‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 67 sur 150 · DETAILS DV PORTAIL DE SAINT LOVIS · texte numérisé non relu

DETAILS DV PORTAIL DE SAINT LOVIS

D'APRÈS M1LLIN

1 Armes

de France. 2.LaVierôe et l’enfant Jésus; 3. Saint Louis prese es Chartreux de Paris 4. Tète de Saint Louis 5. Saint Antoine et s< 6. Saint Jean et son agneau 7. Saint Hugues et son cy§ ne

LE COUVENT DES CHARTREUX

monté cl un petit campanile (voir la planche), et la broderie de ses fenêtres ogivales indiquait bien le xive siècle. On remarquait, à l’intérieur, quatre anciens bas-reliefs représentant saint Jean-Baptiste, saint Paul, saint Antoine et saint Bruno. Les moines y priaient quotidiennement pour la reine Jeanne d’Évreux, femme de Charles le Bel, cjui avait fait élever l’infirmerie, l’avait meublée et avait donné une terre à Yères pour son entretien. Elle y venait quelquefois visiter les malades, usant ainsi d'un privilège fort exceptionnel, car l’entrée du monastère était rigoureusement interdite à toutes les femmes. Elles ne pouvaient que pénétrer dans la première cour, où l’on avait établi, à leur usage, une chapelle dont l’autel fut dédié, le 1 h mai i A6o, à la Vierge et à saint Biaise. Cette chapelle avait été édifiée au moyen des dons faits par le frère Robert de Hésecque et par Jacques- Juvénal des Ursins, évêque de Poitiers, mort en 1 458 ; mais on la reconstruisit dans les temps modernes, et c’était, au moment de sa destruction, une bâtisse sans caractère.

En retour d’équerre, s’élevait un corps d'hôtel attenant à la chapelle et formant le fond de la première cour; il était porté sur cinq arcades ogivales, dont les piliers soutenaient aussi des niches. La première niche encadrait une statue de saint Hugues avec son cygne; la seconde, une statue de saint Jean avec son agneau, et la troisième, celle de saint Antoine avec son cochon. Dans la troisième était placée une image de saint Louis, coiffée d’une couronne de cuivre délicatement ciselée et accompagnée d’un groupe de Chartreux. Le pieux roi semblait présenter les religieux à une Vierge portant l’enfant Jésus, abritée par un dais ou et tabernacle» place au-dessus de 1 arcade centrale et d’un écusson aux armes de France. Le style de l’ornementation et des figures W indiquait la fin du xvc siècle. Du Breul dit que ces tr quelques arcades et logis au-dessus d étaient a les derniers édifices faicls au- (tdicl lieu, ii Près du groupe de moines étaient gravés ces vers :

Hanc rogo, (juisquis ades, non admireris eremum,

Nec dicas : hæc sunt tecta superba nimis.

Regia sunt etenim viridis fundamina vallis ,

Francorum, jecit quæ Lodoïcus, honos.

Rex primum instiluit; regum Rex auxit et auget,

Servabitque suam lempus in omne domum.

Les Chartreux jouissaient du privilège d’enterrer chez eux tous ceux qui y

(l) Voir la planche empruntée à la notice de Millin. Comme la statue du roi portait le collier de l’ordre de Saint-Michel, Dulaure a supposé que c’était celle de Louis XI, et Millin, pour tout concilier, a admis que c’était l’image de saint Louis sous les traits de Louis XI. Que la statue fût destinée à représenter saint Louis, le groupe de Chartreux

placé auprès ne permet pas d’en douter; quant à la ressemblance avec Louis XI, détail dont on ne peut plus juger, nous ne voyons point ce qui l’aurait motivée, car la sculpture n’avait assurément pas été faite sous le règne de l’astucieux monarque, et elle ne remontait probablement qu’au commencement du xvic siècle.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, avaient choisi leur sépulture; aussi leur maison était riche en monuments funéraires. Voici la liste fies tombeaux et inscriptions qu’elle renfermait, et dont la date ne dépasse pas le xvu° siècle :

Dans le sanctuaire de la grande église :

Devant le grand autel, sépulture du cardinal Jean de Dormans, évêque de Beauvais et chancelier de France, mort le 7 novembre 1873. Elle consistait d’abord en une dalle funéraire de liais, qu'il avait fait poser de son vivant, et aux quatre coins de laquelle étaient ses armoiries intaillées sur plaques de cuivre jaune. Ces armoiries figuraient également au centre de chacun des longs côtés de la pierre, et, entre les six écussons, on avait gravé sur des bandes de laiton l’inscription suivante en vers rimés :

Dormit hic I. de Dormano.

