‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 3)Chapitre 94 sur 150 · XV SIÈCLE · texte numérisé non relu

XV SIÈCLE

Adolphe Berty s’est souvent plaint du nombre et de l’étendue des lacunes que présentent les archives de l’Abbaye. Celle que nous offrent les censiers du xvc siècle est certainement l’une des plus considérables : elle correspond à la guerre de Cent ans et embrasse les règnes de Charles VI, Henri V, Henri VI (sous la domination anglaise), Charles VII, et Louis XL En ié8o seulement, reparaissent les déclarations au censier et les mentions sommaires des divers actes de gestion accomplis par les Religieux, pour la mise en valeur de leur domaine rural. Mais, durant cet intervalle, une révolution s’est accomplie, révolution de cloître et de palais, qui a mis fin au droit électoral des moines de Saint-Germain et inauguré le régime des abbés commendataires.

Ces nouveaux chefs de l’Abbaye, qui sont à la nomination du Roi et cumulent leurs fonctions monastiques avec quelque haute dignité de l’Eglise séculière, se montrent aussi jaloux de leurs privilèges que leurs prédécesseurs élus. Leur revenu tenant essentiellement à une bonne administration temporelle, ils gèrent eux-mêmes leur fief parisien, ou le font gérer, d’abord par un de leurs officiers claustraux, puis par un mandataire laïque, et enfin par un entrepreneur, ou fermier général.

Les vingt-quatre documents que nous avons recueillis, pour une période de trois ans (i 489-1 A92), sont intéressants à divers points de vue: ils mentionnent presque tous les

(l> Le frFons de Marivaux » est encore aujourd'hui à l'état de culture maraîchère. C’est le terrain compris entre le boulevard et la rue de Vaugirard, les rues Blomet et Lecourbe. L’ancienne commune de Vaugirard y avait établi un cimetière.

<2> Cet arpent est représenté aujourd’hui par

l’extrémité occidentale du Champ de Mars et de l’avenue de Suffren.

(3) Les terres dont il s'agit étaient situées à l’extrémité de la censive de Saint-Germain et du chemin du report de Gamelle,» en face des Bons- Iiommes, ou Minimes de Nigeon.

climats, ou lieux dits, du domaine rural de Saint-Germain; ils donnent explicitement les contenances et les prix; ils indiquent, de loin en loin, l’attribution des sommes payées à titre de rente et de cens. Les tenanciers de l’Abbaye versent leurs redevances, tantôt pour la pitancerie et le cheveccrie, c’est-à-dire pour la nourriture des religieux et l’entretien de l’église, tantôt pour Y aumônerie, tantôt «pour la crosse» c’est-à-dire pour la mense abbatiale. La recommandation de planter en vignes est assez fréquente : le pressoir banal de l’Abbaye étant obligatoire, comme le four établi dans la rue à laquelle son nom est resté, il y avait, dans le droit de pressurage ajouté à la dîme, les éléments d’un approvisionnement en vin et en blé. Nous reproduisons ces diverses pièces, et les accompagnons de quelques notes explicatives (1h

ià8f). — Honorable homme, Guillaume Diguet, greffier civil de la Prevosté de Paris, confesse avoir pris à titre de cens perpétuel et annuel portant lods, ventes, saisines et amendes, de M. Geoffroy, evesque de Châlon et abbé commandataire de Sainct Germain desPrez, deux arpents de terre assis au terroir dudicl Sainct Germain, près la Justice dudict lieu®, parmy six solz parisis de cens annuel par chacun an, le premier terme payable à la Sainct Martin 1^92, non plus tôt; ledit preneur sera tenu dedans trois ans prochainement venant mettre lesdites terres en bon estât, valeur et labour de vigne.

1A89. — Demi-arpent de terre sur le chemin nouvellement fait pour l’amendement desdites terres (3|, moyennant six solz parisis de cens pour chacun arpent.

1689. — Jehan Raillart, laboureur, deumourant à Paris en la rue des Gravcliers, confesse avoir pris à litre de cens portant ventes, saisines et amendes, des religieux et convent de Sainct Germain des Prez, un demy arpent de terre près la Justice dudit Sainct Germain ^ ; item, un autre demy arpent, au chemin de Grenelle pour le prix de six sols parisis de cens par arpents, le premier terme payable l’an 1692 et non plus tôt pour ce que ce pendant ledit preneur promet planter lesdites terres et mettre en nature de vignes.

1Z189. — Jehan Germain, laboureur, demeurant à Paris près le Temple, confesse avoir pris à titre de cens perpétuel des abbé et convent de Sainct Germain des Prés un arpent de terre aboutissant par le bas au chemin de Grenelle moyennant six sols parisis de cens ou rente

(l) Nous avons tiré ces pièces et celles qui précèdent, tant des cartons cotés S 2863, 2864, et 2865, que d'un registre portant le titre de Cartulaire de Grenelle et figurant aux Archives nationales sous la cote LL 1069. C’est un petit in-folio de 58 feuillets, ayant pour sous-titre : « Concessions par l’ab- «baye de Sainct Germain desPrez, à titre de cens rret rentes perpétuelz, de terres à faire vignes, si- « tuées :

«Sur le mont Sainct Germain vers Gamelle;

«Près de la liaulle justice dudict Sainct Germain;

«Au lieu qu’on dict les Garennes, aultrement le « mont Sainct Germain;

«En la garenne dudict Sainct Germain , près la rr Justice, et aboutissant au chemin aux Vaches;

« Au lieu dict le mont Sainct Germain, aultrea ment les Plantes rouges. »

Tous ces lieux-dits sont décrits dans la première partie du présent volume.

(J) Voir la note 1 de la page 180.

C’est le Chemin neuf, longuement décrit à la page 42 du présent volume.

(4) Voir la note 1 de la page 180.

■" Voir la note 1 de la page 177.

6) Voir le présent volume, p. 42 et suiv.

outre la disme accoustume'e, à partir de la Saincl Martin 1A99, et non plus tôt, pour ce que ce pendant ledit preneur promet planter lesdites terres en nature de vignes.

i48g. — Philippe Dailiy, laboureur, demeurant à Paris, prend à bail de Geoffroy, evesque de Châlons, abbé commandalaire de Sainct Germain des Prez, une pièce de terre à faire vigne, contenant un arpent, aboutissant au Chemin neuf, pour trois années franches, parmi la somme de six sols parisis par chacun an.

1490. — Jehan Chevalier confesse avoir prins et retenu à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, des religieux, abbé et convent de Sainct Germain deux arpents de terre assis au lieu dit les Gammes ID.

1 A90. — Hugues Decques, affineur d’or et d’argent, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel des religieux, abbé et convent de l’église Monseigneur Sainct Germain des Prez, cinq quartiers de terre en une pièce, au lieu dit Gamelle1? 1, en la censive et seigneurie d’iceux religieux, moyennant six sols parisis pour toute charge par chacun an, et sera tenu planter en vignes le plus tôt possible lesdits cinq arpents.

1490. — Jean Dubois, laboureur, demeurant à Paris, confesse avoir pris à titre de cens et rentes portant ventes, saisines et amendes, de mss. les religieux, abbé et commandataires de Sainct Germain des Prez : 1“ un demy arpent de terre aboutissant par hault au chemin de Grenelle®-, 2° un demy arpent audit terroir, aboutissant par bas au chemin de Gamelles , pour six sols parisis de cens oultre la disme accoustumée.

1490. — Pierre Fruchon, faisant des taillants blancs, demeurant en la grande rue Sainct Jacques, confesse avoir pris à titre de cens portant lods, ventes, saisines et amendes, dès maintenant et à toujours, des religieux et abbé de l’abbaye et église de Mons. Sainct Germain, deux arpents de terre en une pièce appartenant auxdits bailleurs à cause de la crosse de monseigneur Pierre, abbé dudit lieu, sis au terroir de Gamelles appellé les Gammes (*), et aboutissant au chemin de Gamelle, parmy six sols parisis de cens annuel et perpétuel.

1491. — Simon Bignezeau, demeurant rue de Froid Mantel, confesse avoir pris, à titre de cens annuel et perpétuel, des abbé et convent de Sainct Germain des Prés, trois arpents de terre assis au terroir dudit Sainct Germain au lieu dit la Garenne de Saincl Germain, aultrement dit Gamelles (5>, à la charge de six sols parisis de cens annuel et perpétuel et de planter en vigne lesdites terres.

1 4 9 1 . — Pierre Vaucombert, laboureur, à Sainct Germain des Prés, confesse avoir pris à titre de cens à toujours, de l’abbaye et du convent de Sainct Germain des Prés, cinq arpents de terre aboutissant au chemin de Gamelle 1°), en la seigneurie d’icelle église, parmi 36 sols de cens perpétuel et annuel plus la disme, et que lesdiles terres seront plantées en vignes.

(1) Probablement les Garennes (haute et basse). Voir ci-avant, p. 47 et 48.

: Gamelle ou Garennelle, petite garenne. Voir ci-avant, p. 48 et 5i.

i:i) Voir la note 1 delà page 177.

1 ’ Consulter, pour l'identification des lieux-dits, les notes des pièces précédentes, et voir ci-avant, p. 47 et 48.

J Idem.

<* Idem.

t Zi ni. — Guillaume Quelin, lonnelier, demeurant à Sainct Germain des Prés, confesse avoir pris à titre de cens de abbé etconvent de l’église Sainct Germain des Prés, six arpents de terre appartenant à l’office de la crosse de ladite église et séant au terroir dudit Sainct Germain près Gamelle, aboutissant au chemin dudit Gamelle d’une part, et d’autre aux terres de ladite église, à la charge de 36 sols parisis de cens annuel et perpétuel, plus la disme lorsque lesdictes terres seront plantées en vigne, comme le preneur s’engage à le faire.

ihùi. — Jean Ballet, marchand, demeurant à Paris, confesse avoir pris à titre de cens perpétuel des abbé etconvent de Sainct Germain des Prés un arpent et demy de terre appartenant à ladite église, à cause de l’office de la crosse, et situés au terroir de Grenelle, aboutissant au Chemin neuf®, à la charge de 9 sols parisis de cens annuel et perpétuel et de la disme du vin qui croîtra esdites terres quand elles seront plantées en vigne.

1A91. — Pierre Fruchon, faiseur de taillants blancs, demeurant rue Sainct Jacques, confesse avoir pris à titre de cens des religieux et abbé de l’église monseigneur Sainct Germain des Prés deux arpents de terre au terroir de Gamelle au lieu dit la Garenne, parmi six sols parisis de cens annuel et perpétuel pour chacun arpent, et à la charge de les planter en vigne.

1691. — Thomas Vaucombert, demeurant à Sainct Germain des Prez, confesse avoir pris à titre de cens perpétuel, de l’église et convent de Monseigneur Sainct Germain des Prez, quatre arpents de terre appartenant à l’office de la crosse d’icelle abbaye, séant au terroir dudit Sainct Germain, d’un bout tenant au chemin de Grenelle et d’autre bout aux terres de l’Abbaye, parmi six sols de cens perpétuel et annuel par chacun arpent, et sous l’obligation de planter en vigne dedant trois ans prochainement venant.

1492. — Anthoine le Bon, laboureur, demeurant entre les portes Sainct Martin et du Temple, a pris, dès la Sainct Martin 1692, de reverend père en Dieu Geoffroy, evesque de Châlons et abbé commandalaire de Sainct Germain, à litre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, deux arpents de terre en une pièce, appartenant à ladite église et abbaye à cause de la crosse dudit abbé, assis à la garenne du mont Sainct Germain®, aultrement les Plantes Bouges®, à la charge de six sous parisis de rente annuelle et perpétuelle.

1 A92. — Jean Ballet, marchand bourgeois de Paris, a pris, des religieux et abbé commandalaire de l’abbaye de Sainct Germain, à titre de cens et rente portant lods, ventes, saisines et amendes, dès maintenant à lousjours pour lui et ses hoirs : i° un demy arpent de terre, partie plantée en vigne, assis au terroir dudit Sainct Germain, au lieu dit Gamelles , aboutissant paillait au Chemin neuf; 20 un autre quartier de terre, planté en partie, assis au même endroit; 3° trois quartiers assis au lieu dit la Justice; 4° deux arpents de terre tenant par hault au chemin de la Justice et aboutissant au chemin des Vaches ® pour vingt-six sols de cens oullre la disme accoustumée.

1692. — Jean Bigneaulx, marchand orfèvre, bourgeois de Paris, prend des abbé et religieux de Sainct Germain, à titre de cens portant lods, ventes, saisines et amendes, dès main-

(1) Voir ci-dessus, p. /17. — ( ) Ibidem. — 1 Voir Région du Bourg Saint-Germain, p. 86, 18t. et Région du faubourg , p. 3o, 3i. — ‘ Voir ci-avant, p. 48.

tenant à tousjours pour luy et ses hoirs . deux arpents de terre assis au terroir dudit

Sainct Germain des Prez, au lieu dit la haulte Garenne, aboutissant d’un bout sur le grand chemin de Gamelles et d’autre bout aux hoirs de ladite abbaye de Sainct Germain, à la charge de six solz parisis de cens seigneurial.

1A92. — Jehan Vaulier, laboureur, demeurant en la rue de Froit Menteau, confesse avoir prins à titre de cens, portant lodz, saisines et amendes, des religieux, abbé et convent de Sainct Germain des Prez sept arpents et demy quartier de terre assis en plusieurs pièces au terrouer de Garanes, au lieu dit le mont Sainct Germain G). Cette prinse f'aicte à la charge de dix sols parisis de cens seigneurial pour chacun arpent et de la disrne accoustumée.

1 9 2 ■ — Louis Renoist, clerc de noble homme maître Clerambault, notaire secrétaire du Roy, et trésorier de son artillerie, confesse avoir prins à titre de cens annuel et perpétuel, de messeigneurs les religieux et abbé du convent de Sainct Germain des Prez, trois quartiers ou environ de terre en deux pièces assis au terroir dudit Sainct Germain, au lieu dict Gamelles, près la Justice dudit Sainct Germain : l’une do deux arpents aboutissant par hault à ladicte Justice, l’autre pièce d’un arpent aboutissant par hault au chemin par où l’on va dudict Sainct Germain à ladicte Justice. A la charge de quatre solz six deniers parisis de cens.

1 ’1 0 2 ■ — Nicolas Roussel, boulanger, demeurant à Paris rue Beaubourg, confesse avoir pris a titre de cens annuel et perpétuel, de labbé et des religieux de l’église monseigneur Sainct Germain des Prés, deux arpents de terre assis es garenne dudit Sainct Germain, au lieu dict le mont Sainct Germain ou les Plantes Rouges I2), aboutissant au chemin par lequel on va de ladite abbaye à Gamelles, à la charge de six sols parisis de cens annuel et perpétuel pour chacun arpent, et de planter en vigne lesdits deux arpents.

XVf SIÈCLE.

Le régime des abbés commendataires, fondé par les Pragmatiques sanctions, se continue à Saint-Germain-des-Prés, et le domaine rural de l’Abbaye s’exploite à leur profit, au moins pour la plus grande partie. Les loyers en argent sont généralement versés entre les mains du trésorier, pour «frayer aux frais de la crosse;» quant aux redevances en nature, elles sont perçues par le pitancier, et, comme elles constituent la meilleure part du revenu monastique, elles sont l’objet de stipulations spéciales dans les contrats de cens. Le four banal de l’Abbaye donnait depuis longtemps son produit; le pressoir bannier devait également fournir le sien, et les rédacteurs des nouveaux baux à cens ont grand soin de le spécifier.

Il faut croire que, vers la fin du xv° siècle et dans la première moitié du xvi°, le goût du vin s’était répandu dans la population parisienne, ou, du moins, que le nombre des consommateurs s’était accru, car on voit la culture de la vigne, localisée jusqu’alors sur la pente des coteaux avoisinant Paris, descendre graduellement de la montagne Sainte-Genevieve, envahir la plaine de Grenelle et s’avancer jusqu’aux bords de la Seine. Les lettres de manumission de ia5o semblent avoir prévu cette extension, car elles énumèrent complai-

1,1 Voir les notes des pièces précédentes. — m Voir ci-avant, p. /17.

samment les droits de l’Abbaye et les devoirs de ses vignerons censitaires. Voici cette curieuse injonction, qui garantissait le cellérier contre le vide des caves du monastère:

« Cubas suas et vindemias omnium vinearum que tenentur ad censum a Nobis in vin- « demiis, ad ecclesiam nostram vel ad pressorium nostrum de Gibert(1), quolibet modio vini r un um sextarium de mera gutta vini pro décima et tertiam partem totius pressoragii, « exceptis vineis de territorio Sancti Sulpicii, ex quarum vindemiis unum sextarium vini de « mera gutta pro décima et quartam partem pressoragii Nobis solvent, et decimam, prout « haclenus extitit consuetum. Et nos predictis hominibus cubas, ad ponendum vindemias r dicParum vinearum, debemus in eodem pressorio ministrare. »

Voici quelques pièces relevées parmi celles qui appartiennent au xvie siècle :

1 5 1 1 . — Bail à cens d’un arpent de terre en friche, au territoire de Grenelle, moyennant quatre sols parisis de rente. (Arch. nat. S 2 863.)

1 5 1 h. — Jehanne la Barbière, marchande hoslelière, bourgeoyse de Paris, confesse avoir prias, à Litre de cens annuel et perpétuel , portant lods, ventes , saisines et amendes des religieux, abbé et convent de l’église Monsieur Sainct Germain des Prez, un arpent et demy de terre en friches, assis ou terroir de Gamelles , près le chemyn de la Justice, ladicte prinse faicte moyennant et parmy six sols parisis, qui est au prix de quatre sols parisis l’arpent. (Arch. nat. S 2 86 A.)

i 5 i û. — Guillaume de Nobilis, dit le Ratier, marchand bourgeois de Paris, confesse avoir pris et retenu, à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, deux arpens, tant terres que vignes, assis au terroer de Gamelles, ou lieu dit près la Justice, aboutissant d’un boiit au Chemin des Vaches, d’autre bout au Chemin Neuf à la charge par lesdits preneurs de faire pressouer au pressoer de ladicte Abbaye le vin qui viendra, et en oultre parmy huit sols parisis de cens annuel pour lesdits deux arpens. (Arch. nat. S 286A.)

i 5 1 8. — Jehan Coignet, advocat en la cour de Parlement, a baillé, à titre de rente foncière annuelle et perpétuelle, à Georges Mestavs, coustellier, demourant au bourg Saint Germain des Prez, une place pourbastir et édifier maison, court et jardin, contenant cinq toises de large sur xix toises et demye de long, prinses en une grande pièce de terre appellée Belair, assise sur les fossés de la ville de Pans , entre les portes Sainct Germain des Prez et Sainct Michel ^ , et en la justice de l’abbaye de Sainct Germain des Prez; chargée icelle place baillée de trois deniers tournois de cens envers icelle Abbaye. Cestuy bail et prinse faielz a ladicte charge, et oultre a la charge de lxv solz parisis de rente foncière annuelle et perpétuelle, que ledit preneur et ses hoirs sera tenu à payer, par chacun an, à tousjours, audict Coignet et à ses hoirs, aux quatre termes à Paris acoustumez; et lequel lieu ledit preneur sera tenu de faire clore de pierre tnassonnée de la hauteur de x pieds hors terre, dedans la Pentecouste prochainement venant; et en icelluy sera tenu encores faire et édifier maison manable dedans trois ans prochainement venant, et ce faicl, le soustenir et maintenir. (Arch. nat. S 3o86.)

;,) Le pressoir de Gibart était situé à l’angle oriental des rues de Vaugirard et Garancière.

(i) Voir les notes antérieures pour l’identification des lieux-dits.

