‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 81 sur 150 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

LA TRANCHÉE (1>

Sommaire : Rareté des documents relatifs à ce sujet. — Forlificalions de 1 368 et de 1/118. ■

Projet de fossé en 1 536. — Requête des habitants et ordonnance royale (i55o). Trava

exécutés en 1 56a , 1 568, 1 576, 1 585 , i58g et 1 5g 1 . — État de la Tranchée en 1O17. • Son tracé approximatif; sa destruction.

11 faut répéter, à propos des fortifications du faubourg Saint-Germain, ce que nous avons dit au sujet de l’histoire de ses maisons : la pénurie des documents est extrême, et l’on ne saurait y suppléer. Cette insuffisance est d’ailleurs d’autant plus grande que la période où lurent exécutés tous les travaux importants correspond précisément à celle pour laquelle les titres de l’Abbaye font presque complètement défaut. Il n’existe aucune mention de la Tranchée dans les archives du monastère,

(l) La Société de V Histoire de Paris et de P Ile-de- France a exprimé le désir de connaître ce chapitre avant la publication du volume. Nous avons eu I honneur den donner lecture dans la séance générale du 10 mai 1881, et nous avons fait précéder cet extrait des considérations suivantes :

frLes diverses enceintes de Paris n’appartiennent pas seulement à l’histoire topographique de celte ville : elles tiennent une place importante dans ses annales politiques et administratives; elles constituent même un trait d’union entre l’autorité municipale et le pouvoir souverain. En effet, si la charge de défendre la capitale incombait naturellement aux rois de France, les bourgeois de Paris avaient, en même temps et presque au même degre, le droit et le devoir de mettre leur ville h 1 abri d un coup de main. Leurs personnes, leurs familles, leurs propriétés, leur commerce, leur industrie, y étaient intéressés au premier chef, et les souverains ne manquaient pas de le leur rappeler dans toutes les grandes occasions.

ff Henri II, notamment, dans son édit du 27 février 155a , met le rrdebvoir de huilions au premier rang des obligations civiques imposées aux habitants des villes, par le droit canon, — sans le moindre jeu de mots, bien entendu, — comme par les lois du royaume. Aussi n’entend-il en

exempter personne n- soit corps, colèges, églises fret comunautez, privilégiez et non privilégiez, de ff quelque estât, office, qualité ou condicion qu'ils ffsoyenl, atendu mesme, ajoute-t-il, que nous y ff voulons contribuer et estre comprins; attendu ff aussi que la chose concerne toutes personnes en ff universel et particulier, et que les droitz et conslifrtucions, civiles et canoniques, ont appellé les confftribucions, pour le faict et fortificacion des villes, ff chose louable et recommandable, n

ffNous citons le texte, parce qu’il est capital en la matière, et qu'il s’applique plus spécialement à la fortification connue sous le nom de rr tranchée du faubourg Saint-Germain , n travail considérable qui fut entamé a plusieurs reprises, au milieu de circonstances critiques, qu’on interrompait lorsque le péril s’éloignait, qu’on reprenait quand l’ennemi se montrait de nouveau à l'horizon, et qui fut généralement accompli par des masses de travailleurs levées à la hâte, fort peu propres à pareille corvée et besongnanl, sous la férule administrative, dans des conditions analogues à celles de nos modernes ateliers nationaux.

ffOn connaît assez peu les travaux de défense entrepris à différentes époques pour couvrir le bourg qui s’était formé autour de l’Abbaye et à 1 ombre de ses clochers. Chacune des enceintes

à part les deux qu’on rencontre dans le cerisier de 1695, et qui n’ont de valeur que comme jalons topographiques. Quant aux renseignements que contenaient les archives de la Ville avant leur destruction, ils étaient trop incomplets et trop vagues pour qu’on en pût tirer parti. Enfin aucun des historiens de Paris ne s’est occupé de cette fortification, qui a pourtant sa place dans les annales de la topographie parisienne.

En 1 3 6 8 , on entoura l’Abbaye de fossés qui la transformèrent en forteresse; mais alors on croyait si peu à la possibilité de défendre le faubourg, que, huit ans auparavant, le Régent avait donné l’ordre de le brûler pour empêcher l’ennemi de s’y loger. A cette époque et même deux siècles plus tard, le bourg Saint-Germain était ville ouverte. Il y avait bien à l’entrée de la grande rue, au carrefour de la Croix-Rouge, une sorte de porte; mais elle ne devait constituer qu’une protection peu efficace; car, suivant les apparences, il était aisé de tourner l’obstacle et de pénétrer dans l’intérieur du bourg, en l’attaquant par les environs de l’église Saint-Sulpice. C’est sans doute pour parer à cet inconvénient qu’en iûi8 l’abbé de Saint- Germain accorda à ses vassaux la permission ce de faire des barrières de boys en rc plusieurs lieux de ladite ville (Saint-Germain), pour eulx et leurs biens saulver, cr attendu que plusieurs ennemiz de France leur faisoient plusieurs assaulx^. n

