‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 58 sur 81 · X-uy hm^’WjcA'- QZ-JifS ’téeA^è- 5 O MtiUHiîék. SL^Waï-Wl · texte numérisé non relu

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H. Legrand

PREMIÈRE PAGE ,D V REGISTRE DES COMPTES DE CATHERINE DE MÉDICIS (1 5 7 9;.

Fac-similé liéliographiquc

T. II, p 221

APPENDICES. 225

Scavoir faisons qu’aians puis quelque temps par aucunes bonnes raisons et grandes considérations deschargé nostre amé et féal conseiller Messire Régnault de Beaune(1), évesque de Mende, conseiller du Roy nostre très cher Sr. et tilz en son Conseil privé, et chancellier de nostre très cher et très amé fîlz le Duc d’Anjou, de la surintendance, generaüité et charge principalJe que nous luy avons donnée de noz terres, domaines et finances, mesmes pour estre ledict sieur de Mende occupé en plus grande et importans (sic) affaires de nostre cher fîlz le Duc d Anjou et qu il luy estoit mal aisé voire quasi impossible de satisfaire à I une et à l’autre choze ensemblement comme il est requis, et desirons pourveoir à ce que riens ne soit retiré de (sic) ny diminué de nozdictes terres, domaines et finances, et que toutes choses y soient dirigées et conduictes avec le soing et bon ordre qui y est requis, au moien de quov il est besoing commeclre ladicte charge à personnaige bien entendu et versé au faict des finances et à nous bien affectionnée, feable et venant chacun an sur les lieulx ou est nostre revenu, et aiant plaine intelligence et parfaicte congnoissance de noz affaires, Nous en puissions tirer le service et en nozdictes affaires le bon mesnage que nous desirons, Pour ces causes et pour la bonne et parfaicte congnoissance et entière confiance que nous avons de la personne de nostre amé et féal conseiller en nostre Conseil Mc Nicolas Moue , aussi conscrdu Roy nostredict Sr. etlilz, et trésorier general de France en la province de Champaigne, et de ses sens, suffisances, loiaulté, preudhommye, lideleté, grande expérience tant au maniement des finances que aultres affaires, vigilence et diligence, aiant cv devant manié de plus grandes et importantes charges des finances de cedicl royaume dont il s’est acquiclé avec une telle fideleté et en a rendu si bon et loial compte que le Roy nostre cher Sr. et filz et Nous en sommes demeurez très satisfaietz et contens, Aiant aussi esgard aux grands et agréables services qu’il nous a par cy devant des long temps particulièrement faietz en plusieurs charges et commissions esquelles il a esté par nous emploie', tant à faire les baulxà ferme et verilfier les estatz de nozd. terres, domaines et finances, que en plusieurs autres occasions et affaires tant en noslred. Conseil que ailleurs pour nostre service, dont il s’est toujours si soingneusement et vertueusement acquicté que nous espérons qu’il sera pour y continuer de bien en mieulx, Pour ces causes et aultres considérations a ce nous mouvans, à icelluy Molé, lequel nous avons Nous mesmes choisy, nommé et esleu , Avons donné et octroié, donnons et octroyons par ces présentes led. estât et office de General de noz finances tant ordinaires que extraordinaires que nagueres soulloit tenir et exercer led. de Reaune, vacquant à présent par la simple démission qu’il en a cy devant faicte en noz mains, dont nous l’avons deschargé, pour led. estât, pouvoirs, puissances, auctorilez, prérogatives, preeminanees, exemptions, franchises, libertez et facilitez qui y appartiennent, C’est assavoir d’avoir l’entiere et generalle congnoissance et surintendance de noz domaines, terres et revenuz, tant de nostre propre et acquisitions que de celles qui nous ont esté ou seront cy apres délaissées pour nostre dot et douaire par nostre ch. Sr. et filz, et de tous les deniers cl droietz qui en procecldent et depandent, ensemble de tous autres deniers qui doibvent tomberou tomberont en noz Tresorerieset Receptes tant generalles que particullieres

11 Messire Régnault de Beaune, ici mentionné comme évêque de Mende, figure au registre dans l’état des Gens de Conseil sous cette qualification et le second de la liste :

ff Messire Régnault de Beaulne (sic), arclievesque trde Bourges ... vnj esc. j tiers. «

Celte somme représentait, on le voit, seulement une indemnité.

TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, de quelque nature qu’ilz puissent estre sans en riens excepter, Et pour ce faire ira led. Violé par chacun an ou le plus souvent que faire se pourra sur tous les lieulx ou sont nozd. biens et revenuz pour regarder comme toutes choses y sont mesnagées, faire les baulx, bailler les fermes de nozd. terres, domaines et revenuz, et y mectre le bon ordre pour nostre service qu’il est requis et que nous en avons en luy parfaite fiance, Veoir aussy à faire par chacun an, tant à nostre Trésorier et Receveur general que autres noz comptables particulliers, les estatz au vray de leurs charges et. maniemens tant en recepte que despence pour faire tomber, fournir es mains de nostred. Trésorier et Receveur general ce qui sera deu de nect aux termes que par led. Mole seront prefix et ordonnez, Veoir semblablement à entendre les reccptes et despens tant ordinaires qu’extraordinaires de nostre maison, et pour cest clfect mander et faire venir devers luy noz officiers comptables et aultres personnes aians maniement desd. charges et les contraindre à luy en représenter les estât î au vray, Veriffiera tous dons (pii seront par Nous faietz et aultres noz mandemens, promissions et acquitz concernons le faict de nozd. finances, voulons que les expéditions luy en soient cy apres addressées sans toutesfois expedier ne bailler ses attaches sur icelles que premièrement il n’en ait faict rapport à noz amez et feaulx les gens de nostred. Conseil et que nous l’aions aussy entendu et luy aions verballement commandé ce faire, comme au semblable il ieur fera selon les occasions entendre tout ce qui se passera au faict de sad. charge alfin qu’ilz en soient suffisamment adverliz, Assistera si bon luy semble à nostre Chambre des Comptes à l’audition et closlure des comptes de noz officiers comptables, et aura sceance, voix et oppinion au jugement desd. comptes avec noz amez et feaulx les commissaires depputtez par Nous, à Taudition d’iceulx, et feront tous actes, ordonnances, estatz, veriffications, attaches, baulx à fermes et autres expéditions qui seront faictes et ordonnées par led. Molé pour raison de lad. charge, ses circonstances et deppendances de mesme force, valleur et rigueur que si elles estoient ordonnées par nous mesmes et les gens de nostred. Conseil, Et lesquelles nous avons des à présent aprouvées, vallidées et authorisées, auctorizons, vallidons et approuvons, Et mandons auxd. commissaires de nos comptes passer et alouer tout ce qui sera par led. Molé ainsi que dessus ordonné sans y fere aucune difficulté, Et generallement de fere executer et cxploicter par icelluy Molé au faict dud. estât et ollices, circonstances et deppendances tout ainsi en la propre forme et maniéré et avec les mesmes pouvoir, puissance, dignité et auctorité qu’avoit en ce regard led. de Beaune et que l’ont les Trésoriers generaulx de France du Roy nostre Sr. et filz en leurs charges, sans en ce faire aucune différence, Et atendu que la plus part des terres et domaines dont nous jouissons sont du patrimoine de la Couronne de France, et que ce qui est de nostre propre a tousiours esté administré selon et en suivant l’ordre des finances du Roy notred. Sr. et filz, Et ce aux gaiges, pentions et taxations qui seront par Nous ordonnées aud. Molé, Si donnons en mandement à nostre très cher et féal chancellier Messire Martin de Beaune*1'.

fl) Mrc Martin de Beaune, abbé de Saint-Nicolas- rr Messire Martin de Beaulne, abbé de Royaul-

lez-Angers, comme il est ici qualifié, figure lepre- ffmont(a), chancellier . xxxnj esc. j tiers.»

mier de la liste dans l’état des Gens de Conseil, Indemnité comme ci-dessus, ainsi qu’il suit :

1,1 Abbaye royale située près de la rivière d’Oise, dans la forêt du Lys, en faze du village de Boran et près de Bcauniontsur-Oisc.