13) Les maisons construites sur cet emplacement

ont formé peu à peu les rues Monsieur-le-Prince , des Francs-Bourgeois et le haut de la rue de Vaugirard. Voir, dans le volume du Bourg Saint Germain, p. 292, le plan de cette région dressé par Quesnel et Vellefaux.

i52o. — Denis de Sainct Quentin, marchand bourgeois de Paris, reçoit à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escherra, de Guillaume, par la permission deDieuevesque de Meaulx, abbé commendataire et administrateur perpétuel de l’église et abbaye de Sainct Germain des Prez, six arpents de terre en une pièce en friche, sis au terroir de Sainct Germain des Prez, près du Chemin aux Vaches, aultrement dict la Sauhnonniere , moyennant et parmy les prix et somme de quarante-huit sols parisis de cens annuel et perpétuel comme dessus. (Arch. nat. S 2 864.)

i52o. — Jehan et Nicolas Lescuyer, laboureurs, demeurans à Sainct Germain des Prez, confessent avoir vendu à Guillemette Limet, fille émancippée de Me Guillaulme Limel, ung arpent de vigne assis au terrouer de Sainct Germain des Prez, au lieu dict Gamelles, en la censive des religieulx dudict Sainct Germain des Prez, et chargé envers eulx du cens qui sedoibt et de mi. s. parisis de rente. Ceste vente faicle moyennant la somme de centsolz tournois. (Arch. nat. S 3o865, fol. i5o.)

1 5 2 2 . — Nicolas Michel, marchant freppier, demeurant à Paris, à cause de sa femme, confesse qu’il est à présent détenteur et propriétaire d’une maison, court et jardin, assise en la rue du Colombier. . . Item, de trois arpens de terre en une pièce, faisant moictié de six arpens dont les trois autres appartiennent aux héritiers Jehan du Verger, assis ou terrouer dudict Sainct Germain, ou lieu dict la Fosse à Vaumosnier PI, tenant d’une part au chemin de Vaugirard I1 2), d’auitrepart à Sainct Pierre des Assis d’un bout sur le chemin Herbu et d’aultre bout auxdicts héritiers Jehan du Verger. (Cart. de l’Arsenal, £099, fol. 22.)

1 5 2 2 . — Honnorahle homme Jehan Richevillain, marchant bourgeois de Paris, confesse qu’il est à présent détenteur et propriétaire d’une maison assise à Paris sur le Petit Pont, appellée d’ancienneté Vhostelde haulte Bruyère , et que sur icelle les religieux, abbé et convent de Sainct Germain des Prez, ont droict de prendre et prennent chascun an six livres parisis de rente perpétuelle (5h

1 5 2 2 . — Bail à cens de trois arpents assis à Gamelles, sur le chemin dudit Gamelles, une place de neuf toises de long, sur dix-sept pieds de large, assis à Saint Sulpice, moyennant dix sols parisis ponr ladite place et huit sols parisis pour lesdils trois arpents. (Arch. nat. S 2863.)

1523. — Jehanne de Blangy, vefve de feu Simon Jourdain, en son vivant sergent à verge du Roy nostre seigneur ou Chastellet de Paris, confesse avoir vendu, ceddé et transporté aux vénérables religieux, abbé et convent de Sainct Germain des Prez lez Paris, ung arpent dix perches de terre, faisant partie de sept arpens de terre assis ou terrouer dudict Sainct Germain,

(1) Voir ci-devant, page 56.

(2) C’est la rue de Vaugirard, à la hauteur de la rue du Regard.

C’était probablement une terre appartenant à la petite église de la Cité, ou peut-être une statuette de Saint Pierre assis en sa chaire, Petrus sedens , comme on en voyait une, il y a peu d’années, au coin d’une petite rue du faubourg Saint- Marceau, laquelle en avait pris le nom.

(4) Rue Notre-Dame-des-Champs. Voir ci-avant,

(5) Cette pièce, que nous avons relevée dans le cartulaire de l’Arsenal , se réfère à un immeuble situé en dehors du fief rural de Saint-Germain; elle appartient plutôt à son domaine d’eau, puisque la maison dont il s’agit était située sur le Petit Pont, à la limite orientale de la portion du fleuve concédée par Childebert.

ou lieu dicl la Saulmonniere près le Pré aux Clercs en la censive desdicts religieux et chargé envers eulx au feur de six deniers parisis de cens pour arpent. Ceste vente faicte à ladicte charge, et oultre moiennant la somme de treize livres tournois que ladicte vefve en confesse avoir euz et receuz (2L (Cart. de l’Arsenal, ^1099, loi. A7.)

1628. — Pierre Louvet, laboureur, demeurant à Saincl Germain les Paris, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, des religieux, abbé et convent de Sainct Germain des Prez, un arpent de terre assis au lieu de Gamelles, aboutissant au chemin tendant de la Màladrie dudit Sainct Germain audit Gamelles Cette prinse faicte parmy six sols parisis de cens et la disme. (Arch. nat. S 2866.)

i528. — Jehan Jehan dict Cousin, laboureur, demeurant à Vaugirard, confesse avoir vendu à M° Guillaulme Limet, procureur ou Chastellet de Paris, ung arpent de terre assis ou terrouer de Sainct Germain des Prez, ou lieu dict le Poulligny^\ en la censive des religieulx dudict Sainct Germain des Prez, et chargé envers eulx de vi deniers parisis de cens. Geste vente faicte moyennant la somme de dix livres dix solz tournoys. (Arch. nat. JJ 3o865, fol. 1/19 v°.)

Nous arrivons à l’année 1 529, date importante dans l’histoire administrative de l’Abbaye: c’est à ce moment, en effet, que Jean Lescuyer, arpenteur juré du Roi, fut chargé de mesurer tout le domaine rural compris dans la paroisse de Saint-Sulpice. Il exécuta ce grand travail de manière à faciliter le lotissement et l’accensement des places à bâtir, dans le voisinage de Paris, ainsique Yadmodiation des terres labourables, pâturages et terres à vigne, dans les parties les plus éloignées.

A la suite de cet arpentage, on bailla tout Pilot circonscrit par les rues de Sèvres et du Cherche-Midi , le côté méridional du chemin de Vaugirard, le côté occidental du chemin de Saint-Père, au-dessus du Pré-aux-Clercs, et les deux côtés du bas chemin aux Vaches ou chemin de Grenelle. En attendant que le mouvement des constructions, s’étendant de proche en proche, atteignît les points les plus reculés de leur fief, les religieux continuèrent leur système de location rurale et firent un grand nombre de baux. Il faut croire, ou que les anciens venaient de prendre fin, ou qu’à défaut d’un arpentage exact, beaucoup de terres n’avaient point été admodiées, car il n’y a pas d’exemple d’une telle quantité d’accensements.

Nous en avons écarté quelques-uns qui ne présentent pas un intérêt suffisant; mais nous croyons devoir reproduire la plus grande partie des pièces recueillies dans les carlulaires et censiers, parce qu’elles embrassent l’ensemble du territoire dont elles énumèrent les lieuxdits, et qu’elles font passer devant nos yeux, avec les noms des habitants de la ville et des faubourgs, les prix progressifs représentant la valeur locative du sol parisien. Les documents

(|J Voir ci-avant, page 6.

(a) Celte vente par un particulier à l’Abbaye était sans doute une rétrocession de terrains aliénés à une époque antérieure.

(3) C’est la rue de Babylone, coupée jadis à son extrémité orientale par les dépendances de la Mala-

drerie (ancien hospice des Petites-Maisons et des Pelits-Ménages) , et rétablie de nos jours , dans toute son étendue. Voir ci-avant, p. h\.

(4) Le climat des Poulignvs occupait l’emplacement du boulevard et de la rue du Mont-Parnasse. Voir ci-avant, p. 61.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES, dont il s’agit portent tous la date de 1629, et s’étendent du 12 janvier au 21 décembre de cette année; nous les avons disposés par ordre chronologique.

Robert Auger, mareschal, demeurant en la place de Grève, a confessé avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel , des prieurs et convent de l’abbaye de Saint Germain des Prez : t° demy arpent de vigne, assis à Grenelle; 20 dix neuf perches de vigne assises audit terroir; cette prinse faicte moyennant et parmy deux sols parisis de cens, et dix neuf deniers parisis pour les dix-neuf perches de vigne. (Arch. nat. S 286 1\.)

Guillaume Drouard, boucher, demourant audict Saint Germain des Prez les Paris, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, des religieux, du convent et église de Saint Germain, à cause du pictancier de ladicle abbaye, quartier et demy planté de vigne assis à Gamelles, au dessoubs de la Justice dud. lieu 9); celle prinse faicte moyennant et parmy trois sols parisis de cens annuel et perpétuel; et seront lesdictes vignes soumises au droit de pressurage et à la disme accoustumée. (Arcli. nat. S 286/1.)

Robert Dumont, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoirprins,à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, du vénérable abbé commendataire, du convent de l’Eglise Monseigneur Saint Germain des Prez: i° ung arpent de terre assis au terroir dudict Saint Germain au lieu dit de Gamelles; 20 un arpent et demy en friche, situé audit terroir; 3° sept perches de vigne assises audit lieu. Laquelle prinse a été faicte moyennant huictsols parisis pour chacun arpent. (Arch. nat. S 286/1.)

Jean Moret, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoir peins et retenu et par les présentes prend et retient, à titre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y échet, des vénérables religieux, prieur, abbé et convent de l’église Saint Germain des Prez les Paris, à cause du pictancier de ladite abbaye: i° deux arpents de terre situés en haut de Gamelles, aboutissant d’un bout au grand chemin de Gamelles, d’autre bout à Denis de Saint Quentin; 20 deux arpents de terre aboutissant au chemin de Vanves t2); 3° un quartier sept perches de terre assis audit lieu. Cette prinse faite moyennant et parmy huit sols parisis par chacun arpent, ce qui est seize sols parisis pour les deux arpents de terre, seize sols pour les autres deux arpents, deux sols pour ledit quartier, et sept deniers parisis pour les sept perches, de cens annuel et perpétuel, et à la charge de planter lesdites terres en vignes et lesdites vignes soumises au pressoir bannier et droits de pressurage. (Arch. nat. S 286/1.)

Bail à cens d’un arpent de terre situé à la Garenne ^ et d’un quartier de terre situé près de l’iledes Treilles (4), moyennant huit sols parisis pour chacun arpent. (Même fonds.)

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de ladite prévôté de Saint Germain des Prez les Paris, Jean Troche, laboureur demeurant audit Saint Germain des Prez, lequel a

(1) Cet emplacement correspond à l’École Militaire et au Champ de Mars.

(2) Le chemin de Vanves n’est pas entièrement représenté par la rue de Vanves actuelle; il se détachait primitivement de la rue d’Enfer, au faubourg Saint-Michel, longeait l’enclos des Chartreux, se

soudait à la petite rue de Chevreuse, qui existe encore aujourd’hui, et rejoignait la rue actuelle, à travers les terrains où l'on a établi le cimetière du Mont-Parnasse.

(3) Voir les notes des pages 182 et 1 83.

‘41 Voir ci-avant, p. 33.

confessé avoir pris et retenu, et par les présentes prend et retient à litre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines, amendes quand le cas y écheoit, des vénérables religieux, abbé, père vicaire, prieur et convenu de l’église Saint Germain des Prez les Paris, trois arpents cinq perches de terre situés au territoire de Grenelle au devant de la Grande Ile, aboutissant au Chemin du port 0). Cette prise fut faite moyennant et parmi huit sols parisis pour chacun arpent et est conséquemment de 2 h sols pour lesdits trois arpents, et cinq deniers pour lesdites cinq perches. (Même fonds.)

Jean Gaule, laboureur de vigne, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoir pris , à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, des religieux, prieur et convent de Saint Germain, un arpent de vigne assis au terroir de Gamelles, aboutissant au Chemin neuf, moyennant et parmy huit sols parisis pour ledit arpent, et seront en outre lesdites vignes soumises au droit de pressurage et à la disme accoutumée. (Meme fonds.)

Jean Moret, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez les Paris, confesse avoir pris et retenu à titre de cens annuel et du tout à toujours portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escliet, pour lui, ses hoirs, et de révérend père en Dieu, monseigneur Guillaume Rrissonnet, évêque de Lodève, abbé administrateur de l’abbaye dudit Saint Germain, bailleur, un arpent de friche de vigne en deux pièces, audit révérend appartenant à cause de ladite abbaye, assis au terroir de Gamelles, l’une pièce contenant demy arpent près la Borne brûlée (‘2), tenant d’une parta Montrouge, de l’autre auxdiles friches de ladite abbaye, aboutissant d’un bout sur le grand chemin de Gamelles et cl’aulre bout auxdiles friches; l’autre pièce contenant un autre demi arpent, près la Justice dudit Saint Germain, tenant d’une part à Henry de Rony, aboutissant d’un bout sur le Chemin neuf. Moyennant et parmi quatre sols de cens annuel et perpétuel pour ledit arpent. (Même fonds.)

Guillot Fleury, demeurant à Saint Germain, confesse avoir pris, à titre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes, des vénérables religieux, prieur, abbé et couvent dudit Saint Germain: i° un arpent de terre assis sur le gi'and chemin de Gamelles; 20 demy arpent de vigne et quinze perches de terre assis au haut de Gamelles ; 3° trente cinq perches de terre assises audit lieu. Cette prinse faicte moyennant et parmy huit sols parisis pour arpent, et où il y a arpent et demy, et pour ledit demy arpent de vigne au prix de quatre sols parisis de cens annuel et perpétuel, et où lesdites terres seront plantées en vigne seront lesdites vignes soumises au droit de pressurage oullre la disme accoutumée. (Même fonds.)

Jehan Paslé, laboureur, demeurant à Vaugirard, confesse avoir pris, à titre de cens portant lods et ventes, saisines et amendes, des religieux, prieur et convent de l’abbaye Saint Germain des Prez, quatre arpents et un quartier de terre au terroir de Saint Germain des Prez, sur le Chemin neuf moyennant huit sols parisis de cens pour chacun arpent, et à charge de planter en vignes lesdites terres, en payant la disme accouslumée et se soumettant aux pressoirs banaux. (Même fonds.)

Robin Dumont, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prezles Paris, confesse avoir pris et retenu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, quand le cas y escherra, des vénérables religieux, prieur et abbé commendataire du convent et église de

(1) Voir ci-avant, p. 3i. — (2) Voir, pour le territoire dit la Borne-Brûlée, ci-avant, p. h 9,

Saint Germain des Prez : i° six arpents un quartier quatre perches assis au terroir dudit Saint Germain des Prez sur le chemin de Sèvres ; 2° quatre arpents et demy et trente perches de terre assis audit terroer de Saint Germain des Prez sur le chemin de Gamelles, aboutissant d’un bout, sur le grand chemin de Gamelles et d’autre bout au Chemin neuf, moyennant huit sols parisis de cens pour chacun arpent, le tout pour quatre livres douze sols huit deniers de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes comme dessus. (Même fonds.)

Pierre Louvet, sergent de la justice de Saint Germain des Prez, confesse avoir pris , à titre de cens annuel et perpétuel, des prieur et couvent dudit Saint Germain des Prez, à cause de la pitanceric de ladite abbaye, un arpent et demy de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, moyennant huit sols parisis de cens annuel par arpent, avec la disme et le pressurage à six pains par nuit, aussitôt que lesdictes terres plantées en vignes produiront. (Même fonds.)

Antoine Bresles, dit le Portier, laboureur, demeurant à Saint Germain, confesseavoir pris à titre de cens annuel et perpétuel, des religieux de Saint Germain, cinq arpents de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, ladite prinse faicte moyennant et parmy huit sols parisis par chacun arpent, ce qui est quarante sols parisis pour lesdits cinq arpents. (Même fonds.)

Guillaume Fresneau, couvreur, demeurant à Saint Germain des Prez les Paris, confesse avoir prins et retenu à litre de cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y eschet, des vénérables religieux, abbé, prieur et convent dudit Saint Germain des Prez : i° quatre arpents trois quartiers de terre assis sur le chemin de Gamelles; 2° demy quartier de vigne assis à Gamelles, aboutissant au Chemin neuf; 3° un quarteron de vigne assis au dict Gamelles, aboutissant au Chemin aux Vaches; 4° demy quartier de vigne assis au terroir dudit Gamelles. Cette prinse faicte moyennant et parmy huit sols parisis de cens pour chacun arpent desdites terres, ce qui est trente huit sols parisis pour lesdits quatre arpents et trois quartiers, deux sols six deniers pour les deux demy quartiers et le quarteron de vigne. Et seront lesdictes vignes soumises aux pressoirs banniers et aux droits de pressurage et à la disme accoustumée. (Même fonds.)

Symon Rousselet, laboureur, demeurant à Saint Germain, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, des abbé commendataire de l’église et convent de Saint Germain, à cause du pictancier, quatre arpens de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, moyennant huit sols parisis de cens pour chacun arpent outre la disme accoustumée. (Même fonds.)

Jehan Huot l’esné, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez, a confessé avoir prins et retenu à tiltre de chef cens annuel et perpétuel, portant lolz et ventes, des venerables religieux, prieur et convent dudict Saint Germain des Prez, troys arpens de terre assis sur le grand chemin de Gamelles. . . . Item, cinq quartiers de terre assis au hault de Gamelles.

Ceste prinse faicte moyennant huit sols parisis pour chascun arpent. Et où lesdictes terres ou partie d’icelles seroient plantées en vignes , elles seront subjectes aux pressouers bannaux desdicts religieux et au droit de pressurage, et à la dixme de six pintes par muys. (Même fonds.)

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Nicoles Bersoris, licencié es lois, avocat au Châtelet de Paris et garde de la Prévôté de Saint Germain des Prez les Paris, pour les reli—

gieux, abbé et couvent dudit lieu, salut : savoir faisons que par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion juré en ladite Prévôté, fut présent en sa personne Jean Loumet, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez les Paris, lequel a déclaré avoir pris à titre de cens annuel des religieux de Saint Germain une place étant devant sa maison où il est demeurant, contenant neuf toises de long sur une de large, tenant d’un bout sur la Grande rue; plus un arpent de terre au hault de Gamelle aboutissant au Chemin neuf. Ladite prise fut faite moyennant c’est assavoir : deux sous de cens annuel, pour ladite place, et huit sols pour l’arpent dessus dit. (Même fonds.)

Jehan Prince, charron à Saint Germain, confesse avoir pris et reçu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods et ventes, saisines et amendes, cinq arpents de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, plus cinq quarts de terre qui se sont trouvées outre lesdits cinq arpents; celle prinse faite parmi huit sols parisis par chacun arpent; lesdits arpents appartenant à la dite Eglise à cause de l’office de pictancier. (Même fonds.)

Henry Royer, demeurant audit Saint Germain des Prez, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel , portant lods, ventes, saisines et amendes, des vénérables religieux de ladite abbaye, deux arpents vingt perches de terre assis au terroir dudit Saint Germain des Prez, sur le chemin de Gamelles, moyennant et parmy huit sols parisis de cens par chacun arpent, dix sept sols huit deniers pour le tout de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines. (Même fonds.)

Pierre Louvet, sergent de la justice temporelle dudit Saint Germain, confesse avoir pris et retenu et par ces présentes prend et relient à titre de cens annuel et perpétuel, un arpent et demy de terre faisant le reste de deux arpents de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, aboutissant à Denis de Saint Quentin : celte prinse faicte moyennant et parmy douze sols de cens, et à la charge de planter lesdites terres en vignes, et seront lesdites vignes soumises aux pressoirs banniers et aux droits de pressurage. (Même fonds.)

François Gaucheron, demeurant audict Saint Germain, confesse avoir pris à titre de cens, portant lods et ventes etc. quand le cas y échoit, des vénérables religieux, pere vicaire, convent de l’Eglise de Saint Germain: i° un arpent quinze perches de terre, assis sur le chemin de Garnelles, tenant d’une part à Gilles Desnoyer, aboutissant d’un bout audit chemin et d’autre bout à Denis de Saint Quentin; 2° deux arpents et demy quartier de terre assis audict lieu, tenant d’une part à Denis de Saint Quentin, aboutissant d'un bout à Gilles Montrouge, et d’autre bout sur le sentier allant à Grenelles. Ladicte prise a été faicte moyennant et parmy huit sols parisis de cens annuel et perpétuel pour chacun desdicts arpents; seront lesdites terres soumises à la disme accoustumée, et lesdites vignes au droit de pressurage. (Même fonds.)