régulières dont la Ville a été entourée, depuis celle à laquelle appartenait le fameux « archet Sainl-Merry , » cité par Raoul de Presles, jusqu’au mur des Fermiers généraux, a été mesurée, décrite et retrouvée plus tard, à l’état de débris, dans le sol. Il n'est pas jusqu'à la muraille et au fossé du bourg Saint-Marcel qui n’aient été relevés, et qui n’aient laissé, jusqu'à ces derniers temps, des traces de leur existence, soit dans les terrains, soit dans le tracé et la dénomination de certaines rues. Seule, la tranchée du faubourg Saint-Germain a complètement disparu, parce quelle ne consistait qu’en un retranchement et en un fossé, genre de fortification complètement à la merci d’un travail de nivellement ultérieur. N’ayant eu, d’ailleurs, qu’une durée de cinquante ans à peine, elle n’a pu influer sur le percement et la direction des voies du faubourg, ainsi que l’ont fait, en leur temps et en leur lieu, les murailles de Philippe-Auguste et de Charles V.

ff C'est dans les Registres du Bureau de la Ville, dans les plans de la fin du xvic siècle et du commencement du xvii0, qu’il faut aller chercher les éléments d’une histoire de la Tranchée. Le peu que l'on en sait dérive de cette double source, et Berty déclare n’avoir presque rien découvert ailleurs. Les archives de l’Abbaye, qu'on croirait fé¬

condes en indications, ne renferment, dit-il, à propos de la Tranchée, que deux courtes mentions consignées dans un censier de 1 5 g5 ; quant aux historiens de Paris, ils nous apprennent simplement, ce que personne n’ignore, que la pensée de fortifier le bourg et le faubourg Saint-Germain est contemporaine des grandes calamités de notre histoire. Poitiers et Pavie, les Anglais et les Impériaux, sont les causes déterminantes de ces sortes de travaux; un peu plus lard, les Huguenots ajoutent aux dangers des guerres étrangères le péril des discordes civiles, et renouvellent les alarmes des Parisiens, qui se hâtent de reprendre le pic et la pelle. C’est ainsi qu’au milieu du xive siècle, on transforme l’Abbaye en forteresse, et que, deux cents ans après, on se hâte de mettre un fossé, un vallum entre les envahisseurs et le plus riche faubourg de Paris.

a L’histoire topographique des enceintes d’une grande cité se lie donc intimement aux époques agitées de ses annales, et c’est à ce titre que nous avons cru devoir reproduire, en appendice, les pièces que Berty s’était contenté d’indiquer au cours de son travail. Ces documents nous ont paru faire partie intégrante de la Topographie historique du vieux Paris, n

(I) Arch. nat. reg. LL 1071, P 5a r°.

LA TRANCHÉE. 113

Le projet d’enceindre d’un fossé continu le bourg Saint-Germain apparaît pour la première fois sous le règne de François K A la date du 6 juillet 1 536, on lit dans les registres du Corps municipal : aAu Bureau de la Ville aesté ordonné que, «u droict des fossez de la Ville, au-dessus de la Tournelle, de la Tour de Neslc et te de la Tour du Boys, seront faictes tranchées en la rivière de Seine, de la longueur tteL profondeur qu’il sera adviséparles maistres des euvres et gens à ce corignoistt sans, en la présence de Messieurs les Esclievins; à ce que l’on ne passe plus, de tt nuict, à heure indeue, au travers delà rivière W. d Le 29 du même mois, le cardinal du Bellay, gouverneur de Paris, qu’animait un grand zèle!1 2 * *), déclara au Prévôt des marchands qu après avoir étudié la question l’on avait reconnu qu’il en coûterait autant de raser les faubourgs que de les fortifier, et qu’il valait donc mieux, conformément au désir du Boi, recourir à ce dernier moyen On entreprit, en conséquence, des travaux qui furent considérables, car ils occupèrent, dit-on, jusqu’à vingt mille hommes^. Toutefois, bien que des ateliers fonctionnassent certainement à Notre-Dame-des-Champs, il semble que l’on remua surtout, le sol de la rive droite, laquelle était plus particulièrement menacée par l’armée qui assiégeait Péronne. Dans tous les cas, soit parce que l’on ne lit que peu de chose sur la rive gauche, soit parce que, Là comme au nord, la tranchée commencée fut bientôt comblée par autorisation royale, il n’en est nullement question dans les litres relatifs au faubourg Saint-Germain ot à Notre-Dame-des-Champs.

lin i55o, les habitants des faubourgs de la rive gauche adressèrent une requête à Henri II , afin d’obtenir : i° qu’on jetât un pont entre l’hôtel de Nesle et le Louvre; 20 quon établit après la Tour de Nesle ung port pour y arriver toutes a sortes de marchandises, pour la fourniture et nécessité des habitans desdicts

(1) Arch. nat. reg. H 1779, f° 176 v°.

