‹ Topographie historique du vieux Paris (volume 4)Chapitre 66 sur 81 · DOCUMENTS OFFICIELS RELATIFS AUX FOUILLES DU LOUVRE · texte numérisé non relu

DOCUMENTS OFFICIELS RELATIFS AUX FOUILLES DU LOUVRE

Au moment où allait paraître le premier volume de la Topographie historique du vieux Paris (Région du Louvre et des Tuileries), M. Berty formula, dans les termes suivants, un vœu qu’il avait conçu depuis plusieurs années :

«Malgré les longs et persévérants efforts qui ont permis d’établir ce volume, on n’a pu, jusqu’ici, aboutir qu’à une restitution du périmètre du vieux Louvre, et non à un plan rigoureux et incontestable ; or, comme les dimensions prêtées par les historiens au château de Charles V sont extrêmement différentes de celles auxquelles la recherche et l’étude patiente des documents nous ont fait arriver, il nous serait infiniment précieux de pouvoir citer des témoignages matériels à l’appui de nos assertions. II importe surtout à la Ville, qui n’a rien épargné pour publier une œuvre digne d’elle, de pouvoir dire le dernier mot sur une question si longtemps indécise : les formes et les dimensions véritables du vieux Louvre.

«Les difficultés de cette entreprise sont moindres qu’on ne le croit généralement. Les deux ailes dont il s’agit de fixer l’emplacement existent encore à l’état de substruction , sous le pavé même de la cour du palais actuel; et, comme on connaît avec une assez grande précision le lieu qu’occupent les fondations de l’ancien édifice, il suffira de creuser quelques tranchées pour les voir apparaître. Les résultats historiques et archéologiques que donneront ces fouilles seront certainement des plus considérables. Quand on pense que quelques travaux de ce genre, entrepris sur la place du Carrousel, le quai des Tuileries et aux abords du Théâtre-Français, ont mis à découvert l’enceinte de Charles V, la Porte- Neuve, le pont de la Grande Galerie, les fours de Bernard Palissy, la porte Saint-Honoré et la contrescarpe du fossé, il est impossible de ne pas souhaiter ardemment que la cour du Louvre livre enfin le secret des substructions qu’elle recèle, n

Une communication de ce genre ne pouvait qu’être favorablement accueillie par le Chef de l’Edilité parisienne. Toutefois, avant de faire une démarche, il importait de savoir si quelque circonstance de détail ne s’opposerait pas à la réalisation d'un désir exprimé par les maîtres de la science. Dans cette pensée, M. Lefuel, membre de l’Institut, architecte du palais du Louvre, et

APPENDICES

M.le comle de Nieuwerkerke, surintendant général des Beaux-Arts, lurent consultés officieusement; leur réponse fut une entière adhésion au projet. Il ne restait plus alors qu’à s’adresser officiellement à S. Exc. le Maréchal Ministre de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts pour obtenir l’autorisation régulière; c’est ce que fit M. le Préfet de la Seine.

LETTRE DE M. LE SÉNATEUR, PRÉFET DE LA SEINE, À SON EXCELLENCE M. LE MINISTRE DE LA MAISON DE L’EMPEREUR ET DES REAUX-ARTS.

MONSIEUR LE MlNlSTRE ,

Paris, le 5 mai 1866.

La ville de Paris a entrepris, sur ma proposition, la publication d’un ouvrage intitulé Topographie historique du vieux Paris , dont le premier volume, consacré aux quartiers du Louvre et des Tuileries, est sur le point de paraître.

Avant l’achèvement de ce volume, qui contiendra une monographie du Louvre et la restitution du périmètre du vieux château de Charles V, il importerait beaucoup que l’on pût dire le dernier mot sur un sujet si controversé et si obscur. Je viens donc vous prier, Monsieur le Ministre, de vouloir bien autoriser, dans l’intérêt de l’histoire, l’ouverture de trois petites tranchées dans la cour du Louvre, pour constater la vérité de la restitution donnée par la Topographie historique du vieux Paris.

Ce travail présenterait moins de difficultés pratiques qu’on pourrait l’imaginer. Les deux ailes du Louvre dont il s’agit de déterminer l’emplacement existent encore, à l’état de substructions , sous le pavé de la cour actuelle, et l’on sait à peu près le lieu qu’occupent les fondations de l’ancien édifice. Les quelques tranchées à ouvrir seraient lort étroites, peu profondes, et n’occuperaient pas plus d’espace que celles qui servent à poser les petites conduites de gaz. On se hâterait de les remblayer au fur et à mesure de l’apparition des murs, de manière à ne pas entraver sensiblement la circulation. Le service chargé de ce soin s’entendrait, au reste, avec l’administration des Musées impériaux, pour que ces recherches pussent se faire sans être pour elle une occasion de gêne.

Veuillez agréer, etc.

Le Sénateur, Préfet de la Seine,

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