Jametli Gibouvn, demeurant audict Saint Germain des Prez, confesse avoir prins et retenu et par les présentes prend et retient à litre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y eschet, des vénérables religieux de l’église de Saint Germain les Paris: i° un arpent de terre assis sur le chemin de Gamelles, aboutissant d’un bout audict chemin et d’autre bout à Denis de Saint Quentin; 2° un arpent de terre assis au hault de Garnelles, aboutissant au Chemin neuf. Cette prise faicte moyennant et parmy huit sols parisis de cens pour chacun desdits arpents, ce qui est pour lesdits deux arpents seize sols parisis de chef cens annuel et perpétuel, et à la charge de planter lesdites terres en vignes, et seront lesdites

vignes soumises aux pressoirs banniers el droits de pressurage, et à la disme accouslumée. (Même fonds.)

François Ruban, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoir reçu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escherra, des vénérables religieux, abbé et commendalaire de l’église et abbaye de Saint Germain des Prez les Paris, quatre arpents de terre sis au terroir dudit Saint Germain des Prez les Paris sur le chemin de S'eve^f Cette prinse faicte moyennant el parmy huit sols pariais de cens pour chacun desdits arpents de terre, qui est pour lesdits quatre arpents trente deux sols parisis de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escherra, l’obligation de planter en vignes lesdits arpents, et seront lesdictes vignes subjectes au droit de pressurage oullre la disme accouslumée. (Même fond8.)

Jean Boucher le Jeune, laboureur, demeurant à Saint Germain, a confessé avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel, portant, lods, ventes et saisines, des vénérables religieux, prieur et convent de l’abbaye dudit Saint Germain, à cause du pictancier de ladite abbaye, quatre arpents de terre assis sur le chemin de Gamelles ; item, dix arpents de terre assis à Gamelle , aboutissant au Chemin neuf. Cette prise faicte moyennant huit sous parisis pour chaque arpent, soit pour lesdits quatorze arpents cinq livres douze sols parisis de cens annuel et perpétuel. (Même fonds.)

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de ladite Prévosté, pour les vénérables religieux, abbé, père prieur et convent de l’église dudit lieu, fut présent en sa personne Guilles Bonneault, laboureur, demeurant audit Saint Germain des Prez, lequel a confessé avoir pris et retenu, et parles présentes prend et retient à titre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y écheoit, des vénérables religieux , abbé, prieur et convent de 1 église et abbaye dudit Saint Germain , trois arpents de terre assis sur le grand chemin de Gamelles, aboutissant d’un bout audict chemin, d’autre bout à Denis de Saint Quentin; item et un quartier de terre assis au liault de Gamelles, et aboutissant au Chemin neuf; cette prise laite moyennant et parmi huit sols parisis de cens pour chacun arpent, et lesdites terres seront plantées en vignes et soumises aux pressoirs bannaux. (Même fonds.)

Pierre Roussillot, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoir pris à titre de cens ou rente annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, des abbé et commandataire des convent et église de Saint Germain, à cause du pictancier, un demy arpent de terre assis en hault de Gamelles; cette prinse faicte moyennant el parmy quatre sols parisis de cens annuel et perpétuel comine dessus. (Même fonds.)

Spire Moisy, laboureur et voiturier par eau, demeurant à Saint Germain, confesse avoir pris a titre de cens annuel et perpétuel, de Messieurs les religieux et prieur de l’abbaye de Saint Germain, trois arpents de (erre assis au terroir dudit Saint Germain sur le chemin de Gamelles, moyennant et parmy vingt quatre sols de cens, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escherra. (Même fonds.)

Germain Lebouteux, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prez, confesse avoir pris à

111 C’est la rue de Sèvres actuelle.

titre de cens annuel et perpeluel de l’abbé de Saint Germain, à cause du piclancier, un demy arpent de terre assis à Saint Germain sur le Chemin aux Vaches, pour et parmy quatre sols parisis de cens et l’obligation de planter en vignes ledit demy arpent et de porter aux pressoirs banaux cesdiles vignes, qui seront en outre soumises au droict de pressurage. (Même fonds.)

Quentin le Roûteux, laboureur, demourant à Saint Germain des Prez, a confessé avoir prins et retenu à Liltre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods et ventes, saisines et amendes quant le cas y eschet, des vénérables religieulx, père vicaire, prieur et convent de l’église et abbaye dudict Sainct Germain des Prez, ung arpent de terre assis ou terrouer dudict Sainct Germain sur le chemin aux Vaches. Geste prinse faicte moyennant liuict sols parisis de cens.

Lesdicts religieux et convent pourront, se bon leur semble, rentrer en icelluy arpent de terre et le remectre en leurs mains, toutes renies adnichilées, sans aucune sollempnilé de justice y garder. (Même fonds.)

Jehan des Forges, demourant audit Saint Germain des Prez, a pris à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escberra, des vénérables religieux, prieur et abbé commandataire de ladite église et abbaye dudit Saint Germain des Prez, à cause du pictancier de ladite abbaye, un arpent de vignes assis au terroir de Gamelle , moyennant huit sols parisis pour ledit arpent, et seront lesdites vignes soumises au droit de pressurage et à la disme accoustumée. (Même fonds.)

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de ladite Prévôté de Saint Germain, fut présent en sa personne Jelian Allain laboureur, demeurant audit Saint Germain des Prez les Paris, lequel a confessé avoir pris et retenu, par les présentes prend et retient à litre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escheoit, du jour Saint Remy dernier passé à tous iours, pour luy, ses hoirs et ayant cause au temps avenir, des vénérables religieux, père vicaire, prieur et convent de l’église et abbaye dudit Saint Germain des Prez, à cause du piclancier de ladite abbaye, un arpent de terre assis à Grenelle, terroir dudit Saint Germain des Prez, tenant d’un bout à Pierre de Raigneux et d’autre bout à Rerlhrand du Chaulnc, aboutissant par haut à Denis de Saint Quenlin. Cette prise faite moyennant et parmi huit sols parisis de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines, etc., etc., comme dessus. (Même fonds.)

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Nicole Bersoris, licencié ès lois et garde de la Prévolé de Saint Germain des Prez pour lesdits religieux dudit lieu, salut : savoir faisons que par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion audit lieu, est comparu Guillaume Girault, boulanger, demourant audit Saint Germain des Prez, lequel a confessé avoir pris et retenu et par les présentes prend et relient à litre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escheoit, des vénérables religieux, père, prieur, abbé et convent dudit lieu, pour en jouir dès maintenant à tousjours, lui, ses hoirs et ayant cause:

i° Un quartier de terre assis au haut de Saint Germain des Prez au lieudit la Sablonni'ere, aboutissant d’un bout à Guillaume Montrouge;

9° Un autre quartier de terre assis audit lieu, tenant d’une part à la veuve Pierre Bresme, aboutissant d’un bout au chemin aux Vaches et d’autre bout au chemin des Treilles ;

3° Un demi arpent de terre assis près de la Maladerie, tenant d’une part à Guillaume Ballay, et aboutissant sur le chemin qui va de la Maladerie à Gamelle.

Celle prise faite moyennant et parmi liuil sols parisis de cens par chacun arpent, soit :

Pour le premier quartier de terre . deux sols;

Pour le second . . deux sols;

Pour le demi arpent . 4 s0]s.

ou huit sols de cens annuel et perpétuel comme dessus. (Même fonds.)

François Guignard, marchand tailleur, demeurant audict Saint Germain, confesse avoir pris a litre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y eschet, des vénérables religieux, abbé, prieur et convent de ladite abbaye, 1" un arpent de terre assis audict Saint Germain à la Fosse à l’Aumosnier et aboutissant au Chemin herbu; a° demy arpent de terre assis en Cassel 91 et aboutissant au chemin de Cassel. Cette prise faicte moyennant et parmy, cest a savoir, pour ledit arpent huit sols parisis et pour ledit demy arpent seize deniers de cens annuel et perpétuel, et seront lesdites terres plantées en vigne et lesdites vignes subjecles au droit de pressurage et à la disine accoustume'e. (Même fonds.)

Arnoul de Lisle, marchand mercier, demeurant à Paris, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel , portant lods, ventes, saisines et amendes, des vénérables religieux, abbé commandalaire de l’église Saint Germain: i° un demy arpent de terre assis à Saint Germain sur le chemin aux Vaches; 2° un arpent et vingt huit perches de vigne assis à Gamelle sur le chemin de la Justice. Cette prise faicte moyennant et parmy quatre sols parisis pour ledit demy arpent de terre, quatre sols pour le demy arpent de vigne, et vingt huit deniers [jour lesdicles vingt huit perches, et seront lesdictes vignes soumises au droit de pressurage. (Même fonds.)

Georges Croisy, laboureur, demeurant à Saint Germain des Prcz, confesse avoir prias et retenu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escherra, des vénérables religieux, abbé et commandataire de l’église et abbaye de Saint Germain: i un quartier de vigne assis a Grenelles; 2° cinq perches de vigne assises audict terroir de Grenelles; vingt et une perches de vigne assis audit terroir; 4” dix perches de vigne assis aux Poullignyes; ledit bail fait moyennant, pour ledit quartier de vigne, deux sols parisis de vigne ; pour les cinq perches, cinq deniers parisis; pour lesdites vingt et une perches, vingt et un deniers parisis, et pour les dix perches, dix deniers parisis, qui font ensemble cincj sols parisis de cens annuel et perpétuel, et seront sujettes lesdites vignes au pressoir des religieux. (Même fonds.)

Rerny Thoigny, boullanger, demeurant au faubourg Saint Germain, confesse avoir prins et retenu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lotz, ventes, saisines et amendes, des abbé commandataire et convent de Saint Germain des Prez, à cause du pictancier de ladite abbaye : i° un quartier trois perches de vigne assis au terroir de Gamelles; 2“ sept perches de vigne assis au terroir dudit Gamelles. Cette prinse faicte moyennant et parmy deux solz trois deniers parisis de cens pour lesdits quartiers et trois perches, et pour lesdites sept perches sept deniers parisis, ce qui est huit sols parisis de cens par chacun arpent, et seront soumis lesdits quartiers et perches au pressoir de l’abbaye de Saint Germain. (Même fonds.)

Hugues Goret, laboureur, confesse avoir pris à titre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y eschet, des vénérables religieux, abbé et

1N Voir, dons le volume du Bourg SaiijJrGennain , p. /1 (j , l’historique du lieu-dit de Cassel.

couvent de Saint Germain clés Prez les Paris: i°un arpent de vigne assis à Grenelle, aboutisssant au Chemin neuf ; 2° vingt perches de vignes assises à Grenelle, aboutissant au Chemin neuf ; cette prinse faicte moyennant, c'est à savoir: ledit arpent dessus dit, six sols de cens, et lesdites vingt perches, vingt deniers de cens annuel et perpétuel. (Même fonds.)

Vincent Saint André, beurrier, à Saint Germain des Prez, confesse avoirprisà litre de cens et rente annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, des prieur et convent de l’église Saint Germain des Prez, à cause du piclancier de Saint Germain des Prez, quinze perches de vignes et friches assis au terroer dudict Saint Germain, au lieu dit Gamelles , moyennant quinze deniers parisis de cens annuel et perpétuel, et seront sujets lesdicles quinze perches aux pressoirs banniers desdicts seigneurs et à la disme de six pintes par muyds. (Même fonds.)

Jean Tabour, orfèvre, demeurant à SainL Germain, confesse avoir pris et retenu et par les présentes prend et retient à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escliet, des vénérables religieux, abbé et convent de l’eglise Saint Germain des Prez, à cause du pictancier de ladite abbaye :

i° Un demy arpent de terre situé sur le terroir de Saint Germain, au lieu dit Cassel, et aboutissant au chemin de Cassel;

2° Un demy arpent de terre situé audit lieu de Cassel, el aboutissant sur le chemin de la Vieille T huilerie ;

3° Un quartier de terre assis au lieu dit les Vieilles Bornes, tenant d’un bout au chemin qui va de la Vieille Thuilerie à Vaugirard , de l’autre au chemin de Vanve ;

h° Sept quartiers de terre assis à Grenelle, tenant au chemin aux Vaches;

5° Un demy arpent et six perches tenant au chemin aux Vaches.

Gette prinse a faicte moyennant et parmy huit sols parisis pour chacun arpent, l'obligation de planter ces terres en vignes, et de soumettre ces vignes aux pressoirs banniers et au droit de pressurage. (Même fonds.)

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de ladite prévôté de Saint Germain, fut présente en sa personne femme Katherine Petit, veuve de Emile Plassin, demeurant à Paris, laquelle a confessé avoir pris à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escheoit, des vénérables religieux, père, vicaire, convent et abbaye de l’église Saint Germain des Prez, un demy arpent de terre assis au dessus de la grande île de Saint Germain des Prez, aboutissant sur le petit chemin du port. Ladite prise fut faicte moyennant quatre sols de cens annuel, de ce que l’arpent est de huit sols parisis. De plus, les dites terres seront planlées en vignes et lesdites vignes soumises aux droits de pressurage et aux pressoirs banaux, outre la disme accouslumée. (Même fonds.)

Jacquette Claire, veuve de feu Girard Gibouin, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, quand le cas y escliet, des religieux de l’eglise Saint Germain des Prez, trente perches de vigne assises au terroir de Saint Germain des Prez au lieu dit Gamelles , aboutissant sur le Chemin neuf. Celle prinse faicte à raison de huit sols parisis pour l’arpent, qui est pour le demy arpent quatre sols, et seront sujettes lesdites vignes aux pressoirs banniers desdits religieux et à la disme. (Même fonds.)

Jacques Barlhes, laboureur, demeurant audit Saint Germain des Prez les Paris, confesse avoir pris el retenu, prend et relient par les présentes à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant

lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y eschet, du jour de Saint Remy dernier passé à tous jours, pour luy et ses hoirs étayant cause au temps advenir, des vénérables religieux, père vicaire, prieur et convent dudit Saint Germain, au lieu dict Gamelles, tenant d’une part à Guillaume Fleury, d’autre part à Guillaume Boucicault, et aboutissant au Chemin neuf. Cette prise faicte moyennant etparmy le prix et somme de quatre solz parisis pour ledit demy arpent et sera tenu ledit preneur de planter en vigne, et seront lesdites vignes sujettes aux pressoirs banaux et à la disme accoustumée. (Meme fonds.)

Honneste femme Pasquettc RomaiHe, veuve de feu Leonard Duflour, demeurant à Paris, laquelle a confessé avoir pris et retenu et par ces présentes prend et retient à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y escbet, des vénérables religieux, père vicaire et convent de l’église Saint Germain des Prez les Paris, à cause du pictancier de ladicte abbaye: i° cinq arpents de terre assis au terroir dudit Saint Germain des Prez, au lieu dit Gamelles, tenant d’un bout à Louis Desinier, d’autre part à Simon Rousselet, aboutissant au chemin de Gamelles; 2° cinq arpents et demy de terre assis en la Garenne, tenant d’une part auxdiles terres, d’autre part à une pièce de terre que occupe Jean Huault, aboutissant d un bout sur \e chemin de Gamelles; 3° huit arpents et un quartier et demy de terre assis audit lieu de la Garenne, tenant d’une part à Robert Dumont, d’autre part à François Dubaz, aboutissant d’un bout à ladite Romaille et d’autre bout au chemin de Paris; k° à cause dudict pictancier de ladite abbaye, trois quartiers de terre assis audict Saint Germain, derrière la maison de ladicte preneuse pour accroistre son jardin, tenant d’une part à la veuve Guillaume Morel, aboutissant d’un bout sur le chemin aux Vaches; 5° un demy arpent de vigne assis à Grenelles , tenant d’une part à Guillaume de Troyes, aboutissant d’un bout à Louise Lesecq et d autre bout a Jean Brochon; 6° dix huit perches de vignes assis audict lieu, aboutissant comme dessus; 70 à cause dudict pictancier de ladite abbaye, une place étant devant sadicte maison, assise audict Saint Germain: ladicte place contient deux toises de long sur une de large, tenant d’une part audict lieu et d’autre part à Allain le Clerc, et aboutissant sur le chemin allant en la Justice dudict Saint Germain. Cette prinse faicte moyennant et parmy : i° pour les cinq arpents de terre, quarante sols; 20 pour les huict arpents et quartier et demy, soixante sept sols parisis; 3° pour lesdicts quartiers assis derrière la maison, quatorze sols parisis; h° pour ledict demy arpent, dix huit perches, quatorze sols parisis. (Même fonds.)

Le mouvement de location et de vente déterminé par l’arpentage de Jean Lescuyer se continue après 1629. Nous avons recueilli, dans les censiers et les cartulaires, douze pièces datées de i53o, huit de 1 5 3 1 , sept de i53a, deux de t533 et i53â. Les unes sont des baux à loyer, ou des accensemenls de terres, portant lods et ventes, saisines et amendes; les autres constatent des transactions entre particuliers, mais en censive de Saint-Germain, et par conséquent à charge de cens et de rentes. Ainsi que nous l’avons déjè fait remarquer, c’est généralement la propriété bâtie, ou la place à bâtir, qui passe ainsi de main en main, avec les redevances dont elle est grevée; on comprend, en effet, qu’alors , comme aujourd’hui, nul ne construisait, ou ne se proposait de construire sur un teitain dont il pouvait être dépossédé, après un certain temps de jouissance. Le cens était donc, ainsi que les pièces le disent expressément, annuel et perpétuel, et les vendeurs, ayant acquis de l’Abbaye, vendaient d ans les conditions où ils avaient eux-mêmes acheté.

Les onze premières pièces, portant la date de i52o, sont de véritables actes de vente de terres. La douzième constate la vente d’une maison située en censive de Saint-Germain et chargée d’une quadruple redevance: i° cens envers l’Abbaye; 2° rente due à l’église de Saint-Sulpice; 3° rente à payer au collège de Boissy; h° rente à servira des particuliers. On conçoit que les possesseurs d’immeubles ainsi grevés aient saisi avec empressement toutes les occasions d’alléger leurs charges, alors surtout qu’ils avaient payé, comme le propriétaire de la maison dont il s’agit, plus de deux cents livres tournois de prix principal.

Des dix-sept dernières pièces, une seule est un accensement fait directement par l’Abbaye : les seize autres sont des ventes entre particuliers. La propriété privée tend donc à se constituer largement sur toute l’étendue du fief de Saint-Germain.

Collette la Baromère, vefve de feu Andry Ermant, en son vivant voiturier par terre, demeurant à Sainct Germain des Prez lez Paris, confesse avoir reçu à titre de cens, portant lods, ventes, saisines et amendes, des religieux, abbé et prieur de l’abbaye dudit Sainct Germain, un demy arpent et un quartier de vigne, auxdits religieux appartenant, assis au terroir de Sainct Germain, au lieu dit Gamelles. Ladite prinse a esté faicte suyvanl et parmy cinq sols parisis de cens, et à la charge du droit de pressurage pour lesdictes vignes. (Arch. nat. S 2866.)

Robert Leroux, laboureur, demeurant audicl Sainct Germain, lequel a confessé avoir pris et retenu et prend et relient par lesdictes présentes à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines, amendes, quand le cas y échoit, du jour Sainct Remy dernier passé à toujours, pour lui, ses hoirs et ayant cause au temps advenir, des vénérables religieux, père, vicaire, prieur et couvent de l’église et abbaye dudict Sainct Germain des Prez, demy quartier de vigne assis à Grenelle, tenant d’une part audil Jehan Leroux, preneur, d’autre part à Jean Prejun, aboutissant d’un bout sur le chemin du port de Gamelles et d’autre bout à Guillaume Fresneau; item, un quartier de terre assis entre les deux chemins de la poincte, tenant d’une part à Jean Gallope, d’autre part à Claude Belin, sa femme, par avant femme de feu Jean Brassard, aboutissant d’un bout au chemin allant de la Thuillerie à Vaugirard , et d’autre bout sur le grand chemin de Vaugirard ; item et un quartier de terre assis au-dessus de la petite Seyne, tenant d’une part audit Gallope, d’autre part aux hoirs Jean Enyont, d’un bout sur la petite Seyne, et d’autre bout au chemin des Treilles, pour en jouir par ledit Leroux preneur, ses hoirs et ayant cause, et en faire ordonner, disposer comme de sa chose à lui appartenante. Cette prise faicte moyennant et parmy cinq solz parisis qui est au fur de huicl solz parisis l’arpent de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, comme dessus, que ledict preneur en a promis et sera tenu, promet, et gage pour luy, sesdils hoirs et ayant cause en rendre et payer doresnavant par chacun an à toujours auxdicts de Sainct Germain en leurdict convent à cause du pictancier de ladicte abbaye, avec la disme accouslumée en la raison de terres, et sera sujet, le demy quartier de vigne, aux pressoirs bannaux de Sainct Germain au droit de pressurage. (Meme fonds).