(2) Le ier août i536, on fît crier par les rues

f inhibitions et deffenses à toutes personnes. . . de

rrempescher les maneuvres ordonnez à besongner "aux rempars et fossez, à l’entonr de ceste ville de "Paris et faulxbourgs. 51 Le 28 août, il fut également interdit, ersur peine de fouet, à tous les manou- Kvriersbesongnans ès fortifications. . . de laisser et f discontinuer leur besongne» qvant d’y avoir travaillé quarante jours. (Registres du Bureau de la Ville, H 1779, f°* 191 r° et 220 v°.)

(t) Après avoir visité et fait visiter f par gens n experts en fortification le tour de ceste ville, il "(le cardinal) a trouvé qu’il fault garder la Ville et fgaster les faulxbourgs, ou bien adviser si les faulxff bourgs se pourront garder avec la Ville; et lourrtesfois y a grande considération à la perte si ff grande qui seroità la destruction des faulxbourgs,

fret que la despense sera grande à les faire abalre fret guère moindre que à les fortiflier, et que léser dicts faulxbourgs estant fortifiiez fourniroient grandement pour le secours de la Ville. El, par l’advis trde ceulx qui se y congnoissent, a esté trouvé que fl on doibt garder les faulxbourgs avec la Ville, "ai ns y qu’il sçaict l’opinion du Roy estre telle; et rrnéanmoins que le temps requiert célérité pour y ff besongner, de sorte que l’on congnoisse qu’il y ait ff entreprise exécutée entre cy et ung mois. 51 (Registres du Bureau de la Ville, H 1779, f5 1 83 v°.)

(4) François Ier écrivait au connétable de Montmorency : «Il n’y a pas moins de vingt mil pyonf niers, et besongnent tous les jours ordinairement, "de sorte qu’il (le cardinal) me mande entre autres f choses que, sans qu’il m’en couste un seul escu , fil espere devant peu que ce sera la plus forte ville f de la chreslienlé.55

tt laulxbourgs; n 3“ qu’on entourât ces faubourgs d’une clôture régulière en maçonnerie, semblable h celle dont ils avaient envoyé ttung pourtraict ou dessaing. « Une ordonnance du 8 septembre fit droit à cette requête et prescrivit la construction de l’enceinte, dont l’ingénieur militaire Jérôme Bellarmato était chargé de tracer le plan, et par luy descripl et rapporté en carte, v

Mais, le îa septembre, le Prévôt et les Échevins s’étant rendus près du lioi à Saint-Germain-en-Lave, le Prévôt des marchands présenta diverses objections au projet : il soutint particulièrement qu’il n’était point juste que la dépense incombât à la Ville de Paris qui, par deux fois déjà, avait supporté les frais d’une enceinte, outre que, par deux fois aussi, elle avait, disait-il, crfaict une despense inlinye tr pour fortiflier les laulxbourgs de fossez et boullevers, qui ont été faietz ès années et vc et xbm (io/i/i)!1'1 aux courvéez des habitans de la Ville, n 11 ajoute que, pour l’enceinte projetée, il faudrait et par dedans la Ville deux toises pour faire rempart <r contre la muraille, et trois toises de chemyn contre le rempart; et, hors la mu- « raille, il fallait xvm toises de fossé et cinq toises de chemyn, qui estoit xxxvi toises tt de travers surum (2,000) toises de long, qui vouldroient quatre vingtz arpens de tr terre, à cent perches pour arpent et xviu piedz pour chacune perche, dont la rétt compense seroit beaucoup estimée, pour ce qu’il se trouverait des maretzde grant tt revenu, des vignes, jardins et maisons, tellement que chacun arpent cousteroit tcplus de trois cens livres tournois, qui seroit xxmf’ (26,000) livres tournois pour a une foys; que, ladicte récompense l'aicte, faisant la muraille ou tour dudict circuyt tr de quatre toises de haulteur, comprinsle fondement et y faisant des espérons derttrière de quinze piedz en quinze piedz, et de ladicte haulteur sur neuf piedz d’esttpoix, reviendrait à neuf mil toises de mur qui vauldroient, à quinze livres tournois tria toise, à vi"xvm (1 35, 000) livres tournois. Plus les deux quaiz, depuis les anciens ttquays jusques aux nouvelles portes, pourraient couster, en pillotiz, plateformes, tt maçonnerye, anneaulx de fer et pavé, Lm (5 0,0 00 ) livres. Le fossé de xxm toises ttde large, sur deux mil toises de long faict en tallut, de six toises de hault par son ttmeilleu, et regectant la terre dudict fossé derrière la muraille pour servir de tt rempart, reviendrait à ovni"* (108,000) toises de vuidanges, qui pourraient tt couster, comprins les engins pour gecter iesdictcs terres sur le rempart, xxxv es. t. chacune toise, vallant i\“ixm (1 89,000) livres. Plus fauldroit faire les portes, tr boullevers, pontz, chaussées, pontz-levys, faulx-pontz et pavez, qui seraient tt d’une grande despense (’h 11

Lelloi, cependant, maintint sa résolution et, le 6 novembre, les lettres patentes précédemment délivrées furent apportées à la Ville, pour qu’on en délibérât. Le 2 h, il fut décidé en assemblée, ainsi que nous l’apprennent les registres municipaux, ttque pour le regard de ladicte closturc desdits laulxbourgs, Monsieur le

(1) Les Registres du Bureau de la Ville ne contiennent, sur ces travaux de l’année i5/i4, rien qui soit relatif à la Tranchée. — '2) Arcli. nat.. reg. H 1781, f” 195 et suiv.