Cliristo felix est oblalus :

Corpus linquens mundo, vauo,

Sub marmore tumulatus.

Tu, devoti patris hujus,

R ex gloriæ, Jesu Clirisle,

Animam suscipe, cujus Corpus tegit lapis iste.

Après la mort du cardinal, sur la même dalle on éleva un tombeau de marbre noir, dont une extrémité portait sur deux lions de cuivre, et l’autre, sur la première marche de l’autel. Ce tombeau, surmonté d’un bas-relief de cuivre, représentait le défunt en habits pontificaux, avec le chapeau, insigne de sa dignité, sous ses pieds. Au haut bout du monument étaient disposées deux figurines d’ange, aussi en cuivre, tenant des phylactères; on lisait sur celui de droite : n In ttpace fiat locus ejus, r et sur celui de gauche : et Et habilatio ejus in Syon. d Sur la bordure du tombeau se déroulait cette seconde inscription :

Anno milleno, ter C, ter I, septuageno Solvitur et membris septena luce novembris,

J. de Doruans, primo pro Jeromauo Præsuie susceptus, pater liuic Belvacus adeptus :

Sub Franco Rege, cancellavit duce lege;

. fovendo sub alis,

Intus confratrem, puerorumque scito patrem Coliegii claustri Brunelli Sit scius astri.

E11 161 1, pour refaire le grand autel, que J. de Dormans avait jadis enrichi tt d’une belle contreretable au-dessus d’icelluy, avec des images dalbastre,n on en-

n 11 avait fondé le collège dit rr de Beauvais," au clos Bruneau.

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LE COUVENT DES CHARTREUX

leva son tombeau, qu’on transféra, en 1691, dans la chapelle Sainte-Anne, avec celui de Guillaume de Dormans, qui fut pareillement chancelier de France et mourut le 11 juillet 1873. La sépulture de Guillaume, primitivement enterré à droite du monument de son frère Jean, était recouverte d’une dalle de marbre noir où se dessinait, en albâtre incrusté, l'effigie méplate du défunt. Elle était aussi décorée d’écussons en cuivre, et, au xvnc siècle, il ne subsistait de l’inscription que les mots :

. noble et sage chevalier. . . l’an de grâce. . .cent septante et trois. . .que Dieu ait

l’âme de luy.

Tout à côté était une dalle en marbre noir, large d’environ un pied, longue de quatre, et en partie cachée sous la balustrade du sanctuaire. O11 y lisait cette inscription :

Cy-gist noble homme maistre Régnault de Dormans, conseiller et maistre des requestes ordinaires de 1 hostel du Roy, nostre sire, et neveu dudit feu monseigneur le Chancelier; et un des enfants dudit maistre Régnault, et damoiselle Colombe de Bonney, sa femme. Lequel maistre Régnault trespassa le xi" jour de novembre m cccc lxxii.

A côté du grand autel, sous une arcade ornée de peintures et pratiquée dans le mur qui séparait le sanctuaire d’avec la chapelle de Saint-Jean-l’Évangéliste, était le tombeau en marbre noir de Pierre de Navarre, comte de Mortagne, mort le 29 judlel 1 h 1 8. Ce monument, dont le dé était orné de figurines, avait environ trois pieds de hauteur. 11 portait les statues couchées, et exécutées en marbre blanc, de Pierre de Navarre ainsi cjue de sa femme Catherine d’Alençon W. On ne rapporte point que Pierre de Navarre ait eu une épitaphe, et il n’est point question non plus de celle de Pierre Coursin, son chapelain, qui, pour obtenir de reposer près de son maître, donna aux Chartreux, le U août î/iig, une somme de quarante-cinq livres parisis.

En face du sarcophage de Pierre de Navarre, et placé également dans une arcade ornée de peintures, se trouvait le tombeau d’Amé de Genève, frère de Robert de Genève, évêque de Térouanne, qui fut pape sous le nom de Clément VII. L’effigie d’Amé, taillée en ronde bosse, le représentait armé de toutes pièces, et, sur le bord de la table couronnant le dé, était gravée eette inscription :

Cy-gist noble et puissant prinche, Monsieur Amé de Genève, qui trespassa Tan de grâce n ccc lxix le îv" jour® de décembre. — Priez Dieu pour lame de ly.

Le monument d’Amé était le dernier des trois nsepulchres eslevez de terre n

Elle fut inhumée à Sainte-Geneviève, et non point aux Chartreux. — <!) D’après Du Breul. L’épitaphier de la Ville, détruit en 1871, indiquait le xiv“ jour, et Millin le m\

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que renfermait le sanctuaire de l’église; partout ailleurs dans le couvent, à une exception près que nous signalerons, de simples dalles tumulaires marquaient les sépultures.

