BUTTE DU MONT-PARNASSE
Celte butte a été coupée en deux par le boulevard du même nom, et le centre en était situé à peu près à la hauteur de la rue Delambre. Elle a été rasée de telle sorte, qu’on ne saurait dire si elle provenait d’un soulèvement naturel du sol, ou d’une cause artificielle, comme l’amoncellement de débris extraits des carrières voisines*2). Au milieu du xvne siècle , elle a été appelée tt Mont de la Fronde, v et, dès 1 635, on la dénommait le Mont-Parnasse*3), parce que les écoliers s’y réunissaient et y lisaient des poésies ou autres œuvres littéraires.
Il est à peine question de la butte du Mont-Parnasse dans les ouvrages sur Paris,
(l) Celte pièce est celle à travers laquelle a été ouverte, vers 1776, la rue du Mont-Parnasse, qu’un vieux et détestable plan de bornage de l’Abbaye nous a d’abord fait confondre avec le sentier des Poulignis. D’après ce plan, le sentier se serait bifurqué au delà du boulevard du Mont-Parnasse; mais, sur les autres plans, cette bifurcation n’est pas reproduite, et elle ne saurait être, dans tous les cas, qu’une modification relativement récente.
Un mémoire manuscrit sur les anciennes car¬
rières de Paris, cité par M. Bonnardot (Dissertation sur les anciennes enceintes cle Paris , p. 176), indique le Mont-Parnasse comme une carrière qui fournissait dix espèces de pierres à bâtir, et qui a du, par conséquent, produire beaucoup de détritus.
(3) Edouard Fournier, dans ses Variétés historiques (t. IX, p. 290), confirme le fait et ajoute que les écoliers se livraient aussi à des exercices de chant.
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, et les renseignements relatifs à ce monticule sont tellement rares, qu’il n’en existe, dans les archives de l’Abbaye, aucune mention antérieure au règne de Louis XIV. La première indication se rencontre dans un arpentage l'ait, au mois de novembre i5ag, par Jean Rémon, des terrains que l'IIôtel-Dieu possédait derrière les Chartreux, et au nombre desquels étaient : tt vingt-quatre arpens et trois quarte tiers assis au dessus des Chartreux, nu heu dict en la Bulle, en plusieurs haches, <r tenant d’une part, vers Vanves, aux héritiers de feu Macé du Val en partie, « . . . . et audict Hostel-Dieu, et d’autre, en plusieurs haches, aux Chartreux; tt aboutissant, d’un bout, au chemin qui va des Chartreux à Vanves, et d’autre, aux c vignes appartenans à Guillot Tiersot (b. n Or la même pièce de terre qui s appelait, en 1687,1a pièce du Mont-Parnasse, comprenait la plus grande partie de la butte, comme le montrent plusieurs plans, un entre autres qui a été exécuté en i6A8(2), et où l'éminence est intitulée : tt Mont-Parnasse ou Boulevart. v O11 disait aussi ; te le Boulevert près les Chartreux n (îhyo), ou tt Boulevart des Chartreux 11 (1 586-i 635).
Il est donc évident que la butte du Mont-Parnasse a été utilisée pour la défense du faubourg, comme l’a pressenti M. Bonnardot®. Elle communiqua d’ailleurs son nom à l’ensemble des champs de l’Hôtel-Dieu dans lesquels elle était enclavée, et qu’on énonçait pareillement tt le Boulevart, * en 1618 etdepuis.Ces champs, qui dépendaient du pressoir de la rue d’Enfer, et qui, à l’exception de quelques écarts, étaient attenants les uns aux autres, atteignirent une superficie de cinquante-trois arpents. La propriété eut pour noyau vingt arpents achetés, le 2 3 mars 1389, par Renault Mingot et sa femme Agnès, tous deux tt familiers de l’Hostel-Dieu. n
Près du boulevard des Chartreux, il y avait, en 1670, un et lieu dict la carrière tt des Torches. 11
1 Arch. de l’Hôtel-Dieu, liasse n° b'db.
:2> Ibid.
{1) ffll est possible que la butte du Mont-Par-
rr nasse ait autrefois servi de bastide pour défendre rr le faubourg- Saint-Germain, n [Dissertation sur les anciennes enceintes de Paris, p. 175.)