Nicolas Marie, laboureur et voiturier par terre, demeurant audict Sainct Germain des Prez

111 Ce chemin et toutes les voies indiquées dans la pièce sont identifiés dans la description du fief rural de l’Abbaye. Voir ci-avant, p. 28, 3o, 3 1 , 56, etc.

lez Paris, lequel a confessé avoir pris et retenu et par les pre'sentes prend el relient à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y esclioict, du jour de Sainct Remy dernier passé à toujours, pour luy et ses hoirs et ayant cause au temps advenir, des abbés de Sainct Germain des Prez, deux arpents de terre assis à la Grande isle^\ tenant d’une part à Pierre Verdier, bouclier, d’autre part à Jean Petit, laboureur, aboutissant au chemin du porri2'; item et trois quartiers de terre assis au haut de Gamelles, tenant d’une part à Robert Dumont, d’autre part au sieur Jean Galloppe. Celte prise laicle moyennant le prix, c’est à scavoir lesdils deux arpents seize solz parisis et pour lesdits trois quartiers déclarez six solz, et seront lesdites terres plantées en vigne, et les vignes soumises à la disme accouslumée. (Meme fonds.)

Guillaume Maequerin, laboureur et jardinier, demeurant à Sainct Germain, confesse avoir pris à litre de cens annuel et perpétuel, des abbé et prieur de l’église et abbaye de Sainct Germain : i° vingt perches de terre; 2° un quartier et demy de terre, sis à Gamelles. Ladicte prinse faicte moyennant et parmy dix sols sept deniers de cens annuel et perpétuel, etc., et sera ledict preneur tenu de planter en vignes lesdites terres, et soumis au droict de pressurage, outre la disme accoustumée. (Même fonds.)

Guillaume Boucicault, laboureur, demeurant à Sainct Germain des Prez, confesse avoir pris à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, des vénérables religieux, abbé, prieur et convent dudit Sainct Germain, vingt perches de terre assises au terroer de Sainct Germain, au lieu dit Près les murs des Chartreux W, moyennant et parmy vingt deniers parisis, qui est à raison de huit sols pariais l’arpent, de cens annuel et perpétuel. (Même fonds.)

Jacques Pigeon, laboureur, demeurant à Gamelles, a confessé avoir prins et retenu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes, quand le cas y écherra, des vénérables religieux, abbé et convcnt de l’église et abbaye Sainct Germain des Prez : i° un quartier de vigne assis au terroir dudit Sainct Germain au lieu dit Gamelles ; 2° neuf perches de vigne assis au terroir dudit Gamelles. Cette prinse faicte moyennant et parmy, pour ledit quartier, douze deniers parisis, et pour lesdites neuf perches, neuf deniers parisis, el seront lesdites vignes subjectes aux pressoirs banaux, droits de pressurage et à la disme. (Même fonds.)

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de ladite prévôté de Sainct Germain des Prez , fut présent en sa personne Jehan Prince , demeurant à Sainct Germain des Prez , confesse avoir pris et retenu et par les présentes prend et retient à titre de chef cens annuel et perpétuel , portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y echet, des vénérables religieux, abbé, prieur, convent de l’église dudit Sainct Germain des Prez : cinq quartiers de terre assis au terroir de Gamelles au-dessus de la Grande-ile I4), aboutissant d’un bout à la rivière de Seine et d autre bout à Jehan Petit. Ladite prise fut faite moyennant et parmi huit sols parisis pour chacun arpent, soit dix sols parisis pour lesdits cinq quartiers de terre, et seront lesdites vignes soumises aux pressoirs banaux et droits de pressurage. (Même fonds.)

:1) La Grande île est l’île des Treilles, ou Ma- {3) Voir ci-avant, p. 3i.

querelle. Voir ci-avant, p. 33. Voir, en outre, aux 1 Voir ci-avant, p. 6g,

Appendices, le Domaine d eau et les Iles. '■ y0ir le Domaine d’eau et les Iles.

Par devant Maurice Moye, clerc greffier et tabellion de la Pre'vosté de Sainct Germain des Prés les Paris, fut présent, en sa personne Guillaume Drouard, marchand boucher, demeurant audit Sainct Germain des Prés, lequel a confessé avoir pris et retenu et par les présentes prend et retient à Litre de chef cens annuel et perpétuel portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y echeoit, des vénérables religieux, abbé, père vicaire, prieur et convent de 1 église Sainct Germain, deux arpents en terre qui sont assis au terroir dudit Sainct Germain au devant de la Grande isle, aboutissant d’un bout à la rivière de Seine, d’autre bout à Jehan Petit. Laquelle prise fut faicte moyennant et parmi seize sous parisis de rente annuelle et perpétuelle. (Même fonds.)

Denis Dupont, marchand fripier, demeurant à Paris, confesse avoir pris et retenu à titre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y echeoit, du jour dès maintenant à toujours, des vénérables et religieux, père vicaire, prieur et convent de l’église et abbaye de Sainct Germain des Prez les Paris, qui lui ont baillé audit titre sous ce scel dudit convent les pièces de terre cv après désignées a eux appartenant a cause de l’office de pictancier de ladicte abbaye assis au terroir dudit Sainct Germain des Prés es lieux qui s’ensuivent. C’est assavoir : i° Quatre arpents un quartier de terre en une pièce assise devant la Grande isle, tenant d’une part aux hoirs de feu Sébastien et d’autre part à Guillaume Drouart, boucher, aboutissant d’un bout à lolande Imbert et d autre bout à la rivière de Seine; 2° Un quartier et demi de terre assis en une pièce, au-dessus de ladite Grande isle, tenant d’une part à Pierre des Roges et d’autre aux hoirs de feu maître Adan de Bâillon , aboutissant d un bout au chemin du port de Gamelles, et d’autre bout a Jehan Doucher et au chemin qui va de la Justice dudit lieu à ladite seigneurie des bailleurs, à cause de l’office de pictancier.

Cette prise faite moyennant et parmi huit sols parisis de cens pour chacun arpent, qui est pour lesdils quatre arpents et demi, et demy quartier, trente sept sols parisis de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes comme dessus. (Même fonds.)

Jean Doucher, laboureur, demeurant audit Sainct Germain des Prez, conlesse avoir pris et retenu à titre de cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le easy écherra, du tout dès maintenant à toujours, pour lui et ses hoirs ou ayant cause, des vénérable religieux, père vicaire, prieur et convent de l’église et abbaye dudit Sainct Germain des Prez, qui lui ont baillé sous le scel dudit convent audit tiltre, deux arpents et demi de terre labourable assises au terroir dudit Sainct Germain des Prez près la riviere de Seine : l’une des deux pièces contenant sept quartiers, tenant d’une part à Allan Veanallot, aboutissant d’un bout à Pierre de Sceaulx et d’autre bout à la veuve de feu Guillaume Martel; et l’autre pièce contenant trois quartiers, tenant d’une part à Guillaume Montrouge, et d autre part audit Pierre de Sceaulx, aboutissant d’un bout sur ladite rivière, et d’autre bout au chemin rendant au port de Grenelle (B. Moyennant et parmi vingt sols parisis pour les dites deux pièces.

Et quand lesdites terres seront plantées en vignes, lesdites vignes seront soumises aux droits de pressurage et aux pressoirs bannaux. (Même fonds.)

Rlavot Reauvallet, voicturier par terre, demourant à Sainct Germain des Prez, vend à Denys Myot, voicturier par terre, demourant oudict lieu, les deux pars et demye par indivis dont les quatre font le tout d’une maison, court, cave, cellier et estables, assises audit Sainct Germain des Prez, devant le pillory, en laquelle soulloit pendre pour enseigne le Croyssant <2), en la cen-

Voir ci-avant, page 3i. — (2) L’immeuble dont il s’agit paraît avoir été la maison du Croissant, située dans la rue de Buci et mentionnée à la page h\ du volume du Bourg Saint-Germain.

sive d’icelle abbaye de Sainct Germain des Prez, et chargée envers elle la totalité de ladicte maison de quatre solz parisis de cens, et tons de terre chargé oultre ladicte totalité de xx solz lournoys de rente envers l’église Sainct Sulpice, et de vingt-cinq solz tournoys aussy de rente envers le collège de Boissy, item encor aultres vingt-cinq solz tournoys de rente envers les heritiers Guillaulme Langneau l’aisné. Geste vente faicle moyennant la somme de ijc v. livres tournoys. (Arc. nal. S 3o86, fol. 1A2.)

1 53 1 . — Jamet Prévost, manouvrier, demeurant à Sainct Germain des Prez, confesse avoir baille a rente a Pierre Puysart une place contenant quatre toyses ung pied de long ou environ sur quinze pieds de large, assize derrier l’eglize de Sainct Sulpice lez Pariz, aboutissante au chemyn tendant de la porte Sainct Michel à Vaugirard^, en la censive de Saincte Geneviefve et chargée envers eulx de iij. deniers parisis de cens. Ce bail faict moyennant la somme de xxx. solz tournoys de rente annuelle, et à la condition que Iedicl preneur promet bastir et ediffier, du jour Sainct Remy prouchainement venant en ung an, une maison manable qu’il sera tenu soustenir et entretenir. (Arch. nat. S 3o865.)

18 février 1 53 1 .

Jehan le Merchiey, laboureur, à Sainct Germain des Prez lez Paris, et Fransoyse Bailly, sa femme, ont vendu à Samson Sorey et à Jehan Bontampz, marchant merchier, demorant à Paris, une maison assise audict Sainct Germain, près le marché et foyre dudict lieu, chargée de x. solz parisis de rente à l’eglise Sainct Suplice, parmy la somme de xiijttx. solz tournoix.

ig février 1 53 1.

Robert du Mont, voicturier par terre, demourant à Sainct Germain des Prez, a vendu à Pierre Gudart, aussi voicturier par terre, quatre arpens et demy trente perches de terre ou environ, en une pièce, assiz ou terrouer dudit Sainct Germain des Prez sur le chemin de Gamelles d’une part, et d’aultre sur le Chemin neuf P), en la censive de messieurs de Sainct Germain des Prez, et chargez envers eulx de huict solz parisis de cens pour arpent. Ceste vente faicte auxdictes charges et aultres déclairées ou bail faict desdictes terres audict vendeur par lesdietz religieux le iij" jour d’aoust 152.9, et oultre moyennant la somme de xv. livres tournoys. (Arch. nat. S 3o865, fol. 186 v°.)

Pierre de Bagneulx a vendu à Denis de Sainct Quintin ung quartier de terre qui avoit esté baillé audict de Bagneulx pour bastir, assis sur les deux chemins de la vieille tuilerie <3>, aux charges contenues au bail. Ceste vente faicte pour la somme de quarante solz tournoix. (Meme fonds.)

Jehan Boucher, laboureur, demeurant à Sainct Germain des Prez lez Paris, a vendu à Pierre Godart, voicturier par eaue et par terre, deux arpens et demy de terre labourable en deux pièces, assiz au terrouer dudict Sainct Germain des Prez près la riviere de Seyne et le chemin tendant au port de Gamelles, en la censive des religieux dudict Sainct Germain des Prez à

01 Ce chemin n’est autre que la me de Vaugirard. La maison dont il s’agit devait s'élever en bordure d’une des r ruelles de Saint-Sulpice» (rues

Garancière et Servandoni, ou du Fossoyeur). Ti Voir la note 1 de la page 180.

' " La situation de ce terrain correspond parfaitement à l’emplacement de la rue de Bagneux, située entre celles de Vaugirard et du Cherche-Midi. Les historiens de Paris ont vainement cherché forigine de cette dénomination; la petite voie dont il

cause de l'office du pilancier de ladicte abbaye et chargez envers eulx de xx. sols parisis de cens, qui est au pris de viij. solz tournois de cens par arpent. Ceste vente faicte à ladicte charge et moyennant la somme de xij. livres tournois. (Même fonds.)

1 53 1 . — Jehanne de la Verdure, vefve de feu Nicolas le Maior, vivant marchant parcheminier, a vendu à Honore' Chevalier, bourgeois de Paris, ung arpent de vignes en deux pièces, c’est assavoir ung demy arpent et plus, se plus en y a, au lerrouer de Sainct Germain, au lieu dict le cloz aux Bourgeoijs 01, en la censive dudit Sainct Germain et chargé envers eulx de iij. deniers parisis de cens; et au dessoubz est l’aultre part aussy en ladicte censive Sainct Germain des Prez et de Messieurs de Saincte Geneviefve, chargé de trois deniers une maille envers lesdiclz de Sainct Germain, et de trois mailles envers lesdictz de Saincte Geneviefve. Geste présente vente faicte auxdictes charges et moyennant la somme de soixante livres tournoys. (Même fonds.)

1 53 1. — Messire Symon Chartier, prebstre et chevecier de la Saincte chappelle du Palais, confesse avoir donné à Jehan Laurens, marchant bourgeois de Paris, ung quartier de terre assis à Sainct Germain des Prez, en la rue de Bussy, à la charge que ledict Laurens sera tenu y faire bastir et ediffier une maison manable dedans le temps declairé es lettres de bail faictes audict ceddant, et y employer dedans ledict temps jusques à la somme de cent livres tournois pour le moins, et iceulx lieux faictz, les entretenir en bon estât et vailleur en tel maniéré que le cens cy après declairé y puisse estre aysement prins et perceu, et en oultre moyennant le prix et somme de cinquante solz parisis pour ledict quartier, qui est au pris de dix livres pour l’arpent, portant lotz, ventes, saisines et amendes quant le cas y escheera, que ledict Jehan Laurens sera tenu payer par luy, ses hoirs et avans cause aux religieux de Sainct Germain des Prez au jour Sainct Remy. (Même fonds.)

1 5 3 a . — Marie Houppil, vefve de feu Nicolas Prévost, en son vivant marchant libraire et imprimeur, a vendu à Michel Sesson ung quartier et demy de terre en jardin en une pièce tout cloz à murs, assis ou lerrouer de Sainct Germain des Prez, prez les buttes ou tirent les archers, allant à la rivière de Seyne, aboutissant d’ung bout à ladicte rivière, et d’aultre aux fossez de la Ville (2), en la censive des religieux dudict Sainct Germain des Prez et chargé envers eulx de lxxv. solz parisis de cens. Ceste vente faicte moyennant la somme de quarante escuz d’or soleil. (Même fonds.)

Guillaume Boucicault, laboureur, demourant à Sainct Germain des Prez, et ses sœurs Regnaulde et Marguerite, ont vendu à Guillaulme Guérin, marchant bourgeoys de Paris, trôys arpens de terre assis sur le chemyn de Gamelle , item cinq quartiers de terre assis au hault de Gamelle, en la censive des rel igieulx de Sainct Germain des Prez, chargé envers eulx au feur de huict solz parisis de rente pour chascun arpent, sans aultres charges. Ceste vente faicte moyennant la somme de xxxj. livres xvij. solz vj. deniers lournoys. (Même fonds.)

Guillaume Fresneau, couvreur de maisons, demourant à Sainct Germain des Prez, a vendu

s’agit ne pouvait, en effet, conduire au village de Bagneux. Le nom du propriétaire vendeur, qui possédait peut-être en entier le sol sur lequel la rue a été ouverte, a pu être tout naturellement donné à la nouvelle voie.

w Voir la description de ce clos dans le volume du Bourg Saint-Germain , p. i3q.

(!) L’emplacement, tel qu’il est désigné, se rapporte aux -fossés de Nesle (emplacement actuel de la rue Mazarine).

à Jehan Coyner, m° barbier, demeurant audict lieu, demy arpent de vigne en une pièce, assis en terrouer dudict Sainct Germain des Prez ou lieu dict Gamelles , aboutissant au chemin des Vaches 01, chargé ledict demy arpent de iij. solz tournois de rente envers les hoirs de feu Alix Corneille, et en la censive de Sainct Germain des Prez. Ceste vente faicte moyennant la somme de vingt livres tournois. (Meme fonds.)

1 B 3 2 . — Jehan Daneau, laboureur, dcmourant à Sainct Germain des Prez lez Paris, confesse avoir vendu à Jehan Nyceron, marchant apothicaire et bourgeoys de Paris, demy quartier de vignes en une piece, assis ou cloz aux Bourgeoys, sur le chemin tendant de Paris à, Vaugirard$\ en la censive de Sainct Germain des Prez, à charge du cens qui se doibt, chargé oultre de xvj. solz parisis de rente pour arpent envers Peglise Sainct Benoist, moyennant la somme de xijtt lournoys. (Même fonds.)

1 532. — Guillaume Boucicault, laboureur, dcmourant à Sainct Germain des Prez lez Paris, a vendu à Jean Petit le jeune, marchant charbonnier, demy arpent de terre assis ou terrouer dudict Sainct Germain des Prez, ou lieu dict Vigneret en la censive des religieux dudict Sainct Germain des Prez et chargé envers eulx de lelz cens que se doivent. Ceste vente faicte à ladicte charge, et oultre moyennant la somme de seize livres lournoys. (Même fonds.)

1 533. — Guillaume Boucicault, laboureur, demourant à Sainct Germain des Prez, vend «à Jehan Duneau, dudict estât et lieu, ung arpent de terre labourable et plus se y a, en une piece, assise au terrouer dudict Sainct Germain des Prez ou lieu dict Vigneret, tenant d’ung bout aux religieulx Chartreux, et d’autre bout aux terres de Nostre Dame des Champs W, en la censive de messieurs de Sainct Germain des Prez et chargé envers eulx de vj. deniers parisis de cens. Ceste vente faicte moyennant la somme de cinquante livres tournois. (Même fonds.)

Honorable homme Pierre Martel, marchand et bourgeois de Paris, confesse avoir pris et retenu, prend et relient par les présentes à litre de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes, saisines et amendes quand le cas y échoit, des religieux, père vicaire, prieur et convenl de l’église et abbaye monseigneur Saint Germain des Prez les Paris, un arpent de terre en une pièce assis au terroir dudit Sainct Germain, tenant d’une part auxdils sieurs de Sainct Germain au lieu dit Jehan Bappart et sa femme, auparavant femme de Denis de Sainct Quentin, d autre part auxdils sieurs de Sainct Germain des Prés, en hault des terres que lesdits sieurs ont baillé aux héritiers de Pierre Drouart, aboutissant d’un bout à Gilles Martel, d’autre bout à la riviere de Seine.

Cette prise faite moyennant et parmi dix sols parisis de chef cens annuel et perpétuel, portant lods, ventes , saisines et amendes comme dessus est, et de plus seront lesdites terres plantées en vigne et lesdites vignes soumises aux pressoirs bannaux et droits de pressurage. (Même fonds.)

Cest en l’année i54o, onze ans après l'arpentage de Jean Lescuyer, que s’annonce la iuture destination du domaine rural de l’Abbaye. Jusqu’alors elle avait accensé ou baillé

ses terres à des gens de travail, laboureurs

(IÎ II y avait plusieurs «chemins des Vaches. » Les rues de Grenelle et Saint-Dominique ont porté simultanément ce nom. Voir le volume du Bourg Saint-Germain, p. 86 et 180.

, vignerons, maraîchers, et le revenu qu’elle

(2) Voir la note î de la page 201.

(3) Voir ci-avant, page 67.

(4) L’emplacement est bien indiqué par les aboutissants.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, en lirait suffisait à ses besoins normaux. Ce qu’elle accensait avec lotis et ventes, saisines et amendes lui donnait, par intervalles, des bénéfices extraordinaires, qui l’aidaient à solder ses dépenses éventuelles. Le régime des abbés commendataires ayant pour conséquence naturelle l’augmentation de la mense abbatiale, les prieurs, vicaires généraux et fermiers du temporel furent amenés à rechercher le moyen de faire face à cet accroissement de frais, et ils le trouvèrent dans l’aliénation des terrains propres à recevoir «hostels et maici sons manahles,» beaucoup plus nmanables» naturellement que celles des cultivateurs du bourg Saint-Germain.