Sur le même rang que le tombeau de Jean de Dormans, on comptait encore, après son déplacement, quatre grandes pierres tombales, l’une à droite (en regardant l’autel), et les autres à gauche. Celle de droite, en marbre noir, était ornée de l’effigie, incrustée en marbre blanc, de Philippe de Marigny, archevêque de Sens, mort à la fin de 1 3 1 6 . Il avait d’abord été inhumé dans l’ancienne chapelle du château de Vauvert, et on le transporta dans le sanctuaire dix ans après, lorsque cette chapelle fut convertie en réfectoire. La première dalle funéraire de gauche, c’est-à-dire la plus rapprochée de la muraille, était en partie cachée par la chaire où l’on chantait l’Evangile. Elle couvrait le corps de l’évêque d’Auxerre, Jean de Crenay, et on y avait représenté son image dans le système dichrome que nous venons d’indiquer. Jean de Crenay mourut le i3 octobre 1A09, suivant la teneur de son épitaphe., dont on 11e cite que ces fragments :

. . . .Hic jacet dominas Michael de Crenay (alias Cernay), cpiscopi . oriundus Trevis,

episcopus condam . E . qui obiil in sua donio ..... (décima) tertia die octobris, anno

Domini millesimo quadringentesimo 110110.

Un chevalier armé était encore représenté en mosaïque noire et blanche sur la seconde dalle, qui constituait le cénotaphe du fameux Enguerrand de Marigny, pendu à Montfaucon le 3o avril i3i5. Après avoir été longtemps accroché au gibet, son cadavre fut porté aux Chartreux, par les soins de son frère Philippe, archevêque de Sens, et déposé dans une tombe préparée.d’avance pour ce prélat; mais le corps 11e demeura point là, car, en proie à des remords, le comte de Valois réclama les restes de sa victime et les fit transporter dans la collégiale d’Ecouis, fondée par Enguerrand. La troisième pierre tombale était recouverte d’une plaque en cuivre, où se dessinait en intaille la figure d’un évêque clans son costume pontifical. On lisait autour :

Hic jacet recoiende memorie magisler Johannes de Blangiaco, Rhotomagensis diocesis, doctor in' sacra théologie , et episcopus Autissiodorensis quondam; cujus anima requiescat in pace. Amen. Obiil idus Martii, anno Domini millesimo trecentesimo quadragesimo quarto.

Une dernière dalle funéraire. en cuivre, avec figure gravée, était placée au pied du tombeau d’Amé de Genève, entre celui-ci et le maître autel. Elle portait cette épitaphe :

Hic jacet Johannes d’Arsonvalle, Lingonensis diocesis episcopus, quondam Cabillonensis, S. S. et domini Ludo\ici Caroli sexti, Francia regis primogeniti, Delphini Viennensis et Aquitaniæ ducis confessor; qui obiit Parisius, die xxyii Augusli, anno Domini millesimo quadringentesimo decimo sexto. Requiescat in pace; Amen. ,

TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS

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LE COUVENT DES CHARTREUX

Dans le chœur des pères :

A droite et en partie cachée sous la balustrade du sanctuaire, dalle tumulaire en cuivre, où était gravée l’effigie d’un chevalier, avec cette inscription autour :

Cy-gist noble et puissant seigneur Monseigneur Philippe de Harcourt, chevalier, seigneur de Montgommery et de Noyelles sur la mer, conseiller, premier chambellan du roy Charles VIIe; lequel trespassa l’an de grâce m cccc xiv le xmc jour d’octobre. — Dieu, par sa grâce, de ses péchez pardon lui fasse.

A gauche, entre la balustrade et les stalles, près de la porte de la chapelle Saint-Michel, petite dalle tumulaire en liais. Inscription :

Cy-gist vénérable et discretle personne M° Pierre Rémusse, dit de Tournerre, jadis chanoine de Tournay, et conseiller du Roy, nostre sire, et de Monseigneur le duc de Bourgogne, qui très passa le vin® jour du mois d’octobre, l’an de grâce m ccc imxx xv. Que Dieu ait l’âme de luy. Amen.

