‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 32 sur 81 · HÔTEL DE BOL B BOA · texte numérisé non relu

HÔTEL DE BOL B BOA

(Voir t. 1, p. 39.)

La Chapelle du manoir n’était point située au lieu que nous avons indiqué sur la Feuille V, mais en bordure sur la rue du Petit-Bourbon, dont le décrochement était formé par la façade occidentale de l’édifice, comme on le distingue parfaitement sur le plan de Gomboust. (Voir la planche de la page 1 3 8 , l. 1.) Egaré par les dimensions très-fausses qui sont mentionnées dans le manuscrit appartenant à M. Le Roux de Lincy, nous avons confondu la Chapelle avec la Grande-Salle, laquelle, offrant des croisillons et une abside, prend, sur diverses vues, l’aspect d’une véritable église, dont une tour, placée tout auprès et coilfée d’un toit pyramidal, figure le clocher. Loin de mesurer trente-denx toises de longueur, ainsi que le rapporte le manuscrit précité, la Chapelle n’en avait probablement pas plus d’une dizaine, de sorte que le chiffre de neuf toises prêté à son comble semble exact. Sur le plan de Math. Mérian, la Chapelle apparaît surmontée d’une flèche qu’011 retrouve sur le dessin du xvie siècle (page 1 3 5 , t. I), où il est étrange que le bâtiment si remarquable de la Grande-Salle soit entièrement supprimé. M. J. Cousin, en nous faisant remarquer notre méprise, a attiré notre attention sur les deux passages

suivants du Mercure français , où il est question de la Grande-Salle, à propos de l’ouverture des États de 1 6 1 A et du fameux ballet donné le 19 mars 1 6 1 5 :

e Cette grande Sale et son lambris estoient entièrement peints de Heurs de lys, et au haut d’icelle, du costé de Saint-Germain-de-l’Auxerrois , estoit un grand dais ou tribune, en forme de théâtre ou échaffault, eslevé de trois marches, au milieu duquel estoit un grand marche-pied, et sur iceluy un autre sur lequel le Roy se meit en son siège. Tout ce théâtre estoit couvert de tapisserie de velours violet, semé de Heurs de lys d’or.» (Année 1 (i 1 A , troisième continuation, p. Ay.) — »Cette Salle (celle du ballet) estoit de dix— huict toises de largeur sur huict de longueur, au haut bout de laquelle il y a encore un demy-rond de sept toizes de profond sur huit toizes et demi de large; le tout en voûte semée de fleurs de lys. Son pourtour est orné de colonnes avecques leurs bases, chapiteaux, architraves, frizes et corniches d’ordre dorique, et entre icelles corniches des arcades et niches.» (Année 161 5, p. g.)

Ce doit être pour la cérémonie de 161 A que la Grande-Salle reçut une décoration dorique, et nous supposons que le demij-rond n’était point plus ancien, car une salle de château se terminant par une abside est bien peu dans les usages du moyen âge. La largeur de l’hémicycle, étant de huit toises et demie, confirme celle de dix-huit pas communs l1' que Sauvai donne à la Grande-Salle, à laquelle il prête la longueur très-vraisemblable de trente-cinq toises. Quant aux dimensions de dix-huit toises de largeur sur huit de longueur, mentionnées dans l'un des textes qu'on vient de lire, elles ne s’expliquent que parla substitution du mot largeur au mot longueur, et ne peuvent s’entendre que de la partie de la Salle spécialement consacrée au ballet.

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