La vieille forteresse du Louvre commençait alors à se moderniser, et les gens de cour songeaient à rapprocher leurs logis de cette somptueuse résidence. Les régions de la Saumonière et de la Sablonnière, qui n’en étaient séparées que par la Seine, donnaient alors peu de produits, puisqu’on en faisait des lieux de décharge publique. Ce furent précisément ces terrains improductifs que les administrateurs de l’Abbaye songèrent à mettre en valeur. Le premier dont ils se défirent est l’Écorcherie Sablonnière, noù se faisoit la voyrie des nchevaulx,» ce qui était un voisinage assez désagréable pour l’Abbaye, le Pré-aux-Clercs et le Louvre de la Renaissance. En le vendant, ils réalisaient du même coup l’assainissement de cette partie de leur domaine et une notable augmentation de ressources.

Les acheteurs étaient gens de robe et parfaitement en mesure de remplir les engagements qu’ils contractaient. L’initiative prise par eux aurait été féconde en résultats immédiats, si les guerres de la France et de l’Empire, auxquelles succédèrent les luttes religieuses, n’avaient arrêté, ou plutôt retardé, ce mouvement. C’est sur l’emplacement de l’Écorcherie, représenté aujourd’hui par l’ilot que circonscrivent les rues des Saints-Pères, de Verneuil, de Beaune et le quai Voltaire, que s’élevèrent depuis les hôtels possédés par les Tessé, les Labriffe, lesFraigné, les Cboiseul, les Beauffremont et les Montmorency. Voici l’acte qui constate cette aliénation :

Le lundi 56 avril iSAo, par devant François Bastonneau et Vincent Maupeou, notaires au Châtelet de Paris, Pierre Gaiscon, vicaire général de monseigneur le cardinal de Tournon, abbé de Sainct Germain des Prez, au nom de ce dernier, baille, cède, transporte et délaisse à inessire François Olivier, conseiller du Roy et maistre des requêtes ordinaires de son hôtel , maistre André Guillard, seigneur du Mortier, Pierre Perdrier, sr d’Aubigny, greffier de la ville de Paris, à tiltre de cens et rente annuelz et perpétuelz, du tout dès maintenant à lousjours, une piece de terre assize entre le Pre aux Clercs et la rivière de Seyne, ou lieu dict sur 1 Escorchcrie et Sablonnière, qui a esté arpentée par maistre de Corbonnieres, grand arpenteur de France, en la présence dudict Bastonneau, l’ung des notaires soubscriptz, et qui contient six arpens demy quartier de terre, à dix-huict pieclz pour perche , et cent perches pour aipenl , qui est la mesure dudict Sainct Germain , tenant d'une part ladicle pièce à ladicte Escorcherie, d’aultre à ung nommé Pierre Marcel, marchant, d’un bout sur le rivaige de ladicte rivière de Seyne, d’aultre bout aux hoirs Pernet l’Escuyer, laquelle piece de terre est à présent et a accouslumé estre baillée à vingtz solz parisis de loyer par chascun an, et à l’endroit de laquelle pièce s’est faict par cy-devant et l'a i c t encores de présent la voirie des chevaulx; par quoy ledict seigneur reverendissime, après avoir de ce conféré à sou conseil, auroit trouvé estre son prouiïict et de son esglise les bailler a cens et rentes perpétuelz, à la charge d’y bastir maisons manahles et à gens ayans puissance de ce faire, oultre que quand viendront à les vendre, y auroit gros prouffict pour ledict seigneur reverendissime et ses successeurs abbez, pour les venLes et saisines . Cest bail et prinse

faiciz moyennant deux solz parisis de cens, portans lotz et ventes, saisines, deffaullz et amendes, pour chascun arpent, payables chascun an le jour SainctRemy chef d’octobre, et cent solz lour-

noys de rente aussy pour chascun arpent, payables chascun an, quatre termes en l’an . Et

se seront tenuz lesdiclz preneurs et chascun d’eulx sur leur part et portion faire clostures, maisons manables dedans deux ans prochainement venans. (Arcli. nat. S 2887.)

11 n’est pas sans intérêt de savoir en quel état se trouvaient, un siècle et demi plus tard, les terrains de l’Ecorcherie, dont l’Abbaye espérait, en 1 54o , tirer si «gros proufïict. » Les prévisions de Pierre Gaiscon s’étaient réalisées : des «maisons manables,» de véritables hôtels s’étaient élevés sur cet emplacement voué depuis longtemps à un sordide usage. Voici, en effet, les déclarations au censier qui furent faites en 1688, 1716, 1727 et

i° 26 avril 1688. Déclaration de Jean André, comte de Morstin, marquis d’Arc en Barrois, comte de Chateau Villain, sénateur et grand trésorier de Pologne, propriétaire de l’hôtel dans lequel il demeure à Paris sur le quay Malaquest, tenant d’une part à M. de la Basiniere, d’autre à la rue de Seyne, au moyen de l’acquisition qu’il en a faicte de haute et puissante dame Marie de Falcouis, épouse séparée quant aux biens de haut et puissant seigneur Louis, comte d’Amansé d’Escars.

20 10 juillet 1716. — Messire Ismidon René, comte de Sasenage, et madame Marie Therese d’Alban, son espouse, auparavant veuve de M. le comte de Morstin, ont reconnu estre propriétaire, d’une maison appelée l’hostel de Morstin, size rue des Saints Pères, faisant le coin de ladicte rue et du quay Malaquest.

1 1 mars 1727. — Messire Joachim des Casaux du Hallay, seigneur Dugué au Voyer (sic), a reconnu qu’il est propriétaire d’une maison sise à Paris, au coin du quay Malaquest, appellée l’hostel de Morstin, tenant d’un costé à la rue des Saints Pères, d’autre a Monsieur de Montmorency Fosseuse.

3o décembre 1734. — Messire Galliot Mandat, chevalier, seigneur de Berny, conseiller du Boy, maistre des requestes ordinaires de son hôtel, propriétaire d’une maison sise à Paris, quay Malaquais, tenant d’un costé à l’hoslel de Bouillon, d’autre à l’hostel de Morstin par la donation que lui en a faite son oncle messire Jacques Anthoine Herins, ancien prieur de Ligny sur Canche.

Le mouvement de construction commencé en 1 529 et repris en 1 54o, après une interruption motivée parles guerres, s’arrête presque complètement pendant la seconde moitié du xvi1 siècle. L’exemple donné par François Olivier, André Guillard et Pierre Perdrier, ne trouve pas d’imitateur, si ce n’est sur les terrains de l’Université, dans le grand et le petit Pré-aux-Clercs. Là, en effet, aucun accensement n’était possible à des laboureurs ou à des maraîchers: les deux prés devaient ou rester à l’état de promenades, ou être aliénés pour recevoir des constructions. L est ce qui eut lieu : la harangue de Ramus et le mémoire de Pourchot . que nous publions plus loin , témoignent de l’importance que les travaux de batiment y prirent en peu d’années. Quant à l’Abbaye, elle continua à bailler à cens et à rente, perpétuelle ou viagère, dans les conditions indiquées par les nombreux actes que

aous avons reproduits. Ainsi que Berty l’avait déjà constaté, les pièces d’administration temporelle appartenant à cette période ont disparu pendant les deux sièges de Paris, par suite de l’occupation , à main armée, du monastère et de ses dépendances. Il faut aller jusqu’au xvii° siècle, pour retrouver trace de cette gestion; mais alors les accensements ruraux deviennent rares, et les actes portent tous lods, ventes et saisines: c’est le mouvement de 1 529 et de 1 5Ao qui reprend, pour ne plus s’arrêter désormais.

Nous ne consignerons point ici les actes relatifs aux aliénations de terrains faites, dans les premières années du xvn° siècle, en faveur des établissements religieux; ces actes ont été publiés par Félibien, et nous les avons mentionnés, à leur date, dans le chapitre additionnel consacré à la formation du faubourg Saint-Germain. Ce qui est moins connu, c’est la série de ventes consenties à des particuliers, pour construire «hostels et maisons mana- «bles. v La plupart de ces actes se ressemblent; nous en reproduisons les parties les plus intéressantes, au double point de vue des indications topographiques qu’elles renferment et des évaluations dont elles fournissent les éléments.

Voici d’abord une pièce de l’année 161 3, qui se rattache topographiquement à la vente de 1 5Ao (terrains de l’Ecorcherie-Sablonnière) et aux achats de terrains faits en 1602 par la reine Marguerite pour l’établissement des frères de la Charité et des Augustins.

1 5 mars 1 6 1 3.

Zacarie Corbon, prieur de l’église et abbaye de Sainct Germain des Prez, Adrien Barizel, soubzprieur, et autres religieux de ladicte abbaye assemblés en leur chapitre pour le proffict et augmentation du bien et revenu de ladicte église, baillent à tillre de cens et rente foncière annuelle et perpétuelle, du tout dez maintenant à lousjours au sieur de Varie, gentilhomme flamen demeurant en sa maison et tuillerie sur le bord de la rivière audict Sainct Germain des Prez, prez le pré aux Clercs, un arpent dix-sept perches de terre ou environ, en une pièce, assis au terrouer dudict Sainct Germain, au lieu anciennement nommé les prés Vhostel Dieu appellé La Charité, alias Sanita, tenant d’une part à la rue Sainct Pere, d’aultre part aux maisons et bastimens dudict Varie, aboutissant d’un bout sur le qay et bord de la riviere de Seine d’aultre bout aux terres que la Royne Marguerite a acquises de certains inarchans orfèvres, laquelle pièce de terre lesdiz prieur et religieux avoient cydevanl baillée et délaissée à pareil et mesme cens et rente à M.de Montmiral, et icelle reprise à leur proffict à faulte du payement de cens et rente depuis quarente ou cinquante ans en ça...

Lesdiclz bail et prise faietz moyennant et à raison de trois solz parisis de cens pour arpent, ledict cens portant lotz et ventes, deffaulx, saisines et amendes quant le cas y eschera, et de cent solz tournois de rente foncière annuelle, perpétuelle, non racheptable payable chacun an ausdietz religieux le premier jour du mois de mars. ..

Ledict Varie s’oblige et promet, par luy et ses hoirs et ayans cause, faire bastir et ediffier à ses despens sur ledict arpent dix sept perches de terre une maison menable, et le tout faire clore dedans quatre ans prochain. . . (Arch. nat. S 2837.)

De 1 6 1 3 à 1620, le grand chantier de construction au faubourg Saint-Germain est le palais Médicis (1). De nombreuses acquisitions de terrains suivent celles de la Reine-mère; mais la plupart sont faites en vue de fondations religieuses ou hospitalières. En 1622,

(l) Voir Je volume du Bourg Saint-Germain, p. q85 .

établissement des Bénédictines du Calvaire sur le chemin de Vaugirard; en 1626, création d’une maison d’éducation pour les orphelines, au jardin d’Olivet; en iG3o, installation du monastère, dit du Précieux-Sang, à peu de distance des Bénédictines; en i632, achat par les Jacobins de vastes terrains entre la butte de Saint-Père et le chemin du Bac, pour l’établissement d’une maison professe ; puis, d’année en année, jusqu’à la Fronde, aliénation de nouvelles parcelles du fief rural de l’Abbaye pour loger les Augustines de Laon, les Incurables, les Chanoinesses du Saint-Sépulcre, les Bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse, les Récollettes, les Annonciades des Dix-Vertus, les filles de la Providence, les religieuses de Pentemont, les Convalescents, etc.

Les grands seigneurs et les riches financiers n’entrent dans le mouvement qu’après l’achèvement de la place Royale et le peuplement du Marais. Quand les dépendances du vieux palais des Tournelles et la Courtille du Temple ne leur offrent plus de « places à "bâtir,!) quand la Cour quitte Vincennes pour Versailles, ils achètent au faubourg Saint- Germain. Voici par exemple Henry de Guénégaud, qui, se trouvant trop à l’étroit en son hôtel de la rue des Francs-Bourgeois, acquiert d’un seul coup vingt arpents et demi à l’extrémité de la Saulmonière, dans le pré de l’Abbaye et le climat des Treilles.

2 h août i6â5.

Vente faite par Dorn Benoist Brochet, prieur, Thomas de Saincte Marie, sous prieuY, et tous les autres religieux de V abbaye de Sainct Germain des Prés , réunis capitulairement , à hault et puissant seigneur messire Henry de Guénégaud, baron de Sainct Just, Jully, etc. etc., conseiller du Boy en ses conseils Testât et privé et secrétaire de ses commandements , demeurant à Paris en son hostel rue des Francs- Bourgeois, paroisse Sainct Paul.

Ladicte vente faicte à lillre de bail et cens, d’une pièce de terre cydevant en nature de pre'z en marais, seize au terroir dudict Sainct Germain des prez, au dessoubs du pré aux Clercs, communément appelle ITsle aux Treilles, contenant vingt arpents et demy, pour en jouir par ledit seigneur, ses hoirs et ayans cause audict tiltre, à perpétuité, à la charge de payer annuellement à ladicte année deux sols parisis de cens pour chascun arpent, et de faire baslir et construire sur icelle pièce des bastimens et maisons et oullre, moyennant la somme de soixante mil livres tournois de prix principal W. — Nicolas Leboucher et Philippes Lemoyne, notaires à Paris.

(1) A la mort de l’acquéreur, Henry de Guénégaud deCazillac, marquis de Plancv, son fils devint propriétaire de cette pièce de pré. Une partie en fut vendue le 17 juin 1715 à M. Jean -Jacques Baillard Descombaux , prêtre , docteur en Sorbonne (environ i3 arpents).

M. Baillard Descombaux en vendit 939 toises à M. le duc et à Mme Ja duchesse du Maine, le 2 1 avril 1719. Les nouveaux acquéreurs firent immédiatement construire le petit hôtel du Maine, qui est situé à gauche de la rue de Bourbon.

Le même Baillard Descombaux vendit, la même année, au sieur Nicolas d’Orbay, architecte des bâtiments du Boy, 1,107 l°ises de superficie. Cet architecte a passé déclaration qu’il agissait pour mon¬

sieur le maréchal d’Estrées; cette superficie faisant face d’un bout, qui a 35 toises de long, sur la rue Bourbon; d’autre, 3i toises de long, sur Ja rue de Bourgogne; d’un autre bout, de 3 h toises ÿ, sur la rue de l’Université. Les héritiers du maréchal dEstrées ont aliéné ce terrain au sieur Pierre Salle, écuyer, qui a construit trois maisons sur la rue Bourbon et une sur la rue de l’Université, au coin de la rue de Bourgogne; la première des trois maisons de la rue de Bourbon a passé, en 1 7 1 8 , à M. Bemond Pierre, marquis de Béranger; le seconde, en 1751. a passé à M. Gagnat de Longny, et a été depuis vendue à M. Turgot, conseiller d’État (29 juin 1 779)1 dont les héritiers l’ont vendue, en 1781, à M. le marquis d’Autichamp.

Encouragés par les grands seigneurs . les hommes de robe recommencent à prendre le chemin du faubourg, et ceux qui y possèdent des terrains demandent la permission d’v bâtir au delà des fameuses bornes. La domesticité de la cour en fait autant.

18 février iGA5.

Lettres du Roy autorisant M' Ambroise Roussellet, nostre procureur es requesles de nostre hostel et chancellerie de France, à clorre et fermer de murailles une pièce de terre à luy appartenant, contenant dix arpents, joignant les dernieres maisons du faulbourg Sainct Germain des Prez aïlentrèe (sic) de la plaine de Grenelle, vers l'ospital des Petites Maisons , au lieu dict le Jardin d'Ollivet, aboutissant d’un bout au chemin de Sève et d’autre au Chemin perdu m , et à y faire bastir une maison pour son usage... (Arch, nat. Xu 8655, loi. 3gB.)

Août 1 64g.

Lettres du Roy autorisant la demoiselle Vincenty, cydevant première femme de chambre de la deffuncte Royne Marie de Medicis, à construire dans le faubourg Sainct Germain des Prez, sur un terrain scis rue du Bac, tenant à la maison de M* Jean de Bellechasse, notaire au Chasteliet, et au jardin de M° François Barbier, controleur en l’hostel de ceste ville de Paris; ladicte autorisation donnée, nonobstant les dejjfences et prohibitions par nous faictes, de bastir audict fauxbourg Sainct Germain... (Arch. nat. XiB 8656, fol. Ai 6.)

L’Hôtel-Dieu voit, dans l’acquisition des terrains du faubourg et dans la construction de maisons de produit, un moyen d’augmenter ses ressources. De 1660 à 1671, il achète de vastes terrains «sis à Saint Germain lez Paris, rue des Vaches, autrement dit de Saint «Dominique, moyennant ià,ooo livres, a et il fait rédiger «procez verbaulx d’alignement, «mitoyenneté, baulx, états de lieux, plans, concernant les maisons consl mites sur lesdietz «terrains »

De 1677 à 1 683, «les voituriers par eau, passeurs d’eau et porteurs de grains » régularisent leur situation avec l’Abbaye et le Bureau de la Ville, à l’occasion des premiers travaux du quai de la Grenouillère, qui prit plus tard le nom du prévôt des marchands Boucher d’Orsay Dans les vingt dernières années du xvif siècle, ont lieu de nombreuses déclarations au Censier, qui nous renseignent sur les aliénations de terrains, les ouvertures de rues, les constructions d’hôtels, les transmissions d’immeubles et, en général, sur tout le mouvement d’où est sorti le faubourg Saint-Germain. Nous avons fait un choix dans cette masse de documents, et nous en reproduisons, par extraits, les plus importants au point de vue des indications qu’ils fournissent sur la topographie du faubourg, ainsi que sui la valeur croissante de la propriété. Nous rejetons en note les renseignements contenus dans des pièces d’une date postérieure, et pouvant servir a un travail d identification.

Le 1 1 septembre 1 658, la dame d’Auterive reçoit en dot «deux maisons scizes, l’une « rue de Beaune , l’autre vis-à-vis le Pont-Rouge faisant l’encoignure , mouvantes et relevantes «de l’abbaye de Saint Germain les Prez et chargées de deux solz parisis de cens1'1', a E11 1680, messire Guillaume d’Auterive, chevalier, seigneur de Villesecq , s en déclare propriétaire aux mêmes conditions. Plus d’un demi-siècle après, ces deux immeubles pas-

LJ Sans doute un chemin se perdant dans les terres. — (î) Archives de 1 Hôtel-Dieu. Inventaire publié par A. Husson (layette A 2 , liasse 260). — ,iJ Arch. nat., Domaine ecclésiastique, carton S 2 8 h 0 .

1; Même fonds, carton S 2 8 A A .

sent, par succession, dans les familles de Saint-Simon et de Laval-Montmorency, ainsi que le prouvent les pièces que nous reproduisons en note 9).

Les premiers hôtels bâtis dans le faubourg subissent naturellement diverses mutations, avant que le mouvement de construction gagne les extrémités du domaine rural de l’Abbaye. Ainsi la famille de la Planche, dont le nom reste attaché à une rue et à une manufacture de tapisseries de Flandre, transmet ses propriétés par donations et testaments dès 1681, ainsi que le témoigne la pièce suivante :

1 6 décembre 1681.

Dame Elisabeth-Claire de la Planche, veuve messire François le Picard, chevalier, seigneur du Plessis d’Arvigny et autres lieux, tant en son nom que comme tutrice de leur fille unique, demeurant à Paris, rue Garantière , déclare être proprietaire d’une maison à porte cochere, seize ou quartier Saincl Germain des Prez rue de la Planche, bastie de neuf pendant la communauté d’entre ledit sieur du Plessis et elle, sur une place appartenante à ladicte dame comme donataire entre vifs de Raphël de la Planche, son pere, escuyer, conseiller du Roy, trésorier général de ses bastimens: tenant ladicte maison par derrière au marais de l’hospital des petites maisons et pardevant sur ladicte rue de la Planche; ladicte place appartenant à ladicte Du Plessis en particulier, et aultres places en commun par cr indivis à ladicte dame et à «M. de la Planche son frère (*), faisant partye d’un grand jardin au travers duquel a esté pris larr dicte rue de la Planche donnée au public par ledit sieur de la Planche, père de ladicte dame, « estant en la censive mouvante et relevante de ladicte abbaye de Sainct Germain des Prez (»).» (Arch. nat. S 28Ù6.)

