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Topographie historique du vieux Paris

Dans la séance publique annuelle tenue par l'Académie des Inscriptions un„rvi,i,

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et Belles-Lettres, le 7 décembre 1860, M. Alfred Maury, aujourd'hui directeur général des Archives de l’Empire, dont la compétence en matière d'érudition est si hautement reconnue, avait ainsi apprécié les premiers travaux de topographie ancienne, accomplis par M. A. Bertv :

«Le vieux Paris nous inspire une curiosité qui devient d’autant plus vive «que nous en voyons disparaître aujourd’hui les derniers vestiges. Mais cette «curiosité ne saurait être satisfaite qu’au prix de ditliciles et de patientes « recherches. Ce n’est pas chose aisée de rétablir les vieilles rues du moyen «âge, les innombrables églises, les abbayes, les clos, les jardins, les mai- « sons qui se voyaient, il y a cinq ou six siècles, quand deux ou trois couches «de démolitions les recouvrent. Ce n’est plus, en vérité, de l’archéologie,

«mais de la géologie qu’il faut faire. Toutefois on a ici des textes que les « géologues voudraient bien posséder.

«Je sais qu’on a déjà beaucoup écrit sur Paris, mais la majorité des his- «toriens de la capitale n'ont guère fait que se copier les uns les autres.

«Sauvai, F élibien n’ont pas tout dit; on s’est même souvent chargé de leur «faire dire ce dont ils n’avaient pas parlé. Nous sommes, d'ailleurs, mainte- «nant plus exigeants; nous tenons à l’exactitude la plus minutieuse; et cette « reconstruction du vieux Paris , quartier par quartier, que d'enquêtes ne «demande-t-elle pas? Un si rude labeur n’a pas effrayé M. A. Berty, qui l’a «abordé résolument. Muni, en guise de pioche et de pelle, de pièces iné- « dites et de témoignages contemporains, il s’est mis à déblayer le sol de la «capitale et à en composer une topographie rétrospective. Nul n’avait encore «porté tant de rigueur et de précision dans les descriptions. Architecte el «érudit, M. Berty refait son ancien Paris avec autant d’ardeur et d’enthou- « siasme que nos pensionnaires de Borne refont la ville éternelle au temps

Idée générale de ce volume.

te d’Auguste ou de Ne'ron. Les chapitres détachés de son grand ouvrage, qu’il «nous soumet, sont dignes de tous vos encouragements. Nous leur décernons k la septième mention très-honorable. Puisse le Gouvernement fournir à tt l’auteur les moyens d’achever un livre qui ne laissera plus rien ignorer des «transformations qu’a subies notre capitale avant d’arriver à la splendeur «que lui donne le règne nouveau (l) N

Le vœu exprime' par M. Alfred Maury fut, on le sait, promptement entendu : à de'faut du Gouvernement, la Ville de Paris pensa qu’il lui appartenait de favoriser un travail à peine commence' et déjà en possession d’une si haute estime. Dès le mois de janvier 1861, le Conseil municipal fournissait libéralement à M. Berty les moyens de poursuivre son œuvre, et, en 1866, paraissait un premier volume, consacré à la Région du Louvre et des Tuileries. Celui que nous publions aujourd’hui en est le complément. Malheureusement, la mort n’a point laissé à l’auteur le temps d’y mettre la dernière main; ce que nous offrons aujourd’hui au public est donc, en grande partie, une œuvre posthume1 *'21.

Chargé de continuer la longue et patiente élaboration qui a été, depuis vingt ans, toute la vie de M. Berty*3 * * * * * * * *', nous avons dû, tout d’abord, nous rendre compte du plan qu’il comptait suivre et de la méthode qu'il avait cru devoir adopter, pour mener à bonne fin une entreprise aussi considérable. En nous livrant à cette première étude, nous avons acquis la conviction que les recherches nécessaires à la composition d’un pareil livre

(l) Rapport fait à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, au nom de la Commission des antiquités de la France, par M. Alfred Maury, p. 102.

(i) M. Berly est décédé le 1 8 août 1867, quelques mois après la publication du premier volume de cet ouvrage.

(3) Dans les vingt dernières années de sa vie, uni¬

quement consacrées à la science, M. Berty avait

publié un assez grand nombre de travaux histo¬

riques et. archéologiques. Nous avons tenu à en

donner ici la liste aussi complète que possible :

i° Dictionnaire de l! architecture du moyen âge, etc.

Paris, Derache, 1 84 5, in-8°.

20 Vocabulaire archéologique français-anglais et

anglais-français, London, Parker, 1 853, grand in-8°.

3° De l’enceinte du faubourg septentrional de Paris, antérieure â celle de Philippe- Auguste , et de la possibilité d’en retrouver les fragments ( Revue archéologique, année 1 855).

4° Les enseignes de Paris avant le xvnc siècle. — Recherches sur l’origine et la situation du Grand-Pont de Paris et des ponts aux Changeurs, aux Meuniers et de Charles le Chauve. — Eludes historiques et topographiques sur les Deux Prés-aux-Clercs et la Petite-Seine (Revue archéologique, année 1 855 ).

5° Recherches historiques et topographiques sur les terrains de la paroisse Saint-Sulpice de Paris, qui étaient encore en culture au xvT siècle (Revue archéologique, année 1 85 G ).

6° L’Ecole Saint-Thomas du couvent des Jacobins

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