LA TRANCHÉE

te Prévost des marcbans cl Eschevins, Monsieur le Prévost de Paris, les maistres des «euvres de ladicte Ville, Bellarmato, ingényeulx du Roy, nommé en la commission fret Mc Charles Dorigny, paintre, qui a pourtraict et figuré la ville de la Rochelle, tfinonstrée au Roy, se transporteront sur les lieux, pour designer et aligner ladicte tcclosture, icelle figurer et pourtraire au petit pied et aligner au vray. Plus feront cr estimation en gros de ce que icelle closture pourra couster, et de tout faire un rr procès verbal lequel sera porté au Roy pour, icelluyveu, en ordonner ce qui hiv rt plairai1), v L’année suivante, le 3 septembre 1 55 1 , le Roi manda au Prévôt et aux Ecbevins de se rendre sur le terrain rtpour marquer avec paulx les endroietz où il et faudra faire lesdictes murailles et fossez, » d’après un nouveau projet « fort à propos rr et bien dressé v par messire Jean PoiTmahh2). Néanmoins l’éternel manque d’argent et probablement aussi des influences puissantes amenèrent l’avortement du projet, qui demeura sans effet. La grande Tranchée, dont fut entouré le faubourg, ne paraît avoir été sérieusement entreprise que vingt eL un ans plus tard, quoiqu'il ressorte d’un règlement du 16 mars i 552 que des ouvriers étaient alors à la besogne près de Notre-Dame-des-Champs(3).

Le i4 novembre i56a, sous l’impression delà crainte provoquée par la marche de l’armée protestante sur Paris, il fut ordonné aux seize quarteniers de la Ville d’enjoindre aux habitants de leurs quartiers tt de faire, chacun, un pionnier garny tr de pelle, picq ou boyau, pour aller et besongner aux tranchées n et autres lieux où leur présence serait requise. Dans les lettres du Roi, expédiées le a4, il est dit que les pionniers levés travaillaient alors « journellement, n et les registres du Bureau de la Ville rapportent que tt Monsieur de Guise demanda à ladicte Ville tr quelques pionniers pour faire tranchées au devant desdietz faulxbourgs, ce qui ttiuy fut accordé; et besongnèrent si diligemment que, en peu de jours, lesdietz tt tranchées furent faittes; v puis, que le duc et le connétable de Montmorency tt feitrrent mettre quelque pièce d'artillery sur des plattes formes assises derrière les rrChartreux, l’autre près du moullin de Capiaulx (Copeau), l’autre sur le pavé rrprès du moullin, hors des faulxbourgs Sainct Marceau et en d’autres lieux, «dedans des vignes assises près dudict moullin, regardant vers Gentilly, sur le « boullevart estant hors les faulxbourgs Sainct Jacques, et sur le moullin de Saincttt Germain des PredzW.n Mais, le 9 décembre, les Huguenots, qui s’étaient avau-

(l' Registre H 1781, R ao3 r°.

2' Messire Jelian Portmain travaillait concurremment avec Jérôme Bellarmato, ou Bellamato; les Registres disent l'un et l’autre. Bellarmato est qualifié par le Roi de « nostre ingénieulx et fortifficaleur «à Chaalons;» il est chargé de faire «un desseing» aux frais de la Ville et de «rapporter iceluv en «carte;» Jehan Portmaiu, de son côté, «a faicl et

«munstré ung pourclrait» du même projet. (Registres du Bureau de la Ville, II 1781, P 235 v°.)

(J) «Quant aux porteurs de terre, les faire porter «et au milier de hottes, ainsv que l’on faictà pré- «sent près Noslre-Dame-des-Vignes. » ( Reg. H 1 782 P 11Ô v°.) Voir la pièce in extenso aux Appendices.