La mise en valeur des terrains ruraux de l’Abbaye revêt toutes les formes: après le bail à cens et à rente, viennent l’accensement viager, Taccensement avec lods et vente portant

(1) D’une déclaration du 23 avril 1786 il résulte que ces maisons appartenaient, par indivis, h monseigneur Claude de Saint-Simon, évêque de Metz, comte, pair de France, et à son frère Henry, marquis de Saint-Simon, maréchal des camps et armée du Roi. L’une était occupée par madame la marquise du Dejfant, tenait d'un côté à monsieur le comte de Laval et de l’autre aux héritiers Choul. Elle leur provenait de la succession de feu dame Claire -Eugénie d’Autrive, leur mère, veuve de messire Eustache-Tilus de Saint-Simon, brigadier des armées du Roi, capitaine au régiment des Gardes-françaises.

Autre déclaration, du 2/1 ami 1736, de monseigneur Guy-Claude Roland , comte de Laval-Montmorency, lieutenant général des armées du Roi , gouverneur de Philippeville , à cause de dame Marie- Elizabeth de Saint-Simon, son épouse, d’une maison sise rue de Beaune , occupée par le sieur Desmarais, tenant d’une part à messieurs de Saint-Simon et d’autre au sieur de Bragelonne, et par derrière au jardin des Théatins, qui lui avait été aban¬

donnée par ses frères et sœurs en payement d’une somme de 3o,ooo livres. Cens au profit de l’Abbaye, 2 sols parisis. (Même fonds.)

(2) Sébastien-François de la Planche rrescuier, ffconseiilier du Roy, trésorier general de ses bastirrmens, artz et manufactures de France.»

(3) 23 mars 1761. — fr Monseigneur Jean-Louis a Portail, Chevalier, conseiller du Roy en tous ses cr conseils, president honoraire au Parlement de ff Paris, sieur de Vaudreuil, demeurant à Paris, ccrue de la Planche, paroisse Sainl-Sulpice, déccclare être propriétaire de deux maisons scizes en cr ladicte rue: la première, grand’maison à porte ce cochère où demeure ledit sr president, autrefois ff appelée l’hôtel de Saint- Agnan , plus une petite ff maison joignant celle cydevant, lesquelles maisons cr ledit seigneur president avoit acquises de messire ff Edme Duban de la Feuillée, chevalier, marquis de ff la Feuillée, et de monseigneur Guillaume, marquis frde Champlain.

cr Estant les dictes maisons en la censive de l’abffbaye de Sainct Germain des Prez.r

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, ensaisinement, et enfin le bail emphytéotique qui, parla longueur de sa durée, favorise le mouvement de construction. Nous avons trouvé, dans le carton S 2 852, un «estât de «toisé fait pour les héritiers Leclerc » et mentionnant un bail de ce genre. Il s’agit du fameux pré de l’Abbaye, sur l’emplacement duquel on a établi l’esplanade des Invalides et dont une partie, vendue 5 Henry de Guénégaud, a été acquise plus tard par la duchesse de Bourbon et le comte de Lassay. Voici le texte de. cette pièce, postérieure à la passation du bail emphytéotique daté du 3o avril 1686 :

Bail emphitheose passé par feu Jean Leclerc, leur pere, et messieurs de l’abbaye de Sainct Germain les Prez, le dernier avril 1 686, pour l’espace de 99 années, à la charge par ledit Leclerc de payer i5o livres tournois de rente par chaque année, et douze deniers parisis de cens par chaque arpent. Le terrain monte à la quantité de h arpens 329 toises superficiels, ce qui produit U arpens un quartier 1 1 perches 5 toises de superficie.

Sur cette quantité, il en a été cédé à M. Bosq un terrain situé au Gros Caillou, appellé la Machine à piastre, contenant un arpent, chargé de trente livres de rente et de douze deniers parisis; à M. le comte de Lassay, deux arpens quarante trois perches trois toises, à raison de 83 livres 11 solz h deniers, soit trante livres la toise.

Desquels M. de Lassay a cédé une partie de terrains à madame la duchesse de Bourbon. Elle a à payer 2ott livres, tournois 12 sols 2 deniers tournois pour sa portion, reste pourM. de Lassay 62^ 19*2^, plus trente deniers parisis de cens.

La fin du xvne siècle et le commencement du xvin° sont marqués par de nombreuses ventes de terrains et d’immeubles, en bordure des grandes voies du faubourg. Nous en citons une des plus importantes, comme type des opérations de ce genre : Charles-Amédée de Broglie, comte de Rcvel, achète, dans la rue Saint-Dominique, «une maison avec jar- «din, » puis «une place et une petite maison de jardinier, avec marais derrière,» et enfin «un petit bâtiment avec jardin, rue de Bellechasse. » Ces diverses acquisitions résultent des pièces suivantes :

Par contrat passé devant M° Pellerin, notaire h Paris, le 23 mars 1696, les directeurs des créanciers de Anne Piquet de Santour ont vendu à messire Charles Amédée de Broglie une maison , rue Sainct Dominique, avec jardin , le tout contenant /160 T. de superficie; tenant d’un côté à la rue neuve de Bellechasse et pardevant sur la rue Sainct Dominique, en la censive de l’abbaye de Sainct Germain.

Le 22 novembre 1703, Charles Amédée de Broglie, comte de Revel, achète de Nicolas Lespine, architecte, une place et une petite maison de jardinier et un marais derrière, contenant 600 toises de superficie, le tout tenant audit comte d’une part, et pardevant sur la rue Sainct Dominique.

Le 1er décembre 1703, Marie Charlotte Leroyer, veuve Gamard, vend à Ch. Am. de Broglie un petit bâtiment avec jardin, rue de Bellechasse, tenant, au sieur acquéreur, aboutissant sur le Pré aux Clercs et pardevant sur la rue Bellechasse. Estant en la censive de l’abbaye de Sainct Germain. (Arch. nat. carton S 28/1/1.)

Tandis que l’Abbaye tire bon parti de son fief rural, l’Université qui avait commencé dès le xvic siècle, à vendre des places à bâtir, profite de l’occasion qui lui est offerte et

complète, par de nouvelles ventes, les acquisitions des grands seigneurs sur le côté septentrional de la rue Saint-Dominique. Les acheteurs de ces terrains se trouvent précisément sur la limite si contestée des deux domaines; les homes du grand Pré aux Clercs sont enclavées dans leurs jardins, et les hôtels qu’ils font construire ont issue sur la rue Saint Dominique ou sur celle de l’Université. Ces transactions offrent un véritable intérêt : d’une part, elles montrent comment se sont émiettés les deux fiefs rivaux; d’autre part, elles nous apprennent dans quelles conditions se sont construits les grands hôtels et se sont formées leurs dépendances.

Le 10 janvier 1699, les doyen et suppôts de l’Université ont vendu à madame Marguerite Thérèse Rouiller, veuve de J. B. Franc, de Nouailles, et à présent madame de Richelieu, une portion de terre contenant 262 toises j, donnant savoir : 1 5 toises de face sur la rue de l'Université et 17 toises et de profondeur; laquelle dame sera tenue de faire sa porte et principale entrée de maison en ladicte rue de l’Université.

Ladicle vente faite parmi cinq sols de cens annuel et perpétuel, et la somme de 3g3-7++ 10 solz, représentant i5 livres par chacune toise en quarré.

Vente, le 1" avril 1702, par l’Université au sr Dauchet de 1 ôoo toises sises en la seigneurie du pré au Clerc, tenant à la marquise de Nouaille, moyennant 30 solz de rente par chacune toise, et cinq sols de cens sur chacune des maisons qui seront bâties.

20 août 1 7 0 A . Dauchet vend a M. de Broglie, comte de Revel, 2i5 toises du terrain précédent rue de l’Université, moyennant 3ott par toise, plus les rentes et cens au profil de l’Université.

26 septembre 170Ô. Acquisition, par le comte de Revel, du terrain de M“” de Richelieu, rue de l’Université. (Archives nationales S 28ÔÔ.)

Les déclarations au Censier, où nous avons puisé la plupart des pièces qui précèdent, nous fournissent encore beaucoup d’autres documents, d’où il résulte que les acquisitions de terrains et de petites maisons, ainsi que les transmissions d’hôtels, par donations ou testaments, s’opéraient dans les mêmes conditions, sur tous les points des deux fiefs de l’Université et de l'Abbaye. La composition de ces immeubles, leur situation, les charges dont ils étaient grevés, leurs tenants et aboutissants, ainsi que les précédents propriétaires sont indiqués avec assez de précision. Les pièces que nous reproduisons, avec des notes identificatives, de date postérieure, nous conduisent dans les rues de Grenelle, du Cherche- Midi, de l’Université, de Bourbon, de Verneuil, de Varenne, des Saints-Pères, du Bac, de Bourgogne, de Bahylone, Blomet ou Plumet, au quai des Théatins, au Gros-Caillou, c’est-à-dire sur toute la surface du faubourg. Nous arrivons ainsi jusqu’à l’année 1784, c’est-à-dire à la veille de la Révolution française, qui sécularise les deux fiefs et met fin à toutes les redevances.

isr octobre 1696.

Déclaration de dame Claude de Moucy, veuve de Pierre de Monceaux, conseiller d’estat ordinaire du Roy et grand audiencer de France, tant en son nom que comme se faisant fort de dame Claude de Monceaux sa fille, veuve de messire Jean-François, marquis de Bonneval, d’une maison seize a Paris rue de Grenelle eu la paroisse S1 Sulpice, consistant en porte cochere, cours, escuries, caves, salles par bas, plusieurs eslages, remises de carosses et autres, appartenances et dépendances, de laquelle maison ladicte de Monceaux ès nom que dessus a fait bail

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, à madame la comtesse de Quintin; chargée de 8tt 6 solz de cens envers l’abbaye de S1 Germain^b (Arch. nat. S 2846.)

5 novembre 1696.

Déclaration de D. Alexis Dubuc, prestre, supérieur de St0 Anne la Royalle vulgairement appelée Théatins, esta blie à Paris à Sainct-Germain des Prez sur le quay Malaquest :

i° D’une maison seize à S1 Germain des Prez, sur le quay Malaquest, proche le Pont Royal, qui est à présent leur maison conventuelle, tenant à messieurs l’évesque de S1 Malo et le Tellier par derrière, et par devant sur ledit quai Malaquest, acquise par lesdis PP. Tlieatins de Mrc Philibert Parachon, conseil0 et m° d’hostel du Roy, moyennant cinquante quatre mil livres, par contract passé à Paris le vingt cinq0 may m. vic quarante sept.

20 Plus d’une maison sciluée sur ledit quay et proche le Pont Royal ou demeure à présent monsieur de Moras, tenant d’une part au sr de Rragelongne, trésorier de France, d’autre à la porte de ladicle maison conventuelle, donnée ausdits RR. PP. Théatins par feu monseigr le cardinal Mazarin, par contract passé à Paris le six" mars u. vic soixante un auquel seigr Mazarin elle avoit esté adjugée par sentence du Châtelet le cinq0 septembre u. vic cinquante neuf®. (Arc. nat. carton S. 2 843.)

(1) Déclarations postérieures relatives au même hôtel.

Le 9 avril 1728, Cezar-Phœbus , chevalier, marquis de Bonneval, demeurant en son hôtel, rue de Grenelle, reconnaît et déclare être propriétaire dudit hôtel, lui appartenant à la suite du partage fait entre lui et Claude Alexandre de Bonneval, son frère, des biens de messire Pierre-Claude de Monceaux, chevalier, grand audiencier de France.

Le 18 novembre 1771, Marie-Louis de Caillebot, marquis de la Salle, lieutenant général des armées duBoi, gouverneur de la province de haute et basse Marche, déclare être propriétaire d’un grand hôtel appelé l’hôtel de la Salle, ci-devant hôtel de Bonneval, sis à Paris, rue de Grenelle, consistant en porte cochère, cours, corps de logis, jardins, etc., tenant d’un côté, à droite, è madame la marquise d’Aubercourt et à monsr le marquis d’Avarecy ; d’autre côté, à gauche au petit hôtel d’Estrées, appartenant actuellement à mr le marquis de Beuvron; par derrière au jardin de Y hôtel de Govf- Jier, et par devant sur la rue de Grenelle.

■' On trouve, dans le même fonds, les renseignements suivants sur cet immeuble :

1 0 La maison du coin appartient à M. de Bragelongne.

•2° Celle d’ensuite aux Théatins, occupée par M. le marquis de Bully.

3° Celle d’ensuite, audit couvent, occupée par Mm# de la Taste.

4° Celle joignante est occupée par M"" Charnel , sous laquelle est le passage de leur église.

Plus, une maison sise rue de Bourbon, du côté de la rue de Beaune, occupée par Mm la princesse de Bergue.

Des déclarations, des 12 juillet 1710 et 11 juin 1727, nous apprennent les mutations de ces immeubles :

Déclaration de messire Claude le Rebourg, conseiller d’honneur en la cour de Parlement, demeurant rue Mauconseil, d’une maison qu’il possède quay Malacquest, faisant l’encoignure de la rue des Saints-Pères, tenant à la maison appelée l’hôtel de Porsmout, d’un bout par derrière sur la rue de Bourbon , et par devant sur le quay Malacquest, étant en la censive de l’abbaye, chargée de 4 sols parisis de cens. — Déclaration de Jean- Baptiste GIucv, baron de Saint-Port, conseiller du Roy en son grand conseil, d’un grand hôtel et maison sis à Paris, quay Malaquès, tenant d’une part à la succession de monsr le président de Bérulle, d'autre à monsr le Rebours. Ladite maison, acquise par son père, le 3 mars 1713, de messire Marc Anthoine Frond de Beaupoil de S1 Aulaire, étant en la censive de ladite abbaye et chargée envers elle de six sols parisis de cens. — Déclaration de M. André Bouret, escuyer, conscr du Roy, trésorier des gages de messieurs les Secrétaires du Roi. Maison à porte cochère, size à Paris sur le quay Malaquest, court, escurie, remise de carosses,

21 novembre 1696.

Jeanne Duhamel, veuve de Nicolas Cousin, vivant md brasseur à Paris, déclare, pour elle et pour ses enfants mineurs, qu’elle est propriétaire d’une grande maison et brasserie size rue des Vieilles lui lleries , aulrement dite du Cherche-midy, où est pour enseigne Les deux anges, tenant d’une part à monsieur le marquis d’Auterive, d’autre part à la maison sus déclarée, maison et brasserie où pend pour enseigne Le Chasse-midy (P. (Arch. nat. S 28A8.)

1 0 janvier 1 699.

Contrat passé devant Couvreur, le 10 janvier 1699, par lequel l’Université vend à haute et puissante dame Marguerite-Therese Rouiller, veuve de haut et puissant seigneur Jean-Bapliste- François de Nouailles, marquis de Monlelard, lieutenant général bailly de la province de Haute Auvergne, maréchal des camps et armées du Roy, à présent madame de Richelieu;

D’une portion de terres de 2G2 toises \ à prendre, savoir: i5 toises de face sur la rue de l’Université eL 17 toises de profondeur. La dicte piece de terre se trouve tenir d’un côté à la rue Rellechasse, d’autre côté au Pré aux Clercs^. (Arch. nat. S 28ÔÙ.)

1 3 août 1 699.

Sœurs Marguerite Laposlolle, supérieur, et Jeanne Gloria, assistanle de la maison et communauté des filles pénitentes dites du Ron Pasteur establie à Paris faubourg S1 Germain des prez, rue du Cherche midy, paroisse Saint-Sulpice, ont reconnu qu’il apparlenoit à ladite maison et communauté, deux maisons sises rue des Vieilles luilleries, autrement du Cherche midy :

La première consistant en cour et jardin, contenant quinze toises ou environ de face sur ladicte

corps de logis, aisances et dépendances, tenant d’une part aux RR. PP. Théatins, d’aultre h M. le Boulx, conseiller au Parlement, acquise de M. Eslienne de Sainctot, conseiller au Parlement, abbé de S' Paul et S‘ Pierre de Ferrière, le 1 3 septembre 1690, lequel Estienne de Sainctot l’avait lui-même acquise de M. l’abbé Couturier, le 9 septembre 1G88. Estant en la censive de ladicte abbaye et chargée de trois sols tournois.

(1) Par déclaration du \k avril 1735, Jacques Estienne Cousin affirme être propriétaire de la brasserie des Deux Anges en la rue du Cherche midy ou il demeure, près le couvent du Cherche midy et la maison où pend pour enseigne le Chasse-midy, tenant d’un côté à la maison des Carmes deschaulx et par derrière au couvent du Cherche midy.

w Une partie de ce terrain dut entrer dans les dépendances des hôtels de Broglie et de Mailly. Le reste était sans doute contigu h l’hôtel dont il est parlé dans la déclaration suivante :

1 G mars 1786. — Déclaration de haute et puissante dame Marie-Renée Rellesoriere de Soyecourt, veuve de haut et puissant seigneur messire Thi— moleon-Gilbert de Seigliere, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils, me des requêtes ordinaires de

son hôtel, chancelier, garde des sceaux de feu S. A. R. monseigr le duc d’Orléans; ladite dame de son chef marquise de Soyecourt, etc., est propriétaire d’une maison appelée Yhôteldes Maisons , sise à Paris, rue de l’Université, consistant en plusieurs batiments, cours, jardin et dépendances, tenant par la rue S‘ Dominique à madame la duchesse de Lesdiguières.

Elle lui appartient en qualité de seule héritière des propres paternels de feu messire René-Prosper de Longuevil, marquis des Maisons , son arrièreneveu à la mode de Bretagne, auquel elle appartenait en qualité de seul héritier de feu messire Jean-René de Longuevil, chevalier, marquis de Maisons , président à mortier au Parlement de Paris , son père, qui la tenait de Claude de Longuevil. Ce dernier l’avait acquis de messire François Duret, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils , président en son grand Conseil, par contrat passé devant Richard le 11 avril 1707. Ensaisiné le 11 février 1709 par l’Université , elle 20 septembre 171Ô par l’abbaye de S' Germain-des-Prés , parce que , sur les 1,693 toises du terrain, i,o38 toises étaient dans la censive de l’Hniversilé, le surplus dans la censive de S' Germain-des-Prés. (Même fonds.)

rue du Cherche midy sur vingt une loises de profondeur, et ayant une porte cochere et passage à jour, un corps de logis à côté dudit passage de trois travées, trois chambres de plain pied et trois estages carrez, galletas et greniers, caves sous partie dudit corps logis et autres appartenances de ladite maison acquise par messire Pierre du Gué, chevalier, seigneur de Mezidon, de Leonard Loudouin, maçon, à Paris, le 28 avril 1689, lequel sieur Du gué en a passé une déclaration au profit de ladicte maison et communauté le trente juillet 1693.

La seconde consistant en corps de logis simple sur le devant de ladicte rue, de deux estages quarez audessus du rez de chaussée, caves, cour et jardin, le tout contenant quatre toises de face par le milieu de ladite place sur trente une toises cinq pieds de profondeur, acquise par messire Guillaume Ritault prestre, abbé commendataire de l’abbaye royale de Sk Pierre et S1 Paul de Poitiers, de Royer Harenc, marchand bourgeois de Paris, le i5 mars 1697; lequel sr Ritault en auroit passé sa déclaration au prolit de la communauté ledit jour de mars 1697.

Lesquelles deux maisons sont de présent réduites en une. Elles sont en la censive de l’abbaye de S1 Germain des PrezW. (Arch. nat. S 28 48.)

1 9 janvier 1703.

M° Eloy Varangue, au nom et comme procureur et receveur du college de Montaigu, y demeurant, rue des Sept voyes, parroisse Saint Etienne du Mont, déclaré que le dit collège est detempteuret propriétaire et possesseur d’une maison, faisant l’encoignure des rues des Vieilles

Thuilleries et du Bac, appellée la bonne Vandange, consistant en un corps de logis . Item

une place contenant vingt-sept loises en superficie, où esloit un petit batiment qui tomba en ruine, donnant par le devant sur ladite rue des Vieilles Thuilleries, le tout acquis par ledit college, en 1 6 5 1 , sur Pierre Jay, marchand epicier à Paris.

Estant en la censive de l’abbaye de S1 Germain des Prés. (Arch. nat. S 2868.)

27 décembre 1709.