APPENDICES

abbé de Sainct Nicolas lez Angiers, conseiller d’estat du Roy nostred. Sr. et fdz, Que prins et receu dud. Molé le serment pour ce deu et accoustumé, il le mecte et institue de par Nous en possession et saisine dud. estât et d’icelluy, ensemble des honneurs, auctoritez, prérogatives, preeminances, franchises, libertez, pouvoir, puissance, facultez, gaiges, pendons et taxations dessusd. Le face, souffre et laisse jouir et user plainement et paisiblement et à luy obéir et entendre de tous ceulx et ainsy qu’il appartiendra es choses touchans et concernans lesd. estât et ollice. Mandons en oultre ausd. commissaires de nos comptes que les dessusd. gaiges, pentions et taxations soient paiées and. Molé sur ses quictances en rapportant quant ausd. gaiges et pentions les eslatz esquelz ilz seront emploiez avec le Vidimus de ces présentes pour une fois, Et pour les taxations, noz ordonnances parlicullieres et quictances dudict Molé sur ce sullizantes seullement. Cartel est nostre plaisir. En tesmoing de qoy (sic) Nous avons signé ces présentés de nostre main et à icelles faict mectre nostre scel. Donné à Tiiouloüze le treizmc jour d* Avril , l’an de grâce Mil Ve soixante et dix neuf, signé Catherine. — Et sur le reply : Par la Royne mere du Roy par le commandement exprès de Sa Ml° porté par ses lettres missives données de Thoulouze le treizmo jour d’Avril Mil Ve soixanle dix neuf, Ciiantereau. — Plus aud. reply est encores escript : Le vingt neuf'"' jour d’Avril l’an Mil Ve soixante dix neuf led. Sr Molé a faict et presté le serment de General des finances tant ordinaires qu’extraordinaires des terres et domaine de la Royne mere du Roy entre les mains de Monseigneur Du Puy, chancellier de lad. Dame, abbé de Sainct Nicolas lez Anger, et moy secrettaire ordinaire d’icelle Dame présent, et signé Champion. Scellées du grand sceau de ladicte Dame de cire rouge sur double queue.

Aujourd’huy vingt huictrac Juillet Mil cinq cens soixante dix neuf, la Royne mere du Roy estant en la ville de Grenoble, aiant esgard aux grandz fraiz et despences que M° Nicolas Molé, General de ses finances, est contrainct de supporter au maniement de lad. charge, pour lui donner moien de s’entretenir en icelle au service de Sa Majesté, a ordonné aud. Molé oultre les gaiges ordinaires de Six cens livres tournois que Sad. Majesté a affectez à sondict estât et qui seront emploiez soubz son nom en l’estât quelle fera dresser des Officiers doinesticques de sa maison pour la présente année, La somme de Deux mil francs, pour luv estre paiée par forme de pension par chacun an de quartier en quartier des deniers tant ordinaires que extraordinaires de ses finances par led. Trésorier et Receveur general d’icelles à commancer du premier jour de Janvier dernier passé, Voullant que ladicte pension soit emploiée en l’estât de sad. maison soubz le nom dud. Molé pour luy estre paiée avec lesd. gaiges ordinaires en vertu du présent brevet tant seullement attendant que sond. estât soit dressé, En tesmoing de quoy Sa Majesté a signé son présent brevet et icelluy faict contresigner par moy soubzsigné, Conseiller du Roy, secrettaire d’Estat et des Finances de Sa Majesté, Et veult qu’audict Molé en soient expédiées toutes lettres et provisions necessaires par Me Ysaac Chantereau, Conseiller secrettaire des finances de ladicte Dame. Signé Catherine, et plus bas Pinart.

L’an Mil Ve soixante dix neuf, Le dix"** jour de Novembre, Collation de la présente coppie a esté faicte aux originaux d’icelle, estons chacuns parchemins sains et entiers, par nous Noltaires du Rov nostre Sire ou Chastellet de Paris soubzsignez. Signe Maheult et Rergeon.

Nous avons transcrit ici en entier ce document, et nous donnons ci-joint le fac-similé de la première page de celte transcription tirée du Registre en parchemin des Archives de l’Empire coté KK 11 5. Il nous a paru important de mettre sous les yeux du lecteur les formules et les termes de ces sortes de documents. Il est plus que probable que les autres officiers de la maison de la Reine mère avaient des provisions rédigées dans les mêmes termes. MM. de Chapponay, de Verdun ('h Marcel et autres avaient les mêmes attributions, suivant le département auquel ils appartenaient.