(4) Reg. H 178 ô, P! 102 r°, 157 r° et 1 58 r°.

cés jusqu'à Montrouge, ayant décampé, le danger s’éloigna avec eux, et vraisemblablement on négligea de poursuivre les dispendieux ouvrages précipitamment entrepris. Ils n’avaient point été achevés, puisque, le 8 février 1 5 6 8 , la guerre civile sévissant de rechef, le Roi commanda ttque en toute diligence l’onparferoù « la tranchée encommancée du costé de ÏUniversilé, et que les fossez de la Ville seraient cnetoiez, les tours flanquées et percées, »

«Les nouvelles tranchées faictes du costé de l’Université n sont indiquées dans une ordonnance du 27 août i56g, prescrivant de saisir et de retenir prisonniers tt toutes les personnes et bestial qui» approcheraient c desdictes tranchées, de six c toises près '*). » Le 17 avril 1676, trie Roy ayant entendu que les boullevers et t: tranchées. . . . hors des faulxbourgs» n’étaient trencores en estât de deffertse à ttl’endroict de S1 Victor, des Chartreux et de Sainct Germain des Predz,» contraignit les moines de l’Abbaye, du couvent des Chartreux et de Notre-Dame-des- Charnps à entretenir des pionniers tr le long des tranchées.» Le même jour, 1a Ville chargea les capitaines et cinquanteniers de tt faire clorre de murailles de deux tt pieds d’espoisse, toutes les rues, ruelles et chemins yssans de chaulcéeset grandes crues des faulxbourgs, lesquelz aboutissent aux champs etaux tranchées... et au c bout d’icelles faire les clostures, portes et guichets, serrures et fermeture desdictes c yssuesl2h »

cDans une lettre du 1 h juin i585, Henri III déclara que dénombré des pionttniers travaillant aux tranchées et advenues du pourtour de lad. Ville» était insuffisant, et en réclama douze cents par jour, egarniz d’outilz, comme picqz, pelles, c hottes et hoiaulx pour y travailler en toute diligence et mettre en état de defcfense13).» Le 28 octobre 1687, une ordonnance frappa de réquisition tous les ouvriers maçons et manœuvres, qui furent obligés à aller promptement erbesoucgner et travailler aux tranchées!1).»

La même ordonnance faisait c deffences à tous bourgeois et autres d’emploïer les cdicls massons, aides et manœuvres vallides, en leurs astelliers et ouvraiges particculiers, sur peine de vingt escus d’amende, pour le regard desdietz bourgeois, cet aus dietz ouvriers, de pugnition corporelle.»

La tentative de l’armée royale sur Paris, au mois de novembre 1 58g , et, l’année suivante, le siège de cette ville, provoquèrent de vastes travaux de fortification, c On c travaillait sans cesse aux murailles, fossez et remparts,» dit l’historien Mathieu; des fauxbourgs estoient couverts de rempars, espérons, grands ravelins et bouleevards fossoyez, et de grandes tranchées que la Ligue gardoit par des gens de c guerre et bourgeois de la Ville et faulxbourgs, qui y aboient partout et estoient c2Û heures de garde.» Dans un arrêté du 29 novembre i58g, il est énoncé

1 Reg. H 1780“, f05 61 v° et 190 r". — (î) Reg. H 1787, f0J 3o2 v° et 3o4 v°. — ;3) Reg. II 1788; f° 4 67 r°. — (4) Reg. II 1789, f' 85 v°.

LA TRANCHÉE

que, dès le ier décembre, on enverrait des travailleurs aux nouveaux remparts. La pièce contient un état de distribution des bourgeois de Paris sur tout le pourtour de la tranchée. Nous la donnons aux Appendices W.

Le 7 décembre, le maître des œuvres de la Ville reçut l’ordre de " faire démolir tries maisons données par la Ville, à rente ou à vie, dans et le long des fossezl'21, n et qui pouvaient gêner le feu de la place. Du reste, la levée du siège ne mit pas fin aux travaux de défense, et l’on se souvint de la rapidité avec laquelle les faubourgs avaient été deux fois enlevés par les troupes de Henri IV. Il est clair que l’extrême étendue de la Tranchée nuisait beaucoup à sa force et que, lorsqu’elle avait été franchie, les maisons du faubourg servant d’abri aux assaillants leur rendaient aisée l’approche des murailles. Pour atténuer ces inconvénients, il fut ordonné, le 2 3 mai î 5g î , "que toutes les maisons estants à l’opposite des portes et remparts... "jusques à la distance de six vingt pas, à prendre ladite distance du haut de la " contrescarpe des fossez,. . . comme pareillement la chapelle de la Villeneufve «aux gravois, maisons et mazures estant sur le mur de ladite Villeneufve n seraient rasées; et des ordonnances des g juillet, 20 septembre et 5 novembre 1 5 g 1 forcèrent les habitants àallerou à envoyer travailler aux fortifications, au moins huit heures par jour !JL

