CLOS RENOUARD
Le nom de cette localité est diversement orthographié : Regnart, Renart,Reynard ou Renouard; mais la dernière forme est vraisemblablement la plus correcte, puisqu’on lit clamum Renoardi dans le censier de Sainte Geneviève, à la date de 12/1/1. Un titre de 1 438 énonce : nie Barrys, autrement dit le clos Regnart. n
Si les mentions du clos Renouard ne sont pas très rares, les éléments qui peuvent servir à en fixer la position le sont, au contraire, excessivement; nous avons toutefois recueilli les données suivantes. Un titre de 1 /i 5 5 mentionne le et lieu dit «Reynart, entre les chemins de Vanves et de Vaugirard; n le censier de 1 5 i 7 parle d’une pièce de terre au clos Renouard, aboutissant au chemin Herbu; et des documents de i 522 citent deux terrains au clos Renouard, l’un près des Poulignis et l’autre près delà Fosse à l’Aumônier, aboutissant aussi au chemin Herbu. Nous trouvons de plus qu’un terrain est dit, en i53o, situé «aux Plantes de Vaugirard , eau lieu dicl Regnouard, n et qu'un autre, dépendant pareillement du clos Renouard, était, au xvne siècle, placé devant la rue de Bagneux. Nous en concluons que le territoire du clos Renouard était compris entre la rue de Vaugirard et le côté méridional de la rue Notre-Dame-des-Champs; ce qui concorde parfaitement avec la teneur de la rubrique du dixième triage1'1*, puis avec un plan manuscrit de 16/18, que nous avons rencontré dans les archives de l Hôtel-Dieu , et où la légende de « Clos Renard de Pouligny 11 désigne un emplacement circonscrit maintenant par le boulevard de Montrouge, la rue du Mont-Parnasse, le boulevard du Mont- Parnasse et la rue du Départ.
II est manifeste qu’au xvie siècle le clos Renouard primitif n’existait plus, et que cette appellation comportait seulement l’idée d’un territoire dont les limites, vers le sud et 1 orient, n’avaient aucune fixité. O11 pourrait croire qu’il 11’en était point encore ainsi en 1 k h 3, car, dans le livre du Cellerier pour cette année, on lit: «Marin Nigra, ixJ pro clauso Renoardi. n
LES POULIGNIS.
Nous avons vu ce territoire appelé « Poulaigny » et «val de Pouleignv « en 1 355 , «lieu dit Poulegnyï? en i38o, et «les Pollignysn ou «les Poulignisn dans les documents postérieurs; mais il n’est, pas aisé non plus d’en déterminer rigoureusement l’emplacement, parce que les limites en étaient tout aussi vagues que celles
1 Nous ne nous expliquons point comment, rartl; cependant le côté méridional de cette voie, au dans ce dixième triage, il n'est point une seule fois moins jusqu’au sentier del'Épinette, dépendait uniparlé des terres en bordure sur la rue de Vaugi- quement du fief de l’abbaye de Saint-Germain.
du clos Renouard. Les Poulignis paraissent avoir eu pour axe un chemin ou sentier qui, partant du chemin Herbu, se dirigeait vers le chemin de Vanves dans lequel il débouchait. Ce chemin est nommé, sur un plan de la fin du xvuc siècle : cc sente de Montrouge au faubourg Saint Germain, r> et, dans l’arpentage de 1629 : cr la sente qui monte de Sainct Germain et du coing des Chartreux aux Poullignys, v et ce sente montant du mur des Chartreux aux Poullignys W; » d’où il résulte que c’est bien là qu’il faut chercher ce territoire.