Déclaration de dcll° Marie Anne Sinson, femme autorisée de Mr Anselme d’Oivilliers, president au baillage de Beaumonl-sur-Oize, d’une maison à porte cochère, seize rue de l’Université, occupée par monsieur le marquis de la Luzerne, tenant d’un costé au sieur marquis de Clerambault, de l’autre au sr Pierre Sinson. Celte maison lui provenoit de la succession de sa mere Marie Bocquet. Elle avoit été bâtie parle mari de cette derniere, P. Sinson, sur une place acquise en juillet 1660, et chargée de 3 solz 6 deniers de cens envers l’abbaye. (Arch. nat. S 2846.)

L’Abbaye et ses ayants droits n’avaient pas seulement pour acquéreurs de riches particuliers : la Prévôté des marchands achetait elle-même des terrains, pour ses opérations de voirie, et revendait, comme la Ville le fait encore aujourd’hui, les parties situées en bordure des nouvelles voies. L’établissement du quai d’Orsay, en particulier, laissa disponibles des places à bâtir qui se couvrirent bientôt de constructions, par les soins du célèbre architecte auquel elles avaient été cédées.

(1) Dans la déclaration du 27 septembre 1727, la supérieure, sœur Marguerite-Jeanne Girardin, déclare que la communauté est propriétaire de quatre maisons joignantes l’une l’autre, provenant

des donations de Pierre Dugué en 1693, de Guillaume Bitault en 1697, de l’abbé François Troulet en 1713, et de François Rollin de Preval également en 1713.

3o septembre 1710. — Ea Ville de Paris acquiert de messire Louys des Cayeuls, chevalier, marquis de Liancourt, la moitié' d’une place en chantier, "size à la Grenouillère, au bout du npont Royal, appellée le Grand Chantier du Soleil d’Or, tenant à la rue du Bacq d’une part, "et de 1 autre a la rue de Bourbon, n moyennant âo,ooott.

3o avril 1711. — La Ville acquiert de la veuve du Chaslel la contre-partie do la pièce précédente.

Ces deux places forment en superficie G 1 3 toises. Elles furent vendues par la Ville, le 7 octobre 1717, tà Robert de Cotte, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, premier architecte du Roi et intendant général de ses bâtiments, et Nicolas Delaunay, directeur de la monnaie et des médailles du Roy, et beau-frère de Robert de Cotte.

Ils se partagèrent ces deux places, par contrat du 1" avril 1792. Sur sa part, Robert de Cotte fit construire deux maisons se joignant, rue de Bourbon, "dont une fait l’encoignure de "la rue de Bourbon et de la rue du Bacq, et tenantes d’un coste' à droite à la ditte rue du Bacq, "et d’autre coste' à gauche, à monsr le maréchal de Belle-IsleW.r (Arcb. nat. S 28/16.)

11 ne saurait dire question c!e reconstituer, dans un appendice, tout le parcellaire du faubourg Saint-Germain : Berty a reculé devant cette tâche, qui dépasse d’ailleurs les limites de son cadre, et nous n’entreprendrons point, après lui, une œuvre qui exigerait le dépouillement des minutes de tous les notaires de Paris. Qu’il nous suffise d’avoir consulté, aux Archives nationales, et trié avec le plus grand soin un nombre de pièces assez considérable pour donner une idée exacte de la manière dont l’Abbaye et l’Université ont transformé leurs vieux fiefs ruraux en une ville nouvelle, et pour permettre au lecteur do suivre, sur les divers points du territoire, la marche de cette transformation. Les choses se sont passées à peu près de la même façon, depuis le commencement du xvn" siècle jusqu’aux dernières années du xviii*: tantôt l’Université et l’Abbaye traitaient directement; tantôt les premiers acquéreurs transmettaient, par voie de donation, de testament ou de vente, les immeubles bâtis, ou non bâtis, à de nouveaux possesseurs qui les acceptaient avec les charges dont ils étaient grevés.

Pour reconstituer, même dans des limites restreintes, le parcellaire du faubourg Saint- Germain, il faudrait reproduire à satiété des documents presque identiques dans le fond et dans la forme, et compliquer, en outre, cette reproduction de tous les détails généalogiques de nature a établir la filiation des différents propriétaires. Ce serait perdre de vue le caractère topographique du présent ouvrage et entreprendre sur d’autres publications.

Sous le bénéfice de ces observations, nous nous bornons à ranger, par ordre chronologique, les documents que nous avons recueillis dans les divers fonds.

7 octobre 1716. — Messire François Dufour, prieur de Sainct Leu, demeurant à Paris, rue du Gros Chenet, paroisse Sainct Eustache, déclare être proprietaire d’une place à bastir, fermée de murs, située paroisse Sainct Sulpice entre les rues de Verneuil et de l’Université, par lui acquise de monsieur Caumartin , conseiller d’Estat, intendant des finances.

Chargée de 3 sols tournois de cens envers l’abbaye de Saint Germain. (Arch. nat. S 2866.)

11 En 1750, ces immeubles appartenaient à Jules-François de Cotte, président en la deuxième chambre des requêtes du Palais.

1 5 juillet 17I16. — Dame Marie-Angélique Dufour, veuve de messire Louis de Beaune, comte d’Avijais, lieutenant général des armées du Roy, déclare être propriétaire de deux maisons sises quartier Sainct Germain des Prés, se joignant rue de Verneuil, dont une appelléc Y hôtel d’Avijais, fait le coin de ladicte rue et de la rue de Poitiers, et l’autre est occupée par M. le duc de Rendan; provenant à ladicte dame de la succession de feu messire François Dufour, prieur de Saint Leu d’Esserent, lequel a fait construire lesdites deux maisons sur une place qui lui appartenoit en la censive de l’abbaye de Sainct Germain des Prez. (Même fonds.)

a3 décembre 1716. — Déclaration de messire Louis Bechameil, chevalier, marquis de Nointel, conseiller d’Eslat, demeurant à Paris en son hostel, rue de l’Université, paroisse Sainct Sulpice : d’une grande maison sise dans ladite rue, et dune autre petite maison y attenante: la grande maison acquise par lui de messire Antoine Portail, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils, premier advocat général de sa cour de Parlement, par contrat passé devant Bellanger le 28° novembre 170$; — la petite maison construite par le déclarant sur deux places qu’il a acquises de Pierre le Maistre, archilequc du Roy le 19 mars 1706.

Estant en la censive de l’Abbaye, et chargées de 8 sols tournois de cens.

16 octobre 1710. — Déclaration de Noël Jouvenet, sculpteur des bastiments du Roy, demeurant en l’une des maisons cy après déclarées: deux maisons joignantes l’une l’autre, à portes cochères, consistantes chacune en un corps de logis, cour et jardin, tenantes d une part à monsieur de Nointel, d’autre au s' Malot et par devant sur la rue de l’Université. Construites par le ditsieur sur une place qu'il a acquise de messire Julles Ardoin Mansart, intendant des bastimentsdu Roy, par contrat du h juillet 1687.

Chargées chacune de trois sols de cens envers l’Abbaye et cinq sols de redevance comme hosties hors des limitles.

6 avril 1724. — Moyse-Augustin Fontanieu, escuier, conseiller, intendant et controlleur général des meubles de la Couronne, et dame Genevieve Dodun, sa femme, vendent à haute et puissante dame Marie-Renée-Angelique Larlande Kercadio de Rochefort, veuve de haut et puissant seigneur messire Louis-François Duparc, chevalier, marquis de Locmaria, lieutenant général des armées du Roy, demeurante rue Saint Dominique, paroisse Saint Sulpice, une place à bastir contenant treize toises quatorze pieds trois quarts, sise entre la rue de Bourbon et la rue de l’Université (’>.

t 7 octobre 1719. — Victor Maurice, comte de Broglie, chevalier, seigneur de Sainct Saturnin, lieutenant général des armées du Roy, et madame Marie de Lamoignon son espouse, vendent à François de Broglie, comte de Buchy, gouverneur de Montdauphin, directeur général des dragons. Une grande maison sise en cette ville de Paris, rue Sainct Dominique, appellée 1 hôtel de Broglie, avec cours, basse-cours, jardins et dépendances, ledit hôtel tenant dune part a la rue

(l) Dans une note postérieure à l’année 1727, 011 trouve, au sujet de cette place, la mention suivante :

if Maison appartenant à DC,I° Marie-Renée Angélique de Kercadio, veuve du marquis de Locmaria, «à présent espouse de monsieur le marquis de Lam¬

ie bert, demeurant à Paris en ladicte maison, rue de ii l’Université, ayant issue sur la rue de Bourbon, H tenant du costé de la rue de l’Université à M. le itmareschal d'Estrées, laquelle maison, ladite marie mise de Lambert a fait construire sur une place te achetée à M. Fontanieu. «

nouvelle de Bellechasse, d’autre à l’hôtel et jardin de l’hôtel d’Auvergne, d’un bout par derrière à la rue de l’Université, d’autre bout par devant à la rue Sainct Dominique.

Ladite vente faite moyennant 3oo,oooH.

Ledit hôtel contient 2 65o toises de superficie.il est en la censivede l’abbaye de Saint Germain, à l’exception de 483 toises qui sont dans celle de l’Université, et font le bout du jardin dudit hôtel.

Sur le bout de ce jardin, rue de l’Université et près la rue Bellechasse, messire Charles de Broglie, comte de Broglie, marquis de Russec (sic), lieutenant general des armées du Roy, fil construire une maison qui, après sa mort, fut vendue en juillet 1787, à Charles-Henry Feydeau, chevalier, marquis de Brou et de Dampierre, comte de Gien, conseiller d’Etat, directeur général des économats.

La totalité des bastiments, cour et jardin de monsieur de Brou contient en superficie 33o toises, dont il y a 200 toises en la censivede l’Université et le surplus en la censive de l’abbaye de Saint Germain W.

1717-1719. — L’hôtel de Mezières rue de Varennes, cy devant hôtel d' Estampes , tenant d’un

coté à l’holel de Mazarin, d’autre à madame la duchesse de Chatillon, par derrière . , par

devant sur ladite rue de Varennes, est déclaré appartenir moitié à madame Eleonore d’Ogletorph , veuve de messire Eugene Marie de Bethisy, marquis de Mezières, lieutenant général des armées du Roy, l’autre moitié aux enfants issus du mariage des précédents. Ledit marquis de Mezières avait acquis ledit hostel de dame Marie du Rayner de Droué, veuve de messire Charles, marquis d’Estampes, par contrat passé devant Lefebvre le 3o octobre 1719.

Lequel hostel appartenoit à ladicle marquise d’Estampes au moyen du dessaisissement qui lui avoit esté fait, devant le même maître Lefebvre, le 6 juillet 1717, par messire Roger d’Eslarnpes et la comtesse de Fiennes, ses enfants. Lequel hostel ledit feu Charles, marquis d’Estampes, avoit fait construire sur un terrain par lui acquis par sentence de decret des requesles du Pallais du icr juillet 1699.

En la censive de l’abbaye de Sainct Germain des Prez (2L (Arch. nat. S 2866.)

12 juillet 1721. — Très haute et puissante dame Jeanne Bapt (sic pour Baptiste) d'Albert, comtesse de Vernie, veuve de très haut et très puissant seigneur Auguste Maufroy Hierosme Ignace de Scaglia, comte de Verrüe, mareschal des camps et armées du Roy, commissaire général de la cavallerie de France, demeurant en son hostel rue du Cherche Midy, paroisse Saint Sulpice, déclare être propriétaire et détempteur de trois maisons à porte cochere, sizes en cette ville, l’une en la rue du Cherche Midy, vis à vis des murs de l’eglise des Premontrez, en entrant dans ladicte rue par le carrefour de la Croix rouge, tenant d’une part à monseigneur l’evêque

(1) Une autre déclaration au Gensier nous apprend ce qu’était devenue, au bout d’un certain temps, la somptueuse résidence de Victor Maurice et de François de Broglie. Il y est dit que rr Madame a Marie-Anne-Philippine-Thérèse de Monlmorancy, rr veuve de messire Charles-Joseph, duc de Boujlers, ffa acquis le 1" avril 1767, par contrat passé deavant Peron, de M. le comte de Broglie, huit a toises trois pieds sur la rue Bellechasse, sur quinze a toises de long et de profondeur, le tout tenant

a aux remises et écuries du grand hôtel de Broaglie, étant dans ladite rue de Bellechasse|, et d’autre a côté par derrière au jardin dudit hôtel de Broaglie.n (Même fonds.)

(S) On ne trouve pas dans le dossier la date de l’acquisition faite par le marquis de Mézières; mais elle est antérieure à 1731, car il y a une sentence pour l’Abbaye contre les héritiers dudit marquis, donnée le 26 juin 1731 au baillage de l’Abbaye.

de Viviers, à cause de la maison occupée par monsieur le comte de Chatillon, d’un bout aux religieuses du Sainct Sacrement, et d’autre bout sur la rue du Cherche Midy, et les deux autres se joignantes tenant d’une part à la maison occupe'e par monsieur le comte de Chatillon, sur laquelle une desdites maisons fait enclave du coté de la rue de trois toises, et d’autre côté à monsieur le duc d’Olonne, au moyen de l’acquisition qu’elle en fit d’illustrissime et reverendissime seigneur monseigneur Martin de Ratabon, evesque et comte de Viviers, le 1 5 décembre 1719. Etant en la ceusive de l’abbaye de Sainct Germain. (Arcb. nat. S 28/18.)

1721-1733. — Etienne Joseph de la Farre, évesque, duc de Laon, demeurant en son hôtel rue de Rourbon, paroisse Sainct Sulpice, tant pour lui que pour ses successeurs évesques de Laon, déclare être propriétaire d’une maison où il est demeurant en ladite rue de Bourbon, tenant par derrière au jardin des Théatins, et par devant sur ladite rue, laquelle maison monseigneur Louis de Clermont, évesque de Laon, l’avoit acquise, en ladicte qualité d’évesque de Laon, de messire François Ollivier, chevallier de l’ordre du Roy, seigneur et comte de Senausan. Lequel seigneur de Senausan l’avoit acquise de la dame de la Planche, laquelle dame de la Planche l’avoit acquise des sieur et dame Davejan le 1 5 janvier 1720.

Chargée de cinq sols de cens envers l’abbaye de Sainct Germain des Prez. (Arch. nat. S 28/1/1.)

i3 juillet 1726. — Contrat passé par devant Dutertre, notaire, le i3 juillet 1726, entre monseigneur le cardinal de Bissy, abbé de celle abbaye, mademoiselle Louise Françoise de Bourbon, veuve de monseigneur Louis de Bourbon, prince du sang, et messire Leon de Madaillan de Lesparre, comte de Lassay , par lequel contrat ledit seigneur abbé a premièrement vendu et cédé à ma dite dame Duchesse le fond et propriété d 'une pièce de terre sise au pré aux Clercs, contenant 5ùo toises et demie et 11 pieds et demi, tenant sur la rue de l’Université, que madite dame avoit acquise dudit seigneur comte de Lassay, par contrat passé devant Dutertre, notaire, le 18 août 1725, laquelle pièce de terre avec une autre pièce de 23 1 toises et demie et 1 1 pieds et demi régnant sur la rue de l’Université, que madile dame avait acquise dudit seigneur comte de Lassay par contrat passé par devant Dutertre notaire, le 18 août 1725. Laquelle pièce de terre, avec une autre pièce de $3i toises et demie 16 pieds en superficie, ledit seigneur comte de Lassay avoit acquise de Nicole Vuis, veuve de Jean le Clerc et de ses enfants par contrat passé devant ledit Dutertre le 1 5 septembre 1720, qui faisoient partie des h arpents 329 toises de terre chargées de 12 sols parisis par arpent de cens, et i5o livres de rente foncière non rachetable. (Arch. nat. S 2863.)

26 mars 1720. — Par contrat passé à Paris, ce jour, M. Bernard Bcraut, preslre, docteur en théologie, a cédé à messire Louys Phelippeaux, marquis de la Vrillière, comte de Sainct Florentin, les parts et portions à luy appartenantes dans deux chantiers situés à la Grenouillère, à l’un desquels est pour enseigne /’ Étoile, et à l’autre la Tour d'argent, aboutissant tous les deux sur la rue clc Bourbon (1b

En conlreschange ledit marquis de la Vrillière luy a cédé pareille quantité de terrain à prendre dans les parts et portions qui lui appartiennent dans un chantier de la même rue de Bourbon, appelle le Chantier du Pré PL (Arch. nat. S 28/1/1.)

;li Par contrat passé devant Mc Durand le 12 janvier 1720, M. de la Vrillière avait acquis de Nicolas Delaunay une place sur le quai de la Grenouillère, contenant 672 toises-}, moyennant 202, 5oo tt. (Même fonds.)

2 octobre 1721. — Déclaration de Louis François de Laurens, comte d’Ampus, et Mrac Constance-Eléonore d’Estrées, son espouse, demeurant rue Blomet, propriétaires de la maison dans laquelle ils demeurent, faisant le coing de la rue Rousselet et de ladite rue des Biomets (sic), appartenante à ladite dame, comme l’ayant acquise avant son mariage de dame Marguerite de Rambouillet, espouse non commune en biens de messire Charles de Nouy, chevalier, seigneur de Fontenay, et de Charles Trudaine, conseiller ordinaire du Roy en sa Chambre des comptes, comme se faisant fort de dame Renée Magdeleine de Rambouillet de la Sablière, espouse de Charles Trudaine, seigneur de Montigny, maistre des requestes ordinaires en l’hostel du Roy; chargée de 6 sols 6 deniers de cens annuel envers l’Abbaye. (Arch. uat. S 2866.)

3o décembre 1726. — Déclaration de François le Clerc, dessinateur et architecte des jardins du Roy, demeurant rue de Bourgogne, d’une maison qu’il y a fait construire, faisant le coin de la rue de Varenne sur un terrain en la censive de l’abbaye de Saine! Germain des Prez. (Arch. nat. S 2865.)

il juin 1727. — Desclaration de messire Jean-Baptiste Glucq, baron de Sainct Port, conseiller du Boy en son grand Conseil , propriétaire d’une grande maison à porte cochère size à Paris rue Sainct Maur, faisant l'encoignure de ladicte rue et de celle des Vieilles Thuilleries, acquise par lui le i5 septembre 1719 de monseigneur René, sire deFroullay, comte de Tessé, maréchal de France, grand d’Espagne, qui y demeura pendant trois ans. Le comte de Tessé l’avoit achetée du marquis de Brezolles le 23 février 1716. En la censive de Sainct Germain des Prés fl). (Arch. nat. S 2868.)

18 juin 1727. — Henriette de Pennencoit de Keruels, comtesse de Penbrœck, marquise de Thois, épouse séparée quant aux biens de messire Thimoleon Gouffier, marquis de Thois, demeurant à Paris, rue des Saincts Pères, paroisse Sainct Sulpice, déclare être propriétaire d’une maison qu’elle a fait construire sur une place à bastir contenant en total 637 toises et demye, sciluée rue de Varenncs, quartier Sainct Germain des Prez, chargée envers l’abbaye de Sainct Germain des Prez de trois soulz de cens et de quatre livres trois solz tournois de rente I2L (Arch. nat. S 2866.)

18 décembre 1728. — Conlract passé devant Du Tertre et son confrère, notaire à Paris, le 18 décembre 1728, par lequel monseigneur le cardinal de Bissy, en qualité d’abbé de l’abbaye royale de Sainct Germain des Prez, reconnaît avoir reçu de très haut et très puissant seigneur

(1) Le 7 avril 1761, Emmanuel -Armand du Plessis Richelieu, duc d’Aiguillon, pair de France, etc., et Louyse-Félicité de Brehan de Plelo, son épouse, héritière de madame Louise-Françoise Phelippeauxde la Vrillière, sa mère, transigent avec les héritiers de l’abbé Bernard Beraut, à la suite d’un procès relatif à l’échange du 2 5 mars 1720.011 lit dans un mémoire publié à ce sujet:

fcEn l'an 1622, six particuliers associés entre freux, dont étoit le sieur de Vassan, ayeul de M. de rrMascranny et sieur de Garsalan, auteur de M. de «la Vrillière, se rendirent adjudicataires de l’hôtel fret parc de la feue Royne Marguerite.

ffCes six particuliers divisent le parc en plusieurs rr parties de terrains.

rrLe sieur de Garsalan se rendit adjudicataire ffi°d’un terrain derrière la Grenouillère, terrain » qui depuis a été coupé par la rue de Poitiers, et rr forme aujourd’hui le chantier de la Tour il’Arrr gent , qui est proche le pont Royal, et un autre rr chantier appelé de TEtoille. Il se rendit en outre adjudicataire d’une place plus reculée, attenante aujourd'hui à l’hôtel Torcy, et qui est appelé le Cliantr tier du Pré. » ( Même fonds. )

(â) Une autre déclaration, en date du 18 octobre 1771, nous apprend qui était à ce moment proprié-

Léon de Madaillan de l Esparre , comte de Lassay, une somme de i5,6oo livres pour la construction qu’il devoit faire faire sur les terrains qu’il tenoit de Jean le Clerc. (Arch. nat. S 2 863.)