Après la reddition de Paris, la sécurité renaissant, on négligea la Tranchée, qui avait cessé d’être nécessaire; on détruisit même plusieurs des guichets qui eu dépendaient, et qui étaient destinés à intercepter les voies principales partant des taubourgs. On jugera de l’état de ces guichets en 1617 par le procès-verbal de visite que rédigea Augustin Guillain, maître des œuvres de la Ville, et qui est ainsi conçu :

a Est nécessaire de vuider la tranchée cy-devant faicte pour la fortiffication "dudict laulxbourg, commenceant au bord de la rivière jusques à l’esle de "mur et porte cy-après déclarée; icelle enfonsée trois pieds dans l’eau et de la "largeur quelle estoit par cy-devant. Item, convient faire une porte de menuiserie «sur la chaussée et chemin de la rivière <6), de largeur et haulteur compétante . . . " comme il appartient et ainsy qu’elle estoit par cy-devant. Item, convient restablir "la brèche de mur qui est au hault de la rue du Coulombier, de pareille espoisse "et structure et façon quelle estoit par cy-devant, en conservant la place d’un "guichet ainsy qu’il a esté; ledict guichet faict de menuiserie, ferré et attaché "ainsy que celuy de la rue de Grenelle. Item, convient boucher entièrement la "bresche qui est au mur delà rue des Anges, ainsy qu’elle estoit par cy-devant.

11 Rcg. Il 1789, f" 5p5 et 607. Voir aux Ap- : ! tteg.H 1790, P” 167 v°, i79r°, 9171'° et2/tor°. pendices. w J/aile.

t) F^Hbien, t. V, p. 468. (5) C’est aujourd’hui le quai Voltaire.

TOPOCPAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, cltem, convient bouclier les deux décentes du perron des frères Hospitaliers l':. tr ensemble remettre en estât la grande porte qui est proche d’iceulx, et dont la a menuiserie est dans leur couvent, laquelle il convient en partie restablir, comme ttaussy 1® serure. Ilem, convient restablir le bouchement de la rue aux Vaches et tria serure du guichet delà rue de Grenelle. Item, convient refaire une moitié de rr porte près l’hospital Saint Germain , reprendre to tellement icelle, en restablissant la et ferrure, si besoing est. Item, convient boucher la brèche de la rue Chasse Midy, tt en conservant et y mettant ung guichet pareil que ceulx cv-dessus. Item, convient tt reprendre la porte de la rue de Vaugirard, en restablissant de menuiserie et « serrurerie ce que y sera de besoing. Faict et présenté au Bureau de la Ville, le tt seizième jour de febvrier, mil six cens dix-sept. Signe: Guillain (2). n

Les réparations qui étaient proposées par Guillain, et dont la Ville ordonna l’exécution le 20 février 11’assurèrent point une longue existence aux guichets de la Tranchée, car, le 10 juillet 1623, tt pour la continuation du pavé en la rue ttdu Luxembourg (de Vaugirard), i> nous voyons qu’Etienne llicher, tt m° des tt œuvres du pavé aux bâtiments du Roi , ■■ demanda à la Ville de lui laisser tt abattre ttun reste de mur traversant la rue, qui 11 avait rcservy de portail aux derniers ttmouvemens (3).n O11 ne s'e proposait donc plus de conserver les guichets de la Tranchée , qui 11’avaient peut-être point été réparés en 1617, et dont deux furent remplacés par des barrières. Pour la Tranchée du faubourg Saint-Germain, il en subsistait des parties en i636; mais il n’en est plus question ensuite, à noire connaissance, si ce n’est vers Notre-Dame-des-Champs W.

Après avoir exposé le peu que nous avons pu recueillir sur 1 histoire des fortifications qui défendirent les faubourgs du midi, nous regrettons d’ajouter (pie le côté topographique de la question est resté fort obscur. La lacune qui existe dans les archives de l’Abbaye, l’absence de plans contemporains, l’existence éphémère

de la Tranchée, qui ne lui a pas permis des rues, son remhlayement avec la terre qu’011 v a successivement apportées, tou

'O Des frères de la Charité.

(î) Reg. H 1799, P5 43 et 44.

(3) Ai’cb. liât. cart. S 3780. Il est indiqué, au revers de la pièce, qu 'il s’agit de tria vieille porte, rr près de l'entrée de celte maison.» (Il s’agit du couvent des Carmes déchaussés, derrière les jardins duquel passait In Tranchée.)

' Berty a probablement voulu parler du fragment de fortification connu sous le nom de fort (les académistes, et figuré sur un seul plan de Paris.

de laisser quelques traces dans le réseau provenant des fouilles, les modifications : lait obstacle à la restitution rigoureuse

celui de Bullet et Blondel (1670-1676). Ce fort, qui sp trouvait assez exactement sur le passage de la Tranchée, et qui en était peut-être un reste, ou qui, du moins, avait du être édifié avec les terres qui en provenaient, servit pendant quelque temps à l’instruction des jeunes gentilshommes qui suivaient les cours des académies, ou manèges, du faubourg Saint-Germain. Nous donnons, dans le chapitre additionnel, quelques détails sur cet ouvrage curieux et peu connu.

