CHEMIN DE VANVES ET D’ISSY
Tous les documents le désignent de même, ou par une locution analogue, telle que celle de ccchemin qui va des Chartreux ù Vanves* ( 1 A A 0 ) ; mais, au commencement du xvu° siècle, on appelait aussi et rue des Chareltes* la partie qui débouchait rue d’Enfer. Partant de cette rue, avec laquelle elle faisait un angle presque droit, et ayant son encoignure méridionale à environ 2/iom,5o de la rue des brancs-Bourgeois (Monsieur-le-Prince) , le chemin de Vanves changeait bientôt de direction et se prolongeait vers le sud-ouest, en passant sous les murs du monastère des Chartreux.
Au mois de septembre 1617, ces religieux obtinrent du Roi la permission d’en supprimer le tronçon s’étendant de la rue d’Enfer àlarueNotre-Dame-des-Champs. Ils purent ainsi réunir en un seul leur ancien clos, situé à l’occident du chemin, et le nouveau, situé à l’orient, que la reine Marie de Médicis leur avait donné en échange des terrains qu’ils lui avaient cédés pour l’agrandissement du parc du Luxembourg. De nos jours, entre la rue d’Enfer et la rue du Champ-d’ Asile, au
TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, delà de laquelle on commence à le retrouver, il n’en est plus qu’un fragment conservé: c’est la petite rue de Chevreuse. De nombreux jalons, pour l’entier tracé de son parcours, sont, du reste, faciles à discerner sur le plan de Verniquet; on comprend alors le plan dessiné sur parchemin que renferment les archives des Chartreux (l), et qui fut dressé lors de la transaction de 1C17.
Le chemin de Vanves et d’Issy, te chiminuin Issiaci , v est mentionné pour la première fois en 1210; mais il remontait à une époque très ancienne, et c’était une des grandes voies limitant le fief de l'abbaye Saint-Germain, dont les limites se confondaient avec celles de la paroisse Saint-Sulpice. Cependant le couvent des Chartreux, l’unique construction qui ait existé sur le chemin de Vanves avant les temps modernes, relevait de la paroisse Saint-Séverin. Cette anomalie avait peut-être pris sa source dans le fait que le liou où le monastère fut fondé était un fief royal, tenu comme tel en dehors do la juridiction de l’abbaye Saint-Germain, et, par suite, hors des bornes de la paroisse Saint-Sulpice.
VAl VEUT, IÎRISEBA ERE.
Le lieu où s'établirent les Chartreux en 1267 se nommait Vauvert; mais celte appellation, en latin Vallis virirlis, qui se rencontre dans le cartulaire de Saint- Etienne-des-Grès, à la date de 122G, a été assez peu employée à partir du siècle suivant, excepté pour qualifier le couvent, dont l’emplacement marque celui du territoire de Vauvert. Il y avait là, dans la première moitié du xiu° siècle, un manoir royal ou château de quelque importance, qui, suivant certaine tradition rapportée par Sauvai (2), aurait été, dans l’origine, une maison de plaisance bâtie par le roi Robert: mais, comme on ne trouve point de témoignage historique tendant à confirmer cette tradition, nous la tenons pour fort douteuse. Il est à remarquer que Du Breul, qui écrivait avant Sauvai, ainsi que Félibien et Jaillot, qui écrivaient après, ne font aucune mention de l’hypothétique villa du roi Robert.
Près de Vauvert se trouvait, en 1 289, un lieu appelé Herbelot, ttloco qui dicietur Herbelot juxta vallcm vi ridem PI, » et, en 1258, un lieu appelé Brisebarre, (tterritorio quod vocalur Brisebarre W, n dont il existe également une indication dans le censier de 1 3 5 5 . Le territoire tr anciennement appellé Brisebarre, n lit-on dans un inventaire des Chartreux, était (rentre nostre maison et l’Hostel Dieu» (la Ferme); il correspondait donc à l’angle nord-est du clos de ces moines. Le livre du cellerierde Sainte-Geneviève, rédigé au milieu du xmc siècle, mentionne,
!l) Arcll. nat. car!. S 3960. qui non! rien de topographique, provenaient d'in-
,;V' Anliquilcz de Paris, t. II, p. 3. dividus possesseurs du sol : en j 3 5 5 , un certain
1 ! Cart. de Saint-Etienne-des-Grès. Nicolas Brisebarre prit à bail cinq quartiers de terre
’ Ces noms de ~ Herbelot s et s Brisebarre, » (.en Vigneray. r Voir aux appendices.
en même temps que celui de Gibart, le lieu de Crèvepance ou «Grièvepancen (1270), crin Crevepantia et Gibardo, in IciTa Sancti Germani de Pratis,i> qui était apparemment dans les environs de Vauvert. Dans ces environs, il y avait eu également une pièce do terre nommée «le Grand arpent, « et énoncée, en 1 /ilio : «derrière les Chartreux, au lieu dit les Bruyères. ■» Nous avons trouvé encore une autre indication des Bruyères Saint-Germain.
A Avenue
B. Entrée.
P MnAimtoyen^ pTux^ffLour^'aii cl en )