des indications soit dans le quatrième triage, soit dans le deuxième, et l’on n’y en rencontre aucune; ce qui suggère la pensée d’une voie supplémentaire, comprise dans la circonscription du troisième triage et disparue sous les constructions. L’hypothèse est d’ailleurs confirmée par un plan manuscrit de 1670W, où figure, au nord de la rue de Grenelle, un chemin qui va s’y réunir un peu au delà de l’esplanade des Invalides, et l’on aurait ainsi un motif de regarder comme probable l’existence dun sentier au centre du troisième triage, si d’autres raisons ne venaient nous inspirer les plus grands doutes sur la valeur du plan en question.
Ainsi, non seulement on ne distingue plus la moindre trace du sentier, circonstance qui, il est vrai, pourrait être le résultat du bouleversement complet du terrain, mais encore il ne s’en voit absolument rien sur tous les autres plans anciens, y compris celui de Gomboust et celui qui fut dressé avec beaucoup de soin lors de la fondation de l’Hôtel des Invalides. Comment, sur ce dernier plan, qui représente si fidèlement l’état de la région vers l’année même de 1670, le sentier 11’a-t-il pas été reproduit, s’il existait réellement? Comment, particularité plus étrange encore, ne rencontre-t-on nulle part une énonciation de terres aboutissant, d’une extrémité, à la Raie-Tortue , et, de l’autre, à la rue de Grenelle ou à la
1 II fait partie d’un allas de plans provenant de Saint-Germain-des-Prés. (Arcb. nat. reg. N, Seine, atlas n° 3f) , plan i 5.)
rue Saint-Dominique? En présence de pareilles invraisemblances, il faut bien supposer que le dessinateur du plan de l’Abbaye s’est trompé; ce que l’inexactitude générale de son travail rend fort probable.
Au delà du canton de Courbeure, nous ne voyons à signaler, dans le troisième triage, que le lieu de «la Petite Forestn (1 6 1 tf-i 6A2 ) , lequel était d’origine peu ancienne et se trouvait à la hauteur de l’esplanade des Invalides. Dans la zone du troisième triage, mais se prolongeant au delà des limites du fief de Saint- Germain, était! Hôtel ou la Ferme de Grenelle, qui dépendait de la seigneurie de Sainte-Geneviève, et qui forme aujourd’hui la caserne de la place Dupleix.
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