LA TRANCHÉE

de son parcours. Après des recherches opiniâtres, nous n’avons pu réunir que quatre ou cinq indications écrites, relatives à divers points de son emplacement. Ce sont: les quelques renseignements que donne le plan approximatif de F. Quesnel, et un jalon rigoureusement placé, que nous avons découvert dans un plan manuscrit de 1 6 3 6 . Nous ignorons la profondeur, la largeur et le profil de la Tranchée. Elle devait consister en un fossé, dont les terres furent rejetées sur l’escarpe, pour former un rempart, et nous savons que, dans son dernier état, le seul que nous entrevoyions, elle était renforcée de boulevards et de ravelins, c’est-àdire de redans et de bastions, dont le contour compliqué défie toute restitution.

La Tranchée du faubourg Saint-Germam partait du lit de la rivière, et le premier de ses guichets barrait la chaussée du bord de l’eau, à une hauteur que rien ne détermine, mais quil est naturel do supposer en correspondance avec celle du fossé de la rive droite W. Se dirigeant vers le sud-ouest, et traversant le grand Pré-aux-Clercs, la Tranchée allait d’abord rejoindre un second guichet situé rue Saint-Dominique, près de la Butte de la voirie, sur laquelle on braqua de l’artillerie en i5()2. Dans l’arrêté du 27 novembre 1 589, il est parlé de la «première «espaule du boullevert qui sera faict dans le mittan du Pré aux Clercs, n et de «l’aultre espaule qui regarde la butte du moulin du Pré aux Clercs. n L’agencement de cette fortification ne se devine guère, non plus que la manière dont le guichet de la rue du Colombier (rue Jacob ou de l’Université) se rattachait au système.

La petite rue Sainte-Marie (aujourd’hui rue Allent) et les murs mitoyens qui se continuent, dans sa direction, jusqu’à la rue Saint-Dominique, semblent des jalons du passage de la Tranchée, laquelle disparut vite en cette région, où le plan de Quesnel n’en laisse plus rien voir. 11 semble, au surplus, que la première fortification dans le voisinage de la Seine aurait été faite en deçà et non au delà de la l'ue des Saints-Pères, car nous lisons dans l’inventaire de l’Abbaye que l’arrêt du 9 mars 1577 autorisa à prolonger l’égout du faubourg «entre le fossé «et clos des religieux, jusques à l’encoigneure du derrière du clos et jardin de «Mc Prosper Bouin W, entre ladite encoigneure et Boullevert neuf.n II est invraisemblable qu’on se fût, exprimé de cette façon, si le boulevard avait été situé à l’occident de la rue des Saints-Pères.

Le guichet de la rue Saint-Dominique était situé au delà de la rue Saint-Guillaume, très vraisemblablement à environ 75 mètres de cette rue, là où commençait la maison des Jacobins (l’ancien Dépôt d’artillerie). 11 est grossièrement figuré sur le plan de Quesnel, sous la forme d’une muraille percée d’une baie en pleincintre. Nous pensons que la Tranchée était interrompue au droit de ce guichet et

A la hauteur du pavillon aeluel de Lesdiguières. — '* Voir Bue des Pelils-Augusüns , dans le volume du Bourg Sainl-Germain, p. i3.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, des autres, et que la chaussée était maintenue intacte au-devant. Dans le cas contraire, il eût fallu, en effet, un pont-levis avec un pont dormant pour franchir le fossé, et rien de semblable ne se révèle. Les guichets s’élevaient probablement à l’alignement de l’escarpe, ou un peu en saillie.

Entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle, la Tranchée courait à peu près parallèlement à la rue Saint-Guillaume, on en a la preuve par la situation du guichet de la rue de Grenelle, aussi figuré sur le plan de Quesnel, que corrobore le cerisier de 1 5 9 5 . Nous voyons effectivement dans ce censier qu’il y avait en bordure, sur la rue de Grenelle, du côté du nord : t° une masure attenante aux remparts; 20 une tuilerie contiguë; 3° une propriété avec jardin; 4° une terre appartenant à Saint-Jean-en-Grève, faisant le coin occidental de la rue du Plessis (Saint-Guillaume), et dans laquelle passaient les tranchées. Or nous sommes sûr de remplacement de la tuilerie, et, tenant compte de la masure voisine, nous arrivons à replacer le guichet à environ go mètres do la rue Saint-Guillaume, en conformité avec les indications du plan de Quesnel.

Au midi de la rue de Grenelle, la Tranchée, dont les traces sont là fort effacées, se brisait pour couvrir l’hôpital Saint-Germain, derrière lequel, suivant le plan de Quesnel, était un ravelin qui, ayant un flanc sur la rue de Sèvres, se reliait évidemment avec le guichet de la rue. Nous pouvons fixer assez bien la situation de ce quatrième guichet, parce que nous connaissons les limites géométriques d’une pièce de terre s’étendant de la rue de Sèvres à la rue du Cherche-Midi, et qui est énoncée, dans les archives de l’Hôtel-Dieu , retenant d’une part (du côté du « couchant) aux tranchées de la Ville, n Mettant à profit le renseignement, nous constatons que notre tracé approximatif se raccorde parfaitement avec le seul fragment de la Tranchée dont un document graphique nous donne la place rigoureuse. Ce fragment était en deçà et très près de l’extrémité septentrionale de la rue du Regard. Le plan de 1 6 3 G W où il est figuré, mais sans netteté, reproduit également la barrière qui remplaça le guichet de la rue du Cherche-Midi. A notre avis, celui-ci était un peu plus rapproché de la petite rue du Bac que la barrière, et la Tranchée qui s’y rattachait devait présenter une brisure avant d’atteindre la rue de Vaugirard, où s’élevait un sixième guichet, qu’on acheva d’abattre en 1623.