7 août 1782. — Antoine Chaumont, écuyer, conseiller, secrétaire du Roy, maison et couronne de France et de ses finances, est propriétaire d’une grande maison seize rue du Cherche-Midy, tenant d’un côté à Mra0 de Verüe, d’autre à l’hôtel de Chemilly, appartenant aux religieuses du Sainct Sacrement; ladicte maison occupée présentement par M. le comte de Lignierre.

5 novembre 1734. — Déclaration de haut et puissant seigneur messire Claude Jean-Raptisle Hiacynthe-Joachim Rouault, marquis de Gamaches, seigneur de Saint Vallery et autre lieux, lieutenant général des armées du Roy, d’une grande maison appellée ï Ilotel de Gamaches, seize rue des Saincts Pères, au coin de la rue de Verneuil, où demeure ledit seigneur, laquelle appartient audit seigneur comme héritier bénéficiaire de très haut et très puissant seigneur messire Nicolas-Joachim Rouault, marquis de Gamaches, chevalier des ordres du Roy, son père; en la censive de l’abbaye de Sainct Germain des Prez. (Arch. nat. S 2859-2860.)

18 novembre 1734. — Haut et puissant seigneur messire Jean Jacques le Vayer, chevalier, seigneur de Marsilly et autres lieux, pour lui et pour son épouse, dem,lc Anne-Louise Dupin reconuoit qu’ils sont propriétaires de la maison où ils demeurent, rue du Bacq, qu’ils ont acquise de dc Jjouise de Fiesque, veuve de Joseph Artus, comte de Vassé, le 12 mars 1729; en la censive de Sainct Germain des Prez. (Arch. nat. S 2859-2860.)

i5 décembre 1734. — Haute et puissante dame Marthe-Henriette de Fronllay de Tessé, veuve de haut et puissant seigneur messire François-Edouard Colbert, chevalier, marquis de Maulevrier, colonel du régiment de Navarre etc., reconuoit estre propriétaire d’une grande maison seize rue Sainct Dominique, tenant d’un costé à madame la princesse d’Auvergne, d’autre à M. de Roise, par derrière à la rue de l’Université, par devant à ladite rue Sainct Dominique, qu’elle avoit acquise l'année précédente des héritiers de feu messire Charles-Jean le Comte, chevalier, sieur de Cournei. En la censive de l’abbaye de Sainct Germain des Prez. (Arch. nat. S 2869-2860.)

24 décembre 1734. — Haut et puissant seigneur Louis de Montesquiou d’Artagnan , comte de Montesquiou, maréchal des camps et armées du Roy, sous-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires, reconuoit être propriétaire d’une maison seize à Paris, rue du Bac, occupée par madame la comtesse de Vinlimille, appartenant audit seigneur comme l’ayant acquis de Mc Joseph Bellet, abbé commendalaire de l’abbaye de Nostre Dame d’Issoudun, le 28 avril 1701. En la censive de l’abbaye de Sainct Germain des Prez. (Arch. nat. S 2869- 2860.)

29 décembre 1734. — Déclaration de illustre prince Jacques-François-Leonor Grimaldy,

taire de l’hôtel. Antoine-Martin de Chaumont, chevalier, marquis de la Galaizière et de Bayon, comte de Neuvillers et de Mareil-le-Guyon, ci-devant chancelier et garde-ceaux de Lorraine en Barrois, demeurant à Paris , rue des Théalins , paroisse Saint-Sulpice , déclare être propriétaire d’une grande maison nommée l 'hôtel dc GouJJiev, sise à Paris rue de Varenne,

attenant d’une part à l’hotel d’Harcourt, d’autre part h M. le duc d’Eslissac, par derrière à l’hôtel de la Salle-, par devant sur la rue de Varenne, lui appartenant par l'acquisition qu’il en a faite de Louis Guillaume -Angélique de Gouffier, marquis de Thoix, mestre de camp de cavallerie, le 6 avril

sire de Valentinois et d’Estouteville, pair de France, prince souverain administrateur de Monaco, duc de Matignon, comte de Torigny, baron de Sainct Lô, lieutenant général de la province de Normandie, gouverneur de Cherbourg, Grandville, Saint-Lô et des islesde Chausoy, demeurant à Paris, rue de Varennes, parroisse Sainct Sulpice: il est propriétaire d’un grand hôtel de ladite rue, où il demeure, construit sur un terrain contenant la quantité de 2,869 Loises deux tiers, tenant d’un côté à M. de Roise, d’autre à M. le marquis de Maubourg, par derrière à

et par devant sur la dicte rue de Varennes; lequel terrain feu très haut et puissant seigneur, monseigneur Jacques, sire de Matignon, comte de Thorigny, seigneur du duché d’Estouteville, baron de Sainct Lo, lieutenant général des armées du Roy et de la province de Normandie, père dudit seigneur déclarant, auroit acquis de très haut et très puissant seigneur monseigneur Chrestien-Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tiugry, comte de Beaumont, lieutenant général des armées du Roy et au gouvernement deFlandres, et de Mrac Louise Madeleine de Harlay, son espouse, par contrat passé à Paris devant Lefebvre, le 2 5 juillet 1728; lequel terrrain les dis seigneurs et dame prince et princesse de Tingry avoient acquis de messire Louis Denis Seguin, chevalier, baron Soüancé, président en la Chambre des comptes, par contrat passé devant Vallet le 3o septembre 1719. Lequel hôtel apparlieat audit seigneur déclarant en qualité de seul et unique héritier dudit feu seigneur comte de Matignon, et est en la censive de ladicte abbaye royale de Sainct Germain des Prez et est chargé envers elle de douze deniers de cens et de quarante soulz de rente. (Arch. nat. S 2846.)

18 may 1736. — Messire Claude-Théophile de Beziade, chevalier, marquis d’Avaray, lieutenant général des armées du Roy, son ambassadeur près les cantons suisses, gouverneur de la ville et chateau de Peronne, pour lui et pour le marquis d’Avaray, colonel du régiment de Nivernois, madame la baronne de Boile et madame d’Ambercourt, ses enfants, déclare qu’il est propriétaire dune maison appelée l’hostel d’Avaray, seize rue de Grenelle, parroisse Sainct Sulpice, tenant d un costé à monsieur le marquis deBoïineval, d’autre à monsieur le comte d’Auroy; par derrière a. . . par devant sur ladicte rue de Grenelle, comme ledit seigneur d’Avaray l’avoit lait construire sur une place ayant de face douze toises deux pieds sur la dicte rue, et par le bas douze toises deux pieds quatre pouces, sur la profondeur de cinquante-trois loises cinq pieds d’un costé et cinquante-trois toizes d’autre, revenant le tout à 660 toises à pieds en superficie; laquelle place il a acquise de dame Marguerite de Bray, veuve deM° Louis Régnault, contrôleur des rentes, le 2 3 août 1718 ; en la censive de Sainct Germain des Prés. (Arch. nat. S 2846.)

i 4 juin 1 736. — Messire Paul de Grivel, chevalier, comte d’Auroy, demeurantà Paris , rue de Varennes, pour lui et pour la succession de Françoise de Bourgoing, son épouse , déclare qu’ils sont propriétaires d’une grande maison, seize rue de Grenelle, quartier Sainct Germain des Prez, parroisse Sainct Sulpice, tenant d'un costé à monsieur le marquis d’Avaray, d’autre au sieur de Lahve, par derrière à madame la comtesse Du Prat et par devant sur ladicte rue; laquelle maison ledit sieur comte d’Auroy et son espouse avoient fait construire sur un terrain faisan en superficie quatre-vingt-sept loises, que ledit seigneur avoit acquis de Michel de Lalive, bourgeois de Paris, le 21 janvier 1720; en la censive de Sainct Germain des Prés. (Arch. nat. S 2846.)

i4 septembre 1736. — Haut et puissant seigneur messire Ange-Urbin de Grimouard du Roure, chevalier, comte du Roure, brigadier des armées du Roy, gouverneur des ville et citadelle du Sainct Esprit. . . déclare être propriétaire d’une grande maison où il demeure, seize

à Paris, rue du Cherche Midy, tenant d’un côté à la demoiselle Roucher, d’autre au couvent du Cherche Midy, comme l'ayant acquis, par licitation, des héritiers de Nicolas Valet, le 25 février 1718. (Arch. nat. S 28Ô8.)

12 may 1739. — Mmc Françoise de Mailly, veuve de très haut et puissant seigneur, monseigneur Paul-Jules de Mazarin de Ruffé, duc de Mazarin, pair de France, demeurante à Paris en son hôtel rue de Varennes, parroisse Sainct Sulpice, et Hector Defay, chevalier, marquis de la Tour-Maubourg, lieutenant général des armées du Roy, inspecteur général de l’infanterie, demeurant ordinairement en son château de Maubourg-en-Velay, province de Languedoc, et de présent à Paris, logé en son hôtel , rue de Varenne , déclarent que, par décret du 26 janvier 1733, ledit seigneur marquis s’est rendu adjudicataire sur la succession vacante de monseigneur Philippe de Vendosme, cy-devant grand prieur de France, d’un grand hôtel et dépendances, appelé Y hostel de Vendosme , contenant quatre mil huit cent, toises en superficie, scis à Paris rue de Varennes , et appelé cydevant hostcl de Tcssé; lequel hostel ledit seigneur de Vendosme au roi t acquis de monsieur le comte de Tessé par contrat passé devant Rrenod, le 20 décembre 1719? et tenoit ledit hostel d’un coslé à madame de Mezières, d’autre à ITioslel de Matignon, et estoit en la censive de l’abbaye royale de Sainct Germain des Prcz et chargé vers elle de cinq solz six deniers parisis de cens et de trois livres de rente foncière h). (Arch. nat. S 28AG.)

28 juin 1766. — Très haut et très puissant seigneur monseigneur René-Charles deMaupeou, chevalier, conseiller du Roi en ses Conseils, premier président du Parlement; Jean Joseph Leboindre, chevalier, sieur de Vauguyon et autres lieux, conseiller en la Court de Parlement; Joachim-François Doujas, conseiller honoraire au Châtelet; damoiselle Marie Morisset; Jcan-Rap- Liste Resuchet, bourgeois de Paris; Charles Rarbier, bourgeois de Paris; Jean Clouet, jardinier, tous propriétaires, chacun à leur égard, de différents terrains atenans l’un l’autre, situés au Gros Caillou, lieu dit de la Longue Raye, entre les rues Sainct Dominique et de l’Université, ou chemin de la Petite Seine, ayant désiré borner ou limiter leur terrain l’un de l’autre, elles auroient pour y parvenir nommé et choisy Jean-Baptisle-Puisieux, architecte juré expert, auquel elles auroient donné les pouvoirs nécessaires et remis tous leurs titres de propriété (2). (Arch. nat. S 2862-2853.)

1 0 juin 1751. — Contrat passé par devant M° Doyen, notaire à Paris , par lequel les héritiers de feu M. de Bri ont vendu à l’École militaire le château de Grenelle et dépendances, dans lesquelles il y a 16 arpents 10 perches de terre clépendans de la seigneurie de l’ahbaye de Sainct Germain des Prés, évalués par le contracl 10,955 1. Ensaisiné le 19 février 1762. (Arch. nat. S 2852-2853.)

(l) ff Depuis ladicte adjudication faicte dudit hosrr tel de Vendôme au marquis de Latour-Maubourg, rf ladicte dame duchesse de Mazarin a acquis deluy ff 2,100 toises 2 pieds en superficie, du terrain duff dit hostel avec les batiments au-dessus, suivant confftrat passé devant Camuset le 1 5 juin 1736, et parer conséquent de l’ancien hostel Vendosme, ledit marrquis ne reste plus propriétaire que de 2,700 toises rr moins 2 pieds en superficie. (Même fonds. n)

En 1783. — Sur la part qui avait appartenu

à M. de Maupeou s’élevait un grand hôtel avec cour et jardin, ayant i3 toises 1 pied de façade sur la rue Saint-Dominique, et 2 5 toises 1 pied sur la rue de l’Université. Il appartenait alors à Mme de la Coudrelle , veuve du marquis de Puysoie , sieur de la Coudrelle , grand bailly d’épée du Perche. C’était une demoiselle de Cormery. Elle l’avait eu en héritage de sa mère, veuve de M. de Cormery de Courgivaux. Celte dernière l’avait acquis de M. de Maupeou en 1778. (Même fonds.)

2 7 août 1751. — Monseigneur Charles-Louis-Augusle Fouquet de Belle Isle, duc de Gizorre , pair et mareschal de France, déclare être propriétaire d’une grande maison appelée 1 hôtel de Belle Isle, size quartier Sainct Germain des Prés, rue de Bourbon, à une grande porte cochere, une grande cour, en aisle de laquelle sur la droite sont des bâtiments élevés ou il y a une petite cour où sont les cuisines et offices, et sur la gauche sont des bâtiments élevés où il y a remises et écuries avec porte cochère donnant sur la rue de Bourbon; au bout de la quelle grande cour est le grand corps de logis, derrière lequel est une terrasse donnant sur le quay d’Orsay. . . tenant d’un côté aux bâtiments servant à l’exploitation de la ferme des coches de la cour, dont le terrain appartient a monsieur le duc et à madame la duchesse d’Aiguillon h). (Arcli. nat. S 288 h.)

Dans la seconde moitié du xvmc siècle, alors que la partie centrale du faubourg était complètement bâtie et qu’il ne restait presque plus de terrains à utiliser, soit le long des voies longitudinales et transversales du vaste domaine de Saint-Germain, soit sur la surface plus restreinte des deux Prés de l’Université, trois constructions considérables furent entreprises a 1 extrémité de ces fiefs et donnèrent lieu à un grand nombre de transactions. Nous voulons parler de l’Hôpital des Gardes françaises, au Gros-Caillou, de l’hôtel de Lassay et du Palais-Bourbon, à la pointe occidentale du Grand Pré-aux-Clercs.

Ce qui donne à ces trois opérations une importance exceptionnelle, c’est que le fonctionnement du vieux régime de la censive y apparaît nettement, et que l’ancien ordre de choses s y montre tout entier. Des maréchaux de France, de grands seigneurs, des princes du sang sont en présence des abbés commendataires de Saint-Germain, également titrés et défendant leur mense abbaliale. Le moindre achat de terrain donne lieu à des calculs de cens, de rentes et autres redevances; chaque construction ou reconstruction se complique d une foule de details financiers; ce qui explique la longue durée des travaux et fait comprendre les lenteurs ainsi que les difficultés qu’a rencontrées la formation du faubourg Saint-Germain.

L hôtel de Bourbon, en particulier, devenu palais par acquisition royale, date du milieu du xviic siècle, si l’on n’a égard qu’aux premiers achats de terrain dans la Saulmonière et le Pre de 1 Abbaye; la construction de 1 hôtel de Lassay n’a pas été préparée de moins longue main. Quant a 1 hôpital des Gardes françaises, son établissement a nécessité également de nombreuses et difficiles acquisitions de jardins maraîchers, de petites maisons et de guinguettes dans la région des Treilles et de la Longue Raye.

Les archives de l’Abbaye contiennent, à cet égard , des documents d’un véritable intérêt : nous en avons transcrit un assez grand nombre, en ayant soin de choisir les plus significatifs, au double point de vue du mode de gestion des biens temporels du monastère et de la façon dont se traitaient, au xvme siècle, les affaires de construction au faubourg Saint- Germain. Il nous a paru que l’histoire du Palais-Bourbon est, en grand, celle de tous les hôtels de la région, et que les pièces de cette histoire constituent le dossier le plus complet qui puisse être placé sous les yeux du lecteur '2).

(1) Cet hôtel avait été construit par ledit duc sur un terrain en la censive de Saint-Gnrmain-des- Prés , qui avait précédemment appartenu (en 1 703) à la veuve de messire Gilles de Maupeou , chevalier,

sieur d’Ablèges, et qui passa, en 1716, entre les mains des Belle-lsle.

(2) L’hôtel de Lassay et le Palais Bourbon sont devenus, avec certaines additions, l’un, l’hôtel de la

HÔPITAL DES GATiDES FRANÇAISES.

1759-1765-1767 et années suivantes. — Jean-Baptiste Denis, m" maçon, a vendu, le 32 mai 1765, à messire Louis-Antoine de Gontaut, duc de Biron, pair et maréchal de France, colonel général des gardes françoises; messire Emard Félicien Boflïn, seigneur de la Fosse Ysaron , baron de Chatte, grand bailly du Viennois, lieutenant général des armées du Roy et lieutenant-colonel des gardes françoises; messire Pierre-François de Cornillon, lieutenant général des armées du Roy, major du régiment des gardes françoises, stipulant pour et au nom dudit régiment des Gardes françoises, trois maisons joignantes ensemble sizes à Paris rue S‘ Dominique au Gros Caillou, pour former un hôpital militaire à l’usage dos soldats malades dudit régiment, sous la qualification d’hôpital militaire des Gardes françoises, en conséquence des lettres patentes en forme d’e'dit données par le Roy, en septembre 1769, moyennant 100,000 li\ res.

Par aulre contrat passé devant m" Mouette, notaire à Paris, le 2 juillet 1766, Michel Vilüot, marchand de bois, et Susanne-Marguerite Sénéchal, son épouse, ont vendu à monseigneur le duc de Biron, et à messire Boflïn de la Fosse Ysaron, et à messire Jean-Baptiste du Sausay, brigadier des armées du Roy, major du régiment des gardes françoises, au même nom que dans le contrat dont l’extrait est cydessus, pour faire un accroissement aux bâtiments déjà acquis pour former un hôpital militaire à l’usage des soldats des gardes françoises, tous les bâtiments et emplacements qui appartenoient autrefois à Éliennctte Drouet, femme de Denis Prieur, et à Anne-Claire Drouet, femme de Jacques Testard, sis à Paris, rue S1 Dominique au Gros Caillou ; plus, une portion de terrain en jardin étant derrière lesdits bâtiments et emplacements, ayant 3 toises quatre pieds de large sur 87 toises de long. Laquelle vente faite moyennant 9,500 livres.

Par autre contrat passé devant m' Mouet, notaire à Paris, le i3 aoust 1766, Marie-Françoise Ferret, épouse de François Hédouin, mide bois, tant en son nom que comme procuratrice de son mari, a vendu comme dessus audit régiment des gardes françoises, tous les bâtiments tant anciens que nouveaux sis à Paris, rue S1 Dominique, au Gros Caillou, plus un terrain en jardin étant derrière lesdits bâtiments, le tout à prendre du côté de Paris, attenant les bâtiments déjà acquis pour l’établissement de l’hôpital des Gardes françoises, des sr et dame Villiot, le 2 juillet 1766. Laditte vente faite moyennant 10,000 livres.

Par acte passé devant Lepot d’Auteuil, notaire à Paris, le 4 février 1767, monseigr Etienne- François de Choiseul , duc de Choiseul, ayant le département des affaires étrangères et de la guerre, et en cette qualité surintendant de l’École royale militaire, a vendu au régiment des gardes françoises, ce acceptant pour luy monseigneur Louis-Antoine de Gontaud, duc de Biron, une maison et deux arpens de terre ou environ, scitue's au Gros Caillou, tenant d un côté à M. Villat, d’autre rue de la Vierge, d’un bout rue S‘ Dominique, et d’autre au sr Louvié, moyennant i,5oo livres. (Arch. nat. S 2852.)

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