‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 66 sur 150 · BATIMENT DE LA POMPE , FAÇADE POSTÉRIEVRE ET COVPE EN LARGEVR · texte numérisé non relu

BATIMENT DE LA POMPE , FAÇADE POSTÉRIEVRE ET COVPE EN LARGEVR

TÉiiifflWfedi

LE COUVENT DES CHARTREUX. 79

Le petit cloître était une construction hybride. Le grand corps d’hôtel, contigu à la façade de 1 église et faisant le côté nord-ouest de l’édifice, avait été élevé glace aux libéralités de Humbert, dauphin de Viennois, puis archevêque de Reims, mort en i355. Le bâtiment constituant le côté sud-ouest du cloître était le réfectoiie, jadis chapelle du château de Vauvert; les moines y mangeaient en commun les dimanches et les jours de fête. Vers le sud-est, se trouvaient la sacristie, le chapitre et la secrétairerie. Le chapitre était dû aux libéralités de Pierre Loisel, bourgeois de Paris, et de Marguerite sa femme, qui y avaient leur sépulture devant un autel doté par eux, que Guillaume de Flavecourt, archevêque d’Auch, avait dédié à saint Pierre et à saint Paul le i3 août 1 33a W.

Derrière le petit cloître sétendait le grand, dont le préau mesurait t33m.5o de longueur sur 8ô"',5o de largeur. Au centre 011 avait creusé un grand puits, dont 1 eau était conduite par des tuyaux dans les chambres des religieux et les divers offices du monastère <*>. Vers l’angle oriental, attenant à l’aile voisine du réfectoire, était le cimetière commun des frères, qu’on 11’enterrait jamais dans 1 eghse et auxquels ou 11 accordait ni monuments ni épitaphes.

Le long des galeries du grand cloître, percées de simples petites baies ogivales et couvertes partie en pierre et partie en bois, s’ouvraient les cellules où demeuraient les moines et qu’on distinguait par des lettres. Elles se composaient chacune de deux ou trois petites pièces, avec un petit jardin, et n’avaient aucune communication entre elles <3). Les huit plus anciennes remontaient au temps de saint

mière fondation de l'ordre sacré des Chartreux, naifvement pourlraicte au cloislre des Chartreux de Paris traduicte par V. P. frère François Jary, prieur de Noslre-Dame la Prée lez Troyes. In-Au, Paris, 1 hjS. Nous donnons, aux Appendices, les passages les plus importants de l’original et de la traduction.

(1) Cette date, donnée par Du Breul, ne semble point exacte, car le mot kalendas, qui est employé dans l’inscription, ne peut servir à désigner le i3 d un mois. Il faut probablement lire le 1 h ou mieux le a3. Le 3 mai i33o, Pierre Loisel et sa femme donnèrent aux Chartreux une maison sise en la rue de la Vieille-Draperie, avec une rente de seize livres parisis, pour la fondation et le douaire d’une chapelle qu’ils avaient fait édifier en l’honneur de Jésus- Christ, de la Vierge et de saint Jacques, et où ils avaient élu leur sépulture. Cette chapelle est apparemment la môme que celle qui fut dédiée en 1 332 , sous un vocable différent.

( ) Ce puits fut entouré d’un petit édifice, que les anciens plans appellent tria pompe, * et que l’on voyait encore, il y a peu d’années, dans la pépinière du Luxembourg; il paraissait remonter aux

environs de l’an 1620. Nous l’avons fait dessiner et graver sous divers aspects.

Une construction analogue , la même probablement, est figurée sur le plan de 1618, dont nous parlons plus loin. Le compte de 1/171 contient un article ainsi conçu.: t Pourpaier frung muv de piastre

rr employé h la clousture du Puys du cloislre . »

] Ce Journal d’un voyage à Paris en i65j, dont nous reproduisons quelques passages aux Appendices, donne les détails suivants: tr Chaque moine a ff son valet, son apparLement où il y a trois chambres, ff l’une pour esludier, où est sa bibliothèque, l’autre «pour se coucher, et la troisième pour recevoir ses garnis, et un petit jardin où il peut planter ce qu’il crveut. « {Journal d’un voyage à Paris en 1 607, publié par M. Faugère , p. 1 07. ) Du Breul rapporte, a propos des cellules de Chartreux, que, par un efiét de la bienveillance divine, elles étaient exemples de rrces ff puantes bestioles appellées punaises. . .desquelles, ff dit-il, autrement et difficilement ils se pourroient ff garantir, pour y avoir grande disposition, à cause ff qu’ils couchent vestus, n’usent point de linge, ff changent peu souvent d’habits, ont leurs cellules