Le passage de la Tranchée entre la rue du Regard et le couvent des Carmes est mentionné dans différents actes de 1 58a , 1 584 , 1602, 1620, etc., qui proviennent des archives de ces religieux et se rapportent à des pièces de terre dont il n’y a pas moyen de restituer exactement le contour®; mais il résulte, de la teneur des litres, que la Tranchée était comprise entre des terrains en bordure sur la rue du

Arcli. nat. cart. S 3780. et pouvait en «emporter un quartier.» On regrette

(2) 11 est dit dans un de ces actes, relatif à une de ne pouvoir rien conclure de ce passage quant

pièce de sept quartiers, que la Tranchée y passait à la largeur delà Tranchée.

LA TRANCHÉE

Regard et des terrains aboutissant au monastère. La partie de la Tranchée qui subsista derrière les Carmes est une de celles que Ouesnel a le plus franchement accusées sur son plan; en revanche il l’y a dessinée avec tant de rudesse et d’infidélité géométrale qu’on a peine à interpréter son indication, et quelle demeure sans utilité quant au tracé à retrouver.

De la rue de Vaugirard à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, où nous la reprendrons plus tard, le tracé de la Tranchée est pour nous fort hypothétique. Nous connaissons cependant son point de départ, entre le couvent des Carmes et la rue du Regard, puis son point d’arrivée, la fausse porte Saint-Jacques, située près et au delà de la rue Cassini. L’alignement de cette dernière rue, celui de la rue des Deux-Anges !'l, qu’on ne distingue plus maintenant de la rue Cassini, et celui du mur septentrional de la maison de l’Institution (hospice des Enfants trouvés), procèdent très manifestement du passage de la Tranchée, dont il est effectivemenl question plusieurs fois dans les actes d’acquisition des terrains sur lesquels fut fondée 1 Institution. Toutefois, sur ce point comme aux environs du couvent des Carmes, nous n avons pu atteindre à la précision, parce que nous ignorons la largeur du fossé et celle du rempart.

A mi-chemin entre la rue d’Enfer et la rue de Vaugirard, nous avons encore obtenu un jalon approximatif: parmi les pièces de terre agglomérées qui appartenaient à THôtel-Dieu, près du chemin de Vanves, derrière les Chartreux, nous lisons quuri champ de neuf arpents était c proche les trenchées et houlevart des "Chartreux* ( 1 G 2 7 ) ; qu’un autre champ, contenant un arpent, était trsur le "hault du Boulevert des Chartreux, tenant. . . aux tranchées,* et aboutissait à un arpenL et demi qui constituait rie fond des tranchées* et qu on énonçait edans rdes tranchées* en 1 635 et 1 661 <2). Or l’emplacement de celte pièce du fond des tranchées est le centre de l’îlot compris entre les rues Vavin, Notre-Dame-des- Champs, Stanislas et le boulevard du Mont-Parnasse.

Lu cet endroit, la Tranchée était renforcée du cavalier de la hutte, ou boulevard des Chartreux, et le plan de Qucsnel laisse voir également quelque apparence de redans vers le lieu où commence actuellement la rue du Mont-Parnasse. Au xvin0 siècle, on rencontrait là, en travers de la rue Notre-Dame-des-Champs, une barrière qui nous semble avoir marqué le lieu où la Tranchée avait jadis coupé cette voie. Il est d’ailleurs incontestable quelle l’avait nécessairement croisée, puisque, comme nous l’avons établi, partant de la porte des Carmes en deçà de la rue du Regard, elle allait passer au pied du Mont-Parnasse, pour rejoindre la poterne du faubourg Saint-Jacques.

1 On I appelait aussi rue Maillet. Il importe de d’hui qu’une impasse débouchant dans la rue Saint-

ne pas la confondre avec celle qui était voisine de Benoît.

'•hôpital de la Charité, et qui n’est plus aujour- <” Arch. de l’Hôtel-Dieu, liasse 434.

I Tl TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS.

Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir sur la Tranchée (lu faubourg Saint-Germain, et les indications de tracé qui résultent des documents écrits ou ligures. Si l’on n’y trouve point les éléments d’une monographie complète, on peut, du moins, s’en aider pour une restitution très probable de cette fortification, et combler ainsi la regrettable lacune que présente l’histoire des enceintes de Paris.

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