Devant le pupitre, vers le grand autel, dalle en marbre recouverte d’une plaque de cuivre, où étaient gravées les figures de deux prêtres; autour se voyait l’inscription suivante :

Chi-gisent M° Jehan du Portail, archidiacre, et mestre Simon, son frère, chantre de l’église de Tournay; lequel arcediacre fut conseiller du roy Philippe le Long et du roy Charles son frère, et chancellier du très noble ( alias haut) prince monsieur Charles, comte de Valois, d’Anjou, d’Alençon et de Chartres, jusqu’à la mort dudit comte; et depuis, mestre des requestes de l'hostel du Roy Philippe, fils dudict comte. Lequel arcediacre trespassa l’an de grâce m ccc lvi, le

xixc jour de novembre; et ledict chantre, l’an de grâce mil trois cens et(1) . Priez Dieu

pour leurs âmes.

A côté de la précédente, dalle recouverte en cuivre, avec la figure gravée d’un chanoine en pied. Autour l’inscription suivante :

Hic jacet Reverendus pater, et magne circonspectionis ac scienlie vir, dominus Nicolaus le Diseur de Hamigena, de Laudunensi diocesi oriundus, sedis apostolice prollionotarius, et Laudunensis ac Noviomensis ecclesie archidiaconus, neenon. . . et Parisiensis canonicus, et Regis Francorum secrelarius ( alias lectorius); qui obiit Parisius die xxm octobris, anno Domini m ccc nonagesimo nono.

A gauche de la précédente, dalle tumulaire avec cette épitaphe :

Cy-gist vénérable et discret te personne M° Mathurin Roger . . . conseiller du Roy, nostre sire,

chanoine de Béthune et de Auxe, qui trespassa en son hostel . l’an de grâce mil cccunxx,

le vne (alias vin0 ou xme) jour du mois d’aoust. Priez Dieu pour lame de luy.

(l) Le reste de l’inscription ne fut jamais gravé.

A gauche, près des stalles, dalle où était gravée l’effigie d’un prêtre. Inscription :

Ilic jacel scientificus (?) lidelis et prudens vir dominus Chabertus {alias charlestière) Hugonis, legum dodor, archidiacus Matisconensis et obedientiarius Trium.. .(>), canonicus Sancti. Cabilonensis; qui migravit ad Deum, Parisius, anno Domini mcoclii, die xi (alias xxi) menais junii . . . el requiescal in pace, Amen. Pater noster.

A l’entrée du chœur des pères, près des stalles de gauche, tombe de Pierre de Chenac , official île 1 église de Paris el chanoine de Limoges, qui mourut l’an 1 3 . . . Inscription presque entièrement effacée :

Hic jacet venerabilis. . . utriusque juris professor, quondam officialis . et canonicus Le-

movicensis . Requiescat in pace.

A gauche de la précédente était la tombe de Jean de Béarn (nhasYvan de Béart), chambellan du Roy, fils naturel de Gaston III, dit Phœbus, comte de Foi.x. 11 mourut a Paris, à 1 hôtel Saint-Pol, le 3o janvier 1392. On ne voyait de l’inscription que les mots : nCy-gist noble homme Me Jehan de Béarn . n

A 1 entrée du chœur des pères, vers le milieu, tombe portant cette épitaphe :

Cy-gist sage homme et de louable conversation M Jehan Dumont Saincte-Marie, advocat en parlement et prévost de l'église de Soissons, el cbanceliier d’illustrissime prince Philippe, duc d Orléans, fils de Philippe de Valoys, roi de France; qui trespassa le jour de Nostre-Dame, vin" jour de Décembre, l’an si ccc xlviii.

Dans le chœur des frères :

Près de la porte du chœur des pères, tombe de liais avec cette inscription :

Cy-gist honorable et sage feu Me Guillaume de Bezançon, en son vivant .

A gauche, le long des stalles, pierre tombale où étaient gravées les effigies d'un homme en robe et d’une femme. Inscription :

Hic jacet magnificus ac prudens dominus Adam de Cameraco, miles ac Parisiensis parlamenti

primus presidens . diocezis Cathalaunensis, in Campania, qui obiit die xv marlis m cccc lvi;

et nobilis et magne virtutis domina Karola Alexandra, de Parisius oriunda, ejus uxor, que obiit xn menais martii, anno m cccc lxxiii. Orale pro eis.

Du côté opposé on voyait, encastrée dans la muraille au-dessus des stalles, une lame de cuivre où était relatée la fondation faite en 1 A5o , au profit des Chartreux, par Adam de Cambrai, de concert avec sa femme; auprès se trouvait un portrait n au vif 11 du premier.

1 Apparemment Trium montium, ou la Bussière, au diocèse d’Autun. Du Breul dit que Chabert Hugues était chanoine d’Autun et de Chalon.

TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS

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