Louis. Au mois de mars 1290 (v.s.), le mardi après l’Annonciation, Jeanne de Châtillon , femme de Pierre comte d’Alençoq, en fonda et dota quatorze autres (1), bienfait dont le souvenir fut perpétué par un bas-relief placé dans le grand cloître et représentant la princesse offrant à la Vierge et à saint Jean-Baptiste quatorze Chartreux agenouillés près d’elle.

Quant aux rr sept celles resta ns dudit cloistre',' w comme parle Du Breul, lune provenait de partie des biens donnés au couvent par Me André de Tarant et Mc Pierre de Chosant, lorsqu’ils s’en firent religieux profès; deux, voisines de 1 infirmerie; étaient dues à Pierre Bourguignon, prêtre, et à Me Jean Desmoulins; les quatre autres, marquées C, D, F et G, avaient été fondées en 1896 par Pierre de Navarre, comte de Mortagne. On cite, en outre, la ce fondation d’un moine, d en 1260. par Marie ou Marguerite d’issoudun, femme d’Alphonse, roi de Jérusalem; une pareille fondation, en 1270, par Thibaut II, comte de Champagne, gendre de saint Louis; une fondation, effectuée au mois d’octobre 1/120, par Hervé de Neau ville, seigneur du Val-Cocatrix, et son frère Guillaume, de quatre religieux destinés à habiter les cellules Y, X, Y et Z; enfin une fondation du cardinal Jean de Dormans, et une dernière, de Hugues le Coq, mort en iû85. Celle-ci se rattachait à la cellule E, et complète un total de trente-sept fondations connues. Il est, du reste, parfaitement sûr que, depuis le temps de Du Breul au moins, il ny a jamais eu que vingt-neuf cellules autour du grand cloître.

Au nord-ouest de l’église était située l’infirmerie qui, avec ses dépendances, occupait quatre arpents, vers la fin du xve siècle. Elle contenait six cellules, avec leurs jardins^, et une assez belle chapelle, achevée en 18A1. Près de la porte de l’infirmerie,. sur une petite table de marbre, était gravée cette inscription :

cc L’an de grâce mcccxli, fusl parfaicte ceste chapelle et infirmerie, que fonda cc madame Jehanne, par la grâce de Dieu royne de France et de Navarre, jadis crespouse du roy Charles le Bel, et fust laditte madame la Royne fille de très cr excellent prince monsieur Loys de France, jadis comte cl Evreux et fils de roy cc de France. r>.

La chapelle de l’infirmerie consistait en une nef de deux travées et une abside qui, circulaire à l’intérieur, formait chevet carré à 1 extérieur. L édifice était, sur-

<t faictes (le bois par dedans leurs licls, et fermez de frbojs au lieu de courtines, et le fouare de leur lict n- qu’ils sont si peu curieux de changer, qu’il y en a tqui ne le changent pas en vingt ans une fois.»

;i On ne connaît que la fondation de dix moines avant 1390; cependant les religieux étaient alors au nombre de seize, puisqu’on lit dans l’acte de fondation : «Voulant que li nombres de seize frères douait ordre, qui à Dieu- servent' ou lieu qui est appeliez Vauvert, près de Paris, soit creuz et augmen¬

tez dou nombre de quatorze personnes prestres, trou a ordener prestres.» (Arch. nat. cart. S £987.) Félibien avance néanmoins qu'il 11’y avait en réalité que dix cellules en 1290; nous ne savons sur quoi est basée son assertion , et l’on n’a plus de documents pour éclaircir celte histoire fort confuse des fondations de cellules.

Auprès de l’infirmerie il existait une carrière au xvi* siècle, et le clos du couvent en contenait encore une en 1790.

3PO GRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS

Heliofi Dujardin

Page 1