(l) Jehan de Verdun, mentionné page G, était comptable de la Reine. Il existe à la Bibliothèque impériale un manuscrit analysé par M. Champol lion-Eigeac, en 18A2 ( Cabinet de l’amateur cl de l’antiquaire, l. I. p. 276-278), et dont voici le litre : Compte des dcspences f actes par maistre Jehan de Verdun, clerc des œuvres du Roy, durant l'année commencée le premier jour de janvier mil cinq cens soixante et dix , et finie le dernier jour de décembre ensuivant. (Note communiquée par M. Éd. Fournier. )

Au folio uij“nj du Registre KK 1 1 5 (1O79), nous trouvons aux recettes du trésorier de la Reine mère cette mention :

ff Autre Receple faicte par ledict Marcel (a\ pressent trésorier et receveur general , à cause des bons rrd’estatz comme il s’ensuict : — De M* Guillaume ffThomery, receveur ordinaire de Vire, etc. etc. s — De Jacques Verdun, nagueres recevr de la ff terre et seigneurie de Greil, par les mains de Niff colas de Cornouailles, procureur à Senlis, la somme ffde dix escus en itj esc. sol. ij esc. pislolletz ij tesff tons ung franc de xx s. et xx ds. inonnoye, par quicff tance dudicl Marcel signée de sa main, en dacte s du vingt neufviesmc joui' d’Avril Mil cinq cens «soixante dix neuf, Et ce sur et tant moings de ce ff que ledict receveur pourroit debvoir à ladicte dame «par l’estât final expédié audict de Verdun et «aux heritiers de Noël de Fayolle, le deuxiesme du

ff présent moysd’Aoust, à cause de l’ordinaire de laff dicte Recepte de Creil pour l’année finie au jour de ff la Sainct Jehan M.VCLXXVII. Pour ce cy la somme

ffde . x esc. s. v d. *

Et plus loin , dans le même compte :

frDudict Jacques de Verdun receveur de la cliasfrtellenye de Creil et heritiers de feu Nicolas de "Fayolles ( sic ), comme audict de Verdun, Par ffquiclance dudict Marcel signée de sa main et ffdactéedu vingt septiesme jour d’octobre Mil cinq ffeens soixante dix neuf, Par les mains de Charles ffïlu, md chevaulx (sic), en descurie dudict sieur, ffLa somme de Trente deux escus deux solz tourn. «en mesmes especes d’escus deux solz inonnoye rrsur tant et moings de ce en quoy ledict Verdun ffel heritiers sont demeurez redevables par l’estât ff final de l’estât au vray de la Recepte du revenu ffde ladicte chastellenye dont ladicte dame jouissoil «pour l’année commancée au jour Sainct Jehan «M.VCLXXVI et finie, à semblable jour M. Ve soixante «dix sept. Pour ce cy la somme de xxxij esc. ij s. tz.n Dans l’état des trGens de Conseil» du même rcffgistre, on trouve ff maistre Nicollas de Verdun, rrcons'1 en lad. Court (de Parlement), Lxvj esc. ij tiers. » Dans le compte de 1670, sous les ordres de l’Evêque de Paris, surintendant, on trouve cette mention (Bibl. imp. FR. 10896) :

ff Gaiges et sallaires de ce présent comptable, ff Audict M° Jehan de Verdun, clerc des œuvres

1,1 M" Claude Marcel, probablement 1111 descendant des Marcel du xiv" siècle.

Au fol. 90 du Registre de la Trésorerie (Arch. de l'Emp. KK 1 1 5) de 1679, 011 trouve cette mention :

«Autre Recepte faicl par ledict Marcel, présent trésorier et receveur general, à cause des deniers provenans des Greffes des «Présentations**1, comme il s’ensuicl:

«De M” Mathieu Marcel, conseiller et receveur general des finances de Monseigneur frère du Roy, par quictance du septiesme «jour de Décembre Mil cinq cens soixante, Quatre vingls cens escus sol. sur et tant moings du don faict à lad. daine par M011- « seigneur des deniers provenans des greffes des présentations nouvellement creez, cy . m. mj\ esc.

«Deluy, par autre quictance dud. Marcel un date du douzesme (sic) jour de janvier MVC quatre vingls, La somme de Neuf «cens trente trois escus ung tiers, sur et tant moings du don faict par Monseigneur à la royne sa mere sur les deniers prove- «nans des greffes de présentations nouvellement creez, cy . ix'xxxuj esc. j ts.»

On voit que plusieurs membres de la famille étaient employés en mémo temps au service de la famille royale.

111 On voit ici un exemple de ce qu’étaient les restes dont les Rois, fils de Catherine, lui firent don pour l'achèvement des Tuileries.

C'était une sorte de pot-de-vin

que l’on donnait pour se faire présenter à certains emplois.

APPENDICES

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