Nous savons, d’un autre côté, par le même arpentage, qu’un arpent situé derrière les Poulignis était en partie dans la censive de Sainte-Geneviève, et qu’une pièce de six arpents énoncée aux Poulignis aboutissait au chemin Herbu, fait confirmé par un titre de 1675 où un champ ccau Polignyn est dit aboutir et rue cc du Bacq. v Nous observons enfin qu’une pièce de dix-huit arpents sise cc aux Haults cc Poullignys v renfermait les bornes séparant les seigneuries de Saint-Germain et de Sainte-Geneviève, et aboutissait en partie sur le chemin de Vanves. Ainsi les Poulignis étaient compris entre le chemin Herbu (rue Notre-Dame-des-Champs), le clos Renouard^, les limites du fief de l’abbaye de Saint-Germain (qui correspondent à peu près au boulevard de Montrouge), le chemin de Vanves et le canton de Coupe-Gorge. Le centre du territoire des Poulignis était donc vers le point d’intersection du boulevard et de la rue du Mont-Parnasse, et le canton des Hauts Poulignis, fractionnement de ce territoire, est représenté par le boulevard de Montrouge. Quant au cc lieu dict le Tons de Polligny, r> il se trouvait sur la déclivité, ce près TEspinette. r>
Le sentier auquel nous venons de faire allusion, et qui na laisse aucune trace, n avait qu’une médiocre importance, puisqu’il n est point figuré sur plusieurs plans; on le trouve toutefois sur un plan d’arpentage de la fin du xvnc siècle, qui embrasse la région située au sud de la rue Notre-Dame-des-Champs, entre le chemin de Vanves et la rue de Vaugirard. Si ce plan eût été exact, on aurait facilement pu retracer la voie supprimée; malheureusement il est incorrect, et, lorsque nous avons voulu le rectifier en le rapprochant d’autres plans, nous nous sommes trouvé en présence d’une quantité d’indications contradictoires, absolument impossibles à concilier^.
Un document des archives de l’Hôtel-Dieu a fini par nous tirer d embarras, en nous mettant à même de replacer avec certitude la pièce de six arpents apparte-
(1) Il estappelé «chemin de Clamant» sur un plan du xvi i° siècle, et c’est peut-être le même que le «chemin de Barry, » que longeait en 1 63 1 une pièce de deux arpents, attenante au «chemin desChar- «treux» (la rue Notre-Dame-des-Champs).
(2) On lit, en effet, dans un censier de i5o8 : «ou cloz Renouant, soubz le Polligny;» mais plus lard on a confondu ce second territoire avec le pre¬
mier : une déclaration de 1786, où l’on a copié des formules antérieures, énonce, en effet, une propriété à la «Butte du Mont-Parnasse, au lieu dit le clos «Renard.»
(3) Les anciens plans de celle région sont tellement faux , qu’en les comparant entre eux, nousavons eu souvent une peine extrême à reconnaître l’identité des voies représentées sur les uns et les autres.
DIXIÈME TRIAGE DES TERRES DE SAINT-GERMAIN, liant à l’église de Vaugirard et le long de laquelle le sentier passait*'1. Nous avons ainsi reconnu qu’il s’embranchait sur la rue Notre-Dame-des-Champs, à environ trente-trois toises au levant de la rue du Mont-Parnasse, et qu’il rencontrait le boulevard du Mont-Parnasse à treize toises de cette rue; il se courbait ensuite pour aller rejoindre le chemin de Vanves, à près de vingt toises de la borne du fief de l’Abbaye, là où, sur le plan de Verniquet, le chemin de Vanves est croisé par une voie prolongeant celle du moulin de Vaugirard.
FOSSE ALLIAUME.
A l’occident du territoire des Poulignis, il y avait une carrière appelée nia Fosse te Alliaume, » placée sur les confins mêmes du fief de l’Abbaye, ainsi qu’il est exprimé dans ce passage d’un cueilleret de Sainte-Geneviève : cr En lieu dict la Fousse nAliaume, entre les vignes des Plantes deVaulgirard et le terrouer de Polligny n près les Chartreux; laquelle fousse est bournée et fait la séparation de la censive ndesdicts de Saincte Geneviefve, et de celle de Sainct Germain des Prezn (i5o8). Un acte d’ensaisinement de 1 Ai 1 nous apprend, en outre, que la n Fosse Aleaume* était près du grand chemin de Vanves.